Mercure De France

  • " Marcher est peut-être - mythologiquement - le geste le plus trivial, donc le plus humain ", écrivait Roland Barthes. Flânerie, déambulation, errance, vagabondage, promenade, randonnée, traversée, excursion, pèlerinage, voyage... autant de mots pour désigner le mouvement progressif de la marche, depuis la manière la plus lente et rêveuse jusqu'à la plus sportive. Il existe tout autant de catégories de marcheurs : le marcheur de ville, le marcheur de plaine ou de forêt, de sentiers ou de chemins, le marcheur de montagne et de désert, le marcheur régionaliste, de pays ou de continents, le marcheur profane ou sacré, l'amateur de marche individuelle, accompagnée ou encore en groupe... Peut-être la marche est-elle la meilleure façon d'appréhender te monde, à vitesse humaine. Clopin-clopant et chemin faisant, balade dans les pas de Virginia Woolf, Henri Calet, Julien Gracq, Georges Perec, Bruce Chatwin, Patrick Modiano, Jean-Jacques Rousseau, Jean Giono, Marguerite Duras, Philippe Delerm et bien d'autres.

  • Métaphysiques, à la française, anglais, artificiels, de curés, de paradis, d'éternité, de fiction ou d'images... les jardins sont multiples. D'Homère à Marguerite Duras, de Virgile à Marcel Proust, de Gustave Flaubert à Amélie Nothomb, de Mme de Sévigné à Renaud Camus, ils sont omniprésents dans la littérature, toutes époques et tous genres confondus. Imaginaires pour les uns (la Genèse, Esope, La Fontaine), objets de traités savants pour d'autres (Walpole), mais aussi lieux affectifs (Chateaubriand, George Sand, Colette), moyens d'expression d'un pouvoir (Louis XIV), de connaissance (Jardin des Plantes), de loisir (parc des buttes Chaumont), ils suscitent l'engouement et parfois la passion. Structurés ou fous, ils ont tous un même goût de liberté qui nous raccroche plus ou moins consciemment à notre enfance, et à celle de l'humanité...

  • Le premier Deauville, créé de toutes pièces en 1860 par le duc de Morny et ses amis, séduit jusqu'en 1870 aristocrates et propriétaires de chevaux. À partir de 1912, Deauville connaît un réveil spectaculaire et investit une nouvelle économie : l'industrie des loisirs. Sa plage aux dimensions exceptionnelles, ses lumières et ses ciels changeants, ses légendes, son architecture, son casino et le confort de ses grands hôtels séduisent, depuis, peintres puis photographes, créateurs de mode, auteurs de chansons, danseurs, acteurs et réalisateurs de cinéma, journalistes et écrivains. Tous l'ont observé, commenté et restitué avec lyrisme ou avec humour, toujours avec passion. Balade sur les Planches, aux terrasses, sur la plage, dans les salles de jeux, de concerts et de spectacles, et découverte du Deauville méconnu... en compagnie de Gustave Flaubert, Guillaume Apollinaire, Jean Cocteau, Pierre Mac Orlan, Georges Simenon, Colette, Joseph Kessel, Robert Capa, Françoise Sagan, et bien d'autres.

  • A propos de Bombay, la démesure et l'hyperbole sont en général de mise : capharnaüm urbain, bidonville à ciel ouvert, babylone de tous les vices, mais aussi laboratoire de l'Inde nouvelle, machine à rêves, puissante place-forte de l'économie mondialisée... Etape obligatoire des voyageurs de passage, c'est la ville indienne qui a suscité le plus de littérature, nationale ou étrangère. Pour traiter de cette ville-kaléidoscope il fallait de grands écrivains indiens, comme Salman Rushdie - né bombayen et père, avec ses Enfants de minuit, de tout le roman indien moderne.
    Il fallait de "jeunes" romanciers, nostalgiques comme Siddarth Dhanvant Shangvi ou Ardashir Vakil, ou iconoclastes comme Jeet Thayil, perdu dans les bas-fonds fantasmés de Narcopolis, ou Raj Rao, l'un des porte-parole de la cause homosexuelle en Inde. Ou encore le très insolent Arun Kolatkar, le grand poète du quotidien des Bombayens les plus humbles : modestes travailleurs, parias, mendiants, chiens...
    Sans oublier quelques voyageurs pressés - Jules Verne, Jean Cocteau, ou Muriel Cerf en route vers Katmandou, quelques hédonistes comme Pasolini ou Christine Manfield, et bien d'autres.

  • Si demeures et édifices rivalisent volontiers de pertinence et de splendeur, ils cristallisent également les passions. Cette anthologie n'a pas pour vocation d'opposer les déclarations d'intentions ni de dresser un inventaire des styles et des tendances, mais de rendre hommage, à travers une polyphonie de témoignages, à une discipline qui s'impose aux regards de tous, donnant la parole à quelques-uns de ceux qui contribuèrent à créer les espaces dans lesquels s'est forgée l'histoire des hommes. De ce choeur de voix se détachent notamment celle de Leon Battista Alberti, Alvar Aalto, Walter Gropius, Georges Eugène Haussmann, Victor Hugo, Friedensreich Hundertwasser, Alfred Kubin, Adolf Loos, Lewis Mumford, Le Corbusier, Christian de Portzamparc, Jean Prouvé, Camillo Sitte, Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc, Frank Lloyd Wright...
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