Littérature traduite

  • Avec cette somme magistrale, Peter Frankopan renverse le récit traditionnel de l'histoire mondiale, qui gravite autour de la Grèce antique, de Rome et de l'irrésistible ascension de l'Occident - une approche réductrice, qui méritait une relecture approfondie.
    Élargissant la perspective, Frankopan se tourne vers « une région située à mi-chemin entre Orient et Occident, qui va des rives orientales de la Méditerranée jusqu'à la mer Noire et à l'Himalaya ». C'est là, au carrefour des civilisations, qu'il situe le centre névralgique du globe. Et c'est les yeux rivés sur ce « coeur du monde » que, des campagnes d'Alexandre le Grand aux luttes géopolitiques du XXIe siècle, il retrace avec brio 2 500 ans d'histoire.
    Salué par la presse internationale comme « le plus important livre d'histoire publié depuis des décennies », Les Routes de la soie est un voyage grisant à travers les siècles, qui décentre avec audace le regard du lecteur pour éclairer d'une lumière nouvelle notre compréhension du monde.

  • L'univers est gouverné par une loi générale de la putréfaction. Dieu, les anges et toutes les créatures naissent du chaos, comme les vers apparaissent à la surface du fromage. Nous sommes des dieux, et tout est Dieu : le ciel, la terre, l'air, la mer, les abîmes et l'enfer...
    Tel est le credo qu'un certain Menocchio, meunier du Frioul dans l'Italie du XVIe siècle, eut à défendre devant le Saint-Office avant de périr sur le bûcher. Lecteur infatigable, exégète à ses heures, hérétique malgré lui, il s'était constitué une bibliothèque au hasard des rencontres, hors de toute discipline culturelle, prélevant librement dans les textes, élaborant sa propre vision du monde.
    Avec cette étude magistrale, devenue un classique de l'historiographie, Carlo Ginzburg inventait la micro-histoire et renouvelait la connaissance d'un monde resté longtemps mystérieux, celui de la culture populaire.

  • Dans les campagnes du Frioul, entre le XVIe et le XVIIe siècle, d'étranges récits attirent l'attention des autorités religieuses. Les membres d'une mystérieuse confrérie, nommés benandanti, racontent se battre à coups de branches de fenouil contre de méchants sorciers armés de tiges de sorgho. L' issue de ces combats, qui se déroulent en rêve, est déterminante pour les récoltes : selon que les uns ou les autres l'emportent, l'année qui vient sera prospère ou frappée par la famine.
    L'Église est prise de court face à ces phénomènes : elle ne comprend pas ces pratiques à demi païennes. Les inquisiteurs tentent de faire avouer aux benandanti que ces «batailles nocturnes» sont une réédition du classique sabbat...
    En examinant, à la lumière des archives de l'Inquisition, le décalage entre les propos des juges et ceux des accusés, Carlo Ginzburg ouvrait la voie à un renouveau de l'historiographie - à la fois par ses hypothèses inédites sur les origines de la sorcellerie et par son choix de faire entendre les voix, longtemps ignorées, des persécutés.

  • Dans son petit village près d'Oxford, Graham Robb trouve un jour au fond de son jardin une broche datant de l'âge du fer. Au fil d'une quête passionnée, il découvre une cartographie rigoureuse, orchestrée par la science des druides autour de la mythique « voie héracléenne ».
    Croisant sources antiques et outils modernes, l'auteur lève le voile sur la civilisation celtique, hautement raffinée et injustement éclipsée par son successeur romain. Ni ésotérique ni académique, il privilégie le plaisir de la narration : calculs et tracés savants côtoient amphores découvertes en plantant des endives, machines astronomiques dormant au fond de l'eau et vieilles cartes jamais décodées...

  • " Aucun conflit, dans l'Histoire, n'est aussi riche d'enseignements pour notre époque que la guerre du Péloponnèse " : cette conviction est au coeur de l'enquête menée par l'historien Victor Davis Hanson sur la lutte qui opposa, il y a près de cieux initie cinq cents ans, Sparte et Athènes.
    Car la guerre du Péloponnèse préfigure nombre de conflits modernes : ce fart un affrontement titanesque entre deux superpuissances et leurs alliés, une sorte de guerre mondiale à l'échelle de la Grèce ancienne ; ce fut aussi une sanglante guerre civile, puisqu'elle mit aux prises des hommes qui adoraient les mêmes dieux et parlaient la même langue ; ce fut surtout une guerre sale, qui inventa de nouvelles méthodes de terreur, bien éloignées du traditionnel combat d'hoplites.
    Sièges, coups de main, meurtres d'otages, massacres de civils et de prisonniers s'enchaînèrent durant vingt-sept ans, jusqu'à la capitulation d'Athènes : la Grèce de l'âge d'or n'était plus. Pour raconter le premier conflit total de l'Histoire, ce livre, s'inspirant de Thucydide, nous fait toucher du doigt la chair même de la guerre : le sort d'Athènes livrée à une peste meurtrière, l'effroi des assiégés mourant de faim, le désespoir de généraux illustres, comme la mort, loin de chez eux, d'humbles soldats paysans...

  • « Les aventures qui figurent dans ce livre ont été écrites comme une histoire de Paris racontée par de nombreuses voix différentes. Elles débutent à l'aube de la Révolution française et s'achèvent à l'époque actuelle, s'autorisant parfois quelques incursions dans le passé médiéval et préhistorique. Par cette entreprise, je me proposais de composer une mini Comédie humaine de Paris, dans laquelle l'histoire de la ville serait éclairée par l'expérience vécue de ses habitants. Rien n'a été artificiellement ajouté et personne ? mis à part le baron Haussmann, Adolf Hitler et quelques présidents de la République ? ne disserte sur l'évolution du système d'égouts ou du réseau de transports. » Au lecteur, amoureux de Paris ou curieux d'Histoire, de se délecter de ce merveilleux livre, pour y rencontrer une foule de personnages inconnus ou illustres : le tout jeune lieutenant Buonaparte, en goguette au Palais-Royal ; l'architecte Guillaumot, l'homme qui sauva Paris, dont aucune rue de la capitale ne porte le nom aujourd'hui ; Marie Antoinette, reine en détresse, perdue un certain jour de 1791 aux abords du palais des Tuileries ; le grand Vidocq, qui pouvait se changer à loisir en botte de foin ; mais aussi Proust, Charles de Gaulle, Juliette Gréco, et tant d'autres...

    En couverture : Illustration Éric Doxat © Flammarion

  • Bernard Lewis examine ici la place des Arabes dans l'histoire de l'humanité, leur identité, leurs réalisations et les traits saillants de leur expansion.
    Cet ouvrage est donc largement consacré à l'Arabie pré-islamique, au rôle de Mahomet et à l'ascension d'une religion qui donne naissance elle-même à un royaume puis à un empire.
    La civilisation islamique n'est pas venue tout entière du désert. Fruit de la collaboration de plusieurs peuples, elle n'est pas entièrement musulmane mais son principal mode d'expression a été la langue arabe, et elle a été dominée par l'Islam et son mode de vie.
    La religion et la langue ont modelé cette civilisation originale, au pouvoir d'assimilation étonnant, qui a réussi à unifier deux cultures antagonistes, la tradition méditerranéenne et la civilisation persane.
    L'auteur évoque ensuite le déclin, les crises, la longue soumission à l'empire ottoman, l'intervention des occidentaux, puis les luttes pour l'indépendance ;
    L'ouvrage s'achève au lendemain de la guerre du Golfe.

  • La politique, telle que nous l'entendons, compte parmi les activités humaines les moins répandues dans le monde prémoderne, mais ce fut bien une invention grecque ou, pour être plus précis, une invention que firent séparément les Grecs et les Romains.
    La Grèce et Rome ont connu des institutions et une histoire différentes. Cependant, Moses Finley montre qu'une analyse comparée peut aider l'historien à comprendre ces deux types de sociétés plus complètement que ne pourraient le faire des analyses séparées. Toutes deux ont en commun une civilisation à fondement agraire avec un système social stratifié et hiérarchisé, et toutes deux prirent l'initiative sans précédent et déterminante pour leur destin, d'incorporer les classes inférieures - paysans, artisans et boutiquiers - dans la communauté politique.
    Quelles furent les chances de succès de ces deux civilisations, les affaires qui les mobilisèrent, les pressions idéologiques qui les gouvernèrent, comment la guerre et la conquête constituèrent-elles un facteur de stabilité politique, tels sont les principaux thèmes de ce livre.

  • " C'est donc ainsi que commencent les croisades, c'est-à-dire l'aventure de ces chrétiens qui ont entendu l'appel du pape, en sont restés fascinés et se sont engagés dans une entreprise qu'avec nos valeurs d'aujourd'hui nous jugeons assez discutable, mais qui pour eux était sacro-sainte : ils partent pour Jérusalem, à pied, en se taillant un chemin par la force, et prennent la ville.
    C'est la première croisade ; mais il y en aura ensuite beaucoup d'autres. Car les musulmans, de leur côté, ne restent pas inertes à la vue d'une horde de barbares sanguinaires venus on ne sait d'où - mécréants, qui plus est -, entrant en terre d'Islam, semant la destruction et venant conquérir une de leurs villes saintes. Ils ont évidemment ressenti comme une grande offense le fait que ces mécréants d'Occident se soient emparés de Jérusalem et du tombeau du Christ.
    Le monde islamique se mobilise donc aussitôt pour reconquérir la Ville sainte et chasser les envahisseurs. Voilà pourquoi la chute de Jérusalem en 1099 est suivie par deux siècles de croisades. "

  • La supériorité militaire de l'Occident, depuis l'Antiquité, semble reposer sur une conception particulière de la guerre et de la mort.
    Car l'issue d'une guerre ne dépend pas toujours du nombre de combattants, de la connaissance du terrain, ni même de la stratégie des chefs. A l'analyse tactique ou géopolitique, Hanson oppose une théorie quelque peu iconoclaste : la victoire, sur le champ de bataille, tient â la cristallisation de valeurs économiques, politiques et culturelles. Ce sont l'individualisme, la démocratie et le rationalisme qui firent plier, en maints endroits, les armées ennemies.
    Ce fut aussi l'Occident qui accoucha des conceptions les plus radicales de la guerre : la guerre "juste" ou la guerre d'anéantissement, par exemple. A travers le récit de neuf batailles décisives (Salamine, 480 av J.-C ; Gaugamèles, 331 av. J.-C ; Cannes, 216 av. J -C ; Poitiers, 732 ; Tenochtitlan, 1520-1521 ; Lépante, 1 571 ; Rorke's Drift, 1 879 ; Midway, 1 942 et Têt, 1 968), Hanson explore les multiples facettes d'une suprématie guerrière inégalée.
    Profondément polémique, cette histoire de la " supériorité " occidentale permet de lire en filigrane son envers le plus sombre : le cannibalisme politique et religieux des Européens au fil des siècles.

  • Retracer l'histoire de l'église au moyen âge, c'est aussi faire l'histoire de la société européenne : de 700 à 1500 environ, huit siècles de changements virent s'ébaucher institutions et habitudes de pensée.
    L'église du moyen âge fut l'état dans la plénitude de ses pouvoirs tel que, parmi ses prophètes modernes, hegel lui-même l'avait à peine entrevu. l'église et la société étaient, en effet, si intimement liées que l'une ne pouvait changer sans que l'autre ne subît une transformation similaire. l'auteur de ce livre analyse les mécanismes sociaux de l'évolution religieuse en examinant notamment la papauté, les relations entre rome et byzance, le statut des évêques, ainsi que les différents ordres religieux, des bénédictins aux dominicains et aux franciscains.
    On trouvera ici l'histoire de la naissance et du déclin de l'un des grands idéaux de l'occident : l'idée d'une société humaine universelle - la societas perfecta - partie intégrante d'un univers ordonné par dieu dans le temps comme dans l'éternité, dans la politique concrète comme dans le monde des essences spirituelles.

  • Lieues, toises, aunes, pouces et pieds : autant de mesures avec lesquelles jonglent quotidiennement les français sous l'ancien régime.
    Poids et mesures font alors l'objet de quelque huit cents appellations et varient en fonction des usages locaux: à saint-denis, une pinte de bière est un tiers moins remplie qu'à paris ; de même, la livre des boulangers est souvent plus légère que celle des quincaillers. or, en 1792, deux astronomes mandatés par l'académie des sciences entament une quête extraordinaire: définir le mètre d'après les dimensions de la 'ferre, ou du moins de cette partie de l'arc du méridien qui va de dunkerque à barcelone en passant par paris.
    Delambre se voit confier le trajet de dunkerque à rodez, méchain celui de rodez à barcelone. commence alors un périple de sept années, menacé par les soubresauts (le la révolution. grâce à la détermination et à l'habileté des deux savants, la tour de babel des poids et des mesures sera abattue - mais non sans mal: méchain commet en effet une erreur qui manquera de lui aire perdre la raison, et se répercutera sur les définitions ultérieures du mètre: "son" mètre est trop court d'environ 0,2 millimètres...
    C'est cette aventure humaine extraordinaire, tissée clans une fresque historique haute en couleur, que raconte ce livre, ovationné par la critique et traduit dans une quinzaine de langues

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