Robert Laffont

  • White

    Bret Easton Ellis

    Que raconte White, première expérience de « non-fiction » pour Bret Easton Ellis ? Tout et rien. « Tout dire sur rien et ne rien dire surtout » pourrait être la formule impossible, à la Warhol, susceptible de condenser ce livre, d'en exprimer les contradictions, d'en camoufler les intentions. White est aussi ironique que Moins que zéro, aussi glaçant qu'American Psycho, aussi menaçant que Glamorama, aussi labyrinthique que Lunar Park, aussi implacable que Suite(s) impériale(s). Loin des clichés toujours mieux partagés, plus masqué que jamais, Bret Easton Ellis poursuit son analyse décapante des États-Unis d'Amérique, d'une façon, comme il le dit lui-même, « ludique et provocatrice, réelle et fausse, facile à lire et difficile à déchiffrer, et, chose tout à fait importante, à ne pas prendre trop au sérieux ».
    Que raconte White en ayant l'air à la fois de toucher à tout et de ne rien dire ? Peut-être que le fil à suivre est celui du curieux destin d'American Psycho, roman d'horreur en 1991 métamorphosé en comédie musicale à Broadway vingt-cinq ans plus tard. Ellis a dit autrefois : « Patrick Bateman, c'est moi. » Il ne le dit plus. Et si Patrick Bateman était devenu président ?
    P.G.

  • Dans La Chute des géants, cinq familles - une américaine, une russe, une allemande, une anglaise et une galloise - se sont croisées, aimées et déchirées au rythme de la Première Guerre mondiale et de la Révolution russe.
    L'Hiver du monde racontait la vie de leurs enfants au moment de l'accession au pouvoir des nazis puis des grands drames de la Seconde Guerre mondiale.
    Aux portes de l'éternité retrace leurs destinées toujours enchevêtrées à l'ère des immenses troubles sociaux, politiques et économiques des années 1960 à 1990 : lutte pour les droits civiques, guerre du Vietnam, construction du mur de Berlin, crise des missiles de Cuba, guerre froide...
    Rebecca Hoffman, professeur en Allemagne de l'Est, découvre que la Stasi l'espionne depuis des années et prend une décision qui aura de graves conséquences sur la vie de tous les membres de sa famille... George Jakes, enfant d'un couple interracial, renonce à une carrière d'avocat d'affaires pour rejoindre le ministère de la Justice que dirige Robert F. Kennedy, participant ainsi aux principaux événements de la lutte pour les droits civiques, tout en livrant une bataille beaucoup plus personnelle... Cameron Dewar, petit-fils de sénateur, n'hésite pas s'engager dans un travail d'espionnage officiel et officieux, au profit d'une cause qu'il croit juste, pour découvrir que le monde est un lieu infiniment plus dangereux qu'il ne l'avait cru... Dimka Dvorkine, jeune collaborateur de Nikita Khrouchtchev, se trouve pour le meilleur comme pour le pire aux premières loges de la course qui conduit les États-Unis et l'Union soviétique au bord de la guerre nucléaire, tandis que sa soeur Tania se taille une place qui la conduira de Moscou à Cuba, puis à Prague et à Varsovie.
    Aux portes de l'éternité clôt magistralement cette ample fresque des Temps modernes, où des personnages attachants affrontent toutes les tragédies du XXe siècle avec une pugnacité sans pareille.

  • Elle & lui

    Marc Levy

    Un site de rencontres les a réunis.
    Ils ne sont pas devenus amants, mais amis.
    Et ils comptent bien en rester là.

    Elle est actrice. Lui écrivain.
    Elle s'appelle Mia. Lui Paul.
    Elle est anglaise. Lui américain.
    Elle se cache à Montmartre. Lui vit dans le Marais.
    Elle a beaucoup de succès. Lui pas vraiment.
    Elle est même une star. Mais lui ne le sait pas.
    Elle se sent seule. Lui aussi.
    Il la fait rire. Elle enchaîne les maladresses.
    Elle ne doit pas tomber amoureuse. Lui non plus.

    Dans ce roman, où l'on retrouve les personnages de Et si c'était vrai..., Marc Levy nous entraîne dans une histoire d'amour irrésistible et totalement imprévisible.
    Elle & lui marque le grand retour de Marc Levy à la comédie.

  • Non pas suite mais peut-être complément du précédent roman, ce livre-ci se décline en trois parties et chacune correspond à une question ou à un constat que tout esprit un peu affuté pose.
    Un roman de société : " Tout passe. " Nous vivons une époque de transition, les livres, la famille, les moeurs, les frontières, les monnaies jusqu'à la religion. Tout se sait puisque, par la Toile, chacun est immédiatement informé du sort de tous. Pour illustrer ce propos, se déroule une histoire sentimentale contemporaine où un bouddhiste milliardaire et communiste fait irruption dans une famille traditionnelle.
    Un roman d'amour : " Rien ne change. " Un écrivain cherche sa voie et il ne s'en sort que par l'amour d'une femme, Marie. Il se donne à elle qui le rend à lui-même. L'amour est plus important que la littérature et que tout le reste. Il ne consiste pas à se regarder dans les yeux mais à regarder le monde ensemble. Le spectacle du monde entraîne leur étonnement et leur admiration, qui sont à la racine de toute connaissance. Le roman de société s'est changé en roman d'amour, qui lui-même va se changer en roman de l'univers.
    Un roman de l'univers : " Il y a au-dessus de nous quelque chose de sacré. " Au grand-père - désormais classique - de l'auteur, à Pama le bouddhiste, à Marie, s'ajoute Dieu comme un des principaux personnages du livre. Car comment peut-on parler d'autre chose que de Dieu ? Suit une petite histoire de l'humanité par ceux qui l'ont pensée et faite : les philosophes et les scientifiques. Un combat s'est engagé entre Dieu et la science. La position de l'auteur, catholique et agnostique, est de laisser ses chances à Dieu.
    Ce livre est aisé et profond. On y retrouve ce qui a fait le succès des précédents ouvrages : la foi en la littérature, l'importance des sentiments, l'absence d'illusions, le goût du bonheur, la recherche de la vérité. Le tout comme soulevé par la grâce d'un style et d'une écriture ailée.

  • Notre-Dame

    Ken Follett

    « L'image de Notre-Dame en flammes m'a stupéfié et chaviré au plus profond de moi-même. Un bien inestimable mourait sous nos yeux. C'était aussi effarant que si le sol s'était mis à trembler sous nos pieds. » Ken Follett.
    Dans ce court récit, Ken Follett raconte l'émotion qui l'a étreint lorsqu'il a appris le drame qui menaçait Notre-Dame de Paris, puis revient sur l'histoire de la cathédrale, de sa construction au rôle qu'elle a joué dans le destin de la nation française. Il évoque aussi l'influence qu'elle a exercée sur l'écriture des Piliers de la Terre, certainement le plus populaire de ses romans.

    Les bénéfices de l'éditeur seront reversés à la Fondation du patrimoine.

  • Pour François Berlau, le plus jeune président de la République jamais élu, la première année du quinquennat fut un quasi-sans-faute : des résultats économiques encourageants, un leadership européen revendiqué, une France qui retrouve son rang sur la scène internationale... La deuxième année, en revanche, est infernale, ponctuée par des assassinats non élucidés de personnalités politiques de premier plan, puis par un énorme scandale le visant personnellement à travers le financement de sa campagne. S'agit-il de fake news ?
    Avec ses multiples rebondissements, ce thriller de politique-fiction écrit par deux journalistes de renom, familiers de longue date des sphères du pouvoir, nous raconte une histoire trop imaginaire pour être totalement improbable. Et qui sonne comme une inquiétante mise en garde à l'heure de la guerre numérique.

  • Il est démocrate, il est libéral : cet écrivain n'a jamais cessé d'affirmer ses convictions. Si l'idée de faire de la politique ne lui a pas traversé l'esprit, le spectacle de la politique, du combat des idées, de la marche du monde l'a fasciné. Il s'est toujours engagé. Nous sommes liés au monde et il nous faut participer au grand jeu des événements qui nous entourent parce que nous dépendons de l'histoire et que l'histoire dépend de nous.
    Ces textes surprennent par leur fraîcheur et leur allant. Dix ou trente ans après, ils continuent d'exciter l'esprit et de donner les causes des événements actuels. On y trouvera des portraits de grands hommes, des reportages à l'étranger, bien sûr des commentaires et des prises de position sur la politique intérieure française. Il faut relire les écrits passés (et toujours actuels). Sinon comment juger ceux qui jugent et voir s'ils ont eu tort ou raison ? Comment savoir si un commentateur de l'actualité porte un regard juste sinon en vérifiant après coup ses analyses et ses prévisions ? Pour dire s'il est équitable, il faut attendre que la passion tombe et que l'histoire ait au moins commencé à faire son oeuvre.
    C'est donc un bel exercice de vérification auquel se livre l'auteur. Il s'est parfois trompé. Sur plusieurs points, les faits lui ont donné raison. Pendant toutes ces années, Jean d'Ormesson a observé le monde et les hommes et les femmes qui nous gouvernent. Prenez parti, dit-il, et trompez-vous sans trop de bassesses. Ceux qui ne défendent pas leurs amis sont ignobles. Ceux qui ne défendent que leurs amis sont aveugles. Il faut se débrouiller dans ce labyrinthe. C'est ce qu'on appelle l'honneur des hommes.

  • « Grognant dans son patois haut en couleur des montagnes, Alberto a déjà fait volte-face. Il est à nouveau en position sur le trottoir. Scrutant les confins de la rue Delambre. Pas du côté Raspail par lequel il vient d'arriver, mais dans l'autre sens, en direction de la station de métro Edgar Quinet. Rapidement, il repère la silhouette tassée de Jean-Paul, petite figurine de pâte à modeler brunâtre qui avance péniblement à la manière d'un Sisyphe qui porterait sur son dos tout le poids du gris de Paris et qui dodeline à une vingtaine de mètres de distance, manquant de se cogner, ici à un passant, là à un réverbère. «Ah, te voilà ! Bousier de littérature ! Attends que je t'attrape, chacal !» » Une comédie tourbillonnante constellée de pensées sur la création et de rencontres avec des femmes espiègles, mystérieuses et modernes.

  • Robert Silverberg illustre en tableaux successifs l'histoire fictive d'un Empire romain qui a connu bien des vicissitudes, des guerres et des crises politiques mais qui, depuis deux mille ans, n'a jamais cessé d'exister et de faire régner, avec quelques interludes sanglants, la Pax Romana. Le christianisme y est inconnu, car les Juifs n'ont pu quitter l'Égypte des pharaons. Quelques siècles plus tard, un envoyé spécial de l'empereur particulièrement perspicace liquide proprement un prophète d'Arabie avant qu'il ait eu le temps de fonder l'islam. Ainsi, l'Empire perdure, avec ses dieux auxquels personne ne croit plus. Une uchronie saisissante par celui qui a reçu le titre de Grand Maître de la science-fiction pour l'ensemble de son oeuvre.

  • Dans la nuit, sur les côtes du midi de la France, cent navires à bout de souffle se sont échoués, chargés d'un million d'immigrants. Ils sont l'avant-garde du tiers-monde qui se réfugie en Occident pour y trouver l'espérance. À tous les niveaux, conscience universelle, gouvernements, équilibre des civilisations, et surtout chacun en soi-même, on se pose la question trop tard : que faire ?
    C'est ce choc inéluctable que raconte Le Camp des Saints.
    Paru pour la première fois en 1973, Le Camp des Saints est le livre qui a fait connaître Jean Raspail au grand public. Il révélait la fascination de l'auteur pour les causes perdues et les peuples disparus, une fascination qu'on continuera d'observer à travers la suite de son oeuvre. " Y a-t-il un avenir pour l'Occident ? " demandait-il à l'époque. Certains ont été choqués par la façon dont la question était posée, d'autres, en France comme à l'étranger, ont parlé d'oeuvre prophétique. " On n'épousera ou on n'épousera pas le point de vue de Jean Raspail, pouvait-on lire sur la quatrième de couverture de la première édition. Au moins le discutera-t-on, et passionnément ". En 2010, ce débat n'a rien perdu de son actualité.

  • Si votre inquiétude face au réchauffement climatique se résume à une crainte de la montée du niveau de la mer, vous ne faites qu'effleurer la surface des catastrophes à venir. En Californie, les feux de forêt sévissent maintenant toute l'année, détruisant des milliers d'habitations. Les inondations déplacent des dizaines de millions de personnes chaque année dans le monde. Sans une révolution dans la façon dont des milliards d'êtres humains mènent leur vie, d'immenses parties de la Terre pourraient devenir inhabitables et d'autres très inhospitalières dès la fin du siècle.
    David Wallace-Wells voyage dans notre futur proche. Il met en lumière les problèmes climatiques : pénuries alimentaires, réfugiés climatiques, etc. Mais, surtout, il démontre brillamment comment le réchauffement aura des conséquences directes sur presque tous les aspects de la vie humaine, sur la vie politique et culturelle des nations, sur le sens de l'Histoire.
    La Terre inhabitable est à la fois une méditation sur la dévastation que nous avons provoquée et un appel passionné à l'action. De même que le monde a été amené au bord de la catastrophe en l'espace d'une vie, la responsabilité de l'éviter appartient maintenant aux jeunes générations.

  • Les plantes vagabondes n'ont pas bonne presse : on les appelle mauvaises herbes, fleurs sauvages, et elles sont trop souvent interdites de culture ! Pour prendre la défense du brassage planétaire, Gilles Clément, le plus célèbre paysagiste français, inventeur du Jardin en mouvement, a choisi de nous raconter d'abord l'histoire de quelques-unes de ces plantes exotiques que nous retrouvons aujourd'hui dans nos jardins et dans les friches : rhubarbe du Tibet, pavot de Californie, armoise de Sibérie, grande berce du Caucase... Un livre polémique et poétique, passionnant et passionné, pour voir enfin réconciliés l'homme et la nature. " Au nom de la diversité - trésor à préserver pour d'inavouables calculs : n'y aurait-il pas quelques sous à tirer, quelques brevets à prendre ? -, les énergies se mobilisent contre l'intolérable processus de l'évolution. Pour commencer, on s'en prend aux êtres qui n'ont rien à faire ici. Surtout s'ils y sont heureux. D'abord éliminer, après on verra. Régler, comptabiliser, fixer les normes d'un paysage, les quotas d'existence. Déclarer ennemis, pestes, menaces, les êtres osant franchir ces limites. Introduire un procès, définir un protocole d'action : partir en guerre. Cet ouvrage s'oppose à une attitude aveuglément conservatrice. Il considère la multiplicité des rencontres et la diversité des êtres comme autant de richesses ajoutées au territoire. "

  • Dans l'esprit qui a fait le succès de son site Nota Bene, Benjamin Brillaud, mêlant sérieux des informations et humour, s'attaque ici aux quinze pires batailles de l'histoire mondiale, de l'Antiquité à nos jours.
    Au Ve siècle avant notre ère, les Perses débarquent à Marathon où ils seront écrasés par une armée athénienne pourtant largement inférieure en nombre ; au début du XIVe siècle, Philippe le Bel lance la crème de l'armée française pour mater la rébellion, composée de simples artisans sous-équipés, qui décime l'essentiel de la noblesse du royaume ; durant la Seconde Guerre mondiale, neuf chasseurs alpins français résistent héroïquement à plusieurs milliers de soldats italiens.
    Malgré sa puissance, son avance technologique ou encore ses effectifs en surnombre par rapport à l'ennemi, une armée n'est jamais à l'abri d'une défaite majeure quand la loi de Murphy, dite de « l'emmerdement maximum », décide de s'en mêler. Ordres mal transmis, infériorité numérique flagrante, conditions climatiques désastreuses... ce livre reconstitue ces batailles désespérées ou incongrues qui ont marqué notre mémoire par leurs issues inattendues. Autant d'épisodes tragi-comiques qui nous font regretter les cours d'histoire.

  • Naissance au présent ouvrage. A cette époque, l'auteur a déjà beaucoup voyagé, en France même et ailleurs en Europe, et a lu quantité d'auteurs français. C'est donc en connaisseur du pays, de son histoire et de sa littérature qu'il va suivre un itinéraire qui le mènera d'abord à Tours et dans les châteaux de la Loire, puis au Mans et à Nantes, avant de se diriger vers le sud, où il passera par Bordeaux, Toulouse, Arles, Nîmes, Carcassonne, terminant son périple par la Bourgogne.
    Tout au long de ses promenades, dans une prose raffinée, il décrit les monuments et évoque les lieux visités sous les différents angles que sa culture lui permet d'appréhender, citant Honoré de Balzac ou George Sand, aussi bien que John Ruskin, et proposant une réflexion permanente entre passé et présent. Ce vagabondage d'un grand esprit a longtemps servi de guide aux visiteurs anglo-saxons de nos contrées.
    Une splendide "leçon de regard".

  • Le roi des ombres

    Eve de Castro

    Le Versailles de Louis XIV est un théâtre où la monarchie absolue se construit en se donnant en spectacle. Un panier à crabes où vingt mille personnes du plus haut au plus bas de l'échelle sociale s'agitent dans les ors et les gravats, l'inconfort et la puanteur, les complots et les coucheries, les passions et les trahisons, avec, pour tous, le rêve de grimper vers la lumière.
    Le Roi des Ombres est l'aventure de ceux dont personne n'a jamais parlé. Les petits, les obscurs. Les ombres. Celles qui creusent la terre, dressent les murs, soufflent la poudre sur les perruques, posent les fards, massent les pieds. Celles qui, dans la boue du futur Grand Canal ou dans la chambre du roi, regardent le siècle à genoux. Ces hommes et ces femmes n'existent pas aux yeux de ceux qu'ils servent, ils ne sont que des fonctions. S'ils veulent se tailler une place près du Soleil, ils doivent être les plus talentueux, les plus serviles, les plus féroces. L'histoire de Nine la Vienne, la petite perruquière trop ambitieuse pour son sexe et son temps, et de Baptiste le Jongleur, l'apprenti fontainier pendu pour haute trahison, est celle d'une quête éperdue de justice, de liberté, d'amour.
    Leur destin se natte étroitement à celui de Louis XIV et de son frère Philippe d'Orléans pour brosser le portrait des années 1666-1674, qui ont instauré une autocratie sans précédent et jeté les fondements de la France moderne. La jalousie meurtrière, le sacrifice, la manipulation, le vice, la passion, la trahison, l'amour fou, dans le coeur du Roi-Soleil et dans celui d'une mère en quête de son enfant, tout est là.
    Tout est vrai. Tout est roman.

  • Destin exceptionnel que celui de Joachim Murat (1767-1815), dernier-né d'une famille de onze enfants originaire du Quercy, fils d'un aubergiste destiné à une carrière ecclésiastique et qui, entré dans l'armée en tant que simple soldat, finira par devenir maréchal d'Empire et roi de Naples.
    Raconter la vie de Murat, c'est ranimer le souvenir de la geste napoléonienne tant ses exploits épousent l'histoire de la Révolution, du Consulat et de l'Empire. Première campagne d'Italie, campagne d'Égypte, Marengo, Austerlitz, Iéna, la Moskowa : Murat prend part à tous les plus hauts faits d'armes et se distingue par son panache, son intrépidité et sa bravoure sur les champs de bataille.
    À l'occasion de la commémoration du bicentenaire de sa mort, Michel Peyramaure raconte ce héros romanesque, charismatique et flamboyant dont l'éclat faisait de l'ombre aux plus grands, y compris à son beau-frère, Napoléon Ier, ainsi qu'en témoignent les relations tumultueuses entre les deux hommes.
    C'est à Jacques, enfant perdu recueilli par la famille de Murat et personnage fictif du présent récit, que Michel Peyramaure confie le soin d'endosser le rôle de biographe de ce cavalier émérite toujours prêt à pourfendre l'ennemi, en qui Napoléon reconnaissait le meilleur sabre de l'Empire.

  • Qui penserait attribuer une origine étrangère à des mots comme jupe, épinard, braguette, violon ou encore sentimental ? Et pourtant, jupe vient de l'arabe, épinard du persan, braguette du gaulois, violon de l'italien et - qui l'eût cru ? - l'adjectif sentimental nous est venu du latin, mais par l'anglais.
    Si l'on sait bien que la langue française est issue du latin, on oublie souvent qu'elle s'est enrichie au cours de sa longue histoire de milliers de mots venus des quatre coins du monde : du grec, du celtique, du francique, mais aussi de l'italien, de l'anglais, de l'espagnol, du portugais et encore de l'arabe, du persan, du turc, du japonais, et des langues amérindiennes ou africaines...
    Henriette Walter raconte l'histoire de ces mots, de ces vagues d'immigration parfois clandestines qui ont petit à petit donné des couleurs à la langue française.

  • Dans le premier livre signé de sa main, le Pape François dialogue de façon simple, intime et personnelle avec chaque femme et chaque homme de la planète.
    À travers son expérience personnelle de prêtre, il aborde la question de la Miséricorde, thème central de son enseignement et de son témoignage.
    Il explique pourquoi l'Année sainte extraordinaire qui lui tient tant à coeur devrait parler à toutes les âmes - à l'intérieur de l'Église mais aussi au-dehors - qui recherchent un sens à la vie, un chemin de paix et de la réconciliation, une guérison des blessures physiques et spirituelles.
    Ce texte est la synthèse de son enseignement et de son pontificat.

  • " Avoir ou être ? " Le dilemme posé par Erich Fromm n'est pas nouveau.
    Mais pour l'auteur, du choix que l'humanité fera entre ces deux modes d'existence dépend sa survie même. Car notre monde est de plus en plus dominé par la passion de l'avoir, concentré sur l'acquisivité, la puissance matérielle, l'agressivité, alors que seul le sauverait le mode de l'être, fondé sur l'amour, l'accomplissement spirituel, le plaisir de partager des activités significatives et fécondes.
    Si l'homme ne prend pas conscience de la gravité de ce choix, il courra au-devant d'un désastre psychologique et écologique sans précédent.

  • Quand Jules Verne publie, en 1872, son Tour du monde en 80 jours, les Anglais lisent dans le Times le récit du vrai voyage de Thomas Cook, parti deux mois plus tôt pour son premier tour du monde organisé. Ce génie du tourisme a tout inventé : la publicité, la brochure de voyage, l'agence, le coupon d'hôtel, le traveller's cheque... Il a créé le « voyage pour tous ». Il n'est pourtant jamais allé à l'école.
    Le 5 juillet 1841, Cook affrète son premier train pour emmener 570 militants à un meeting anti-alcoolique. Puis il organise une excursion à Liverpool pour 1 200 travailleurs : c'est un tel succès qu'il en monte une autre quinze jours plus tard. Il s'aperçoit alors que non seulement le voyage détourne les excursionnistes des tavernes mais qu'en plus il éduque ceux qui ne savent ni lire ni écrire. Pendant quinze ans, il fera visiter la Grande-Bretagne aux Anglais, avant de leur faire traverser la Manche et découvrir Paris, l'Italie, Constantinople, la Terre sainte, où aucun touriste ne s'est encore hasardé...
    En 1863, ses premiers tours à Genève, Chamonix et Lucerne vont lancer l'hôtellerie alpine. En 1869, il sera le seul Anglais présent à l'ouverture du canal de Suez. Jusqu'à la fin du siècle, il possédera l'unique flotte de bateaux de croisière du Nil et sera le maître de l'Égypte. Ce qui va faire sa fortune.

  • Neuroland

    Sébastien Bohler

    Ali Saleh, 29 ans, formé dans les camps afghans, est soupçonné de fomenter un triple attentat au coeur de Paris. Jacques Melvin, le policier en charge de l'interrogatoire, ne se résout pas à le torturer pour le faire parler. Les bombes explosent. Le pays est sous le choc. Face à cette crise, le gouvernement doit impérativement réagir.
    Au même moment, deux jeunes chercheurs en neurosciences sont sur le point de faire une découverte sensationnelle offrant la possibilité de lire grâce à un scanner surpuissant l'activité précise de notre cerveau. En d'autres termes : de lire en direct ce que nous pensons ! Tout mensonge deviendrait alors impossible.
    Quelle police au monde ne rêverait pas de posséder un tel outil ? Le ministre de l'Intérieur en personne reçoit Franck Corsa, un des jeunes chercheurs, et lui donne tout crédit pour finaliser son projet. Du jour au lendemain, Franck Corsa devient un homme puissant et influent. Reste que pour parfaire ses recherches, il a besoin des intuitions scientifiques de son compère Vincent Carat, un étudiant plus modeste dans son approche scientifique et plus moral dans ses pratiques.
    Jouant de toutes les perfidies - la séduction, la dénonciation, le chantage -, Franck veut faire plier Vincent pour qu'il accouche au plus tôt de ses recherches et pour s'en emparer. Découvrant que la mère de Vincent est atteinte de la maladie d'Alzheimer et que sa petite amie - russe d'origine - vit en France illégalement, il commence à exercer une pression de plus en plus forte pour tisser la toile de son piège. Se croyant couvert par le pouvoir, il s'autorise tout : voler, violer, tuer. Sa mégalomanie et son machiavélisme semblent ne pas avoir de limites.
    Quelqu'un saura-t-il mettre un frein à l'ambition démesurée de Franck ? Vincent découvrira-t-il assez tôt quelle est la nature de celui qu'il croit être son ami ? Que deviendrait sinon une telle découverte placée en de mauvaises mains ?

  • Secrets d'État, compromissions et guerres fratricides : bienvenue place Beauvau !
    La machine policière française est opaque et sclérosée. Hollande et ses ministres, faute de vouloir et de pouvoir la transformer en profondeur, ont tenté de s'en servir à des fins politiques. Pour qui veut contrôler les affaires, le ministère de l'Intérieur est en effet un lieu stratégique, grâce aux grandes oreilles des renseignements et aux yeux aguerris des flics en tous genres.
    Pourquoi la légalité est-elle si souvent bafouée chez ceux qui sont précisément censés faire régner l'ordre ? Le Président a-t-il un cabinet noir ? Faut-il être franc-maçon pour réussir dans la police ? Qui mettra un terme à la guerre sans merci que se livrent les diverses officines de renseignement ? Comment la gauche s'est-elle accommodée des réseaux mafieux corses ? Quel est le poids du FN dans la police ?
    Dans le plus grand secret, les auteurs ont mené leurs investigations durant plusieurs années. Ils ont interviewé des centaines de témoins (ministres, conseillers spéciaux, patrons de police, agents de renseignement, gardiens de la paix...), ont écumé les commissariats, fouillé le ministère, épluché les dossiers les plus confidentiels pour livrer cette enquête percutante et mettre en lumière le plus cuisant échec du quinquennat qui s'achève.

  • À Marseille, en haut de la Canebière, l'église des Réformés devait être détruite. L'évêque tente une dernière chance et en confie la charge au père Zanotti-Sorkine. Sept ans plus tard, dans ce quartier où les catholiques sont minoritaires, chaque dimanche matin, l'église est archipleine. Cent soixante-deux baptêmes d'adultes ont été célébrés à Pâques. Un miracle ? Non, mais une exception en France qui tient à quelques raisons. L'église est ouverte douze heures par jour, la messe est dite quotidiennement dans la nef. Le culte est célébré dans la grande tradition : processions solennelles, enfants de choeur, encens, grandes orgues, chants, célèbres sermons du nouveau curé, chapelets dits en commun, confessional ouvert deux fois dans la journée.
    Le prêtre reçoit sans rendez-vous tous les soirs à partir de vingt heures. Ce qu'il prêche : les grands préceptes de l'Église catholique, le don de soi, l'amour des autres, la confiance en Dieu, la pratique religieuse. Tous les paroissiens le disent : " Je viens ici parce que j'y découvre ce que je n'ai pas trouvé ailleurs. " Né en 1959, l'auteur a d'abord été chanteur-compositeur-interprète dans des cabarets. À 28 ans, il arrête et étudie la philosophie et la théologie puis entre chez les Franciscains. En les quittant, il vient à Marseille, où il est ordonné prêtre à 40 ans.
    Le livre est divisé en deux parties :
    - la première s'adresse aux prêtres : cinquante pages de pensées, conseils, sentences simples et fortes qui redéfinissent leur sacerdoce ;
    - la seconde est destinée aux fidèles et aux autres pour leur rappeler les bases de la religion catholique ainsi que des comportements et des vertus qui aident à vivre.

  • George Washington a-t-il laissé croupir le marquis de La Fayette dans une prison autrichienne de 1792 à 1797 ? Et lui a-t-il refusé l'exil en Amérique après sa libération ? Cette rumeur courait dans le New York de 1830.
    Certains affirmaient que la preuve existait, sous la forme d'une lettre écrite de la main même de La Fayette. L'affaire avait le goût sulfureux du scandale, car elle éclaboussait deux icônes de l'histoire américaine.
    Jeune rédacteur au Courrier and Enquirer, William Castillon va mener l'enquête. Aussi avide de gloire que plein d'idéal, il s'entête à vouloir dénoncer ce qu'il considère comme un mensonge d'État. Ses convictions républicaines et son exigence de vérité le mèneront dans les entrailles de New York, au coeur des cercles du pouvoir à Washington, mais aussi dans le Paris des Trois Glorieuses. Il y croisera Talleyrand, James Monroe et La Fayette lui-même.
    D'abord témoin puis acteur d'un drame où se mêlent convictions, dissimulations et compromissions, le journaliste va découvrir que l'Histoire se nourrit de mythes et qu'il est parfois bien dangereux de les exposer.
    Ce roman historique qui puise aux meilleures sources se lit comme un thriller. Il révèle un aspect méconnu de la vie de La Fayette et bouscule la légende de celui qui fut salué comme un libérateur outre-Atlantique.

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