Joelle Losfeld

  • « Pendant des années, chaque fois que je voyais dans la rue un petit homme de dos avec un imperméable et un parapluie, je pressais le pas et quand j'arrivais à sa hauteur, je tournais la tête, mais ce n'était jamais lui. » Février 1942 : un petit Polonais et une jeune femme romantique se rencontrent dans une ville de la province ardéchoise. Aussitôt c'est la passion, immédiate, celle qui brûle, qui enivre. Profondément excessif, d'un égoïsme et d'une avidité que seul tempère l'amour qu'il éprouve pour les siens, le petit Polonais flirte insolemment avec les frontières du bien et du mal : trafiquant sans scrupule pendant la guerre, il deviendra à la Libération un commerçant impitoyable. Envoûtés par son charisme, par sa passion effrénée pour l'existence et son goût du danger, sa femme, ses enfants, et tous ceux qui l'entourent lui vouent une admiration et une tendresse inconditionnelles.
    Trente ans après le suicide de son père, son fils cadet tente de ranimer la force, les faiblesses et les passions de ce caïd brisé par la mort de la seule femme qu'il ait aimée.

  • C'est un hymne aux hommes perdus des années 50 et 60 qu'écrit ici Richard Morgiève. De ceux qui ressemblent à Lino Ventura ou à Gabin, ceux-là qui viennent hanter nos souvenirs. Des petits gangsters qui roulent des mécaniques et qui n'ont pas toujours le courage d'affronter la réalité. Ils aiment les femmes et les femmes le leur rendent bien car, au-delà de la carapace qu'ils mettent en avant, ils sont émouvants.
    Parfois cruels. C'est aussi l'histoire de Mietek. C'est un individu en déshérence. Il est amoureux d'une femme qui ne peut pas l'aimer. À cause d'elle, Mietek ne s'en sort pas, s'enlise dans des histoires qui ne peuvent aboutir sans risquer de perdre sa liberté.

    Richard Morgiève revient chez Joëlle Losfeld avec un roman au style linéaire sans effet de manche, ni de composition sophistiquée. Et cette simplicité, cette sensibilité offre au lecteur la proximité des choses de la vie.

  • «Mondial cafard est la rencontre de trois jeunes femmes qui ne peuvent pas entrer en relation - ni exprimer vraiment ce qui les tient et les retient : leur histoire de famille, leur condition de femme. C'est mon quatrième texte théâtral. Comme pour La demoiselle aux crottes de nez, j'ai choisi d'écrire pour des actrices que j'aime et ainsi de les incarner par l'écriture dans les personnages qu'elles vont incarner à leur tour. Ce projet est dans la continuation de mon travail aussi bien romanesque que théâtral, il veut parler du rapport de l'être à sa condition d'être, du rapport de l'être au temps comme mesure de sa vie - temps dans lequel il se déplace sans cesse à tous les temps passé / présent / futur / conditionnel zappant sans cesse comme pour échapper au programme ou plutôt à une programmation psychique.»
    Richard Morgiève.

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