Arts et spectacles

  • L'Afrique ancienne a une histoire. Cette histoire est celle de civilisations de la diversité qui se façonnent et cohabitent, tantôt hégémoniques, tantôt fluides, dans des milieux exigeants et contrastés. Fruit de recherches accumulées depuis des décennies, c'est une histoire de l'Afrique à la fois neuve, foisonnante et inattendue que raconte ce livre. On pense aux puissants royaumes de Kerma, Aksum, Méroé, Ghâna, Kongo, ou encore aux empires islamiques et chrétiens médiévaux. On parcourt, tels des marchands grecs, arabes ou persans, des villes prospères, du Sahel au Nil et de l'Ethiopie à Madagascar. On visite Tombouctou, Lalibela et le Grand Zimbabwe, sans oublier la civilisation nomade des éleveurs de vaches, les chasseurs-cueilleurs, les innovations techniques ou les flambées artistiques.
    Si l'histoire semble se dérober quelquefois, c'est que les témoignages écrits manquent. Là réside le défi de ce livre : faire de toute trace, matérielle ou immatérielle, un document. Ce seront des vestiges d'outils, de parures, des fragments de langues, des gènes d'animaux ou de plantes, qui permettent de remonter à l'histoire d'avant l'histoire ; ce sont les peintures rupestres du Sahara et même des paysages, qui racontent les sociétés ; ce seront des épisodes remémorés et transmis oralement.
    Une somme unique, qui réunit, sous la direction de François-Xavier Fauvelle, les meilleurs spécialistes au monde, quelquefois les seuls de leur domaine, et se donne pour ambition d'illustrer autant la diversité des trajectoires historiques des civilisations anciennes de l'Afrique que celle des terrains et des ressources des historiens.

  • Fabriquer le désir

    Audrey Millet

    Futile ou lourde de sens, aimée ou décriée, la mode vestimentaire marque les esprits, transforme les corps, suscite le désir, dicte les choix économiques et culturels. Outil de séduction et marqueur social, la parure est le lieu des consommations les moins raisonnées. Du port de la ceinture à Athènes aux accessoires de luxe, de la sandale antique à la chaussure médiévale, de la garde robe de Catherine d'Aragon à l'utopie esthétique nazie, Audrey Millet propose une histoire globale de la mode, entre enjeux économiques, esthétiques sociaux ou culturels.
    Loin de la seule description, cette histoire de la mode et du luxe explique pour quelles raisons l'habillement, adulé ou décrié, neuf ou de seconde main, occupe une place aussi importante dans les imaginaires.

  • Il existe une région du monde où les femmes ont toujours joué un rôle majeur : l'Amazonie. Ce sont elles en effet qui ont fait resurgir le glorieux passé de ce territoire vaste de sept millions de kilomètres carrés, révélant les connaissances en ingénierie et le savoir scientifique exceptionnel des tribus de la forêt.

    L'auteur, archéologue lui-même et grand spécialiste de l'Amazonie, offre une galerie de portraits de ces pionnières. Nourri de leurs toutes dernières recherches, l'ouvrage aborde une diversité de thèmes, de l'art rupestre à l'architecture amérindienne, en passant par les géoglyphes d'Amazonie occidentale, le traitement des défunts et la pêche précolombienne.

    Grâce à la plume alerte de Stéphen Rostain (auteur d'Amazonie. Les 12 travaux des civilisations précolombiennes, 2017), À la recherche des amazones met en valeur de nombreuses facettes méconnues de l'Amazonie et de celles qui les ont révélées.

  • La terre est le matériau de construction le plus naturel, immédiatement à disposition et recyclable, ne nécessitant souvent que peu de transformations et donc énergétiquement avantageux. Les Anciens ne s'y trompèrent pas, comme en témoignent les ziggourats mésopotamiennes ou la pyramide de Sésostris II en Égypte, dont seul subsiste le coeur de briques en terre crue.
    Publié à l'occasion de l'exposition «Ma terre première», d'abord présentée à la Cité des sciences et de l'industrie, ce livre part à la découverte de l'exceptionnel patrimoine en terre, de la mythique Shibam au Yémen, la «Manhattan» du désert, jusqu'aux étranges habitations collectives des Hakkas en Chine, en passant par les cases obus du Cameroun. Il n'oublie pas pour autant l'habitat rural européen, ni les prouesses des architectes contemporains, fascinés par les qualités du matériau.
    De fait, les propriétés physico-chimiques de la terre, véritable «béton naturel», sont inestimables pour la construction : l'ouvrage propose de comprendre pourquoi grâce à des expériences simples et ludiques. D'autant que de cette compréhension pourraient surgir des pistes pour développer des alternatives aux matériaux industriels qui, comme le ciment, posent aujourd'hui de graves problèmes environnementaux.

  • En 2015, Hollywood a été dénoncé par certains comme l'industrie la plus misogyne des États-Unis et les enquêtes officielles pour sexisme se succèdent. En 2014, l'ONU femme conclut une étude sur l'impact du cinéma en affirmant qu'il perpétue la discrimination contre les femmes. L'usine « à rêves » aurait-elle tourné au cauchemar ? Était-ce pire (ou mieux) avant ?
    Cet ouvrage s'intéresse aux étapes, développements, figures, chiffres et moments clefs d'une histoire du cinéma amnésique, dont les femmes sont cependant partie prenante et d'un présent où elles demeurent le plus souvent à la marge. Alors qu'elles ont travaillé au cinéma dès son invention, leur place dans l'industrie n'est toujours pas légitime, à l'étranger comme en France et certains postes, rôles et genres cinématographiques restent des bastions masculins. Parallèlement sur les écrans, des stéréotypes d'un autre âge confortent des points de vue archaïques sur les femmes, les hommes et les relations entre les sexes.
    Parce que le cinéma est trop important pour n'être confié qu'aux cinéastes, parce que le rôle des images ne se limite pas au seul écran mais conditionne les perceptions et conceptions du féminin ou du masculin, ce livre s'attache à repérer et à souligner ce qui est en train de changer et ce qui perdure, devant et derrière la caméra.

  • La musique

    Elisabeth Brisson

    La musique est un art qui accompagne les hommes depuis la plus haute Antiquité. Elle a ses codes et ses techniques, elle a pris à travers les âges des formes variées, parfois déroutantes. D'où lui vient son extrême diversité ? Comment s'orienter dans cet ensemble complexe ? Pour répondre à ces questions, Élisabeth Brisson replace la musique dans le fil du temps. Chant grégorien, musique baroque, opéra, jazz, chaque forme est étudiée à la lumière de l'époque qui la vit naître.
    De nombreuses analyses d'oeuvres ponctuent ce parcours historique. En fin d'ouvrage, on trouvera un glossaire des termes, une bibliographie, un index et des repères chronologiques.

  • La Grèce antique a longtemps été réputée « blanche », car l'usure du temps avait fait disparaître les couleurs ornant les sculptures et reliefs pour ne laisser que le marbre blanc.
    Dès la Renaissance, on célèbre la blancheur des statues exhumées et on en fait des copies, blanches elles aussi. Cet impérialisme esthétique du blanc trouve une expression radicale dans le développement des discours racistes exaltant la figure de l'homme occidental blanc, dont la filiation remonte à l'Antiquité classique. Les couleurs sont dès lors la marque dégradante de l'autre, du « métèque ».
    Mais les dernières technologies donnent les preuves matérielles de la présence sur les oeuvres grecques de polychromie et d'or. Pourtant, il y a encore des réactions incrédules, voire dégoûtées (trop « kitsch »). Et certains archéologues continuent de passer au kärcher les derniers témoignages du goût des anciens pour les couleurs.
    Le livre raconte ce refus délibéré de nature esthétique, mais aussi politique et idéologique, des couleurs et vise à en comprendre les raisons.

  • Eugène boudin (1824-1898), né à honfleur, élevé au havre, a puisé dans le ciel et la mer l'essentiel de son inspiration.
    A travers les oeuvres présentées dans cet ouvrage, nous suivons les itinéraires de ce précurseur de l'impressionnisme qui, de la hollande à venise, en passant par la normandie ou le midi, voulut saisir les infinies variations de la lumière: "je regarde cette lumière qui inonde la terre, qui frémit sur l'eau, qui joue sur les vêtements je sens que la poésie est là. ".

  • Pris dans l'engrenage de la Grande Guerre, un jeune peintre d'avant-garde, André Mare, se confie à ses carnets d'aquarelle.
    Dans les tranchées, la boue, sous les obus et les gaz asphyxiants, il les protège comme son bien le plus précieux : un antidote contre l'horreur, un témoignage.
    Au fil des notes, des croquis, des lumineuses aquarelles, des photos soigneusement mises en page, c'est l'Histoire vécue que racontent les dix carnets de Mare : celle de l'artilleur de la 47ème batterie, puis du " camoufleur ", engagé avec des dizaines d'autres peintres dans l'étonnante industrie du " trompe-l'oeil ".
    C'est aussi un moment de l'histoire de l'art, laissant apparaître une étrange relation entre le cubisme et la guerre.

  • Le Théâtre de l'Odéon s'élève sur une place en hémicycle aux façades d'immeubles uniformes.
    Cinq rues rayonnantes montent vers son portique à colonnade, trois autres isolent le monument qui forme bloc, tandis que ses façades latérales et arrière s'ornent d'arcades. Cette architecture savante et ce dispositif urbain, harmonieusement conçus par ses créateurs, les architectes Marie-joseph Peyre et Charles De Wailly, ennoblit un des quartiers de Paris parmi les mieux conservés et les plus vivants qui restent du XVIIIe siècle.
    Ce n'est que sous le Directoire que ce théâtre reçut son nom "à l'antique" d'Odéon. Destiné à reloger la Comédie française sous le règne de Louis XV, l'édifice est projeté entre 1767 et 1778, avant d'être mis en chantier tardivement et inauguré en 1782. Les deux architectes, soutenus par la ferme volonté du pouvoir royal, surent illustrer une nouvelle politique des loisirs et une nouvelle esthétique urbaine inspirées par la pensée des Lumières.
    Ce livre se veut une véritable exploration de l'architecture monumentale ancienne en restituant, à partir de documents graphiques et de témoignages écrits, la genèse de l'édifice et son symbolisme porteur d'une ambition artistique partagée entre le pouvoir et le public éclairé.

  • Natif d'honfleur, mort à deauville, boudin (1824-1898) est à la fois peintre normand et le peintre de la normandie dont les ciels et les lumières lui fourniront la quintessence de son art.
    " vous êtes le roi des ciels ", lui disait corot. " vous êtes un séraphin, il n'y a que vous qui connaissiez le ciel. " renchérissait courbet. moins lyrique, mais définissant bien son art, boudin préférait dire " les bourgeois qui se promènent sur la jetée vers le coucher de soleil n'ont-ils aucun droit d'être fixés sur la toile, d'être menés à la lumière. " cela a débouché sur cinquante ans de peinture en normandie, au coeur de la révolution picturale d'un siècle dont l'art d'aujourd'hui est issu.
    Ce livre en est le témoin.

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