Brepols

  • Ce volume recueille les actes d'un colloque tenu à Bruxelles dans le cadre du programme international « Les élites au haut Moyen Âge » et se propose d'étudier la richesse comme critère d'appartenance à l'élite sociale, politique ou religieuse et les usages faits de leurs biens matériels par les membres de ces groupes.
    La possession de biens matériels, qu'il s'agisse de terres, de demeures, de bijoux, d'armes, de biens de production ou de biens de prestige, fait partie des éléments permettant à des groupes sociaux ou à des individus d'exercer leur domination sur les autres. À côté du prestige qu'assure la culture ou de la situation à la tête de réseaux complexes dans une société où les hiérarchies sont essentielles, la richesse classe et contribue à l'établissement du rang d'un individu ou d'un groupe dans l'ordre social.
    Être riche entraîne un certain nombre de comportements et contraint à la satisfaction d'obligation de tous ordres : il existe un usage chrétien de la richesse et donc tout un discours sur sa signification et sa destination. La composition des fortunes, leur évolution, leur gestion et leur transmission sont de véritables problèmes auxquels le colloque « Les élites et la richesse durant le haut Moyen Âge » s'est efforcé de répondre, en axant ses interrogations sur les rationalités à l'oeuvre dans les comportements des grands agents économiques de la période, qu'il s'agisse d'abbés, d'évêques ou de membres de l'aristocratie laïque.
    Pour cette raison, les vingt contributions de l'ouvrage sont distribuées en trois parties, « Discourir sur la richesse », « Être riche » et « Obtenir et utiliser les richesses » qui marquent toutes trois un point de vue sur les interactions entre la richesse et la domination sociale telle qu'elle apparaît à travers les sources à notre disposition.

  • Ce livre unique dans la littérature médiévale occidentale pourrait à lui seul justifier l'appellation " miracle islandais " dont on a coutume de qualifier les XIIe et XIIIe siècles islandais.
    Il s'agit d'une sorte de recensement, à partir de 874, des colonisateurs de l'Islande. Partis en général de Norvège, après de longues escales en territoires celtiques, ils vinrent s'établir dans ce pays à peu près désert : rites de prise de possession du sol, installation, mise en place progressive d'une société originale, instauration d'une législation minutieuse, d'un pouvoir reposant sur le respect de la loi, départ de l'histoire de grandes familles que l'on retrouvera au premier plan des sagas les plus célèbres, attention à la valeur humaine de fortes personnalités.
    /> Le tout est conté en un style marqué de réalisme dru, d'économie de moyens et de rapidité, qui fera aussi le succès des sagas. C'est d'ailleurs la même vision de la vie et du monde : confiance dans le destin, sens intransigeant de l'honneur et, en cas d'offense, exercice impitoyable de la vengeance. En outre, les auteurs des différentes versions, conscients de reconstruire le passé, ne négligent pas de consigner croyances et rites anciens, plongeant ainsi le lecteur dans un univers païen.

  • Le Ci nous dit est un texte essentiel pour la spiritualité de la fin du Moyen Age. C'est un recueil d'instruction chrétienne, anonyme, écrit en français vers 1320. Il est constitué de nombreux très courts chapitres, qui vont de la Genèse au Jugement Dernier, et incluent des éléments de la Bible, des vies des saints, des bestiaires, des fables, de la vie liturgique, d'exempla (courtes histoires à sens moral). Chaque chapitre commence par la formule « Ci nous dit » (Ici on nous dit que...). Le manuscrit du Musée Condé à Chantilly est à la fois le plus ancien, et le seul à être magnifiquement illustré, avec près de huit cents enluminures, et donc le seul à avoir conservé la formule originelle. La reproduction et le commentaire de la totalité de cette iconographie exceptionnelle révèlent ainsi l'existence d'un véritable cycle enluminé de la culture et de la morale chrétiennes, et qui se trouvait à disposition d'un laïc, pour sa dévotion personnelle.

  • La chronique de l'auteur connu sous le nom de Frédégaire est une source essentielle pour la connaissance des règnes mérovingiens.
    Le chroniqueur a pourtant été longtemps méprisé : sa langue était considérée comme barbare, et ses qualités d'historien étaient niées. Les recherches récentes ayant renouvelé l'étude de cette période, on a voulu tirer de l'oubli un auteur trop longtemps mal compris. Le lecteur trouvera donc ici, accompagnée du texte latin (selon l'édition de J.-M. Wallace-Hadrill) et d'une abondante annotation, la traduction de la partie originale de la chronique et de ses continuations carolingiennes, qui poursuivent le récit jusqu'en 768.
    Une introduction substantielle défend l'hypothèse d'un chroniqueur unique écrivant vers 660, situe la chronique dans son contexte historique et l'appréhende à la fois comme une oeuvre d'histoire et de littérature. Une étude spéciale est consacrée à la langue de l'auteur, témoin des mutations que connaît le latin au milieu du VIIe siècle.

  • En 1145, les états latins d'Orient fondés par la croisade viennent d'être éprouvés par la perte d'Edesse quand ils apprennent, de source vraisemblablement chrétienne la victoire remportée par un roi chrétien, le Prêtre Jean, sur un sultan musulman d'Asie centrale.
    Moins de quatre-vingts ans plus tard, c'est également un texte émanant des chrétiens orientaux qui leur annonce l'arrivée des Mongols, présentés à nouveau comme les sujets d'un roi chrétien, David, animé du désir de leur porter secours. Lorsque la présence mongole se précise aux confins de la Perse et de l'Arménie, s'ouvre une période où l'on recherche informations et contacts; les ambassadeurs envoyés par le pape Innocent IV rapportent des données sur les envahisseurs et le monde où ils se situent: orales chez André de Longjumeau, elles prennent chez Simon de Saint-Quentin la forme d'une "Histoire des Tartares" beaucoup plus complète, qui a trouvé place dans l'encyclopédie de Vincent de Beauvais à côté d'une lettre écrite de Samarkand par le connétable arménien Smbat.
    Les Mongols écrivent à Saint Louis au moment de sa croisade: ce sont leur conseiller, le moine Siméon, le gouverneur de Perse Eljigideï, puis le khan Hülegü lui-même qui, en 1262, offre son alliance militaire au roi de France, alliance qui se maintiendra pendant un demi-siècle. Tout ceci se situe au moment où va s'ouvrir ce monde oriental resté longtemps inconnu. Les missionnaires, dont l'un, David d'Ashby, avait décrit les moeurs des Tartares, et les marchands vont désormais s'aventurer sur ces routes nouvelles, ouvrant ainsi l'ère des grandes découvertes.

  • La Renaissance et le Grand Siècle ont été l'âge d'or des traités d'architecture. D'Alberti, au milieu du Quattrocento à Claude Perrault à la fin du XVIIe siècle ont été écrits les ouvrages fondamentaux qui fixaient le nouveau langage de l'architecture « classique » en même temps que l'imprimerie leur conférait une diffusion et une efficacité encore jamais atteinte. L'histoire de l'architecture ne peut se dispenser aujourd'hui d'une étude sur la littérature architecturale, en s'intéressant non seulement à ses auteurs, à ses contenus et à son impact sur la pratique, mais aussi aux imprimeurs, aux libraires et aux graveurs, acteurs indispensables de cette histoire que les rééditions, les traductions et les adaptations rendent internationale. L'ouvrage s'intéresse à ces interactions fondamentales pour le développement culturel de l'Europe, en s'appuyant sur une bibliographie inédite des livres d'architecture, manuscrits et imprimés, écrits et publiés en France et en français, avec leurs sources et leurs suites internationales.

  • L'histoire du livre n'est pas un domaine si facilement accessible ni maîtrisable, mais elle suppose une forme d'expertise très spécialisée, qu'il s'agisse des formats, de la typographie, de la mise en page, ou encore des conditions de fabrication et de diffusion, sans oublier les pratiques de lecture, les conditions de conservation et les modes de représentation du livre.
    La publication de cet ouvrage témoigne de ce que, si beaucoup de temps est passé depuis les débuts de la recherche en histoire du livre, nous en revenons toujours aux fondamentaux de notre discipline.
    Le livre s'impose désormais comme l'ouvrage de référence et l'usuel pratique que tous les chercheurs travaillant sur les livres et sur les textes du XVe et XVIe siècles se doivent d'avoir avec eux.

  • L'ouvrage est destiné aux spécialistes de la céramique gallo-romaine et aux acteurs de l'archéologie de terrain soucieux d'identifier rapidement et de classer adéquatement la céramique antique provenant de contextes découverts en Gaule du Nord.
    La première partie du livre est conçue comme une introduction méthodologique, au sein de laquelle sont abordées succinctement les méthodes d'analyse et du traitement de la céramique gallo-romaine. L'approche contextuelle de celle-ci fait également l'objet d'un chapitre réservé aux principales notions généralement manipulées par le céramologue, à savoir l'assemblage, l'horizon chronologique et le faciès.
    La seconde partie correspond à un dictionnaire de la vaisselle issue du grand commerce rencontrée en Gaule du Nord, durant toute l'occupation romaine. Il s'agit d'un véritable guide, pouvant aider à la reconnaissance des céramiques. Il a été réalisé sur la base d'une collection de référence classée selon des normes bien définies, résultant d'une recherche interdisciplinaire associant les approches archéologique et archéométrique.
    L'ouvrage prend en compte, successivement, les terres sigillées du Haut-Empire et du Bas-Empire, les céramiques fines et les céramiques communes à large diffusion. L'illustration y occupe une place importante, elle se répartit entre des photos de vases représentatifs de la catégorie concernée, des photographies montrant la structure des pâtes et des revêtements, des planches typologiques et des cartes de diffusion et de distribution de la vaisselle.

  • Si l'on ne sait toujours pas qui se cache sous le pseudonyme de l'auteur du Livre du royaume de Sicile, son texte nous trace un tableau saisissant des soubresauts qu'a connus le royaume après la mort de Roger II (1154). La personnalité éminente du premier roi de Sicile disparue, on voit les forces centrifuges affronter les forces centripètes dans une lutte acharnée, entre rébellions, complots, assassinats et répression. Représentées d'abord par l'aristocratie des différentes provinces, les forces centrifuges subissent finalement un cuisant échec dans leur combat contre Guillaume Ier (1154-1166), ce qui consolide le pouvoir central et permet au roi d'exclure de la gestion des affaires les membres de la noblesse. Par des décisions malhabiles, la régente, Marguerite de Navarre, ranime cependant l'opposition et les rancoeurs des grands écartés par le roi défunt et se tourne alors vers les Transalpins, Français ou Normands, membres de sa famille.
    C'est l'expulsion systématique de ces étrangers, au moyen d'intrigues, de complots et de révoltes, que l'auteur, souvent témoin oculaire, nous fait vivre dans la deuxième partie de son ouvrage, avec la victoire finale des forces centripètes : le règne de Guillaume II (1166-1189) pourra se dérouler sous le signe de la stabilité politique dans un royaume dirigé, à partir de Palerme, par un cercle étroit de natifs du royaume fidèles au monarque. Quinze années de troubles politiques ont favorisé l'émergence d'une prise de conscience identitaire susceptible de transformer les régions hétéroclites de l'Italie du sud, conquises ou héritées par Roger II, en un tout au destin commun.

  • Comment le Moyen Âge a-t-il appréhendé l'espace géographique? Un très grand nombre de témoignages textuels et figurés subsistent. Mais ils sont difficiles à interpréter; ils donnent souvent lieu à anachronisme ou sont négligés parce qu'ils n'exprimeraient qu'une culture livresque et des préoccupations symboliques.

    Le but de ce manuel est de montrer la richesse, la variété et le caractère opératoire des réflexions médiévales sur l'espace géographique. Une première partie développe une histoire des représentations en lien avec les transformations des conditions culturelles générales, depuis le haut Moyen Âge qui recueille l'héritage de la science antique jusqu'à l'humanisme géographique et aux premières manifestations de l'expansion européenne. Suit une anthologie de documents souvent inédits ou peu connus, commentés et classés selon un parcours allant de la place de la Terre dans le cosmos à la technique de la mesure des parcelles, en passant par les réflexions des savants médiévaux sur l'espace habité et la fonction des cartes, la cartographie des espaces maritimes, le voyage comme moyen de connaissance, la cartographie locale et régionale.

    Les analyses s'efforcent de ne plaquer sur les documents aucun a priori épistémologique ou interprétatif. Les liens entre ces différents champs ainsi qu'entre théorie et pratique sont constamment soulignés, permettant une approche globale des réflexions médiévales sur l'espace terrestre.

  • "These essays, bearing witness to the continuing activity of a group of industrious and creative researchers, form a fitting tribute to a great scholar. My warm congratulations go to Yves Gallet who assembled this remarkable collection of essays.» (Stephen Murray, in: The Medieval Review, 13.03.16) La pierre et sa mise en oeuvre dans l'art du Moyen Âge : autour de ce thème, plus de quarante spécialistes français et étrangers, historiens de l'art, archéologues, conservateurs ou architectes, se sont associés pour rendre hommage à Éliane Vergnolle, dont les travaux sur l'art et l'architecture de la période romane font aujourd'hui autorité. Le domaine de recherche d'Éliane Vergnolle et ses études sur les techniques de taille de la pierre ont dicté les thèmes explorés dans ce volume, qui couvre un large champ. De nombreuses contributions abordent la question du travail de la pierre dans la sculpture et dans l'architecture romane ou gothique, ainsi que dans la création artistique des périodes plus récentes. Plusieurs études sont consacrées aux rapports entre la pierre et les arts de la couleur (enluminure, peinture, vitrail), aux questions de méthode d'analyse, à l'archéologie du bâti, à la pratique du réemploi, aux comptabilités des chantiers, aux modes de transmission des formes et des connaissances, aux tailleurs de pierre eux-mêmes, ainsi qu'à la pierre « rêvée », celle des représentations et de l'imaginaire médiéval. Au total, cet ouvrage offre, sous un angle original, un panorama complet des principales orientations de la recherche actuelle autour des arts monumentaux à l'époque médiévale.

  • Vers 1300, le prince castillan Don Juan Manuel adresse ce Livre des Etats à un prélat, et à travers lui, à toute la Castille.
    Sur le mode d'un enseignement donné à un jeune prince, ce livre est une longue réflexion sur la souveraineté, sur les offices et sur les devoirs des sujets; c'est aussi un témoignage de la vie spirituelle de ce temps, marquée par la prédication dominicaine. L'ouvrage révèle la culture, la vie religieuse, comme toute l'ambition politique d'un grand noble du début du XIVe siècle. Le volume présente la première traduction en français de ce texte important.

  • Pour faciliter l'accès aux textes du moyen âge latin, ce manuel propose plus de cent textes, choisis dans les domaines les plus divers de la production écrite, de l'administration à la littérature, de la cuisine à la philosophie, de l'histoire à la fiction, illustrant ainsi les différents styles et les aspects mutiples de la culture médiévale, conçue largement, du IVe au XVe siècle.
    Appuyé sur une introduction historique et linguistique, ce vaste éventail de textes permet de présenter la plupart des particularités de grammaire et de vocabulaire qui distinguent le latin médiéval du latin classique qu'il prolonge.

  • Des diplômes des rois mérovingiens aux brèves notariales, des privilèges pontificaux aux actes d'officialité, des notices aux chartes scellées, les actes écrits constituent une source de premier ordre pour les médiévistes. Leur nombre, on les compte par centaines de milliers, la précision de leurs informations, la diversité de leur objet justifient cette place. Dans leur interprétation, pourtant, les difficultés abondent.
    Les falsifications s'y sont de tous temps glissées, qu'il faut dépister. Les documents sincères, de loin les plus nombreux, ménagent des pièges plus sournois. La rigidité des formulaires est garante d'authenticité ; il faut y jauger la part des traditions et des routines, des sous-entendus et des mensonges, des lieux communs et des codes. Pour ce faire, depuis plus de trois siècles, la diplomatique a accumulé les observations permettant de séparer le faux du vrai.
    Mais elle a aussi suivi l'évolution de la discipline historique, portant ses regards sur le langage stéréotypé dont les actes usent e. abusent, sur la place de l'écrit dans les sociétés médiévales, sur la circulation des modèles entre chancelleries, sur la formation e le contrôle des écrivains professionnels. Reflet d'une culture, symbole d'un pouvoir, les sources diplomatiques ont encore beaucoup à révéler.
    Le présent ouvrage invite à la découverte de ces chantiers multiples et introduit au maniement des sources et de la bibliographie. Il explique comment examiner les actes, en expose l'élaboration, en retrace la tradition, du brouillon aux copies. Il indique les grandes pistes pour retrouver les actes, inédits et publiés, le critiquer, les éditer. Un choix de quarante-trois documents, reproduits, transcrits, analysés et commentés, illustre la richesse du matériau et la diversité des questions.

  • Les images ont, depuis quelques décennies, acquis droit de cité parmi les documents qui apportent leur contribution à la compréhension des sociétés de l'Occident médiéval. Cependant, la tâche n'a rien d'aisée, car l'analyse des oeuvres visuelles confronte à des difficultés particulières et les historiens, surtout familiers des textes et des matériaux archéologiques, ne sont pas forcément bien armés pour les étudier, dans le respect de leurs modes d'expression et de fonctionnement propres.

  • La rencontre entre François Ier et l'Italie.
    Les relations entretenues par François Ier avec les états italiens ne furent pas toujours aussi linéaires et profitables qu'on a pu l'affirmer dans le passé, aussi bien dans les domaines politique que culturel. Les célébrations nationales de 2015, évoquant la victoire à Marignan d'un jeune roi de France fraîchement couronné, ont sans doute contribué à renforcer l'image d'un monarque conquérant et puissant au détriment d'une analyse plus lucide et approfondie sur les répercussions, tout au long de son règne, de l'aventure italienne.

    Les articles figurant dans ce volume explorent différents aspects de l'épopée guerrière et culturelle de François Ier en Italie, tout en mettant l'accent sur les réactions suscitées outremonts par la politique royale au fil du temps, mais aussi des succès et des déboires diplomatico-militaires. Si la domination française en Piémont-Savoie semble contrebalancer l'échec cuisant d'une implantation durable dans le Milanais, la popularité du monarque résiste surtout dans les milieux hostiles à la suprématie impériale et chez les fuoriusciti, mais peine à s'affirmer de façon incontestée comme l'attestent le revirement de moults alliés, les dépêches diplomatiques et les chroniques littéraires de l'époque. Adulé par des lettrés et des artistes de renom qui voient en lui un mécène parfois visionnaire, François Ier met en oeuvre des réseaux d'influence grâce à l'implantation de nombreux Italiens sur des sièges épiscopaux du royaume tout en favorisant l'essor d'un italianisme culturel bien au-delà de l'espace raffiné de la cour. Tous ces efforts semblent toutefois peu lisibles par les Outremontains qui nourrissent une méfiance envers une politique qui semble osciller entre gallicanisme et accueil des hétérodoxes, défense de la Chrétienté et entente avec le Turc, velléités hégémoniques et replis soudains. Historiographes et polémistes à la solde des différents états prennent parti soit en faveur soit contre l'action royale dans la péninsule, tandis que les écrits littéraires restituent une image quelque peu écornée du roi de France face à la toute-puissance de Charles V.

  • Réception de l'architecture antique, médiévale et moderne à travers les témoignages laissés par les voyageurs français et étrangers.
    L'ouvrage est consacré à la réception de l'architecture antique, médiévale et moderne à travers les témoignages textuels et graphiques laissés par les voyageurs français et étrangers, depuis le XVe siècle où apparaissent les premiers témoignages significatifs, jusqu'au chantier de Versailles qui focalise durablement l'attention des visiteurs. Les descriptions les plus connues, citées souvent à partir d'extraits publiés à la fin du XIXe ou dans la première moitié du XXe siècle, sont envisagées dans leur ensemble et mises en parallèle. Les autres, souvent inédites, sont prises en compte pour les témoignages qu'elles apportent aussi bien sur les antiquités gallo-romaines que sur les édifices civils et religieux plus récents ou strictement contemporains. Les bâtiments sont donc étudiés à un moment de leur histoire mais aussi analysés et contextualisés en fonction des intérêts et des goûts manifestés par les divers voyageurs, selon l'époque, l'itinéraire, la durée du séjour, éventuellement la nationalité. L'étude de la réception de ces édifices vus dans le long terme et dans tous leurs états, en chantier, restructurés, agrandis, modernisés sous des propriétaires différents, en constante mutation et devenir dans leurs dedans comme dans leurs dehors, permet d'écrire une histoire du goût et de la curiosité comme de l'art d'habiter en France à l'époque moderne.

empty