Mercure De France

  • » Zoom Présentation Traduit de l'anglais par Jean-Pierre Aoustin Ceux qui veulent nier le passage du temps disent : quarante ans, ce n'est rien, à cinquante ans on est dans la fleur de l'âge, la soixantaine est la nouvelle quarantaine et ainsi de suite. Je sais pour ma part qu'il y a un temps objectif, mais aussi un temps subjectif. le vrai, qui se mesure dans notre relation à la mémoire. Alors, quand cette chose étrange est arrivée, quand les nouveaux souvenirs me sont soudain revenus, ça a été comme si, pendant ce moment-là, le temps avait été inversé. Comme si le fleuve avait coulé vers l'amont.

    Tony, la soixantaine, a pris sa retraite. Il a connu une existence assez terne, un mariage qui l'a été aussi. Autrefois il a beaucoup fréquenté Veronica, mais ils se sont éloignés l'un de l'autre. Apprenant un peu plus tard qu'elle sortait avec Adrian, le plus brillant de ses anciens condisciples de lycée et de fac, la colère et la déception lui ont fait écrire une lettre épouvantable aux deux amoureux. Peu après, il apprendra le suicide d'Adrian.
    Pourquoi Adrian s'est-il tué ? Quarante ans plus tard, le passé va ressurgir, des souvenirs soigneusement occultés remonter à la surface - Veronica dansant un soir pour Tony, un weekend dérangeant chez ses parents à elle. Et puis, soudain, la lettre d'un notaire, un testament difficile à comprendre et finalement, la terrible vérité, qui bouleversera Tony comme chacun des lecteurs d'Une fille, qui danse.

  • " Marcher est peut-être - mythologiquement - le geste le plus trivial, donc le plus humain ", écrivait Roland Barthes. Flânerie, déambulation, errance, vagabondage, promenade, randonnée, traversée, excursion, pèlerinage, voyage... autant de mots pour désigner le mouvement progressif de la marche, depuis la manière la plus lente et rêveuse jusqu'à la plus sportive. Il existe tout autant de catégories de marcheurs : le marcheur de ville, le marcheur de plaine ou de forêt, de sentiers ou de chemins, le marcheur de montagne et de désert, le marcheur régionaliste, de pays ou de continents, le marcheur profane ou sacré, l'amateur de marche individuelle, accompagnée ou encore en groupe... Peut-être la marche est-elle la meilleure façon d'appréhender te monde, à vitesse humaine. Clopin-clopant et chemin faisant, balade dans les pas de Virginia Woolf, Henri Calet, Julien Gracq, Georges Perec, Bruce Chatwin, Patrick Modiano, Jean-Jacques Rousseau, Jean Giono, Marguerite Duras, Philippe Delerm et bien d'autres.

  • Durant la Première Guerre mondiale, des milliers de jeunes Martiniquais furent intégrés à l'armée française en tant que conscrits et allèrent combattre dans la Somme, la Marne, etc. L'auteur fait entendre les voix des familles de ces soldats : Man Hortense qui a perdu son fils Théodore, Euphrasie, la couturière, qui attend les lettres de son mari, Rémilien, prisonnier dans un camp allemand, etc.

  • A propos de Bombay, la démesure et l'hyperbole sont en général de mise : capharnaüm urbain, bidonville à ciel ouvert, babylone de tous les vices, mais aussi laboratoire de l'Inde nouvelle, machine à rêves, puissante place-forte de l'économie mondialisée... Etape obligatoire des voyageurs de passage, c'est la ville indienne qui a suscité le plus de littérature, nationale ou étrangère. Pour traiter de cette ville-kaléidoscope il fallait de grands écrivains indiens, comme Salman Rushdie - né bombayen et père, avec ses Enfants de minuit, de tout le roman indien moderne.
    Il fallait de "jeunes" romanciers, nostalgiques comme Siddarth Dhanvant Shangvi ou Ardashir Vakil, ou iconoclastes comme Jeet Thayil, perdu dans les bas-fonds fantasmés de Narcopolis, ou Raj Rao, l'un des porte-parole de la cause homosexuelle en Inde. Ou encore le très insolent Arun Kolatkar, le grand poète du quotidien des Bombayens les plus humbles : modestes travailleurs, parias, mendiants, chiens...
    Sans oublier quelques voyageurs pressés - Jules Verne, Jean Cocteau, ou Muriel Cerf en route vers Katmandou, quelques hédonistes comme Pasolini ou Christine Manfield, et bien d'autres.

  • Je sors de la gare à Versailles, remonte l'avenue vers le château. Une joie étrange me soulève, me porte, m'emmène, comme si elle-même actionnait le travelling, poussait encore le chariot sur les rails. Est-ce cela l'ambition, le désir de gloire? L'arrivée dans une lumière inédite, éclatante. J'ai déjà vu les lumières d'un plateau de cinéma, c'est exactement ça : un éblouissement, une foudre répandue, répartie, et qui dure et vous emporte. Vous n'êtes plus le même, on vous a enlevé un poids, une assignation. Une caméra sur un rail. Elle avance vers Nicholson, vers moi, j'ouvre les yeux, je parle à voix très basse, ne vois rien de la machine qui doucement approche. Elle s'éloigne, arpente la ville, détaille les rues, les immeubles, les façades, montre leur indifférence, leur épaisseur de tombe, revient sur moi, là, au milieu de la place d'Armes, l'immense place où je suis seul. Lorsque Gabriel est sollicité par un réalisateur grec qui veut l'engager pour tourner dans son film, sa vie bascule... Il vient de se séparer de sa compagne, c'est là l'occasion de rebondir! Et de se lancer à corps perdu dans la grande aventure du cinéma. Gabriel adore le septième art mais ignore tout de la réalité d'un plateau de tournage. À peu près autant, semble-t-il, que le réalisateur, lui aussi débutant. Cet attelage improbable réserve de nombreuses surprises.

  • C'est en 1919 que Johnston devint le tuteur de P'u-Yi, le dernier Empereur de la dynastie Ch'ing qui, sans aucun pouvoir politique, vivait encore dans la Cité interdite avec une cour, des serviteurs et toutes les préséances qui étaient dues à son rang. Johnston bénéficiait d'un traitement de faveur particulier : lorsqu'il entrait dans une pièce où se trouvait l'Empereur, ce dernier devait se lever et attendre qu'il se fût assis. Ce professeur anglais raconte ses journées d'enseignement avec P'u-Yi, certains de ses traits de caractère, son intelligence et son intérêt pour la politique de la toute nouvelle République. Johnston nous donne une vision très intéressante de la vie de cour à l'intérieur de la Cité interdite, toujours avec un souci d'historien de la pensée philosophique ou politique chinoise. C'est de la Cité interdite - où arrivaient journaux et messagers de toute la Chine - que Johnston voyait se mettre en place les rivalités entre partis, factions, et personnalités diverses, jusqu'à la chute de l'Empereur.

  • Faute de miroir / les femmes des gens de l'eau ne savent pas qu'elles sont femmes / l'herbe arrachée de la main gauche / les imprègne de sa soumission / elles tissent des murs autour de leurs hanches / quand l'homme part à la chasse / coupent le fil à son retour avec leurs dents / l'antilope sur l'épaule n'est pas un gibier / mais une épouse pour temps d'indigence et de désillusions / Les preneurs d'âme chante la vie d'une communauté tel un mythe.
    En attendant le retour des hommes partis à la chasse, les femmes effacent leur douleur avec l'eau de la pluie. Tous les gens de la terre sont considérés comme des frères étranges, familiers et parfois menaçants.
    Vénus Khoury-Ghata fait défiler avec talent les images concrètes et d'une beauté bouleversante. Dans ce nouveau recueil, elle livre une poésie ample, directe et quasi magique.

  • « Evergreen », un lieu-dit au sein des forêts profondes à la frontière des Etats-Unis et du Canada, a tout ou presque du paradis pour le jeune couple venu y vivre, Eveline et Emil - lui, émigrant fraîchement arrivé d'Allemagne, et elle, à peine sortie de l'adolescence. Un petit garçon naît, l'avenir semble plein de promesses.
    Mais un jour, arrive une lettre d'Europe : le père d'Emil est très malade, il doit aller auprès de lui. Or on est en 1939, c'est bientôt la guerre, les communications sont coupées, tout retour est impossible.
    Restée seule à Evergreen avec son fils, Eveline va connaître l'enfer : elle est violée par un inconnu de passage, une petite fille naît neuf mois après, qu'elle abandonne à la porte d'un orphelinat.
    Comment vivre ensuite avec le poids de ce terrible secret, de cette honte, de ce remords ? Et comment l'enfant, « née du péché » pour les cruelles religieuses qui la maltraitent, pourra-t-elle se construire ? Devenue adulte et mère à son tour, comment se comportera Naamah, en découvrant ses origines ? Sur trois générations, un tel drame peut-il se reproduire ?

    Le premier roman de Rebecca Rasmussen a été salué par une presse unanime aux Etats-Unis. Evergreen est son deuxième livre : il paraît simultanément dans cinq pays.
    Elle vit à Los Angeles, où elle enseigne à l'université.

  • En 1739, Charles de Brosses, âgé de trente ans, conseiller au Parlement de Bourgogne, part avec un groupe de gentilshommes à la découverte de l'Italie. Pendant une année, il adresse à ses amis et parents de Dijon des lettres si appréciées qu'on en fit des copies. A son retour, le futur Président travaille à partir de sa correspondance afin de remanier ces lettres, qui furent éditées pour la première fois en 1799. Ces " lettres familières " constituent un des plus charmants récits de voyage en Italie qu'un écrivain français nous ait laissé. Charles de Brosses est libertin, cultivé, ironique, fin observateur et décrit brillamment les moeurs, les événements du temps et l'Italie de toujours, celle des arts.

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