• Si l'architecture d'époque ou d'inspiration romaine est nettement plus présente en France que l'architecture grecque, celle-ci n'en reste pas moins bien visible, à travers les réalisations néo-grecques les plus variées : depuis le porche ionique de l'église Saint-Vincent-de-Paul à Paris jusqu'à la Villa Kérylos de Beaulieu-sur-Mer, réminiscence des maisons à péristyle, en passant par les frises doriques de Loches et de Beaulieu, en Indre-et-Loire, la référence à l'Antiquité grecque apparaît sous toutes les formes.
    Des formes et un style que ce petit livre s'efforce de faire revivre, en tenant compte des fouilles et des recherches les plus récentes, qui ont jeté de nouvelles lueurs sur de multiples constructions jusqu'alors mal connues, comme les palais princiers, ou relativement délaissées, telles les fortifications, tandis que nos informations sur l'Acropole et l'Agora d'Athènes, ou sur d'autres sites anciennement fouillés, ont parfois été révisées.
    La création architecturale grecque est d'abord ici replacée dans son cadre, celui des chantiers où s'activent les architectes et les ouvriers, sous l'oeil vigilant de commissaires aux travaux, qui consultent les cahiers des charges.

  • Si le premier volume d'un manuel d'architecture grecque devait nécessairement commencer par détailler les " principes de la construction ", il paraissait tout aussi logique de présenter ensuite, dans un deuxième volume, les bâtiments universellement considérés comme les plus représentatifs de l'art grec, depuis sa redécouverte au XVIIIe siècle en Italie du Sud : il s'agit des temples et de tout ce qui leur ressemble plus ou moins sur une ou plusieurs faces, aussi bien les propylées que les autels à bordures en fronton ou les grands monuments funéraires entourés d'une colonnade. La première partie de ce livre est donc consacrée aux différents types de temples grecs, depuis la naissance de l'architecture monumentale jusqu'à l'esquisse de ses prolongements romains. En s'efforçant de montrer comment la diversité régionale n'occulte pas totalement une certaine unité d'esprit, l'étude des temples est suivie de l'analyse des autels puis de celle, plus large, des sanctuaires : sont envisagées tour à tour leur localisation, leur organisation et les multiples sortes de constructions que l'on rencontre dans ces zones bien délimitées, pour respecter la séparation, essentielle, entre le sacré et le profane, le pur et l'impur. La seconde partie, plus courte, traite des monuments funéraires : non pas les simples fosses, mais bien les constructions élaborées, où apparaissent en général des emprunts à des éléments de l'architecture religieuse. Les interprétations en sont variées, par exemple dans des façades de tombes rupestres, dans des temples-tombeaux ou encore des tombes " macédoniennes ". Comme la première, cette partie s'intéresse aussi à la structuration de l'espace, cette fois dans les nécropoles, et dans les deux cas une place est faite à l'étude des installations hydrauliques, indispensables dans les cimetières grecs, presque autant que dans les sanctuaires.

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