Presses Polytechniques Et Universitaires Romandes

  • Aujourd'hui, à l'évocation de l'architecture japonaise, les images d'un temple ou d'une pagode viennent assez naturellement à l'esprit. Certains auront également en tête des oeuvres plus contemporaines: les voiles de béton brut de décoffrage, massifs et modulaires à la manière d'Ando Tadao, les architectures plus légères d'Ito Toyo, Sejima Kazuyo ou les façades ouvragées de Kuma Kengo1, pour ne citer qu'eux. Un fossé générationnel, voire historique, assez surprenant, semble s'être creusé entre les images d'une architecture traditionnelle très emblématique où le bois est le matériau de prédilection, et celles plus actuelles de projets innovants où son usage se réduit.

    Au Japon, bien que le charpentier en ait longtemps été le maître d'oeuvre principal, la culture architecturale contemporaine semble avoir oublié ce savoir constructif accumulé durant des siècles. Une telle constatation s'applique d'ailleurs à nombre d'autres domaines de l'art comme la musique - les enfants japonais apprennent plus volontiers le piano ou le violon que le shamisen ou le koto - la peinture et la sculpture, enseignées selon les canons occidentaux depuis la réforme de Meiji à la fin du XIXe siècle.

    Le déclin de l'artisanat, l'industrialisation, la modernisation des savoirs et des techniques, sont des phénomènes aujourd'hui observables à une échelle globale, mais dans le cas du Japon en particulier, le contraste est saisissant, même inquiétant, entre ce qui reste d'un patrimoine ancien et ce qui se construit en majorité dans les villes japonaises.

  • Le réemploi des éléments de construction est aujourd'hui devenu une ambition dans de nombreuses politiques publiques en matière de gestion des ressources. Les principes d'urban mining, de métabolisme urbain et de bouclage des flux de matériaux s'installent progressivement dans les esprits et les pratiques, mais de nombreux défis techniques, législatifs, sociaux et culturels freinent encore l'évolution des usages vers un modèle d'économie véritablement "circulaire" pour le secteur de la construction.
    Rassemblant des chercheurs et des concepteurs spécialisés dans les questions d'économie matérielle, le groupe Rotor présente ici un état des lieux sans précédent du réemploi des matériaux de construction. Il expose les obstacles qui subsistent, les solutions permettant d'y remédier, illustre le propos d'exemples remarquables et replace cette pratique dans sa dimension historique. Fruit d'une expérience internationalement reconnue, notamment dans le cadre de Rotor Deconstruction, entreprise active dans la valorisation d'éléments de construction de réemploi, cette référence fait également le point sur les dimensions et les perspectives économiques de cette pratique.
    Largement illustré et tout en couleur, ce livre s'adresse aux étudiants et praticiens actifs dans le domaine de la construction (architectes, ingénieurs civils) ou concernés par le réemploi des matériaux de construction (bureaux d'études, commanditaires, pouvoirs publics, consultants en environnement).

  • Les performances fabuleuses de la construction moderne ont ouvert la voie vers un énorme pluralisme des formes au risque de confondre leurs significations premières et de laisser libre cours à l'arbitraire. Si l'architecture est un fait culturel, elle n'est pas pour autant un produit de mode. Elle n'est pas assez éphémère pour cela. Cet ouvrage propose une approche des multiples aspects et thèmes fondamentaux de cette discipline complexe et parfois mystérieuse.

    La première partie est forgée autour de références à la grammaire des formes architecturales. Quatre ou cinq mille ans d'histoire démontrent la persistance de quelques principes fondamentaux et intrinsèques de cette discipline qui organise en trois dimensions l'espace et lieu de la vie des hommes. Dans la deuxième partie, l'auteur exprime sa propre position face au rapport entre espace et lieu et entre forme et matériaux, la raison utilitaire et la raison constructive n'ayant jamais suffi, à elles seules, à donner forme à la maison et à la ville.

    Ni dictionnaire ni encyclopédie, cet ouvrage cherche à combler une lacune : proposer une introduction au projet et à la critique architecturale vue à la lumière de notre époque.

  • Véritable référence pour les professionnels du bâtiment, ce livre est le seul existant en France sur les surélévations en bois. Directement concerné par la construction écologique et le développement durable, il répond aux besoins de place des locataires et permet de remettre une habitation existante aux normes énergétiques actuelles.

    Les nombreuses illustrations en couleur et les études de cas existants en font un ouvrage complet et agréable à consulter.

  • Il était temps que la vie et l'oeuvre d'un des plus grands ethnologues du vingtième siècle, Suisse de naissance et nomade par vocation, soient honorées par un ouvrage d'ensemble. L'Île de Pâques, Le Vaudou haïtien, les Incas : ces oeuvres majeures ont fait date et gardent toute leur valeur aujourd'hui. De haute qualité scientifique, elles témoignent d'une sympathie profonde pour les civilisations qu'elles font revivre. Car aux yeux de Métraux, l'ethnologie est une science humaine, au sens le plus fort et le plus plein du terme.

  • La saga de la Table Ronde avec ses héros, le roi Arthur et son épouse Guenièvre, Merlin l'enchanteur, Lancelot, Perceval à la quête énigmatique du Graal, hantent l'imaginaire occidental depuis plus de mille ans. C'est le plus colossal ensemble mythique de la littérature européenne, il concerne tout le monde celtique, l'ancienne Helvétie comprise (le 1er août était jadis la fête du dieu solaire Lug, célébré par des feux et de grandes assemblées).
    Arthur s'est imposé comme le modèle incontesté d'un idéal chevaleresque, malgré les multiples travestissements ou instrumentalisations que lui ont fait subir au fil des siècles politiciens, écrivains, philologues, peintres, musiciens et aujourd'hui cinéastes. L'acculturation du mythe s'accélère de manière exponentielle avec l'arrivée de la culture de masse, miroir singulièrement révélateur de notre époque.

  • Exhaustif, synthétique et abondamment illustré par de nombreux exemples construits, cet outil de référence pour les architectes et les ingénieurs présente une vaste gamme de formes, de moyens et de techniques d'assemblage, de conceptions d'appui et de systèmes porteurs, etc.

  • "Entre deux": matières aborde ce thème en partant du constat que l'architecture et l'urbain sont souvent confrontés à des valeurs contraires qui ont des influences diverses sur les ressorts projectuels. Reconnaître un tel point de vue implique donc d'attribuer au processus créatif (du projet à la réalisation) une dimension à la fois relative et relationnelle, qui se rapporte le plus souvent au dualisme, en oscillation, de polarités opposées : entre ancien et moderne, entre global et local, entre individuel et collectif, entre autres.

  • La relation entre photographie et architecture est aussi ancienne que l'invention de la photographie elle-même. La toute première image photographique jamais réalisée, en 1826 ou 1827, par Joseph Nicéphore Niépce, représente les édifices présents dans la cour de la demeure familiale. Au fil du temps, ces liens se sont développés, instituant progressivement la photographie comme l'outil privilégié des architectes contemporains pour documenter les phases d'un projet ou le résultat final de son exécution.

    Sur la base d'une interaction forte entre texte et images, l'auteur retrace ici l'évolution de la photographie d'architecture, depuis sa conception au XIXe siècle, entre art et source documentaire, et entre production amateur et proto-professionnelle, jusqu'au rôle essentiel qu'elle joue aujourd'hui.

    De Daguerre à Baldus, Moholy-Nagy ou Couturier, et de Viollet-le-Duc à Mies van der Rohe, Le Corbusier ou Pagano, cette référence constitue la première synthèse ample et structurée de l'histoire de l'iconographie photographique d'architecture, des origines à nos jours. Cette édition constitue une version révisée et augmentée de l'édition italienne originale.

  • "L'oeuvre et le temps, le temps à l'oeuvre" : le thème du Dossier de ce numéro 14 de matières, volontairement vaste, se traduit tout naturellement par des angles d'approche multiples. Dans cette optique sont interrogées l'extension de monuments, les formes paradoxales qu'adoptent les logements collectifs entre 1968 et 1973 ou encore la reproductibilité du modèle de l'"Unité d'habitation" de Le Corbusier. À ces déclinaisons du lien entre temps et oeuvre s'ajoutent un cheminement autour de la durabilité de la pierre ainsi qu'une réflexion sur la réception critique d'un bâtiment. Ce numéro réunit des sujets variés : le chantier de l'église de l'Autoroute de Michelucci, le travail de l'artiste Isa Genzken, la genèse du livre sur le New Brutalism de Banham et une visite de Berlin a des temps différents. La section "Archives" explore les projets des architectes Paul Cottancin, Eduard Lanz et Erik Gunnar Asplund.

  • Dernier texte majeur en langue d'oc resté inédit, et unique manuscrit mathématique conservé écrit dans cette langue, l'Arithmétique composée par un auteur inconnu à Pamiers vers 1430 est pourtant destinée à occuper une place de choix dans l'histoire des mathématiques. On y trouve d'abord la première acceptation d'un nombre négatif, à savoir pour l'une des inconnues d'un système d'équations linéaires.

    L'auteur explique ensuite, lors de sa recherche d'approximations de racines carrées ou cubiques d'entiers, comment on peut construire une suite infinie de fractions rationnelles entre deux entiers voisins ; ceci l'amène à se poser la question de la comparaison de deux ensembles infinis, celui des naturels et celui des fractions.

    Cet ouvrage intéressera non seulement les étudiants et les enseignants de mathématiques, mais aussi toute personne curieuse de suivre l'exposé fort clair d'un enseignant du XVe siècle initiant ses lecteurs aux applications commerciales des mathématiques tout en soumettant à leur réflexion quelques questions menant bien au-delà de l'enseignement conventionnel.

  • Analyser une structure signifie, pour le concepteur-projeteur, en comprendre le fonctionnement, le jeu des forces, savoir justifier l'arrangement des composants, leurs formes et proportions, saisir les principes de résistance et de stabilité essentiels en liaison avec les matériaux sélectionnés.
    Ce livre donne une initiation à l'analyse des structures. les auteurs présentent une approche naturelle, concrète et souvent intuitive des phénomènes - sans sacrifier néanmoins la rigueur nécessaire - étayée des méthodes de dimensionnement des cas les plus simples (seules les structures formées de barres, poutres et câbles sont traitées). ils cherchent à sensibiliser le lecteur aux problèmes liés au comportement des structures afin d'en réaliser une saine conception.
    Cet ouvrage se veut aussi un trait d'union facilitant le dialogue avec l'ingénieur spécialisé. initialement écrit pour les étudiants en architecture, ce livre s'adresse plus largement à tous ceux qui veulent s'initier à l'art de construire.

  • On a peine à le croire, mais c'est la réalité: jusqu'aux débuts de la Renaissance, aucun comptable ou commerçant de chez nous ne pouvait effectuer une addition par écrit; tout simplement parce qu'il ne disposait que des chiffres romains, et que ceux-ci ne se prêtent pas au calcul écrit. Il devait s'installer à une table de compte, et y représenter ses montants par des jetons, qu'il déplaçait sur des lignes ou dans des colonnes. Ce qui a tout changé, c'est l'arrivée des chiffres arabes. Car eux permettent le calcul écrit. Et pas seulement l'addition, mais tout ce que nous entendons par calcul élémentaire. La transition a pris des dizaines d'années, amorcée ici et là par un auteur courageux désireux de faire connaître le nouveau calcul. Et devenu ainsi, dans sa langue et dans son pays, un père du calcul écrit. C'est aux plus marquants de ces auteurs que l'on rend ici hommage, dans un livre qui veut être agréable comme une promenade: on y expose brièvement leur vie, et l'on y commente pour chacun d'eux cinq problèmes très simples, tirés de l'ouvrage par lequel il a ouvert la voie. C'est l'occasion d'évoquer au passage un travers moderne, le syndrome du rétroviseur, qui brouille parfois l'image qu'on se fait du calcul écrit à ses débuts.

  • Le paysage est immédiatement visible, le sol, généralement non! Cet ouvrage débute dès lors par ce que l'on aperçoit: le paysage. S'échelonnant de la plaine agricole plus ou moins urbanisée aux marges glaciaires de l'étage alpin, douze paysages sont présentés ici. Au fil de sa caractérisation, chacun d'entre eux révèle peu à peu les sols qu'il abrite.

    Ce livre s'attache ensuite au portrait de plus de cinquante types de sols, observés en Suisse occidentale et typiques de l'Europe moyenne. À partir de descriptions de terrain et d'analyses de laboratoire, la formation du sol et ses interactions avec la végétation sont exposées en détail. Les fonctions d'habitat, de régulation, de production, de support, de source de matières premières et d'archive sont discutées, tout comme les questions relatives aux atteintes au sol et aux mesures de conservation à adopter. De brèves synthèses sur la diversité pédologique, ainsi que sur les facteurs et les processus qui contrôlent la formation des sols sont également proposées.

    Enfin, cet ouvrage accorde une large place aux usages du sol, qu'ils soient forestiers, agricoles, viticoles ou urbains. Cinq annexes thématiques, dont une clé amovible de détermination des types de sols et des formes d'humus, complètent l'ensemble.

    L'organisation en quatre parties autonomes offre au lecteur la possibilité de cheminer selon son intérêt ou sa motivation, pour comprendre un paysage, un type de sol ou un usage.

    Ce livre, sans précédent, richement illustré et accompagné d'un glossaire, s'adresse en premier lieu aux étudiants et aux praticiens dans le domaine de l'environnement nature ou construit (pédologues, biologistes, géologues, géographes, agronomes, forestiers, gestionnaires du territoire), mais il passionnera également tous les amateurs de nature désireux de percer les secrets d'un paysage ou les mystères d'un sol.

  • Ce livre révèle, de l'époque romaine au 19e siècle, l'extraordinaire richesse d'une Afrique de l'Ouest trop longtemps restée dans l'ombre de l'histoire. Qui étaient les populations qui y vivaient? Quelle était la nature politique de ces sociétés? A-t-il réellement existé, aux périodes précoloniales, de véritables "Empires"? L'ouvrage décrit, dans leurs mécanismes sociaux, les village à chefferies, le développement de l'exploitation de l'or et des esclaves, les marchés et échanges locaux et le grand commerce des pistes transsahariennes.

  • Les marchés financiers et les grandes banques ont atteint une taille, une complexité et un degré d'opacité particulièrement inquiétants, qui leur permet d'accroître encore plus leur pouvoir.
    Au niveau international, les dirigeants élus, qu'ils soient de gauche ou de droite, n'appliquent le plus souvent qu'une seule et même politique économique, celle qui répond aux intérêts de l'aristocratie financière, et qui ne fait qu'accentuer la crise et assombrir les perspectives d'avenir : il est paradoxal qu'une petite minorité de la population mondiale soit en situation d'imposer sa volonté à l'ensemble de la société. Aujourd'hui, c'est au nom de la satisfaction de marchés financiers, qui par nature demeurent insatisfaits, que les générations actuelles souffrent. En 1914, au nom de la nation, la jeunesse européenne fut sacrifiée dans les charniers d'une longue et cruelle guerre.
    Hier comme aujourd'hui, la démocratie est mise en échec, puisque les politiques suivies ne correspondent ni aux intérêts ni aux aspirations du plus grand nombre. Résoudre cette crise, soigner ce cancer qui ronge la société requiert essentiellement le respect de principes de base, plutôt que l'utilisation de recettes au goût amer : d'une part, il faut réanimer la démocratie - la sortir de son coma -, d'autre part, il s'agit de remettre la sphère financière à sa place, c'est-à-dire au service de l'économie et de la société.
    C'est ce à quoi s'intéresse Marc Chesney dans cet essai implacable, dans lequel il montre comment les lobbies du secteur financier s'activent pour bloquer tout type d'avancées dans ce domaine.

  • Si elles jouissent actuellement d'un regain d'intérêt, les infrastructures de mobilité doivent être repensées. Soumises à des logiques de mutualisation des potentiels, des investissements et des risques, elles tendent à se combiner avec d'autres types de programmes - habitat, travail, loisirs, équipements publics -, et apparaissent comme de puissants leviers de transformation urbaine et de rééquilibrage territorial. Dès lors, comment relever le pari de concevoir de nouveaux types d'"architectures infrastructurelles" complexes et contextualisées, capables d'intégrer d'autres fonctions que la mobilité, mais aussi un environnement climatique, social, urbain et paysager spécifique?

    La présente publication explore ce champ d'innovation à partir des travaux de recherche et des projets produits au cours des cinq dernières années, sous la direction de la Professeure Inès Lamunière, dans le cadre du Laboratoire d'Architecture et de Mobilité Urbaine (LAMU) de l'EPFL. A travers une série de contributions issues de différentes disciplines - architecture, génie civil, art, histoire -, la première partie du livre apporte autant de points de vue sur la problématique aux multiples facettes des infrastructures intégratives. Quant à la seconde partie de l'ouvrage, elle propose une sélection de projets qui mettent en oeuvre les méthodes et outils de conception développés au sein du LAMU, et témoignent tous, par leur diversité, de la capacité du projet d'architecture à réinvestir la culture de l'infrastructure.

    Dans la mesure où elles prennent le pari d'intégrer plutôt que de dissocier, d'entrer en relation avec le contexte plutôt que de s'en abstraire, d'innover plutôt que de reproduire des solutions standardisées, les démarches de conception défendues ici sont toujours productrices d'"objets risqués". C'est précisément en cela qu'elles ouvrent, à l'ère de la métropolisation, de nouvelles perspectives en matière de projet architectural et urbain.

  • Ce livre est la traduction de la 2e édition de Einführung in die Geschichte der Architekturtheorie parue en 1987. En tant que discipline, la théorie de l'architecture se situe d'abord dans le champ de la littérature artistique et se manifeste par des traités autant que par des chroniques, des pamphlets, des textes romanesques, voire des utopies. La tradition scientifique du traité remonte aux 'Dix livres de l'architecture' de l'ingénieur-architecte Vitruve, ouvrage dédié à l'empereur Auguste.

    En Italie, en France, en Angleterre et en Allemagne, le discours lettré sur l'architecture répercute jusqu'au XIXe siècle l'écho du texte fondateur. D'ovp cette affirmation, cette amplification et ce déclin du vitruvianisme en tant que doctrine cardinale, sujette aux remises en cause de l'histoire. Partant de ce texte fondateur, le livre proposé examine le retentissement de Vitruve sur la théorie de l'architecture au Moyen Age, à la Renaissance et dans les Temps Modernes. Emanant de cours et de séminaires donnés à l'Université de Bâle, et donc destiné à l'enseignement, il propose un aperçu de l'exégèse vitruvienne et vise à mettre en place des jalons qui renvoient à la lecture des textes.

  • La prise de conscience des conséquences induites par l'étalement urbain conduit à promouvoir des stratégies territoriales visant à réorienter le bâti vers l'intérieur. Cette démarche ne se limite pas aux centres des villes, mais concerne également de vastes territoires situés dans les couronnes suburbaines des agglomérations. Certains de ces secteurs constituent des opportunités particulièrement stratégiques pour la métamorphose des régions urbaines, en particulier ceux qui se situent à proximité des arrêts - existants ou futurs - de transports publics et qui présentent simultanément le potentiel d'accueillir de nouvelles constructions.

    Dans une optique de durabilité visant la prise en compte optimisée d'aspects environnementaux, socioculturels et économiques, la problématique ne se limite de loin pas aux seuls aspects de localisation et de densification du bâti. Elle pose toute une série de questions stimulantes au projet architectural, en lien notamment avec la création de nouvelles polarités au coeur de paysages hétérogènes, qui s'inscrivent plus largement dans les enjeux liés à l'émergence de vastes régions métropolitaines.

    Dans ce contexte, l'ouvrage s'interroge sur les modalités de conception de nouveaux quartiers durables dans les territoires suburbains. Il présente neuf visions projectuelles envisageables pour un secteur représentatif de l'Ouest lausannois, dont l'identité future reste à inventer. Plusieurs travaux de recherche développent par ailleurs des approches évaluatives sur ce même cas d'étude. Ces réflexions deviennent ainsi source d'un questionnement théorique plus vaste, lié à l'évolution du rôle de l'architecte dans les franges urbaines déjà largement bâties.

  • Édifice inaugural du De Architectura, la Tour des Vents d'Andronikos de Kyrros nous montre comment Vitruve se forge, dans le sillage de Varron, une conception augmentée de l'architecture qui ne se limite pas à la construction d'édifices: aedificatio,, mais s'étend à la construction de cadrans solaires: gnomonica, et de machines: machinatio,. Et si Vitruve apparait comme un précurseur du projet encyclopédique, c'est que ces trois constructions procèdent d'une même conception paramétrique, à base de proportions, comme toute la science antique, même si Vitruve confond cet outil mathématique avec celui de commensurabilité pour lequel il utilise le mot grec symmetria,. De fait, il aura fallu attendre 1794 pour qu'Adrien Marie Legendre initie les travaux qui donneront son sens moderne au mot symétrie, à savoir : celui d'un groupe de transformations maintenant globalement invariantes toutes les propriétés d'une figure en dépit de l'inversion de son orientation. La question devient alors d'évaluer dans quelle mesure on peut construire une encyclopédie contemporaine sur la base du concept d'invariance par variation inauguré par Felix Klein en 1872.

  • L'observation des territoires urbains contemporains fait apparaître un paradoxe singulier. Si les politiques publiques s'efforcent de freiner la consommation de sol et les pressions sur le paysage par la promotion de stratégies pour juguler l'étalement urbain, un stock considérable de terrains situés au coeur des villes et des agglomérations n'en demeure pas moins à l'abandon. Ces friches urbaines, qui abritaient autrefois des activités industrielles, ferroviaires, militaires ou infrastructurelles, offrent pourtant de précieuses réserves de terrains constructibles.

    Selon certaines estimations récentes, une surface équivalant au double de la superficie d'une ville comme Genève sommeille actuellement au coeur des territoires urbains en Suisse. Plusieurs exemples de projets de reconversion ont mis en évidence la pertinence des démarches visant à régénérer les friches urbaines en quartiers animés, attractifs pour l'habitat et propices au déploiement d'activités économiques, sociales et culturelles.

    Cet ouvrage dresse un état des lieux précis de la situation. A l'aide de multiples exemples, il se focalise sur les stratégies de régénération des friches urbaines dans une perspective de développement territorial durable. Il fournit enfin une panoplie de propositions concrètes, visant à transférer les enseignements tirés d'expériences pionnières en matière d'intégration de la durabilité vers les pratiques courantes de la planification urbaine.

  • Aucune famille de mammifères n'est aujourd'hui plus menacée que celle des grands singes.
    Les populations de gibbons, gorilles, orangs-outans, bonobos et chimpanzés déclinent à un rythme effréné, au fur et à mesure de la destruction de leur milieu de vie: les forêts tropicales. Or celles-ci sont abattues et exploitées pour le bois ou des plantations industrielles, tel le palmier à huile. Ce pillage ruine la biodiversité et chasse les populations autochtones. Pour mesurer les chances de survie des grands singes, il faut pénétrer les mécanismes de l'économie planétaire, prendre en compte le boom industriel chinois, les politiques nationales de déforestation, les voies souvent frauduleuses du commerce.
    Il faut résolument y impliquer nos propres habitudes de consommation. Ce livre rend compte des succès mitigés des accords internationaux pour sauver les espèces en péril et dresse l'inventaire des actions régionales entreprises en Afrique et en Asie pour sauver les grands singes, in extremis, si c'est encore possible.

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