Généralités sur l'art

  • Des accumulations des tombeaux égyptiens ou chinois et des trésors royaux jusqu'à notre Louvre d'aujourd'hui, entre autres lieux, il faudra du temps pour que le musée trouve sa forme et sa fonction de conservation, d'étude et d'exposition des objets. Or, une histoire mondiale des musées, à la fois politique, sociale et culturelle, n'a encore jamais été écrite. La voici : Le Musée, une histoire mondiale, en trois tomes qui paraîtront sur deux ans.
    Le premier volume de cette monumentale entreprise, Du trésor au musée, part d'un passé éloigné pour arriver à la création de l'institution appelée «musée», inventée en Italie à la fin du XVe siècle, gagnant toute l'Europe au XVIIIe. Une histoire faite de dons et de marchandises, de vols et de pillages, de guerres et de diplomatie. Et aussi d'architecture, de manière de contempler et de manier les objets, de problèmes juridiques et d'organisation, avant les vastes débats d'exposition, d'éclairage, d'accrochage qui suivront. Une histoire d'art, mais aussi de commerce, de savoirs, de techniques.
    La richesse de l'illustration qui s'appuie sur un texte lumineux donneront envie à tout en chacun de retourner enfin dans ce «lieu bien étrange , comme le déclare Krzysztof Pomian en ouverture de son ouvrage : le musée.

  • Art et technique

    Pierre Francastel

    Depuis un siècle, les arts plastiques ont accompli leur révolution.
    Durant la même période, les progrès des sciences et des techniques ont abouti à une transformation complète de notre connaissance de l'homme et de l'univers.
    Comprendre cette période, en décrire les différentes phases et en dénombrer les forces créatrices, telle est l'ambition profonde d'art et technique.
    Qu'il s'agisse d'esthétique industrielle ou d'architecture, de sculpture, de peinture abstraite, l'ouvrage de pierre francastel est irremplaçable.

    Il constitue à ce jour la seule analyse conséquente de la fonction artistique moderne et de son insertion dans notre société.

  • Ce catalogue de l'exposition «Guernica» présente l'histoire de l'un des chefs-d'oeuvre majeurs de Pablo Picasso à travers les liens qui unirent le tableau et l'artiste tout au long de sa vie, et la manière dont l'oeuvre a infusé la culture jusqu'à devenir une icône populaire.
    Créé en 1937, Guernica synthétise les recherches plastiques menées par Picasso depuis plus de 40 ans. Grâce à la reproduction de plus de 130 oeuvres de l'artiste, cet ouvrage propose une nouvelle lecture des chefs-d'oeuvre qui jalonnent la route de Guernica. Exposée, reproduite partout dans le monde, l'oeuvre fut à la fois un symbole antifranquiste, antifasciste et pacifiste.
    Si Guernica est encore aujourd'hui considérée comme une oeuvre d'une rare puissance, c'est aussi grâce aux contextes visuels, politiques et littéraires dans lesquels elle a été exposée : le Pavillon de l'Exposition internationale des Arts et Techniques de 1937 et l'importance d'hommes relais tels Michel Leiris ou Paul Éluard. Enfin, le catalogue présentera une dizaine d'oeuvres et témoignages d'artistes contemporains directement inspirés par Guernica.

  • Catalogue de l'exposition à l'Institut du Monde Arabe du 7 octobre 2019 au 19 janvier 2020.

    Dans le nord-ouest de l'Arabie Saoudite se niche une bourgade étonnante : al-'Ulâ.
    Elle s'étend dans un corridor naturel d'environ trente kilomètres de long, sur les rives d'un wadi encaissé entre deux imposants massifs de grès de plusieurs centaines de mètres de haut. Située à sept cents mètres d'altitude, al-'Ulâ bénéficie de conditions climatiques et hydrologiques qui ont permis le développement, depuis l'Antiquité, d'une agriculture associant le palmier dattier aux arbres fruitiers ainsi qu'aux cultures de légumineuses et de plantes fourragères. Ces ressources lui ont assuré la prospérité.
    La présence humaine est attestée à al-'Ulâ depuis la Préhistoire et perdure toujours.
    C'est aussi dans cette région qu'on trouve les premières inscriptions en langue puis en écriture nabatéo-arabe puis arabe à partir de la fin du Ve siècle.
    Les formations rocheuses d'al-'Ulâ, comparables à celles du Grand Canyon aux États-Unis, et les nombreux tombeaux rupestres de sa voisine, Madâin Sâlih, l'ancienne Hégra des Nabatéens et des Romains, en font une région exceptionnelle.
    Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le premier site saoudien à avoir été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, il y a plus de dix ans, est Madâin Sâlih, considérée comme la petite soeur de Pétra en Jordanie.

  • Réalisés à l'occasion de l'exposition consacrée aux Borgia au musée Maillol, cet ouvrage présente les trois personnalités les plus importantes de la famille : le pape Alexandre VI (Rodrigo Borgia), qui eut pour compagne Vannozza Cattanei dont il eut plusieurs enfants ; César Borgia, fils de Rodrigo, condottiere et homme politique ambitieux, inspira Nicolas Machiavel pour son ouvrage célèbre Le Prince, premier traité de politique moderne. Lucrèce Borgia, soeur de César, une des femmes les plus extraordinaires de la Renaissance, à la renommée sulfureuse, est connue à la fois pour être une empoisonneuse redoutable et pour sa culture raffinée et sa sensibilité.
    De nombreuses personnalités importantes ayant marqué l'art et l'histoire gravitent autour de ces trois grands personnages, telles que Giulia Farnèse et Isabelle d'Este, qui est sans doute la figure féminine cultivée la plus connue de son époque. Chacun d'elles permettra d'aborder le contexte historique, politique et artistique dans lequel vécurent les Borgia.

  • Oulipo

    Collectif

    L'Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle) est le groupe littéraire français le plus ancien du champ contemporain. Depuis 1960, il oeuvre, réunion après réunion, publication après publication, à une refondation de la littérature à l'aide de contraintes d'écriture souvent inspirées des structures mathématiques et ludiques. Suivi de près par un petit cercle d'amateurs fidèles, connu des amoureux de jeux de langage comme des auditeurs des «Papous dans la tête» sur France Culture, largement exploité par les enseignants pour leurs classes, l'Oulipo a également influencé nombre d'écrivains et d'artistes contemporains, tant français qu'étrangers.
    Le catalogue de l'exposition qui se tiendra à la BnF (sur le site de la bibliothèque de l'Arsenal, où sont conservées les archives de l'Oulipo) vise à faire mieux connaître ce groupe à la fois ancien, marqué par de grandes figures comme Queneau ou Perec, et toujours actif. Il présente les arcanes d'un fonctionnement encore teinté d'une aura de mystère (la vie collective du groupe) et invite le lecteur à observer, à différentes échelles, les étapes d'une création aux contours multiples (manuscrits, mais aussi oeuvres de groupes associés, les Ou-X-Po : Oubapo, Oulipopo, etc.).
    Pour demeurer fidèle à l'esprit de l'Oulipo, le catalogue propose, en même temps qu'un sommaire classique, des parcours ludiques et interactifs, fondés sur l'enquête et le jeu (trouver les contrepèteries et les phrases dissimulées dans les titres du catalogue, naviguer dans un sommaire fléché à la manière de L'Augmentation de Georges Perec, ou débusquer les contraintes d'écriture du catalogue). Des inédits ainsi que des créations oulipiennes viennent compléter le volume.

  • Quatre sur cinq des tableaux du musée d'Orsay, nombre de chefs-d'oeuvre du Louvre, une dizaine de collections devenues musées à part entière, du Moyen Âge de Cluny à l'Extrême-Orient de Guimet : une part essentielle du patrimoine artistique de Paris est l'oeuvre des collectionneurs. Dans chaque ville en France et en Europe on ferait un constat analogue. Cependant l'histoire ne s'est intéressée que fort peu à une pratique réputée futile. On la réhabilite ici en montrant la portée et les effets. Le présent livre entend jeter les bases d'une étude systématique de l'étrange activité qui consiste à rassembler des objets pour constituer une collection.
    Il propose une anthropologie de la collection : phénomène universel, apparemment coextensif à la culture même et véhicule privilégié de ses transformations.
    Il donne une étude historique des principaux genres de collection dans l'Europe moderne, des antiquités à l'histoire naturelle, de la numismatique à la peinture. C'est un nouvel éclairage sur la genèse du musée qui est suggéré, la collection particulière révélant son rôle crucial d'institution novatrice.

  • Les grands félins sont sans doute les prédateurs auxquels les hommes se sont le plus souvent identi?és, se mesurant à leur force et leur puissance, leur vouant à la fois crainte et admiration. Du regard porté sur ces animaux dès la Préhistoire est née une multiplicité de symboles et mythes dans les sociétés antiques du Proche-Orient, d'Égypte, de Grèce et Rome, mais aussi dans les cultures anciennes et prémodernes d'Asie, d'Amérique et d'Afrique.
    Cette exposition interdisciplinaire allie histoire de l'art, archéologie, ethnologie et histoire naturelle a?n de mieux comprendre le rôle joué par les grands félins dans les diverses conceptions du monde et de l'humanité.

  • L'oeuvre de Jacques Prévert (1900-1977) est intimement liée à la ville de Paris. Dès son plus jeune âge, le poète parcourt les rues du VIe arrondissement et joue dans le jardin du Luxembourg jusqu'à ce que se ferment les grilles. Il accompagne son père dans les coulisses des théâtres, fréquente les cafés de Saint-Germain-des-Prés et parcourt les quais de la Seine avec les surréalistes. Mais ses errances dans Paris font aussi naître en lui une révolte et un engagement sincère contre la misère. Richement illustré de documents d'archives, de photographies, de correspondances et d'extraits de ses textes, cet ouvrage permet de découvrir le Paris du poète. Son chemin croise celui des plus grands artistes du XXe siècle : Pablo Picasso, Alberto Giacometti, Robert Desnos, André Breton, Robert Doisneau, entre autres. Chaque période de sa vie (son enfance dans le VIe arrondissement, sa jeunesse dans les cafés de Montparnasse ou encore son installation dans le XVIIIe arrondissement) est l'occasion de découvrir un nouveau quartier de la capitale, un nouveau village dont il perce les secrets. De ses écrits à ses collages en passant par ses travaux de scénariste, Paris nourrit son imaginaire pour devenir l'un des personnages principaux de son oeuvre. Poète engagé, artiste facétieux, ce Parisien nous guide, au fil de sa vie, dans la Ville Lumière.

  • La conservation et la restauration des oeuvres d'art sont en apparence les deux faces d'une même réalité. Les musées n'ont-ils pas pour mission d'exposer et de préserver leurs oeuvres? Mais c'est compter sans une extension inédite des biens culturels et la propension à y inclure les choses les plus diverses, à commencer par les plus contemporaines. En sorte que ces deux missions deviennent contradictoires.
    Les termes qui caractérisent cette situation nouvelle («patrimoine», «curateur» qui s'est substitué à «commissaire», etc.) indiquent la grande transformation : sous l'effet du marché de l'art internationalisé et de la place qu'il occupe dans le monde de la finance, les oeuvres sont désormais des biens qui, au même titre que d'autres, plus qu'une valeur ont un prix.
    S'ajoute l'importance prise par leur dimension contemporaine, puisque la mémoire dans nos sociétés est indissociable d'un rapport à l'histoire désormais centré non plus sur le passé mais sur le présent - un présent sans futur et qui est à lui-même son propre horizon.
    La patrimonialisation du présent brasse les cultures les plus hétérogènes, le passé et le présent, l'homogène et l'exogène, l'ordinaire et l'extraordinaire. Elle fait croître le souci qui entoure désormais les productions contemporaines y compris dans leurs composantes techniques, singulièrement créditées d'une valeur que leur obsolescence particulière rend d'autant plus digne d'intérêt.

  • Pour la première fois en France, une exposition retrace l'extraordinaire aventure du verre de Murano en parcourant sept siècles de création intense, du milieu du XVe siècle à nos jours. Ainsi, près de deux cents pièces, nombreuses inédites ou exposées exceptionnellement, issues de collections publiques ou jalousement conservées dans des collections privées, seront réunies.
    Présenté au musée Maillol, sous le haut patronage de la ville de Venise, l'exposition retrace le parcours historique de la production des grandes verreries : une sélection parmi les plus beaux objets réalisés pour les grandes familles et les cours européennes de la Renaissance, les fantaisies baroques et les créations du XVIIIe siècle, les pièces Art déco des années 1920 et du modernisme des années 1950, jusqu'aux oeuvres contemporaines de «Studio Glass», mouvement d'artistes qui ont choisi d'utiliser le verre comme unique moyen d'expression.

  • Le musée du Louvre conserve un ensemble exceptionnel de peintures du Settecento, réunies pour la plupart dans la seconde moitié du XXe siècle. Après deux volumes consacrés aux peintures italiennes du XVIIe siècle du musée du Louvre (1996, 2006), cet ouvrage vient compléter la publication du catalogue raisonné du fonds de peinture baroque italienne du musée du Louvre. Il prend en compte, selon des principes identiques, les tableaux de tous les foyers régionaux présents dans les collections (Bologne, Florence, Gênes, Lombardie, Naples, Rome et Venise), dus à des artistes dont les dates de naissance sont comprises entre 1655 et 1754. Chaque peinture fait l'objet d'une étude aussi complète que possible permettant d'établir un bilan des connaissances sur ce magnifique ensemble. On y trouvera ainsi des notices détaillées pour 187 tableaux conservés au musée du Louvre, auxquels viennent s'ajouter 151 autres déposés hors du musée.

  • L'édition originale du Petit Prince paraît le 6 avril 1943 à New York, où Antoine de Saint- Exupéry s'est exilé quelques mois après la débâcle française de mai-juin 1940. L'écrivainpilote s'est beaucoup investi dans la composition de cet album singulier, dont il a dessiné lui-même les illustrations et qu'il a voulu à son image et d'universelle portée. Aujourd'hui, Le Petit Prince est l'oeuvre littéraire la plus traduite et diffusée dans le monde. Il existe plusieurs états - manuscrits, dactylographiés ou imprimés - du texte du Petit Prince, témoignant des différentes étapes de son élaboration. Le manuscrit original et les dessins préparatoires que Saint-Exupéry avait confiés à son amie Silvia Hamilton avant de quitter le sol américain au printemps 1943 sont aujourd'hui conservés par le Morgan Library & Museum, à Manhattan. Pour la première fois reproduits ici à l'identique et en intégralité, en un luxueux volume imprimé sur papier Bible, ils sont accompagnés d'un livret de transcription et commentaire établi par Alban Cerisier et Delphine Lacroix.

  • La guerre de 14-18 fut d'abord le triomphe du bruit, un bruit inouï c'est-à-dire jamais entendu auparavant par ceux qui furent plongés dans le monde nouveau de la guerre industrielle.
    Fracas des armes, sifflement des obus, mais aussi sirènes, sifflets, crécelles et clairons chargés d'indiquer les mouvements des troupes, cris des hommes, râles des mourants. Ce paysage sonore ne se résume pas au seul bruit des combats. On y entend également, sur le front, à l'arrière, dans les camps de prisonniers, des flûtes, harmonicas, accordéons ou violons de fortune comme autant d'exutoires. À l'arrière, la musique inspirée de la guerre résonne lors des défilés de soldats et des concerts destinés à soutenir le moral des troupes et de la nation toute entière : musiques militaires, chansons des comiques troupiers, airs de jazz des orchestres militaires américains. Oraisons funèbres aussi.
    Iconographie : Photographies, dessins, instruments, partitions ou programmes musicaux, issus des fonds de l'Historial de la Grande Guerre, de la Bibliothèque nationale et de collections privées. 200 documents.

  • Mousquetaires !

    Collectif

    Si Louis XIII, Anne d'Autriche, le cardinal de Richelieu, le siège de La Rochelle ou l'arrestation de Fouquet sont aujourd'hui encore connus à travers le monde, c'est d'abord grâce au génie de romancier d'Alexandre Dumas qui a élevé ces personnages et ces moments de l'Histoire de France au rang de mythes planétaires.
    Objet de toutes sortes d'interprétations et d'adaptations, littéraires, théâtrales, ludiques ou cinématographiques, l'épopée des mousquetaires est pourtant, avant tout, historique. Du corps des mousquetaires du roi Louis XIII et de leurs présences dans les batailles, aux figures de d'Artagnan, d'Athos, d'Aramis, de Porthos et de Milady, en passant par l'affaire des ferrets de la reine ou celle du masque de fer, les exploits de cette unité d'élite dévouée au souverain sont à la fois resitués dans leur contexte historique, mal connu, et évoqués dans le cadre fictionnel qui les a élevés au rang de légende. Le dialogue constant entre le socle historique et les inventions plus vraies que nature du romancier, est le thème principal de cet ouvrage.
    À la fois joyeux et érudit, émaillé de nombreuses surprises, divers par les registres multiples qu'il explore tour à tour, de la peinture d'histoire à la littérature populaire en passant par les armes des combattants, ce livre passionnera les fous d'Alexandre Dumas et enthousiasmera les amoureux de la grande Histoire.

  • Les bronzes de Riace sont deux splendides statues qui furent découvertes par un plongeur au large de la côte de Calabre durant l'été 1972.
    Originaux grecs de l'époque classique, ils firent l'objet d'une longue restauration au laboratoire d'archéologie de Florence (1975-1980), qui leur a redonné une miraculeuse vitalité. C'est, depuis la découverte du Doryphore de Polyclète, au XVe siècle, le témoignage le plus extraordinaire de la sculpture grecque qui nous soit parvenu. Conservés aujourd'hui au Museo Nazionale de Reggio de Calabre, ces deux inconnus, désignés par les noms énigmatiques de Bronze A et de Bronze B, posaient bien des questions.
    Si les archéologues tombaient d'accord sur leur âge (entre 470 et 450 av. J.-C. pour le Bronze A et avant pour le Bronze B), il n'y avait d'avis unanime ni sur le sujet ni sur les auteurs ni sur le contexte artistique dans lequel ils avaient été conçus. Paolo Moreno retrace ici l'itinéraire passionnant des découvertes qui ont permis de redonner aux Bronzes A et B un nom et une histoire. S'appuyant à la fois sur les recherches scientifiques des archéologues, les connaissances des historiens de l'art grec et sur la littérature antique, il parvient à des conclusions convaincantes : les deux statues, qui n'auraient pas été réalisées par les mêmes fondeurs, sont l'oeuvre de deux immenses artistes de l'âge classique, Alcamène, célèbre pour avoir réalisé les sculptures du fronton du temple de Zeus à Olympie, et Hagéladas, auteur du Bronze A, célèbre sculpteur d'Argos.
    La découverte scientifique redonne vie au mythe dans cet exposé très riche où le lecteur découvre, à la lumière de grands textes grecs,que les splendides bronzes de Riace représentent les héros du siège de Thèbes.

  • À l'occasion du centenaire de la naissance de l'artiste (1914-1955), le MuMa organise la première exposition consacrée au paysage dans l'oeuvre de cette grande figure de l'art du milieu du xxe siècle. Nicolas de Staël réalise au cours d'une carrière fulgurante, entre 1942 et 1955, l'une des productions artistiques les plus libres et reconnues de l'après-guerre.
    Après une période abstraite, il évolue, au moment du triomphe des abstractions, vers une peinture qui renoue avec le réel, la nature et le paysage, dépassant l'opposition apparente entre abstraction et figuration.
    Le paysage, pour Staël, ce n'est pas le pittoresque ou la description fidèle d'un site, mais avant tout la lumière et l'espace, les éléments. Il réalise des études peintes sur le motif, dessine également, à l'encre ou au feutre, à l'occasion de ses voyages, puis reprend les thèmes à l'atelier, dans un renouvellement formel continu, évoluant de peintures à la matière épaisse à des fluidités presque transparentes.
    Gentilly, Mantes-la-Jolie, Honfleur, Villerville, Dieppe, Calais, Dunkerque, ou Gravelines au Nord ; Le Lavandou, Lagnes, Ménerbes, Marseille, Uzès, Antibes, ou la Sicile au Sud sont ces lieux de choix et de circonstances traversés par la vision de ce « nomade de la lumière ».
    Cette exposition réunira plus de 130 peintures et dessins réalisés entre 1951 et 1955.

  • Si Degas est considéré aujourd'hui comme l'un des plus importants artistes impressionnistes, il a toujours entretenu des rapports compliqués avec ses camarades et surtout avec la peinture de plein air. A la fin de sa vie, il a voulu souligner la distance entre son art et celui des impressionnistes, disant au grand marchand Ambroise Vollard : « Si j'étais le Gouvernement, j'aurais une brigade de gendarmerie pour surveiller les gens qui font du paysage sur nature. » Quand Monet montre ses Nymphéas, Degas remarque qu'il « n'éprouve pas le besoin de perdre connaissance devant un étang ».
    Pourtant Degas a participé à toutes les expositions impressionnistes, de 1874 à 1886, mais en y faisant venir d'autres peintres comme Giuseppe De Nittis, plus connu à l'époque, comme pour rehausser le groupe, mais en l'entourant d'autres artistes qui n'avaient rien à voir, ce qui finit par décourager Monet et Renoir.
    Comme l'a déclaré encore Degas à ses camarades impressionnistes : « Il vous faut la vie naturelle, à moi la vie factice. » En fait, si Degas participe à sa manière à la révolution du regard que propose l'Impressionnisme, il s'en distingue en s'intéressant fortement aux éclairages artificiels et aux mouvements de la danse.
    L'exposition comptera quatre-vingt oeuvres environ, peintures, pastels, monotypes, dessins et sculptures et sera soutenue par le musée d'Orsay. Plusieurs musées américains et européens ainsi que d'importants collectionneurs ont consenti des prêts.

  • Méditerranées propose un périple civilisationnel sous la conduite d'un Ulysse contemporain. Son voyage le conduit de Troie à Marseille à la veille de la Grande Guerre, en passant par tous les temps et les lieux - Tyr, Athènes, Alexandrie, Rome, al-Andalus, Venise, Gênes, Istanbul, Alger, Tunis - qui ont constitué la mare nostrum d'aujourd'hui. Ce livre dévoile les étapes de cette longue histoire, portée par des oeuvres patrimoniales exceptionnelles. Mais il ouvre en même temps à une tout autre dimension, celle de l'actualité, mettant ainsi en perspective le passé avec le présent, un présent vu par des écrivains issus de toutes les rives de la Méditerranée et vivant au plus près des réalités sociales et politiques de leur pays.

  • À l'occasion de la mission de reconnaissance du cours du Mékong en 1866, Louis Delaporte, jeune officier de marine, découvre avec ses compagnons un site oublié, le plus imposant d'Asie, Angkor. Entre cette découverte et sa mort en 1925, Delaporte va se consacrer exclusivement à faire découvrir l'art khmer à l'Europe en rapportant sculptures originales, moulages, dessins aquarellés, plans, photographies.
    À la lumière de ces oeuvres et documents, ce catalogue aborde les premiers temps de la redécouverte d'Angkor et, plus généralement, du patrimoine de ce pays. Il évoque aussi le Cambodge de cette époque et le regard que lui porte l'Europe, en particulier la France, notamment dans le cadre spectaculaire des Expositions universelles et coloniales. Pour la première fois depuis 1925, à côté des oeuvres originales, seront exposés d'impressionnants exemples de sculptures et de bas-reliefs moulés à la fin du XIXe et au début du XXe siècle et restaurés pour cette occasion. Le point d'orgue sera la restitution d'une tour à visages du temple du Bayon, contemporain des grandes cathédrales du Moyen Âge et qui conserve, à ce jour, une part de son mystère.

  • Rétrospective des collections du musée de Cluny, à Paris, et du musée de la Renaissance à Ecouen, donnant à voir des objets archéologiques, des peintures, sculptures et manuscrits relatifs au bain, à la toilette, à la cosmétique et au soin du corps. Une dimension chimique menée sur des produits cosmétiques donne une orientation inédite au projet.

  • Du nord au sud de l'Europe, à la fin de la Renaissance, surgirent d'étranges endroits : secrets ou visibles, dans des demeures royales comme chez des notables ou des apothicaires, tenant à la fois de l'antre du magicien et de l'officine, les cabinets de curiosités rassemblaient, dans un espace souvent compté, un incroyable capharnaüm couvrant murs et plafonds, débordant des tiroirs et des cassettes.
    S'y côtoyaient mappemondes et objets d'ivoire, monnaies antiques et crânes de singe, dents de géant et cornes de licorne, pierres magiques et queues de sirène, sans oublier de fascinants oiseaux de paradis qui passaient leur vie à voler, supposait-on, puisqu'ils n'avaient pas de pattes... La nature s'y mêlait à l'art, ou plutôt se transformait en art, et l'art en nature, dans une commune capacité à stupéfier, à faire surgir la merveille.
    C'est à ces théâtres du bizarre qu'est consacré le présent ouvrage. On y retrace brièvement l'histoire du phénomène, on en montre les survivances et les transformations au cours des siècles suivants, on y évoque des figures peu connues de collectionneurs et d'amateurs attachés au culte de la curiosité ; on en souligne aussi l'influence sur certains des grands mouvements artistiques du XXe siècle, on en suit quelques-uns des développements dans l'art contemporain ; on considère enfin les motifs et les formes de la réinvention du cabinet de curiosités dans des décors et des cadres de vie actuels.

  • C'est à la foire de la poterie à Vallauris en 1946 que Picasso rencontre Georges et Suzanne Ramié, installés là en 1936 et qui, après avoir travaillé sur les formes locales, s'inscrivent dans le renouvellement de la céramique traditionnelle. Lors de son passage sur le stand, comme un amusement, il réalise quelques figurines en terre qu'il modèle à sa manière.
    L'année d'après, Picasso, installé à Golfe-Juan, revient visiter la foire de Vallauris et les Ramié lui montrent les figurines réalisées l'année précédente et qu'ils avaient fait cuire. C'est alors que commence son aventure avec le monde de la céramique. Picasso connaît la céramique depuis sa tendre enfance ; l'Espagne possède plusieurs grands centres dont l'Andalousie, province de naissance de Picasso, et la Catalogne, sa région adoptive. Par ailleurs, jusqu'aux années cinquante, les familles en Espagne cuisinaient dans des récipients de céramique populaire, marmites, « pignates », poêlons.
    Picasso loue la villa La Galloise et installe son atelier de peinture et sculpture au Fournas, ancienne usine de parfums, où il mènera de front son travail de peintre, de sculpteur et de céramiste. Il y revisite la civilisation antique méditerranéenne ; s'il n'a jamais eu la possibilité de se rendre en Grèce, ses multiples visites au Louvre ont contribué à l'éclairer sur ces sujets, et quelques voyages en Italie complètent une culture innée. Il redécouvre la céramique traditionnelle, encore utilisée au quotidien à cette époque, et la détourne de ses fonctions premières, en utilisant les formes comme supports pour leur offrir de nouvelles destinations.
    C'est ainsi que les « pignates » sont décorées avec des « figures noires », comme les vases antiques, et racontent une histoire, les poêlons pour la cuisson des châtaignes deviennent des masques, les gourdes en terre cuite dénommées « gus » deviennent des insectes bleus.
    Il détourne également les briques et les moellons brisés qui se transforment en superbes sculptures-céramiques en trois dimensions. Il utilise également les descentes de gouttières sur lesquelles il impose les portraits, soit de Françoise, soit, après le départ en 1953 de cette dernière, ceux de Jacqueline qu'il épouse en 1961.

empty