Pu Francois Rabelais

  • En deux siècles, du début de la guerre de Cent ans jusqu'aux guerres d'Italie, le canon va radicalement transformer l'art militaire et changer le cours de l'histoire des États européens. Des premiers tonnoires, tout juste bons à projeter des traits incendiaires, jusqu'aux canons de batteries à boulet de fer, pulvérisant en quelques heures des murs de plusieurs mètres d'épaisseurs, l'histoire du canon au Moyen Âge et à la Renaissance est riche, variée, bien loin de l'image d'Épinal des bombardes démesurées et inefficaces.

    Renouvelant l'histoire de l'artillerie médiévale, cet ouvrage identifie les étapes de cette évolution en France du Nord, démêle les pièges d'un vocabulaire foisonnant (qui n'est pas le même, par exemple, pour l'artillerie royale française et l'artillerie ducale bourguignonne), montre l'impact de la nouvelle arme sur la guerre de siège, la guerre en campagne et la guerre sur mer.

    Cette clarification sera précieuse aux historiens de l'architecture, cherchant à comprendre l'évolution de la fortification de transition, aux historiens de l'État, voulant mesurer l'enjeu de la nouvelle arme pour les structures administratives des États modernes en cours de constitution, et, de manière générale, pour tous les passionnés d'histoire du Moyen Âge ou de la Renaissance.

  • Barbare ? Informel ? Obscur ? En analysant la question foncière, ce livre démontre qu'au contraire le haut Moyen Âge est une période inventive pour le droit.

    Du VIe au Xe siècle, durant lesquels la détention de la terre est le fondement de toute puissance, les terres publiques sont gérées de manière attentive : comment concéder la terre publique à des fidèles, afin d'éviter le risque d'accaparement ? Analysant le droit foncier, ce livre interroge les cadres et les concepts avec lesquels on parle de la terre dans les sociétés dites "barbares" et permet de dresser un portrait inattendu des sociétés du haut Moyen Âge, plus attaché au formalisme juridique qu'on ne le croit couramment.

    Toutes les institutions foncières sont réexaminées et réévaluées ; des concessions aux églises à la colonisation agraire, en passant par les techniques d'enregistrement et de publicité foncière. En montrant ainsi un formalisme toujours plus affirmé et l'apparition d'innovations juridiques totalement inconnues du droit romain, ce livre propose une approche inédite des sociétés rurales du haut Moyen-Âge.

  • Aujourd'hui comme hier, le cahier est le support de l'apprentissage scolaire, celui de la l'écriture, de la musique, des leçons du maître.
    Qu'il soit en papier ou sous la forme de tablette de cire, il offre aux chercheurs une source privilégiée pour l'histoire de l'enseignement. Ainsi, ce livre nous fait découvrir que nos usages pédagogiques n'ont rien en commun avec ceux du Moyen Âge et de la Renaissance.
    A travers d'exceptionnels exemplaires concrets, ce livre montre les différentes facettes de ce dispositif complexe, aux frontières du manuscrit et de l'imprimé, du cahier d'écolier et du cahier du maître, témoin de méthodes pédagogiques où se révèlent, à l'âge de l'humanisme, autant de continuités que de ruptures.

  • Longtemps limitée, la consommation de beurre augmente fortement sous L'Ancien Régime. Des soupers fins aux réfectoires des abbayes, le beurre s'affirme dans l'alimentation de la moitié nord du royaume de France. Répondant à cette demande, une partie du Cotentin et du Bessin se tourne alors vers l'approvisionnement des villes. Au XVIIIe siècle, le beurre frais d'Isigny est déjà réputé à Paris.

    La reconstitution des circuits d'approvisionnement confirme la sensibilité des campagnes normandes aux rythmes de consommation des clientèles urbaines et au jeu de la concurrence. Elle met en lumière le rôle des marchands de beurre, intermédiaires économiques et culturels. En amont, une agriculture originale se développe. L'herbe prend Le pas sur les Labours dans un bocage en cours de constitution, tandis que les marais se transforment.

    À travers l'histoire des premiers siècles d'une denrée alimentaire de renom, cet ouvrage se veut une réflexion sur La spécialisation agricole en Normandie avant le XIXe siècle.

  • Caves et celliers sont des espaces techniques dédiés au stockage et à la conservation, particulièrement des denrées alimentaires telles que le vin. Ces dépendances domestiques sont habituellement cachées, invisibles à la vue du public. Il en résulte que caves, celliers et autres structures souterraines des habitats font figure de parents pauvres de l'histoire de l'architecture.
    Pour autant, au Moyen Âge comme à l'époque moderne, les caves sont essentielles à l'économie des habitations ou des bâtiments dont elles dépendent. Les techniques mises en oeuvre dans leur construction, l'organisation interne, les aménagements spécifiques, ou encore la manière dont elles furent utilisées, attestent l'importance qui leur a été accordée. Figeant le parcellaire et la présence de vestiges antérieurs, les caves sont des témoins essentiels pour comprendre les dynamiques de développement des villes. En milieu urbain, elles s'accompagnent parfois de réseaux souterrains formés par les carrières d'extraction de pierre. Des parallèles peuvent être établis avec les caves et celliers situés en milieu rural, notamment ceux d'ensembles seigneuriaux, de châteaux, d'abbayes ou d'autres établissements religieux.
    Ce livre offre la première synthèse archéologique sur les caves et celliers des maisons médiévales et modernes tant en France qu'en Europe et au Liban.

  • Il y a 70 000 ans, Homo sapiens sortait d'Afrique pour coloniser le monde. Il y a 6 000 ans, il fondait les premières villes, Aujourd'hui, à l'ère des réseaux de villes, il crée des régions métropolitaines de plus en plus étendues et complexes. De la préhistoire à l'ère des métropoles, l'homme occupe l'espace terrestre selon des modalités d'une infinie variété, sous l'influence d'une multitude de facteurs.

    Comment les Bantu peuplent-ils un espace déjà occupé par les Pygmées en Afrique équatoriale ? Comment naissent les villes à l'Age du bronze ? Comment se développe puis disparaît la société des pueblos aux Etats-Unis ? Quels sont les effets de la romanisation sur le peuplement de Gaule méridionale ? Comment émerge le système villageois aux alentours de l'an Mil en Europe ? Ce livre aborde douze grands changements du peuplement mondial formalisés sous forme de "transitions".

    Qu'est-ce qu'une transition ? Comment l'identifier dans le domaine empirique ? Archéologues, historiens, linguistes et géographes unissent leur regard pour construire, analyser et comparer des modèles de transition du peuplement dans l'histoire mondiale. Observant le particulier, ils recherchent l'universel. Ce livre propose une méthode pour comprendre les lois du peuplement humain dans la très longue durée.

  • Au fil des siècles, le culte de saint Martin n'a cessé de se répandre à travers l'Europe et au-delà. Le contexte de l'empire romain du ive siècle a laissé placé à des situations complètement nouvelles, le royaume de Clovis, le royaume lombard, l'empire de Charlemagne, les Capétiens, les Habsbourgs, et jusqu'aux querelles idéologiques du XIXe siècle. Pourtant le culte du saint s'est toujours renouvelé. Martin missionnaire à Braga au VIe siècle, Anschaire missionnaire chez les Scandinaves au IXe siècle, Matthieu d'Albano grand ami de Pierre le Vénérable au XIIe siècle, sont autant de « nouveau Martin ». Parallèlement un riche folklore enraciné dans les campagnes, contribue à maintenir vivante la tradition des fêtes de novembre, même apparemment sans référence chrétienne.
    /> A travers différentes disciplines, histoire, archéologie, histoire de l'art, théologie, ethnologie, différentes littératures et différents espaces, de l'Italie à l'Irlande, de la Scandinavie à la Galice, ce livre poursuit les avatars de la figure martinienne. De puissants investissements théologiques, chez Sulpice Sévère, comme au XVIIe siècle ou au XXIe siècle, accompagnent des traditions, célèbres ici et méconnues ailleurs, autour de l'oie, des châtaignes ou du vin, et contribuent à produire, à chaque époque, un « nouveau Martin ».

  • "Mon royaume pour un cheval !" implorait Edouard III.

    Pourrait-on imaginer le Moyen Age sans cheval ? Omniprésent dans la littérature épique et courtoise médiévale, emblème du monde chevaleresque, il est la monture bien-aimée des guerriers professionnels de la société féodale, un animal noble, précieux, bénéficiant d'un statut hors du commun. Compagnon du laboureur et du marchand, il est aussi un travailleur puissant qui donne son énergie pour aménager les campagnes et animer les voies commerciales dans le contexte de la grande croissance de l'Occident. Aucun autre animal n'occupe une place aussi centrale dans la culture médiévale.

    Ce livre propose un tour d'horizon complet de cette société équine du long Moyen Age, interrogeant les pratiques d'élevage, les soins vétérinaires, l'équipement équestre, le monde des écuries, les représentations iconographiques, la valeur symbolique de l'animal, la place singulière qu'il occupe dans les rituels funéraires, le tabou alimentaire dont il bénéficie... Bref, tout ce qui relie le cheval à l'homme.

    Il existe un patrimoine équestre, matériel et immatériel, proprement médiéval, dont la richesse est à l'aune de la position éminente que l'animal a occupée à cette époque. Ce livre montre comment historiens et archéologues enrichissent nos connaissances et contribuent à mieux comprendre et protéger le patrimoine équestre.

  • En 1889 est créé à Grenoble le premier syndicat d'initiative français. Mais ce n'est qu'à partir des années 1970 que se généralisent en France les offices de tourisme, fondement du "tourisme réceptif". Ces structures associatives, fragiles, dévolues à l'accueil et aux renseignements, se spécialisent rapidement dans l'aménagement des territoires et la publicité touristique. Les syndicats d'initiative deviennent des agences de marketing touristique, alimentant les représentations de la France et le sentiment national. Acteurs dynamiques des territoires, les syndicats d'initiative ont fait de la France la première destination touristique mondiale.
    Dynamisme et passions animent les membres des syndicats d'initiative: c'est le fondement même du bon fonctionnement de ces structures. Ce livre brosse le portrait de personnalités remarquables, simples entrepreneurs pour les uns, véritables visionnaires pour les autres. Tissant des relations avec des institutions publiques comme avec des organismes privés, ces acteurs locaux ont élaboré et entretenu les réseaux touristiques. Bien avant les premières politiques officielles de décentralisation, ces actions locales mettent en valeur le territoire français faisant des syndicats d'initiative les ambassadeurs de la qualité française et de son identité.

  • Le Bas Maine, qui couvre l'actuel département de la Mayenne, l'ouest de celui de la Sarthe et le sud-ouest du département de l'Orne, reprend les contours de la cité antique des Diablintes.
    Les recherches anciennes et quelques découvertes ponctuelles laissaient soupçonner la présence de zones de production sidérurgique antérieures au XVe siècle et à l'apparition du haut-fourneau dans cette région. La présente étude le confirme. L'utilisation de différentes méthodes de recherche documentaire et les vérifications au sol ont permis d'enregistrer plus de 420 sites liés à la réduction directe du minerai de fer qui forment des zones de production, dont les plus importantes se trouvent à la limite des départements de la Sarthe et de la Mayenne.
    L'approche régionale a été complétée par la fouille d'un atelier d'époque romaine. Les structures mises au jour à cette occasion ainsi que les analyses archéométriques menées sur les vestiges collectés ont permis d'apporter des éléments nouveaux sur l'organisation de la production du fer durant l'époque romaine, la plus représentée dans la région, et de proposer l'existence de variations techniques au sein de la filière de réduction directe du fer.
    La mise en perspective de ces résultats permet de dresser un tableau de nos connaissances sur la sidérurgie ancienne du fer dans le Bas Maine et de proposer un éclairage nouveau sur les facteurs techniques sociaux et économiques liés à cette production.

  • La très longue histoire de l'homme avant l'écriture a laissé des traces nombreuses dans le sous-sol de la Touraine comme à sa surface. Depuis Homo erectus, chasseur de rennes et de chevaux jusqu'à Homo sapiens qui devient agriculteur et éleveur au Néolithique, toutes les grandes civilisations ont laissé des marques de leurs passages. Cette deuxième édition de La Préhistoire en Touraine a été complètement revue et augmentée d'un certain nombre de sites qui ont été découverts et fouillés depuis la parution de la première édition, il y a dix ans.

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