Entreprise, économie & droit

  • La répartition des richesses est l'une des questions les plus débattues aujourd'hui. Pour les uns, les inégalités n'en finiraient pas de se creuser dans un monde toujours plus injuste. Pour les autres, on assisterait à une réduction naturelle des écarts et toute intervention risquerait de perturber cette tendance harmonieuse. Mais que sait-on vraiment de l'évolution des inégalités sur le long terme ? En réalité, les analyses économiques supposées nous éclairer se fondent plus souvent sur des spéculations théoriques que sur des faits établis.

    Fruit de quinze ans de recherches, cette étude, la plus ambitieuse jamais entreprise sur cette question, s'appuie sur des données historiques et comparatives bien plus vastes que tous les travaux antérieurs. Parcourant trois siècles et plus de vingt pays, elle renouvelle entièrement notre compréhension de la dynamique du capitalisme en situant sa contradiction fondamentale dans le rapport entre la croissance économique et le rendement du capital.

    Si la diffusion des connaissances apparaît comme la force principale d'égalisation des conditions sur le long terme, à l'heure actuelle, le décrochage des plus hautes rémunérations et, plus encore, la concentration extrême des patrimoines menacent les valeurs de méritocratie et de justice sociale des sociétés démocratiques.

    En tirant de l'expérience des siècles passés des leçons pour l'avenir, cet ouvrage montre que des moyens existent pour inverser cette tendance.

  • Quatrième de couverture Aujourd'hui, le village est "planétaire", l'adolescent "mondial" et la société de consommation dominée par les marques. Les espaces publicitaires traditionnels qu'elles se sont de tout temps montré promptes à coloniser - panneaux d'affichage, télévision, cinéma, presse écrite - sont désormais devenus trop restreints pour des logos frappés d'expansionnisme galopant.
    En plantant leurs drapeaux sur des territoires jusqu'à présent vierges de toute publicité, en substituant au simple objet de consommation une image capable de le faire accé der à la dimension du mythe, les multinationales ne se sont pas contentées de boulever ser les mentalités et le monde du travail, elles ont modifié l'économie de nombreux pays.
    Dans cette course au profit, beaucoup sont en effet passés maîtres dans l'art de bafouer les droits de l'homme : l'esclavage moderne existe dans les zones franches industrielles ou dans certains Etats du Tiers-Monde, véritables paradis fiscaux pour sociétés capitalistes. Pendant ce temps, en Occident, les usines ferment les unes après les autres et migrent sous des cieux plus complaisants, les mises à pied massives se succèdent à un rythme effréné, les contrats à temps partiel ou intérimaires remplacent les emplois permanents, les acquis sociaux sont laminés, voire disparaissent. Mais le nombre augmente de ceux qui prônent l'urgence d'une mobilisation vigilante, et qui dénoncent les abus commis par les grandes sociétés. Venant de partout, ils se rencontrent, se regroupent et s'organisent sur l'Internet : ils veulent récupérer l'espace, la rue, la forêt dont on les a privés, ils réclament des emplois et des conditions de travail décents, un partage plus équitable des énormes bénéfices des multinationales, ils refusent d'acheter des produits pour lesquels d'autres, à des milliers de kilomètres de chez eux, paient le tribut de la sueur et parfois du sang.
    Ce nouveau militantisme, reflet de la pluralité sociale et ethnique de bon nombre de pays, a déjà gagné des batailles contre les logos mastodontes. Les événements de Seattle ou de Prague l'ont prouvé : il est encore temps de dire non à la tyrannie des marques.

  • Un essai essentiel et foisonnant qui, remettant en perspective l'histoire de la dette depuis 5000 ans, renverse magistralement les théories admises. Il démontre en particulier que l'endettement a toujours été une construction sociale fondatrice du pouvoir. Aujourd'hui encore, les économistes entretiennent une vieille illusion : celle que l'opprobre est forcément à jeter sur les débiteurs, jamais sur les créanciers. Et si l'unique moyen d'éviter l'explosion sociale était justement. d'effacer les dettes ?

  • Approfondissant la réflexion entamée avec son best-seller No logo, Naomi Klein dénonce la tentative de prise de contrôle de la planète par un ultralibéralisme mettant à contribution crises et désastres pour substituer la seule loi du marché aux valeurs politiques et culturelles des civilisations. Une histoire secrète du libre-échange remarquablement conduite et documentée.

  • Avec ce premier livre en français destiné à un large public, le prix Nobel d'économie 2014 nous invite à partager sa passion pour cette discipline. Il défend une certaine vision de l'économie, science qui croise la théorie et les faits au service du bien commun, et de l'économiste, chercheur et homme de terrain.
    C'est dire que le lecteur pénètre dans l'atelier d'un économiste et voyage à travers les sujets affectant notre quotidien : économie numérique, innovation, chômage, changement climatique, Europe, État, finance, marché... En dressant un panorama des grandes problématiques de l'économie d'aujourd'hui, Jean Tirole nous fait entrer au coeur des théories dont il est le père.

  • Bureaucratie

    David Graeber

    Après le succès de Dette : 5000 ans d'histoire - vendu à près de 25 000 exemplaires - David Graeber revient avec un texte passionnant sur l'invasion de la bureaucratie dans notre quotidien qu'il voit comme un efficace bras armé du capitalisme financier.

    1 autre édition :

  • Les thèses ne manquent pas pour expliquer le surgissement du capitalisme et ses conséquences. Or il se trouve que Dany-Robert Dufour a eu accès à un texte étonnant, complètement oublié ou presque, datant de 1714, de l'époque même où ce système s'est mis en place et qui pourrait considérablement renouveler les analyses permettant de savoir dans quelle galère au juste nous sommes embarqués.  

  • Le terme « décroissance » est récent dans le débat économique actuel, même si l'idée a une histoire plus ancienne. Mais que désigne-t-il au juste ? Une inversion de la courbe de croissance du produit intérieur brut (PIB), indice statistique censé mesurer la richesse ? Ou la fin de l'idéologie de la croissance, c'est-à-dire du productivisme ?
    Si la croissance est une croyance en un progrès infini - pourtant chaque jour démenti par les ressources nécessairement limitées de la planète -, alors la décroissance est un gros mot, voire un blasphème. C'est pourtant cette idée qui permettrait de réenchanter le monde, non pas en substituant à la religion de la croissance une religion inverse, mais en retrouvant la dimension spirituelle, quoique laïque, de l'homme, lequel n'est pas qu'un homo oeconomicus .
    David Henry Thoreau, le précurseur de la décroissance, disait que « serait un poète celui qui pourrait enrôler vents et rivières à son service, afin qu'ils parlent pour lui ». La décroissance, c'est cet art de vivre, un art de vivre bien, en accord avec le monde, un art de vivre avec art.

  • Une multitude d'organisations de paysans et de petits producteurs ont mis sur pied un marché parallèle aux règles de fonctionnement plus éthiques : le commerce équitable. Elles ont choisi de construire ce mouvement en dehors des logiques scientifiques de l'agriculture moderne, en se basant sur la sagesse indigène qui a toujours su faire vivre les hommes et protéger la terre. Il est urgent de reconstruire les liens entre les hommes, de redonner au marché un visage humain, se préoccupant des dimensions aussi bien écologiques que sociales. Francisco VanderHoff Boersma nous amène à comprendre les problématiques qui traversent la vie des petits paysans et comment ils ont mis en place un mouvement garantissant un marché plus juste et solidaire. Francisco VanderHoff Boersma est cofondateur du label Commerce équitable Max Havelaar.

  • Quel lien entre la législation de l'avortement et la baisse de la criminalité aux États-Unisoe Quelles sont les vraies motivations des agents immobiliersoe Pourquoi les revendeurs de drogue vivent-ils plus longtemps chez leur mèreoe L'économie, vue sous cet angle, incongru en apparence, mais qui est celui de la plus sérieuse rationalité des agents, des comportements, des causes et effets, traite de sujets peu conventionnels. Elle a reçu un nom : freakonomics, ou «économie saugrenue». Elle jette une lumière de biais sur le désordre des événements ; elle met à nu des a priori à prétention de scientificité irréfutable ; elle transforme notre regard sur le monde globalisé, qui nous apparaît, pour finir, moins impénétrable et incompréhensible.

  • Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, s'intéresse dans cet ouvrage aux causes et aux conséquences des inégalités économiques et montre à quel point il est important de les combattre en tant que problème politique et moral dans un XXIe siècle qui a complètement perverti le capitalisme.

    Taduit de l'anglais (États-unis) par Françoise, Lise et Paul Chemla.

  • Nous sommes à la fin d'une ère, celle d'une économie fondée sur les énergies fossiles, le travail à temps plein, une gestion marchande du monde... et entrons dans ce que Rifkin appelle la troisième révolution industrielle, qui va bouleverser nos manières de vivre, de consommer, de travailler, d'être au monde. Une analyse lumineuse et providentielle de l'avenir de nos sociétés.

  • La principale thèse de ce livre s'énonce simplement : il reste un impensé théologique au coeur de la raison économique, et l'ensemble de la conceptualité économique porte encore la marque de cette provenance. Le noyau initial en a été formulé, dans la seconde moitié du XIIIe siècle, par des théologiens éclairés qui n'y voyaient qu'un domaine particulier des relations sociales, requérant des règles morales spécifiques. Paradoxalement, les remaniements successifs de ce dispositif initial n'ont pas conduit à effacer, mais bien plutôt à en accentuer la composante théologique. Alors que les réflexions politiques et sociologiques ont eu maintes fois l'occasion de reformuler leurs postulats, la pensée économique est demeuré prisonnière de présupposés remontant à l'époque des Lumières, et cette structuration théologique invisible de l'économie est la première responsable de l'incapacité du monde occidental à faire face à la crise environnementale qu'il a provoquée. Au premier abord, il n'est pas évident que l'histoire intellectuelle du Moyen Âge occidental soit indispensable à une compréhension critique de la mondialisation actuelle, mais cet ouvrage vise à convaincre que c'est pourtant le cas. L'Occupation du monde est le premier volume d'une série de deux (le second tome paraîtra en 2019) consacrés à l'anthropologie économique occidentale et à son histoire, au sein de laquelle la pensée des scolastiques médévaux tient une place centrale.

  • Constitué d'un essai et d'un portfolio, cet ouvrage propose une initiation à l'écologie urbaine à travers une découverte du territoire de Marseille, où l'espace urbain - tout comme nous - fait pleinement partie de la nature. En écho à cet «essai narratif» de Baptiste Lanaspeze, le portfolio de photographies de paysages urbains de Geoffroy Mathieu propose, entre documentaire et rêverie, un état des lieux poétique du territoire de Marseille et de ses environs.
    L'irruption récente dans le débat public de la «ville durable» et de la «biodiversité en ville» invite à revenir sur l'émergence progressive, dans le discours sur la ville au xxie siècle, d'un champ de recherche à la fois central, protéiforme et mal connu : l'écologie urbaine. Fondée dans les années 1920 à Chicago par Robert Ezra Park comme l'application des concepts de l'écologie des plantes dans la sociologie de la ville, cette discipline est réinventée à la fin du xxe siècle comme l'étude de la biodiversité dans l'espace urbain, alors que la ville devient le cadre de vie de la moitié de l'humanité - et sa réinvention apparaît comme l'une des plus importantes tâches du siècle qui s'ouvre. Loin du prêt-à-penser, cet ouvrage propose une présentation synthétique des enjeux, de l'histoire, des figures et des concepts de l'écologie urbaine, cette initiation se faisant à travers une découverte du territoire de Marseille, de ses acteurs, de ses singularités. Marseille, dont le paysage singulier est formé par un choc entre la nature et l'industrie, est la capitale de ces espaces interstitiels de friche. «Sauvage» aussi dans son tempérament, Marseille invite à opérer un renversement du regard, et à voir la ville comme «une production de la nature, et en l'occurrence de la nature humaine». Dans une ville comme Marseille, emblématique de la Méditerranée, le renversement des rapports entre ville et nature va de pair avec un renversement des rapports entre sauvage et civilisé, et peut-être entre Nord et Sud. Ouvrage de vulgarisation théorique croisé de récits et de témoignages, ce livre est d'abord destiné au lecteur généraliste. Il intéressera néanmoins également l'urbaniste, l'architecte, le géographe ou toute personne qui s'intéresse au devenir de Marseille, future capitale européenne de la culture.

  • Euphorie, spéculation, réductions d'impôts, innovations hasardeuses dans la finance d'entreprise sont les causes de la crise économique de 1929. La lecture de cet essai classique de John Kenneth Galbraith (1908-2006) sur la Grande Dépression s'impose plus que jamais si l'on veut comprendre les grands krachs boursiers du XXe siècle et les scandales financiers de ce début de XXIe siècle.

  • «L'État nous pisse dessus et les médias nous disent qu'il pleut», et vice versa. Facile de résumer le ressenti de beaucoup à l'égard de la profession de journaliste. Il suffit de lire ce tag inscrit en haut d'une rame de métro pour (sou)rire, dans un premier temps, puis mesurer, ensuite, ce que résume ce trait d'humour - les médias nous manipulent, ils mentent et sont à la merci des pouvoirs. Prise en étau entre la fin d'un modèle économique et un rejet global des institutions, la presse a du plomb dans l'aile et le public semble en avoir ras le bol des informations déversées du matin au soir. Pourquoi et comment en sommes-nous arrivés là ? Est-il possible de renouveler le métier journalistique ? D'adopter une autre posture entre producteur et consommateur d'informations ?
    Cet ouvrage explique que les pistes de réconciliation passent par un travail commun mené par les journalistes et le public. Il propose d'explorer l'évolution de notre rapport aux médias, le rôle qu'ils jouent dans notre vision du monde et la façon dont ils nous permettent, ou non, d'être en prise avec le réel - et par extension avec les enjeux du siècle.
    En dressant des pistes de solutions illustrées de nombreux exemples, Anne-Sophie Novel part du principe que bien s'informer aujourd'hui devient aussi nécessaire que bien manger il y a vingt ans. Elle tend à dépasser les débats stériles qui nous empêchent de prendre de la distance vis-à-vis de l'actualité et de nous focaliser sur les vrais défis de notre époque. Elle prouve qu'il est possible de tracer de nouveaux chemins de faire et de mieux participer ainsi au débat de société.

  • La justice, pour vous, c´est du chinois: vous pensez qu´une mise en demeure est une pendaison de crémaillère, que la vente à la bougie est une grande surface de luminaires, que l´ordonnance de non-lieu est remboursée par la Sécurité sociale, que le parquet est plus chic que la moquette... Bref, vous êtes perdu dans le labyrinthe de la justice !



    Pourtant, dans une société de plus en plus « judiciarisée », impossible d´ignorer plus longtemps la loi. Sans forcément passer par la case divorce ou suivre l´actualité judiciaire, nous sommes tous - travailleurs exploités, consommateurs mécontents, futurs parents - des sujets de droit.



    Du vote des lois par le Parlement aux nombreux tribunaux qui l´appliquent, cette nouvelle édition de La Justice pour les Nuls, mise à jour et augmentée, vous invite à découvrir les coulisses de la justice et ses multiples secrets de fabrication. Jugez vous-même !

  • Quand la Déclaration universelle a été adoptée il y a soixante-dix ans, le monde était marqué par l'Holocauste et divisé par le colonialisme et la logique des blocs. C'est dire si elle était déjà un projet à défendre plutôt qu'un patrimoine à sauvegarder.
    Des conventions internationales ont contribué à dépolitiser les droits de l'homme et à les installer comme une obligation morale. Mais aujourd'hui encore, ce corpus de droits propre à concrétiser la dignité humaine n'est pas une évidence partout, notamment dans les régimes autoritaires.
    Pour éclairer les débats actuels, Magali Lafourcade, après un bref historique, approfondit deux questions : celle de la délimitation du champ des droits de l'homme et celle de leur mise en pratique.
    Soumis à des vents contraires, parfois dissimulés derrière le foisonnement des textes, des acteurs et des attentes, les droits de l'homme, loin d'être un songe creux, sont plus que jamais au coeur des préoccupations d'un monde globalisé et multipolaire.

  • Dans ce nouveau recueil de chroniques, Thomas Piketty dresse le bilan plus que mitigé des quinquennats successifs de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Mais il y défend surtout la conviction selon laquelle les questions économiques ne sont pas des questions techniques qu'il faudrait abandonner à une petite caste d'experts, et affirme la nécessité pour les citoyens de se faire leur propre opinion, sans se laisser impressionner.

  • Qu'est-ce qu'une peine juste ? Qu'est-ce qu'une violence juste ? À partir de quelques principes clairs et évidents, Beccaria fonde le droit pénal moderne : principe de proportionnalité, distinction du crime et du péché, codification (principe de légalité), principe d'utilité, dépénalisation des délits d'opinion et de moeurs, etc. Des délits et des peines reste d'une brûlante actualité en nous apprenant que le droit pénal a toujours pour vocation de défendre le plus faible contre le plus fort : ce plus faible qui, au moment du crime, est la victime ; ce plus faible qui, au moment du procès, est le prévenu ; ce plus faible qui, au moment de l'exécution, est le condamné.

  • Ce sont, par conséquent, les exigences mêmes d'un combat cohérent contre l'utopie libérale et la société de classes renforcée qu'elle engendre inévitablement qui rendent à présent politiquement nécessaire une rupture radicale avec l'imaginaire intellectuel de la Gauche. Je comprends parfaitement que l'idée d'une telle rupture pose à beaucoup, de graves problèmes psychologiques, car la Gauche, depuis le XIXe siècle, a surtout fonctionné comme une religion de remplacement (la religion du «Progrès») ; et l'on sait bien que toutes les religions ont pour fonction première de conférer à leurs fidèles une identité, et de leur garantir la paix avec eux-mêmes. J'imagine même sans difficulté que de nombreux lecteurs tiendront cette manière d'opposer radicalement le projet philosophique du Socialisme originel et les différents programmes de la Gauche et de l'Extrême Gauche existantes, pour un paradoxe inutile, voire pour une provocation aberrante et dangereuse, de nature à faire le jeu de tous les ennemis du genre humain. J'estime, au contraire, que cette manière de voir est la seule qui donne un sens logique au cycle d'échecs et de défaites historiques à répétition, qui a marqué le siècle écoulé ; et dont, visiblement, la compréhension demeure obscure pour beaucoup, dans l'étrange situation qui est aujourd'hui la nôtre. De toute façon, c'est à peu près la seule possibilité non explorée qui nous reste, si nous voulons réellement aider l'humanité à sortir, pendant qu'il en est encore temps, de l'impasse Adam Smith.

  • Nous sommes à un moment de l'histoire qui pose un défi radicalement nouveau à l'espèce humaine : pour la première fois, son prodigieux dynamisme se heurte aux limites de la biosphère et met en danger son avenir. Vivre ce moment signifie que nous devons trouver collectivement les moyens d'orienter différemment cette énergie humaine et cette volonté de progrès. C'est un défi magnifique, mais redoutable.
    Or, une classe dirigeante prédatrice et cupide, gaspillant ses prébendes, mésusant du pouvoir, fait obstacle au changement de cap qui s'impose urgemment. Elle ne porte aucun projet, n'est animée d'aucun idéal, ne délivre aucune parole mobilisatrice. Après avoir triomphé du soviétisme, l'idéologie néolibérale ne sait plus que s'autocélébrer. Presque toutes les sphères de pouvoir et d'influence sont soumises à son pseudo-réalisme, qui prétend que toute alternative est impossible et que la seule voie imaginable est celle qui conduit à accroître toujours plus la richesse.
    Cette représentation du monde n'est pas seulement sinistre, elle est aveugle. Elle méconnaît la puissance explosive de l'injustice, sous-estime la gravité de l'empoisonnement de la biosphère, promeut l'abaissement des libertés publiques. Elle est indifférente à la dégradation des conditions de vie de la majorité des hommes et des femmes, consent à voir dilapider les chances de survie des générations futures.
    Pour l'auteur de ces pages incisives et bien informées, on ne résoudra pas la crise écologique sans s'attaquer à la crise sociale concomitante. Elles sont intimement liées. Ce sont aujourd'hui les riches qui menacent la planète.

  • Cette étude audacieuse et inclassable, première d'une série de trois ouvrages que Richard Sennett entend consacrer à la « culture matérielle », porte sur le métier, l'art de bien fabriquer les choses.
    L'histoire a dressé à tort des frontières entre la tête et la main, la pratique et la théorie, l'artisan et l'artiste, le fabricant et l'utilisateur. La société moderne souffre de cet héritage. Richard Sennett oppose les valeurs de l'artisanat à la dégradation des formes de travail actuelles.
    Pour lui, l'artisan constitue le coeur, la source, le moteur, d'une société où prime l'intérêt général, la coopération. Cette vision du « métier » dépasse de loin l'univers du travail manuel qualifié. Tout le monde peut tirer profit de ces valeurs : le programmateur informatique, le médecin, le parent, le citoyen, etc. La vie passée du métier et des hommes de l'art suggère des façons d'utiliser les outils, d'organiser les mouvements du corps, d'envisager les matériaux qui constituent des propositions alternatives et viables sur la façon de mener sa vie avec compétence.
    Les valeurs de l'artisanat replacent l'homme dans son écologie, mettent fin à la division entre la tête et la main et, de façon utopique, permettent l'invention d'une société de coopération, où la vie quotidienne (a contrario de ce qui s'est passé en URSS) s'améliorera.
    En faisant le procès de notre modernité, de l'importance supérieure accordée à l'intellectualisme, Richard Sennett conclut par un développement sur la dignité de l'homme, qui se révèle et s'actualise dans cette forme de « savoir faire », de rapport à soi, à la matière, aux autres.

  • Depuis les années 1970, les inégalités se sont accrues dans les pays développés, provoquant un sentiment d'injustice et de colère parmi les populations touchées, et menaçant l'édifice social tout entier. Face à cette situation, aggravée ces dernières années par des politiques austéritaires conduisant à une dégradation générale des services publics et par l'augmentation vertigineuse des revenus spéculatifs, la fondation Copernic propose une solution radicale : la limitation des revenus et de la propriété.

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