Littérature générale

  • L'auteur, à la fois scientifique et orateur humoriste, nous fait partager ses deux passions : le monde sous-marin et la puissance des mots, en les entremêlant dans le tourbillon d'une intrigue au fil de l'eau.
    Et si l'on écoutait sous l'eau ? Drôle d'idée ?
    Pourtant, dans leur « monde du silence », les poissons parlent... et ils ont bien des choses à nous dire !
    À la fois scientifique, spécialiste des animaux marins et orateur, Bill François nous entraîne avec simplicité et humour à la rencontre des baleines musiciennes ou du cabillaud qui a découvert l'Amérique. Il donne la parole à la sardine comme au thon rouge, nous fait entendre la voix de l'hippocampe et le chant des coquilles Saint-Jacques.
    À la lumière des méduses fluorescentes aux couleurs invisibles, ce livre est une plongée dans les profondeurs de la Science et de l'Histoire, où les légendes sont souvent plus crédibles que l'incroyable réalité.
    Mythes, anecdotes et découvertes scientifiques nagent de concert dans ce récit, immersion onirique pour s'émerveiller et respecter cet univers insoupçonné.
    Vous ne verrez plus jamais de la même façon une sortie à la plage, votre sandwich thon-crudités ou un plateau de fruits de mer...

  • Empire du Japon, époque Heian, xiie siècle. Être le meilleur pêcheur de carpes, fournisseur des étangs sacrés de la cité impériale, n'empêche pas Katsuro de se noyer. C'est alors à sa jeune veuve, Miyuki, de le remplacer pour porter jusqu'à la capitale les carpes arrachées aux remous de la rivière Kusagawa.Chaussée de sandales de paille, courbée sous la palanche à laquelle sont suspendus ses viviers à poissons, riche seulement de quelques poignées de riz, Miyuki entreprend un périple de plusieurs centaines de kilomètres à travers forêts et montagnes, passant de temple en maison de rendez-vous, affrontant les orages et les séismes, les attaques de brigands et les trahisons de ses compagnons de route, la cruauté des maquerelles et la fureur des kappa, monstres aquatiques qui jaillissent de l'eau pour dévorer les entrailles des voyageurs. Mais la mémoire des heures éblouissantes vécues avec l'homme qu'elle a tant aimé, et dont elle est certaine qu'il chemine à ses côtés, donnera à Miyuki le pouvoir de surmonter les tribulations les plus insolites, et de rendre tout son prestige au vieux maître du Bureau des Jardins et des Étangs.

  • Le livre de Peter Wohlleben est un compagnon indispensable pour vous guider dans une promenade en forêt ou dans les bois. Arbres, plantes, animaux, champignons... Plus de 250 espèces animales et végétales, certaines très emblématiques et d'autres moins connues, sont présentées ici avec simplicité et originalité.
    Peter Wohlleben met en évidence des relations, des fonctions et des connections existant dans le monde animal et végétal, et nous donne une nouvelle perspective pour la compréhension de notre écosystème. Ce livre répond aux questions que se pose l'amoureux de la nature et de la forêt : pourquoi tel champignon pousse-t-il au pied de tel arbre, qu'ont-ils à se dire ? Pourquoi les arbres, les animaux, les végétaux aiment-ils entretenir des relations avec leur espèce voisine ? Que se passe-t-il au niveau de l'écosystème lorsqu'une espèce disparaît ?

  • Sans doute faut-il préciser l'objet qui donne son titre à ce livre. Le temps du paysage ici considéré n'est pas celui où l'on a commencé à décrire dans des poèmes ou à représenter sur des murs des jardins fleuris, de sombres forêts, des montagnes majestueuses, des lacs paisibles ou des mers agitées. Il n'est pas non plus celui de la naissance et des transformations de ce mot ou de ses équivalents dans d'autres langues. Il est celui où le paysage s'est imposé comme un objet de pensée spécifique. Cet objet de pensée s'est constitué à travers des querelles concrètes sur l'aménagement des jardins, des descriptions minutieuses de parcs ornés de temples à l'antique ou d'humbles sentiers forestiers, des récits de voyages à travers lacs et montagnes solitaires ou des évocations de peintures mythologiques ou rustiques. Et ce livre en suivra les détours. Mais ce qui se forme à travers ces récits et ces querelles, ce n'est pas simplement le goût pour un spectacle qui charme les yeux ou élève l'âme. C'est l'expérience d'une forme d'unité de la diversité sensible propre à modifier la configuration existante des objets de pensée et des notions propres à les penser. Le temps du paysage est celui où l'harmonie ou la dysharmonie présentée par les jardins aménagés ou par la nature sauvage contribue à bouleverser les critères du beau et le sens même du mot art. Ce bouleversement en implique un autre qui affecte le sens d'une notion fondamentale, dans l'usage commun comme dans la réflexion philosophique, celle de nature. Or on ne touche pas à la nature sans toucher à la société qui est censée obéir à ses lois. Et le temps du paysage est aussi celui où une certaine harmonie du spectacle des champs, des forêts ou des cours d'eau s'avère propre à métaphoriser l'ordre qui convient aux sociétés humaines.

  • Une anthologie, illustrée, de la littérature japonaise sur la cuisine, et proposée par Ryoko Sekiguchi. Si le Japon est connu comme un pays de fine gastronomie, sa littérature porte elle aussi très haut l'acte de manger et de boire. Qu'est-ce qu'on mange dans les romans japonais !
    Parfois merveilleusement, parfois terriblement, et ainsi font leurs auteurs : Kôzaburô Arashiyama, Osamu Dazai, Rosanjin Kitaôji, Shiki Masaoka, Kenji Miyazawa, Kafû Nagai, Kanoko Okamoto, Jun'ichirô Tanizaki...

    Ryoko Sekiguchi a rassemblé, du 12e siècle à nos jours, dix gourmets littéraires qui racontent leurs histoires de goût et de cuisine. Le titre du recueil, Le Club des Gourmets, est emprunté à l'oeuvre de Jun'ichirô Tanizaki. Ryoko Sekiguchi a également écrit toutes les présentations des textes et réalisé les traductions des oeuvres citées en collaboration avec Patrick Honnoré.

  • Au fond de la campagne française, dans le Périgord noir, Bernard, la cinquantaine, débraillé, bourru, vit seul dans une cahute où il fume et boit comme dix. Il a perdu sa mère quand il était jeune et son père, le plus riche agriculteur des environs, le rabaisse sans cesse. Bernard travaille comme homme à tout faire, chasse, bricole. Les gens du village le méprisent. Et depuis qu'Isabelle, la femme qu'il aimait, est partie, les malheurs se succèdent. Seule la nature qu'il connait parfaitement, l'apaise. Ses mains puissantes calment les douleurs. Il devine les esprits mauvais dans les maisons anciennes. Surtout, c'est un homme bon, doux. Il rêve secrètement de douceur féminine. Jusqu'à ce qu'il rencontre Marie, une aristocrate de vingt-cinq ans son ainée, veuve, qui sait voir la beauté de son rapport au monde.

  • Le souci de la terre

    Virgile

    Précédé de Faire Virgile par Frédéric Boyer À quoi peut bien nous servir de nos jours un tel ouvrage, rédigé dans la campagne italienne il y a plus de deux mille ans? Virgile annonce son projet dès l'ouverture de son oeuvre : traiter des techniques et des arts de la res rustica, la matière agricole : travaux des champs, culture de la vigne, élevage et apiculture.
    Retraduire aujourd'hui ce poème, c'était découvrir combien ce texte résonne avec nos préoccupations et notre sensibilité contemporaines : fragilité du vivant et des espaces naturels, lien des hommes à la terre, aux végétaux et aux animaux. Célébrer notre obscure condition terrestre dont nous semblons nous éloigner toujours davantage. C'était revenir à la source de ce texte étrange, qui sous prétexte d'agriculture s'ouvre sur une réflexion beaucoup plus vaste sur l'état du monde. Un livre rédigé dans une période trouble et sanglante, et qui en porte les cicatrices. C'était montrer enfin qu'il s'agissait d'un grand poème sur la beauté autant que sur l'instabilité du monde, la guerre, la pensée de la fin des êtres et des choses, la fuite du temps.

  • De Pline, Buffon écrit avec admiration, au fronton de sa propre histoire naturelle, qu'il « a travaillé sur un plan bien plus grand que celui d'Aristote : il a voulu tout embrasser, et il semble avoir mesuré la nature et l'avoir trouvée trop petite encore pour l'étendue de son esprit ». Le monumental livre de Pline n'est pas seulement l'un des documents les plus précieux que l'Antiquité nous ait laissés, il est surtout le signe d'une érudition bien singulière dans un tempérament parfaitement original. Nous ne saurons jamais avec certitude ce qui motiva cet homme de guerre et d'État à l'écriture d'une oeuvre dont l'esprit se pose au contraire de ce qui semble devoir constituer sa situation. Et l'on ne cessera jamais non plus de s'émerveiller face à l'étrangeté d'un livre qui non seulement recueille si vastement la totalité, traitant d'astronomie, de physique, de géographie, d'agriculture, de commerce, de médecine, d'histoire, de minéralogie, de botanique, d'art, de théologie ou de philosophie, mais également pose sur l'univers qu'il a rendu visible un regard de satiété dont ressort constamment la conclusion que les dieux sont pauvres et que cette totalité où ils habitent ne suffit pas.
    L'émerveillement sincère devant tant d'objets, d'animaux, de parfums, de pierreries, de faits d'armes, de pays, de coutumes, de doctrines, de cultures et de cultes s'accompagne chez Pline d'une autre sincérité : celle d'une conscience d'homme ressentant la capacité du mystérieux recul dans lequel elle envisage la totalité et ses parties, s'y impliquant ou, précisément, bâtissant dans la neutralité l'encyclopédie du monde. Derrière l'entreprise gigantesque de Pline ressort non pas seulement la singulière richesse d'un contenu, mais la pensée qui s'en est détachée.
    Au I er siècle de notre ère, Pline vient à la fois offrir la plus belle des encyclopédies R il reste aujourd'hui le seul auteur à rapporter certains phénomènes ou à constituer la source de nombreux faits R et donner expression à la conscience qu'elle ne se réduit pas à la totalité, si vaste soit-elle. L'Histoire naturelle est ce livre étrange et magistral qui dit d'un seul geste le contenu du savoir dans la condition de l'homme : tenant au creux de sa main l'univers entier qu'il transmet à tous, il est traversé en même temps par un souffle marginal, en qui est ressentie la preuve que son écriture n'est possible que si l'esprit est étranger à ce monde rempli d'étrangetés. C'est ainsi depuis un regard jeté du haut de sa condition que, dans cette oeuvre odysséenne, le lecteur assiste à l'éclosion de chaque détail du monde au sein de l'histoire d'homme.

  • L'Occident a défriché son espace au coeur des forêts, et fondé contre elles ses institutions dominantes - la religion, le droit, la famille, la cité. De part et d'autre de leur ténébreuse lisière, tenus à distance, deux espaces s'épient, se menacent, s'interrogent. Forêts, monde écarté, opaque, qui dépayse, enchante et terrifie.
    Robert Harrison raconte ici l'histoire des forêts dans l'imaginaire occidental. Avec Vico pour compagnon de voyage, il nous mène de l'épopée de Gilgamesh à la poésie contemporaine de Zanzotto. Dans les forêts, nous rencontrons Artémis, Dionysos, Roland furieux, les fées des contes, Rousseau, John Clare, une petite clairière de Constable, les symboles de Baudelaire...
    Les forêts tapissent les profondeurs de notre mémoire culturelle. Elles sont les frontières qui nous définissent : sans ces contrées où la civilisation projette ses fantasmes et ses peurs, nous n'habiterions pas notre monde de la même manière.

  • Bienvenue dans l'univers fascinant du ver de terre. Un univers au bord de l'anéantissement biologique.

    «L'avenir de nos générations futures repose donc aujourd'hui sur cette bestiole qui vit dans la terre. Première biomasse animale terrestre, elle est l'un des premiers marqueurs de la biodiversité et de la bonne santé des sols, et sa raréfaction signe leur santé précaire, car un sol en mauvaise santé est à l'image d'un puits à sec ou d'un sein tari, il n'est plus nourricier. Étant donné que 95 % de notre alimentation dépend des sols, et que les sols disparaissent avec les vers de terre sous les effets de l'érosion, elle-même amplifiée par leur absence, nul besoin d'un dessin pour saisir que nous leur préparons un destin funeste. Alors pourquoi le ver de terre est-il au coeur de l'alimentation de demain? Parce qu'il possède un pouvoir...» Un essai, inspiré et engagé, pour prendre conscience que notre survie ne passe que par la biodiversité.

  • Les nanotechnologies étaient censées rendre nos vies plus faciles, plus saines aussi. Mais le rêve vire au cauchemar : alors que des milliers de produits en contiennent déjà aujourd'hui (cosmétiques, aliments, vêtements, appareils ménagers...), leur toxicité se révèle redoutable. Comment protéger notre corps de l'envahissement par les nanos ? Comment combattre les lobbies qui font tout pour les propager ? Une enquête passionnante par l'auteur de «Menace sur nos neurones».

  • L'arbre est le refuge de l'oiseau comme de l'enfant qui, dans sa cabane, refait le monde.
    Ses frondaisons protègent du soleil et de la pluie, son tronc élève le regard, ses feuilles et son écorce o rent mille formes toujours renouvelées. Source de légendes, l'arbre est aussi prodigue de ses fruits et ses métamorphoses saisonnières ponctuent l'année. Dans la forêt tapissée de fougères, encombrée de chablis, le visiteur connaît à la fois la sérénité du refuge contre la furie des éléments et l'angoisse des sombres lisières et des camps d'ombre. À la cime de cet univers étrange et familier, l'homme est pris de vertige : en quête de racines, il voudrait voir derrière chaque tronc un ami et retrouver avec lui l'antique complicité que perpétuent les derniers habitants des forêts tropicales.

  • En Chine, le thé doit son succès à un homme dont le fabuleux destin l'a conduit à devenir le dieu du thé : Lu Yu (733-804). Le Classique du thé traite, en dix chapitres, à la fois des aspects techniques et littéraires du thé : origines du thé, ustensiles pour le conditionner et pour le préparer, petites anecdotes autour du thé, art de la dégustation, lieux de production, etc.

  • L'arbre au coeur de la cité a cédé sa place aux voitures, au bitume. En disparaissant, c'est l'espace de déploiement du lien social qui disparaît. Un maire s'insurge contre ce phénomène d'isolement de sa population et entreprend d'agir. Cette nouvelle en forme de conte appelle à rêver de l'enchantement d'un monde où la ville retrouverait la proximité de la forêt qui lui a fait place. On peut également lire ce texte comme un manifeste politique qui évoque des solutions concrètes pour les cités de demain.

  • Les pages recueillies par Patrick Reumaux se succèdent comme celles d'un herbier. Les courts épisodes décrits laissent libre cours au passage des saisons, au vol des cormorans et des albatros, aux rapines des renards et aux jeux carnivores des belettes et des hermines. Ils ont pour décor le Somerset, où Llewelyn Powys passa toute son enfance.
    Chaque fleur est nommée par son nom et dépeinte avec une précision affectueuse. Le paysage prend, sous sa plume, une vivacité de couleurs et de formes. Llewelyn Powys invite à la contemplation de l'éphémère en s'arrêtant sur des détails, en nous contant ce que le crépuscule et l'aube cachent au regard. Il livre des impressions, comparables aux Rêveries du promeneur solitaire de Rousseau, qui laissent à la nature, dans toute sa dimension poétique et métaphysique, le soin de nous émerveiller.

  • Au début, quelques notes éparses, juste pour ne pas oublier. Puis, au fil des heures passées à son chevet ou au téléphone, la trame d'un récit qui ne peut être écrit qu'à la première personne. Rien de plus commun, rien de plus singulier.
    Ernest aimait les arbres comme les paysans aiment leurs bêtes, il les connaissait, il savait en désigner de loin l'espèce, en évaluer la taille, le cubage, jusqu'au prix. Il avait un côté bateleur. « Un drôle », disaient certains de ceux qui le côtoyaient dans son Limousin natal.
    Un père lointain désormais. Comme quand j'étais petit, quand il se levait tôt et rentrait très tard, bruyant et affairé. Il n'est plus là pour ralentir la progression des nuages, pour disputer à la météo le privilège d'annoncer le retour du beau temps.

  • Autrefois très commun dans les marais du Kent, le Bombus subterraneus a disparu de Grande-Bretagne. Dave Goulson, fasciné par les bourdons depuis qu'il est petit garçon, s'est donné pour mission de réintroduire cette variété dans son pays natal.
    Véritable enquête autour de ces curieuses petites créatures annonciatrices du printemps, Ma fabuleuse aventure avec les bourdons raconte aussi avec humour et optimisme la relation très affectueuse de l'auteur certes avec les bourdons, mais aussi avec tout un tas d'autres êtres vivants.

  • Faucons

    Helen Macdonald

    Illustré de somptueuses images ad hoc , Faucon est davantage qu'un essai sur les faucons.
    Comme elle l'écrit dans la préface, Helen Macdonald travaillait à sa thèse de doctorat à l'Université de Cambridge quand elle a commencé à écrire ce livre, qui s'adresse à un lectorat de non-spécialistes, et ce dernier a fini par remplacer sa thèse. Et d'ajouter que « toutes les anecdotes et les histoires que je me réjouissais d'insérer dans ce livre - l'épisode de la mafia qui menaçait de chasser un fauconnier hors de New York parce que son faucon mettait en péril le réseau criminel des pigeons voyageurs ; des histoires de danseuses à l'éventail, de pilotes de chasse et d'astronautes, outre les magouilles diplomatiques de la famille royale au début du XXe siècle -, bref, tout ce qui n'avait pas sa place dans ma thèse de doctorat allait en trouver une ici. Et ce fut un travail captivant et profondément absorbant que de relier des faits réels, des anecdotes et des images pour aborder certaines facettes du rôle que nous jouons sur la terre sous l'angle de notre rapport avec les faucons ».
    Faucons

  • Amoureux des jardins et des livres, François Léotard offre ici une promenade-méditation. Jardins suspendus, jardins des Hespérides, jardins anglais ou à la française - autant de terroirs littéraires, avec leur grammaire, leurs silences, leurs constructions et déclinaisons. Ainsi les jardins de France, de même que la langue, révèlent-ils le principe organisationnel qui caractérise l'esprit français : tentative d'organisation du monde et de la vie, à l'opposé de la jungle et de la lutte sans pitié pour la survie. Une pérégrination légère et grave, parfaite pour aborder l'été.

  • Possible récit d'un futur hélas crédible, «Le grand B.A.L.» aborde la question de la privatisation du bien commun au seul bénéfice du marché par une maîtrise de la «nature» ou, plus exactement, par une illusion de cette maîtrise que Gilles Clément dénonce, à la manière d'un Voltaire, en présentant le théâtre du monde comme un jeu de performances absurdes. Par la mise en dérision des situations, des personnages, des institutions et, d'une façon générale, des règles de la bienséance et de l'ordre établi, son roman inverse certaines valeurs considérées comme immuables, mais la nature profonde des personnages reflète une sensibilité humaine intemporelle sans aucun rapport avec l'évolution de la technologie. C'est donc avec leur fragilité et non comme des êtres robotisés que les «danseurs» de ce B.A.L. apparaissent.

  • Le jardin

    Magnus Florin

    Rien ne se crée plus, rien ne disparaît.
    Voilà ce que croit dur comme fer l'illustre scientifique suédois Carl von Linné, qui nous emmène dans son magnifique jardin en bordure d'Uppsala.
    Sûr de sa science, celui qui a jeté les bases de la classification moderne de la nature peut pourtant se méprendre.
    A travers une mise en scène intime de Linné et son jardiner, le dramaturge Magnus Florin explore les rapports entre l'homme et la nature, ainsi que l'impact croissant et saisissant de celle-ci sur l'esprit et le corps du scientifique. Cette plongée au coeur de la pensée de Linné est une réelle invitation au rêve.

  • Le salon des berces

    Gilles Clément

    • Nil
    • 19 Février 2009

    La maison perdue.
    . c'est d'abord l'évocation d'un deuil difficile, celui d'une maison dans la Creuse où l'auteur ne peut plus aller, chassé, interdit de séjour à cause de déchirures familiales, de remariage du père. On a changé les clefs de la Grange, ce paradis de l'enfance où flotte le souvenir d'une mère très aimée et trahie.

    La nouvelle maison, une cabane de pierre dans une vallée isolée.
    Là-bas, dans la Vallée des papillons où, enfant, il allait faire ses premiers pas d'entomologiste non loin de la maison de famille interdite, Gilles Clément construit, avec une petite bande d'amis, une maison de pierres. Dans le rêve post-soixante-huitard des années 1970, il imagine un jardin en mouvement, un observatoire des espèces, un laboratoire de la nature où se retrouvent déjà toutes les préoccupations environnementales qui feront de lui un paysagiste mondialement célèbre et respecté.

    Scènes de la vie de province dans les années 1970.
    En retournant dans le pays de son enfance, Gilles Clément pensait trouver la nature. Il trouve d'abord la campagne, un monde paysan violent et bourru qui va bientôt disparaître. À cette occasion, il nous offre une extraordinaire galerie de portraits où la tendresse pour ses voisins se mêle à l'humour quand il raconte, pince-sans-rire, ses démêlés avec les instances bureaucratiques locales pour obtenir les autorisations de construire, d'aménager. Il est moins tendre mais cruellement drôle lorsqu'il décrit, au passage, l'univers étriqué d'une petite- bourgeoisie de notables qui regardent sans bienveillance l'installation du jeune jardinier poète.

  • En 1775, Thomas Blaikie, botaniste et jardinier écossais, franchit la Manche pour aller étudier la flore des Alpes, découvrant la France et ses moeurs, qu'il juge parfois étranges. Sociable et enthousiaste - il a 25 ans -, il multiplie les rencontres, et dès l'année suivante se fait engager comme jardinier chez le comte d'Artois, frère de Louis XVI. Bientôt il rencontre l'architecte du prince, François-Joseph Bélanger, qui l'associe aux travaux du domaine de Maisons, puis à ceux de Bagatelle.
    Ce Journal permet de suivre la progression de l'aménagement des jardins, mais aussi de partager l'atmosphère de la Cour. Devenu la coqueluche de l'aristocratie et de riches propriétaires, amateurs de « nouveaux jardins anglais à la mode », Blaikie aménage notamment les domaines du duc de Chartres, Monceau, Le Raincy ou encore Saint-Leu. Il quittera la France en 1792, laissant un témoignage émouvant sur les premières années de la Révolution.
    À la fois récit d'aventure et chronique mondaine, le Journal de Blaikie - très célèbre en Grande-Bretagne -, est avant tout un précieux document sur la création en France des premiers jardins pittoresques.

  • Écrit dans une langue extrêmement claire, sollicitant un spectre large de disciplines des sciences humaines et sociales, ce livre propose un parcours chronologique et thématique.

    Il présente les différents courants intellectuels qui ont animé le champ intellectuel du paysage au cours des trente dernières années, explorant de façon précise et approfondie les théories et écrits sur ce sujet vaste et complexe.

    Après une introduction stimulante, annonçant la structure et les enjeux de l'ouvrage, le paysage est successivement envisagé comme ensemble de manières de voir, produit des cultures matérielles et expérience phénoménologique. La fin est consacrée à une analyse prospective, qui esquisse les nouvelles perspectives et pistes de recherche sur le paysage, dans le domaine de l'anthropologie, de la philosophie politique et des théories de l'écriture.

    Ce livre s'attache aux façons diverses, parfois rivales et opposées, dont la géographie culturelle a compris et défini le paysage au cours des quelque trente dernières années. Il passe en revue et discute des exemples de recherches et d'écritures émanant de conceptions diverses du paysage. Il examine les présupposés philosophiques, les contenus critiques et politiques qui sous-tendent visions et approches différentes du paysage. Il s'enracine dans des débats internes à la géographie culturelle, mais il entend aussi faire voir à quel point ces débats ont souvent eu un net aspect interdisciplinaire.

    L'ouvrage étant destiné initialement à un public d'étudiants et de chercheurs, en géographie et plus largement en études environnementales et culturelles, l'auteur y a inséré des encadrés à finalité didactique, qui viennent éclairer de façon significative les notions abordées.

    Ce livre apparaît ainsi comme une synthèse très intéressante de champs d'études jusqu'ici insuffisamment reliés, à la fois établis et émergents ; une véritable plate-forme afin d'encourager de futures recherches en géographie culturelle du paysage.

empty