Langue française

  • Homme de lettres et compagnon du mouvement surréaliste, Roger Caillois s'intéresse très tôt au monde minéral dont les formes évoquent pour lui des figures de l'imaginaire. Dès les années 1950, il commence à collectionner des minéraux du monde entier, des « pierres curieuses, qui attirent l'attention par quelque anomalie de leur forme ou par quelque bizarrerie significative de dessin ou de couleur ». Toutes possèdent « une ressemblance inattendue, improbable et pourtant naturelle, qui provoque la fascination ». Agates, pyrites, quartz, jaspe... elles sont autant de fragments de l'univers, d'un monde où rêve et poésie dessinent des analogies avec le monde végétal et animal mais aussi avec celui des hommes. Cet ouvrage présente les 150 plus belles pierres de la collection de minéraux que Roger Caillois a léguée au Muséum national d'histoire naturelle de Paris, ainsi que la réédition des célèbres textes Pierres, L'Écriture des pierres et Agates pardoxales. Pour la première fois sera dévoilée une collection exceptionnelle créée par l'un des plus grands poètes du XXe siècle.

  • Traverser

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    Écrivain, photographe et réalisateur, l'homme semble sans limites. Il a arpenté tous les chemins de la photographie du réel, des premiers pas balbutiants dans La ferme du Garet , aux planques de célébrités, du reportage pour la presse au documentaire d'auteur.
    Chez Depardon, l'écriture et la photographie offrent deux temporalités très différentes qu'il a souvent cherché à faire cohabiter. Il s'agît pour lui de « faire des images un peu banales, calmes, sans éloquence particulière, mais chargées de sentiment », ce qui le conduira alternativement dans l'errance volontaire et/ou dans la production déterminée d'une archive à partager pour les temps futurs.

  • Que ce soit des enfants jouant dans les terrains vagues de son quartier - Porte de Saint Cloud -, la ville de Paris, son quotidien, son métro, ses marchés aux puces... Sabine Weiss pose un regard à la fois doux et compréhensif sur les habitants, à la recherche des beautés simples, des moments suspendus, de repos ou de rêverie. Ses photographies sont pleines de lumière, de jeux d'ombres et de flous. De la même manière, que cela soit à Moscou ou à New-York, un des sujets toujours présent chez la photographe est la rue, la vie urbaine, l'individu versus la foule des métropoles.
    Cette oeuvre riche et variée, dans la pure fibre humaniste, témoigne d'un engagement en faveur d'une réconciliation avec le réel.

  • Spectaculaires, mystérieux, élégants ou grotesques, les squelettes des vertébrés qui peuplent aujourd'hui la Terre portent en eux les traces d'une évolution de plusieurs milliards d'années. Ce livre retrace l'histoire de notre ère, histoire dont les os ont gardé la mémoire.
    La théorie de l'évolution proposée par Charles Darwin au XIXe siècle a été largement confirmée et enrichie par la découverte des gènes et par les progrès des sciences de la Vie, de la paléontologie à l'embryologie. Le propos développé dans ce livre est de rendre compte de cette réalité scientifique. Il offre un vaste panorama du monde des vertébrés, le groupe zoologique dont nous faisons nous-mêmes partie. Cette parenté, évidente lorsque l'on observe la structure profonde des animaux, nous aide à comprendre les mécanismes de l'évolution et à en saisir toutes les facettes.
    La plupart des vertébrés contemporains présentés dans ce livre proviennent des collections de la galerie d'anatomie comparée du Muséum national d'Histoire naturelle. Ils ont été restaurés, parfois remontés et libérés de leurs supports métalliques afin que l'on imagine, sans entrave, l'animal en mouvement.
    Le noir et blanc a été choisi pour sa représentation intemporelle, permettant ainsi à ces photographies d'agir comme des révélateurs. Au-delà de leur beauté formelle, les squelettes nous renvoient sans cesse à notre origine animale et à notre propre histoire.
    Ce livre co-édité avec le Muséum national d'Histoire naturelle a été réalisé avec la collaboration du Musée Océanographique de Monaco, du Muséum d'Histoire naturelle de Marseille, du Muséum d'Histoire naturelle de Toulouse, du Musée Fragonard et de l'École Nationale Vétérinaire d'Alfort.
    Cette édition revue et augmentée présente près de deux cents espèces différentes dont une quinzaine de nouveaux spécimens.

  • Présenté pour la première fois dans sa version intégrale, La longue route de sable est accompagné du tapuscrit original de Pier Paolo Pasolini, daté de 1959. Philippe Séclier, ayant mis ses pas dans ceux du poète, nous rapporte ici - à travers documents, manuscrits, lettres, et ses propres photographies - les étapes d'un voyage singulier le long des côtes italiennes. Comme si ces deux Italie, seulement séparées par le temps, ne faisaient plus qu'une. La longue route de sable a été Lauréat du Grand Prix du livre Thomas Cook en 2005.

  • Photographe hollandais, né en 1895, Leendert Blok a très tôt expérimenté la photographie couleur et l'utilisation du format panoramique. Dans les années 1920, il travaille en étroite collaboration avec des producteurs de fleurs à qui il fournit des tirages couleurs et des autochromes pour leurs catalogues de présentation des diverses espèces produites. Dans son approche documentaire, Blok saisit les fleurs telles des objets de désir et restitue leur part de mystère grâce à la technique de l'autochrome. Pour lui, la photographie est d'abord un regard. Il s'approche au plus près de la matière et le végétal semble alors s'épanouir sous son objectif.
    Tons sourds et douceur mordorée révèlent un monde végétal intemporel, où corolles, pétales et boutons sont sublimés par le clair-obscur. Les fleurs se détachent sur un fond sombre et uni offrant un clin d'oeil aux célèbres vanités du Siècle d'Or néerlandais. Tulipes, dahlias, narcisses, iris, jacinthes, pivoines se révèlent dans toute leur diversité. Réminiscences des planches de botanistes d'autrefois, les photographies de Leendert Blok nous plongent dans l'immanence du végétal, où chaque fleur devient sculpture.

  • A travers 300 photographies et plus de 50 artistes, il présente le choix de Jean-Luc Monterosso, directeur de la Maison européenne de la photographie qui a accompagné ce mouvement en donnant une visibilité plus grande à la photographie à travers le mois de la photo (qu'il a créé en 1980 avec Henry Chapier) et les expositions de la Maison européenne de la photographie.

  • Stephen Shore

    Stephen Shore

    Depuis ses tous premiers travaux, l'américain Stephen Shore est reconnu comme l'un des photographes les plus talentueux et influents de ces dernières générations d'artistes. À une époque où le noir et blanc est largement prédominant en photographie, il est célèbre pour avoir participé, tout comme son contemporain William Eggleston, à la reconnaissance de la photographie couleur comme un art à part entière et non comme une technique réservée aux images commerciales. Stephen Shore considère l'appareil photographique comme un outil d'analyse, un lieu d'exploration du médium photographique lui-même : plutôt que de mettre en image le beau ou le spectaculaire, Stephen Shore est le première à s'intéresser à l'ordinaire, au banal, à l'invisible. Il s'oppose ainsi à l'esthétisme ambiant dans la photographie américaine de l'époque. Cela explique toute la diversité de son oeuvre, depuis ses paysages époustouflants du Texas ou d'Écosse aux images faussement anonymes de ses repas ou de ses chambres d'hôtel en voyage, imitant l'esthétique de la photographie utilitaire ou amateur.
    L'ouvrage Stephen Shore accompagnant l'exposition éponyme se propose d'analyser, à travers plus de 200 images, son approche conceptuelle de la pratique photographique, dans le contexte historique et culturel particulier qu'était celui des années 1970. Il s'agit de mettre en lumière les rapports complexes entre le monde de l'art et celui de la photographie à cette époque, dont les influences mutuelles ont profondément modifié l'art de la photographie jusqu'à aujourd'hui.
    Cette première monographie en français, éclairée d'un entretien passionnant de Stephen Shore mené par David Campagny, revient sur l'intégralité des séries de Stephen Shore, depuis ses tout premiers travaux jusqu'à sa célèbre série Uncommon Places, en passant par 24hrs, American Surfaces et New York City.

  • Ces signes succincts ne sont rien moins que l'origine de l'écriture, ces animaux, ces monstres, ces démons, ces héros, ces dieux phalliques, rien moins que les éléments de la mythologie. (Brassaï).

    C'est par ces mots que Brassaï commentait, en 1933, la première publication de quelques-unes de ses photographies des fragments de murs parisiens parues dans la revue Minotaure. La série des Graffiti, à laquelle le photographe travaillera pendant plus de 25 ans, compte plus de 500 images dont une partie reste méconnue.

    Cet ouvrage, en présentant pour la première fois ce travail sur les Graffiti remis dans le contexte de son époque avec plus de 40 photographies et documents inédits accompagnés d'oeuvres de Picasso, Dubuffet, et Prévert, propose un regard original et approfondi sur ce célèbre ensemble. Les recherches de la commissaire d'exposition Karolina Ziebinska-Lewandowska nous éclairent sur la façon dont cette série « culte » a été reçue et comprise en son temps.

  • Pour la première fois, Sergio Larrain réfléchit à son travail d'un point de vue théorique. «La photographie : ce (le sujet) qui est donné par la géométrie». Cette définition, conçue comme un syllogisme, et à laquelle se mêle un avant-goût de haïku, traduit l'esprit qui l'animait alors, et qu'il reprendra plus tard dans ses livres de réflexion philosophique.
    Rééditée en un fac-similé fidèle à l'édition originale, cette version d'El rectángulo en la mano, proposée sous coffret et avec un texte critique d'Agnès Sire, est un hommage à l'ouvrage emblématique du photographe chilien.

  • Grand Paris

    Martin Parr

    Exposition à la MEP à Paris du 25 mars au 25 juin 2014.
    Cela fait trente-cinq ans que Martin Parr photographie des scènes ordinaires avec le don de nous prendre au dépourvu. Que nous soyons en train de manger, de prendre un bain de soleil, de nous embrasser... il pressent la vulnérabilité inhérente à chacun de nous.
    Cette fois-ci, sous la forme d'un véritable plan de Paris (édition spéciale taxis) sous sa couverture originale et avec un index des rues 100 % fiable, Martin Parr nous invite à le suivre dans la capitale. Pendant trois ans, à la demande de la Maison Européenne de la Photographie (MEP), Martin Parr s'est penché sur les parisiens et parisiennes et a photographié les Champs-Élysées, les touristes, le 14 Juillet, les défilés de mode, le salon d'aéronautique du Bourget, Paris Plage, les musées et les foires d'art, le salon d'agriculture...
    Au final, une quarantaine d'images inédites et quelques clichés antérieurs incontournables, un véritable work in progress sur Paris.

  • Porté depuis ses débuts dans la photographie par l'Afrique, Raymond Depardon n'en a pas, pour autant, délaissé le continent nord-américain. C'est en 1968, alors qu'il appartient encore à l'agence Gamma, qu'il effectue son premier grand reportage outre-Atlantique. À Chicago, il couvre à la fois la convention nationale démocrate, qui s'apprête à choisir Hubert Humphrey comme candidat à l'élection présidentielle, et une grande manifestation contre la guerre au Vietnam. Quelques semaines plus tard, il est le seul photographe français à suivre Richard Nixon, candidat conservateur, qui mène campagne avant d'être élu, en novembre de la même année, 37e président des États-Unis. Ce n'est qu'à l'été 1981, pour les besoins du journal Libération que Raymond Depardon retrouve l'Amérique et s'installe temporairement à New York. Il doit, tous les jours et durant un peu plus d'un mois, envoyer une photo et une légende au quotidien français, alors dirigé par Serge July. Ce sera la fameuse Correspondance new-yorkaise qui marque un tournant dans son oeuvre. En 1982, dans la foulée de cette commande qui fera l'objet d'une parution aux éditions des Cahiers du Cinéma, Raymond Depardon sillonne cette fois l'Ouest des États-Unis, du Nouveau-Mexique à la Californie en passant par le Colorado et le Nevada. Il attendra ensuite dix-sept ans avant de se confronter, cette fois dans un nouveau format hauteur et en délaissant momentanément son Leica, aux paysages grandioses du Montana et du Dakota.

  • Éditions Xavier Barral Qu'est-ce que la photographie ?

    Textes Essais des commissaires d'exposition :
    Clément Chéroux & Karolina Ziebinska-Lewandowska Fiche technique 190 x 240 mm 180 pages environ Exposition « Qu'est-ce que la photographie ? » à la Galerie de photographies du Centre Pompidou Du 4 mars au 1er juin 2015 Que reste-t-il lorsque tout a déjà été photographié ? Que reste-t-il lorsque des décennies d'enregistrements photographiques semblent avoir épuisés tous les sujets, l'ensemble des mises en scènes imaginables et la totalité des angles de vues possibles ? Que reste-t-il lorsque le réel semble lui-même exténué à force d'avoir été redupliqué ? Il reste la photographie elle-même.
    Depuis les avant-gardes des années 1920 et 1930, les artistes se sont évertués à interroger le médium photographique lui-même pour tenter de comprendre sa qualité ou sa spécificité. De Man Ray à Jeff Wall, en passant par Ugo Mulas, le présent ouvrage réunit près 70 oeuvres issues des collections du musée national d'art moderne - Centre Pompidou qui ont toutes en commun de poser la même question : « Qu'est-ce que la photographie ? ». Parfois ce sont les photographes eux-mêmes qui éprouvent la nécessité de s'interroger sur ce qu'ils font et de proposer une forme de synthèse de leur art. Parfois ce sont les historiens, les théoriciens, ou simplement les regardeurs qui perçoivent dans une photographie produite incidemment une valeur de définition manifeste.
    Ainsi, derrière un titre qui fait mine de s'inscrire dans la tradition des tentatives de définitions définitives de la photographie, l'ouvrage Qu'estce que la photographie ? propose exactement le contraire : il est en somme résolument anti-ontologique.

    Clément Chéroux Conservateur au Musée national d'art moderne - Centre Pompidou, Clément Chéroux dirige le Cabinet de la photographie. Historien de la photographie, docteur en histoire de l'art, il a publié de nombreux ouvrages parmi lesquels Vernaculaires, essais d'histoire de la photographie (Le Point du jour, 2013) et Henri Cartier-Bresson (Centre Pompidou, 2013). Il a été commissaire de plusieurs expositions dont récemment La Subversion des images : surréalisme, photographie, film (2009), Paparazzi (2013) et Jacques-André Boiffard, la parenthèse surréaliste (2014).

    Karolina Ziebinska-Lewandoska Karolina Ziebinska-Lewandowska est docteur en histoire de l'art, spécialisée dans l'histoire de la photographie. Après avoir été conservatrice à la Zacheta National Gallery of Art de Varsonie pendant onze ans, elle occupe, depuis 2014, le même poste au Cabinet de photographies du Musée National d'Art Moderne. Elle est également co-fondatrice de la fondation Archaeology of Photography, qui a pour but la sauvegarde des archives photographiques de Pologne.

  • Seascapes

    Hiroshi Sugimoto

    L'eau et l'air, ces substances primordiales qui rendent la vie possible sur Terre constituent le sujet de la série des Seascapes [paysages marins] de Hiroshi Sugimoto . Depuis trente ans, Sugimoto parcourt le monde en photographiant les mers. Il a créé un ensemble d' oeuvres qui sont une longue méditation sur le passage du temps et sur l'histoire naturelle de la Terre.
    Sugimoto a appelé la photographie « la fossilisation du temps » : les clichés de Seascapes saisissent un moment spécifique tout en évoquant un sentiment d'intemporalité.
    Ce volume, le second d'une série d'ouvrages sur l'art de Sugimoto , présente la série complète, plus de 200 Seascapes dont certains jamais encore reproduits. Les images sont toutes de format identique, précisément divisées par la ligne d'horizon, bien que parfois la mer et le ciel se fondent en une seule entité. Chaque photographie saisit un moment où la mer est calme, presque étale. Mais dans ce format si rigide, Sugimoto crée une gamme de portraits de ses sujets qui touche à l'infini.
    Un texte de Munesuke Mita, professeur de sociologie à l'Université de Tokyo, examine l'art contemporain à l'aune de la sociologie en comparant l'histoire récente de l'art et les prévisions mathématiques de croissance démographique. Il établit un lien entre l' oeuvre de Sugimoto et cette analyse unique en son genre du monde de l'art.

  • Dark lens

    Cédric Delsaux

    Dark Lens - Éditions Xavier Barral - Octobre 2010 Photographies Cédric Delsaux Auteurs Cédric Delsaux George Lucas Format 360 × 270 mm 126 pages environ 52 photos couleurs environ Prix 60 euros isbn : 9782915173703 Dark Lens " La passerelle du RER est momentanément fermée pour cause de guerre intergalactique opposant les gardes de Vador à un groupe de Jedi retranché dans le gymnase Jacques Prévert." Il y a, pour Cedric Delsaux, un vrai plaisir à tenir dans un même cadre le rêve et le réel. Au-lieu de raconter le réel, Cédric Delsaux choisit de raconter la perception qu'il s'en fait. Ainsi les paysages urbains de banlieues, avec leurs parkings à répétition, et leur zones de non lieux, deviennent, grâce aux personnages de Star Wars, les décors grandiose d'une his- toire dont ils occupent enfin le centre.
    Le monde qui en découle, fourmillant de détails, est totale- ment vrai et pourtant absolument faux. La fabrication de cette "mythologie de la banalité", donne également une proximité et une réalité à des personnages cultes pour toute une généra- tion de fans. L'imaginaire a tout envahit. Nous pouvons nous réjouir et nous pouvons trembler !
    L'oeuvre de Cédric Delsaux questionne notre rapport au monde, il crée un nouvel espace temps où toutes les frontiè- res se brouillent, le réel et la fiction, la folie et la raison, où le passé comme le futur se retrouvent prisonniers du présent. Chacune de ses séries est peuplée d'éléments provenant de notre mémoire collective. Il puise dans ces symboles la matière originelle pour la création d'une mythologie person- nelle de notre monde moderne.
    Ce livre s'adresse aussi bien aux passionnés de photographie qu'aux fans de Star Wars. Avec une préface de George Lucas.

    Cédric Delsaux Né en 1974, Cédric Delsaux vit et travaille à Paris. Après des études de Lettres et de Cinéma, il rejoint d'abord le monde de la publicité. Depuis 2002, il se consacre entièrement à la pho- tographie. Avec le premier volet de son travail sur Star Wars, The Dark Lens, il remporte la Bourse du Talent en 2005. Ses travaux personnels font l'objet de nombreuses expositions aux États-Unis, en Chine, en Allemagne, en Angleterre, et en Pologne. Son travail Nous resterons sur terre, publié aux édi- tions Verlhac en octobre 2008, explore le lien ambivalent de l'Homme face à la nature. Il est également publié aux USA chez Random House sous le titre A Common Destiny.

  • Images à charge, la construction de la preuve par l'image Textes Introduction de Eyal Weizman Essais de Christian Delage, Tom Keenan et Luce Lebart Photographies Archives de la Préfecture de police de Paris Musée de l'Armée, Paris Institut de police scientifique de Lausanne Ministère des Affaires publiques, Autorité palestinienne Archives NKVD, Moscou.

    Expositions :
    Le Bal, Paris 14 mai - 30 août 2015 Septembre - décembre 2015 The Photographers' Gallery, Londres Nederlands Fotomuseum, Rotterdam Mai - août 2016 Images à charge, la construction de la preuve par l'image, livre de l'exposition éponyme, présente, à travers dix cas, comment par l'élaboration d'un protocole l'image se construit pour devenir preuve. Des méthodes de prises de vue scientifiques mises au point par Alphonse Bertillon, criminologue travaillant pour la Préfecture de police de Paris à la fin du xixe siècle, aux premières images aériennes du front réalisées par l'armée durant la Première Guerre mondiale jusqu'aux clichés permettant d'identifier les victimes de la Grande Purge de Staline, la photographie depuis plus de 150 ans sert de preuve, témoigne du crime : elle atteste d'une certaine réalité et tend ainsi à rendre une vérité. Inspirée des clichés de la médecine légale, utilisés lors de l'enquête policière et du procès, l'image forensic, de l'anglais computer forensics, authentifie, permet la collecte de preuves et sert l'investigation.
    Témoignage à charge, la photographie scientifique impose une véracité crue. À travers dix cas, chacun replacé dans son contexte historique et politique, la question du statut de l'image est alors posée. Célèbres clichés du Saint Suaire, images du procès de Nuremberg, photos réalisées avec des téléphones portables attestant des dommages de bombardements de drones sur les théâtres de guerre en Afghanistan ou en Israël : l'image forensic s'impose désormais dans toute enquête policière ou politique.

    Eyal Weizman est architecte de formation. Ses recherches artistiques s'intéressent aux liens existant entre architecture et colonisation. Travaillant en étroite collaboration avec d'importantes ONG internationales, il collecte, à l'aide de clichés photographiques, les preuves de l'occupation israélienne sur le territoire palestinien. Il a écrit de nombreux articles dans la presse et signé plusieurs ouvrages, tel À travers les murs : l'architecture de la nouvelle guerre urbaine (2008).

    Christian Delage est historien et enseigne l'Institut d'études politiques de Paris. Son travail s'attache à souligner l'apport de l'image dans l'écriture de l'histoire. Son ouvrage La Vérité par l'image. De Nuremberg au procès Milosevic (2006), ainsi que son film Nuremberg, les nazis face à leurs crimes ont fait de lui un spécialiste du statut de médiation de l'image. En 2010, il a été commissaire de l'exposition Filmer les camps, présentée au Mémorial de la Shoah à Paris, puis à New York au Museum of Jewish Heritage.
    Tom Keenan est professeur associé de littérature comparée et directeur du programme Human Rights Project, à l'université de Bard, à New York. Son ouvrage Mengele's Skull, the advent of a Forensic aesthetics (2012) retrace l'investigation de Richard Helmer qui avec ses méthodes scientifiques permit l'authentification du squelette du criminel de guerre nazi Josef Mengele.

    Luce Lebart est historienne de la photographie scientifique. Elle a travaillé sur de nombreux fonds photographiques avant d'intégrer, en 2011, la Société française de photographie, où elle gère plusieurs collections. Elle a publié en 2008 Le Théâtre du crime.

  • Les gravures du Massif de Fontainebleau sont assez méconnues comparées à celles que l'on retrouve dans les Alpes. Les éléments figuratifs y sont peu nombreux et leur datation est incertaine. A part un cheval attribué au Paléolithique, il s'agit pour la plupart de motifs abstraits gravés dans le grès des abris rocheux. On les dit mésolithiques (vers 9000-6000 avant J.-C.). Ces gravures intriguent non seulement par leur forme mais aussi par leur situation dans des cavités ou sur des surplombs souvent difficiles d'accès.
    Des recherches en cours laissent toutefois présager une diversité insoupçonnée jusqu'à ce jour. Récemment, des représentations de personnages stylisés, d'époque néolithique (vers 4000 avant J.-C.) ont été découvertes sur des menhirs et des rochers en plein air. Elles peuvent être associées à des gravures sur haches polies emmanchées, bien répertoriées et qui font l'objet d'un programme de recherche.
    Enfin, d'autres gravures, en quantité moindre, couvrent les périodes plus récentes, avec notamment des représentations humaines et animales très schématiques. L'ouvrage compile environ 70 photographies en noir et blanc, réalisées par Emmanuel Breteau, qui illustrent ces étonnantes gravures. Il s'intéresse à l'art rupestre préhistorique et photographie les grottes de l'arc alpin depuis plus de quinze ans.
    Invité par le Musée départemental de Préhistoire d'Ile-de-France, le photographe s'est plongé dans l'univers de ces roches de plein air avec la fascination d'imaginer les auteurs de ces mystérieux dessins gravés. Ces photographies feront l'objet d'une exposition au Musée. Pour accompagner cette exploration visuelle des roches gravées du massif de Fontainebleau, plusieurs essais font le point sur un état actuel de la recherche archéologique concernant les gravures les plus anciennes.
    Parmi les chercheurs participant à l'ouvrage, nous pouvons citer Alain Bénard, spécialiste de l'art rupestre de Fontainebleau, les préhistoriens Gilles Tosello et Boris Valentin, ainsi que les néolithiciens Serge Cassen et Daniel Simonin.

  • Sous forme d'un abécédaire, Cribier nous convie à une déambulation dans ses jardins où rien n'est laissé au hasard, passant d'une terrasse sur les toits de Paris à un lagon de Bora Bora, du jardin des Tuileries à un marais dans la forêt de Fontainebleau, d'un potager anglais à un ranch aux États-Unis... Il nous raconte la genèse des projets, leur mise en oeuvre, le choix des essences, partage sa jubilation pour les couleurs, les parfums, les rythmes saisonniers et nous alerte sur l'urgence à respecter l'environnement. Plusieurs contributions d'historiens, de scientifiques et de praticiens, ainsi qu'une biographie accompagnent ces itinéraires jardinistes. Il y est question de racines, de graines, de terre, de poussière, de pollution, d'échecs et de succès, d'endives et de champignons, de ce que l'on ne regarde plus ou pas assez, du visible et de l'invisible, d'hybrides et de cultivars, de la nuit et du jour, de plaisir et de passion, de l'accessoire et peut-être de l'essentiel.

  • Pierre de Fenoÿl

    Collectif

    Éditions Xavier Barral - Pierre de Fenoÿl Photographies Pierre de Fenoÿl Textes Peter Galassi Virginie Chardin Jacques Damez Pierre de Fenoÿl Pierre de Fenoÿl (1945-1987) a consacré sa vie à la photographie. Il fut successivement reporter, archiviste, commissaire d'exposition, galeriste, acheteur d'art et fondateur de l'agence Vu (devenue Viva), avant de devenir en 1975 le premier directeur de la Fondation Nationale de la Photographie puis, en 1978, le premier conseiller pour la photographie au Centre Pompidou. Guidé par une irrésistible passion, il a très activement oeuvré pour la reconnaissance de la photographie par les institutions dans les années 1970-1980 et a exposé des photographes majeurs comme Brassaï, Henri Cartier-Bresson, Jacques-Henri Lartigue, Duane Michals, Édouard Boubat, Tony Ray-Jones ou André Kertész, avant de s'intéresser à la photographie du XIXe siècle. Mais Pierre de Fenoÿl est aussi l'auteur d'une oeuvre photographique importante. Ses recherches personnelles l'amènent tout d'abord en Inde sur les pas d'Henri Cartier-Bresson. Puis, après une bourse de la Villa Medicis hors les murs qui lui permet d'entreprendre un voyage en Égypte sur les traces de Maxime du Camp et de Félix Teynard, il décide de se vouer entièrement à la prise de vue et, en 1984, s'installe dans le Sud-Ouest pour se consacrer à l'observation du paysage. Le photographe se révèle hanté par la question du temps et de la mémoire en photographie et se définit lui-même comme « chronophotographe ». Parfois rapprochée de la « photographie créative » de son époque, son oeuvre s'apparente plutôt à une recherche du sacré, inspirée par le théâtre de la nature et l'art de la marche. Ses paysages empreints d'un silencieux mystère évoquent parfois les paysages peints flamands ou italiens, autant que les maîtres de la photographie primitive. En 1984, il participe à la grande mission organisée par la DATAR sur l'état des lieux du paysage français. Il décède brutalement en 1987, sans avoir eu le temps de tirer, ni de montrer une grande part de ses images.

    Peter Galassi Peter Galassi (né en 1951) est professeur spécialisé dans la photographie et l'art français du XIXe siècle. De 1991 à 2011, il est conservateur général de la photographie au MoMA à New York, où il a organisé plus de 40 expositions dédiées à la photographie. Il a reçu le prix du centre international de la photographie en 1988 et le prix Eric Mitchell en 1992.

    Virginie Chardin Commissaire de l'exposition au Château de Tours, Virginie Chardin est spécialiste de la photographie et de l'image. Elle a été commissaire de nombreuses expositions dont « Photographies. Histoires parallèles » au Musée Niépce (2000) et « Paris en couleurs, des frères Lumière à Martin Parr » à l'Hôtel de Ville de Paris. Elle est l'auteur de Paris et la photographie. Cent histoires extraordinaires, de 1839 à nos jours (Parigramme, 2003 et 2013), de Séeberger Frères (Actes Sud, Photo-Poche, 2006) et de Ernst Haas (Actes Sud, Photo Poche, 2010).

  • Emmet Gowin

    Emmet Gowin

    Emmet Gowin trouve dans sa famille et son environnement naturel immédiat une sécurité et un équilibre qui lui permettent d'aller plus loin dans sa compréhension de notre planète. Puis, s'éloignant de son univers intime et particulier, son regard se tourne vers le paysage au sens large : des paysages emplis de réminiscences historiques (essentiellement bibliques) tels que le site de Petra en Jordanie ou la ville abandonnée de Matera en Italie et d'autres ravagés par des phénomènes naturels (éruption du mont Saint Helens dans l'état de Washington en 1980) ou par la main de l'homme (champs irrigués par pivot, exploitations minières ou terrains d'essais nucléaires).
    Mais tel un Ulysse moderne, son voyage autour du monde n'est qu'un long détour qui le ramène à ses origines, c'est-à-dire à son paysage natal, à sa famille, à Edith.
    Cet ouvrage, réalisé en étroite collaboration avec Emmet Gowin, contient plus de 200 images et offre la vision la plus complète de son oeuvre. Gowin signe deux textes inédits, accompagnés d'un article du commissaire d'exposition Carlos Gollonet et d'un texte de Keith F. Davis, conservateur en chef de la photographie au Nelson-Atkins Museum of Art, Kansas City, Missouri.

  • The others

    Olivier Cullman

    The Others propose un voyage virtuel à travers l'Inde, l'une des sociétés les plus compartimentées au monde mais aussi celle dont la production visuelle est des plus prolifiques. Pour ce travail, Olivier Culmann a choisi d'utiliser sa propre image pour explorer les fantasmes sociaux et ses propres interrogations sur l'altérité. Passionné par l'imagerie populaire et les codes de mise en scène de la photographie, il a utilisé comme matériau de base une série de portraits rendant compte de la variété des éléments constituant l'identité de l'individu selon sa religion, sa caste, sa classe sociale, sa profession, son origine géographique.
    Ces portraits se déclinent de façon protéiforme et selon les différents procédés de création iconographique pratiqués en Inde :
    Les portraits traditionnels dans des studios photographiques de quartier (voir phase I) ; les portraits avec utilisation de matériels numériques (phase II) ; les recomposition et colorisation de photographies déchirées (phase III); et les peintures réalisées à partir de photographies (pahe IV). Avec ce travail, Olivier Culmann explore les limites de la photographie et questionne l'élaboration du statut social à travers la construction de l'image de soi.

  • Agnès Varda ; Cuba

    Agnès Varda

    Exposition « Varda Cuba » Galerie de photographies : Centre Pompidou, Paris : 11 novembre 2015 - 1er février 2016 .

    Varda Cuba En décembre 1962, deux mois seulement après la crise des missiles, Agnès Varda se rend à Cuba. Elle est alors, comme bon nombre d'intellectuels français, fascinée par cette île et son leader charismatique, et souhaite réaliser un film pour comprendre ce mélange si particulier de socialisme pur, de sensualité et de cha-cha-cha. Afin de conserver sa liberté de mouvement, elle troque la caméra pour l'appareil photo, avec l'idée de filmer ensuite ses photographies réanimées au banc-titre. Bien que n'ayant pas été conçues comme de la photographie d'art, les clichés de Salut les cubains (1964), présentés pour la première fois dans cet ouvrage, sont d'une qualité exceptionnelle. C'est de la street photography sans contrainte. On y retrouve le style à la fois vif mais toujours bienveillant d'Agnès Varda. L'artiste crée avec cette série une tension entre images fixes et images animées qui réside au coeur de son oeuvre. L'ouvrage présente également les archives - canets de notes, croquis, pages de montage - d'Agnès Varda et quatre textes s'attachant à replacer le travail de l'artiste dans son époque (François Hourmant), à décoder les liens entre photographie et cinéma (Valérie Vignaux et Karolina Lewandowska), et à porter un regard sur l'ensemble de son oeuvre (Clément Chéroux).

    Agnès Varda Réalisatrice et photographe, Agnès Varda a grandi à Bruxelles puis à Sète avant de s'installer à Paris pour suivre des études de photographie à l'École des beaux-arts et d'histoire de l'art à l'École du Louvre. Photographe des débuts de Jean Vilar en Avignon, puis de la troupe du TNP et du Théâtre de Chaillot, elle se fait connaître grâce à ses photographies de Gérard Philipe et de Maria Casarès. En 1954, avec des moyens de fortune, elle tourne son premier long métrage de fiction, La Pointe courte, pour lequel elle choisit Alain Resnais comme monteur et deux acteurs du TNP, Silvia Monfort et Philippe Noiret, alors débutants au cinéma. Ce coup d'essai audacieux, mêlant chronique réaliste et étude psychologique, s'inscrit dans la mouvance naissante de la Nouvelle vague. Le succès public suivra en 1961 avec Cléo de 5 à 7 tandis que Le Bonheur décrochera le prix Louis-Delluc en 1965. La réalisatrice s'installe ensuite à Los Angeles où elle fréquente, entre autres, Andy Warhol et Jim Morrison. Elle y tournera notamment Lions love, une fiction hippie. Documentariste, Agnès Varda est aussi le témoin de son époque, évoquant les luttes féministes dans L ' une chante, l'autre pas (1977) ou la condition des sans-abris dans Sans toit ni loi (1985, Lion d'Or à Venise), ou Les glaneurs et la glaneuse (2000) qui a pour cadre la société de consommation. Elle reçoit en 2001 un César d'honneur et la Palme d'or d'honneur à Cannes en 2015 pour l'ensemble de son oeuvre.

  • De ses illustrations pour Nadja d'André Breton, en passant par Le Gros Orteil ou Les Mouches publiées dans la revue Documents de Georges Bataille, le photographe Jacques-André Boiffard (1902-1961) a offert les images parmi les plus emblématiques de l'iconographie surréaliste. Bien que restreinte en temps et en nombre, son oeuvre révèle en creux, tout autant que sa trajectoire intellectuelle et idéologique, les tensions traversant le mouvement d'avant-garde. Boiffard a été un témoin discret mais actif de l'aventure surréaliste signant par exemple, aux côtés de Paul Eluard et de Roger Vitrac, la préface du premier numéro de La Révolution surréaliste. S'il ne s'illustre que tardivement comme photographe après plus de quatre années passées dans l'ombre de Man Ray, Boiffard a cherché à amalgamer dans sa propre pratique du médium la subversion, l'étrangeté et l'onirisme, toujours avec intransigeance et obsession analytique.
    Membre de la première heure du mouvement, complice de Pierre Naville et de Simone Breton-Collinet, élève de Man Ray et enfin, compagnon de route du photographe d'avant-garde Eli Lotar, Boiffard demeure encore aujourd'hui une figure mystérieuse que l'ample fortune critique générée par son corpus n'a pas suffi à désépaissir. « [.] Que ceux d'entre nous dont le nom commencent à marquer l'effacent. Ils y gagneraient une liberté dont on peut encore espérer beaucoup [.] », écrivait Paul Nougé à André Breton en 1929. Boiffard semble avoir pris à son compte l'injonction du leader surréaliste belge en parant d'un voile opaque sa destinée fulgurante, sensible et intrigante qui reste aujourd'hui à exhumer.

  • Jeff Wall, né en 1946, est l'un des acteurs majeurs de la scène artistique contemporaine internationale. Il a choisi la photographie comme outil de représentation de la vie moderne dès les années 1970. Généralement tirées en très grand format, ses ouvres sont comparables à de grandes toiles. Elles sont souvent montées sur des caissons lumineux (semblables à ceux utilisés pour les panneaux publicitaires) ou présentée sous la forme de tirages couleur et noir et blanc. Soigneusement composées, « jouées » pour la plupart par des acteurs choisis pour leur ressemblance avec une scène vécue, ses images sont toujours à la lisière, « presque documentaires » selon l'expression développée par le photographe. Sa distance avec le réel est constante, maîtrisée, bien qu'il reconnaisse l'apparition de surprises pendant la mise en place.
    L'ouvrage et l'exposition présenteront pour la première fois en France un ensemble d'oeuvres conçues dès l'origine en petits formats et choisies par l'artiste. On y observe encore mieux l'acuité et la précision du geste de Jeff Wall, féru d'histoire de l'art et grand connaisseur de la peinture. Une introduction du critique et historien d'art français Jean-François Chevrier et un entretien avec l'artiste viendront compléter ce travail photographique.

    Jeff Wall a suivi des études d'art à l'université de vancouver et a rédigé une thèse (soutenue en 1977) se rapportant au mouvement Dada et plus précisement au photomontage et au cinéma. Parallèlement à sa carrière d'universitaire en histoire de l'art, il réussit progressivement à s'illustrer comme un artiste de talent, capable de renouveler la photographie documentaire. Les photographies qu'il propose sont souvent inspirées d'oeuvres d'art classiques réinterprétées par le prisme photographique comme Picture for Women, reprise explicite d'une oeuvre de Manet : Un bar aux folies bergères, 1882.

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