• chef-d'oeuvre de l'art gothique, la cathédrale de reims est renommée dans l'europe entière dès sa construction pour son architecture audacieuse et novatrice et la richesse de son programme sculpté.
    elle acquiert au xxe siècle une dimension symbolique nouvelle à la suite de sa destruction au cours du premier conflit mondial. l'ouvrage invite à une relecture de la chronologie et des étapes de la construction de la cathédrale grâce au recours au modèle virtuel.


  • En Occident, les églises cathédrales et paroissiales ont façonné le paysage urbain et rural. Elles structurent le territoire de la ville et sont souvent le coeur du village. Le lien entre l'église et le cimetière, qui rapatrie très tôt la communauté des morts au côté de celle des vivants, crée une continuité des générations et une identité historique.
    Mais qu'est-ce qu'une église ? Elle est d'abord le lieu du rassemblement des chrétiens, où se manifeste l'ecclesia. Elle réunit clergé et laïcs pour célébrer le dialogue permanent des fidèles avec Dieu. Ces rassemblements rythment le temps commun autour des grandes fêtes (temps liturgique), le temps des familles (baptêmes, mariages, décès) et le temps personnel de chaque chrétien.
    Signe dans la ville, lieu du rassemblement, l'église est une création humaine qui, par son architecture et son décor, présente ce dialogue de l'homme avec son Dieu et de l'Église avec la société. Naissant dans une société romaine où l'image est omniprésente, la pastorale chrétienne utilisera, dès ses débuts, la création artistique, d'abord à l'intérieur puis à l'extérieur des édifices.
    Ce livre retrace l'histoire de cette forme architecturale et de son décor, montrant comment elle est tributaire de deux évolutions qui s'interpénètrent, celle de l'Église et celle des formes artistiques. Alain Erlande-Brandenburg livre ici une synthèse passionnante qui s'étend sur vingt siècles d'histoire, de Constantin à nos jours.

  • Historien de l'art et archiviste paléographe, Alain Erlande-Brandenburg a dédié sa vie à la conservation, la restauration et la diffusion du patrimoine. Il se propose ici de faire oeuvre de transmission de ce que fut son action à la tête du musée national du Moyen Âge et des Thermes de Cluny à Paris, et du musée national de la Renaissance à Écouen, dont il fut l'un des fondateurs : à Cluny, il oeuvra à la modernisation d'un musée créé en 1843 ; à Ecouen, il en créa un de toutes pièces, bouleversant le destin d'un château affecté par Napoléon, en 1808, à la Légion d'honneur.
    Conservateur, puis conservateur en chef et directeur du musée de Cluny durant dix années, et en même temps conservateur du musée d'Écouen, il lui aura fallu découvrir simultanément deux collections, « pourchasser les objets pour les connaître et prendre conscience de leur importance », comme il l'écrit lui-même. Puis créer deux équipes distinctes, leur fixer des objectifs différents, piloter une vaste et délicate entreprise de restauration des oeuvres avant de régler la question complexe de leur emplacement.
    Le Parcours d'un conservateur révèle toute la richesse de la démarche passionnée d'un muséographe, menée au cours des trente-cinq années qui virent la transformation fondamentale de la politique culturelle et des musées.

  • Pour la première fois, l'histoire livre tous les éléments permettant de retracer le processus intellectuel qui a abouti à créer un nouveau style : l'art gothique L'art gothique, voulu par des religieux maîtres d'ouvrage, apparaît au coeur de la France du Nord qui connaît à partir du XIe siècle un redressement démographique spectaculaire. Ce dynamisme se répercute sur l'ensemble de la société et notamment dans les milieux intellectuels. Des centres se font jour à Chartres et bientôt à Paris, dont le destin exceptionnel s'annonce.
    La pensée qui s'y développe puise son inspiration dans l'Antiquité tardive. À partir de 1130, les religieux se lancent dans les reconstructions de cathédrales ou abbatiales. Ils conçoivent des programmes inédits pour répondre aux besoins de la liturgie et de la démographie et font appel à des architectes novateurs qui développent un style nouveau avec de vastes espaces inondés de lumière.
    Pour relever ces défis, les architectes bouleversent les techniques de construction, entraînant avec artistes et artisans.
    Le maître d'ouvrage reprend le rôle qu'il avait perdu depuis l'Antiquité pour décider du programme, imaginer les montages financiers, résoudre les crises internes.
    Un essai brillant, largement documenté et illustré, qui retrace la révolution que constitue cette nouvelle esthétique qui mettra près d'un siècle pour s'introduire dans les régions éloignées.

  • La cathédrale

    Alain Erlande-Brandenburg

    • Fayard
    • 11 Octobre 1989

    Notre imaginaire de la ville occidentale doit beaucoup à la présence des cathédrales qui l'ont, pendant des siècles, dominée de leur masse, lui ont donné sens et signification. Presque toutes pourtant ont aujourd'hui perdu l'essentiel de leurs entours, et le romantisme, s'il a eu le mérite d'attirer notre attention sur elles, nous en a légué une vision partielle quand elle n'est pas fausse.

    Seule l'enquête approfondie d'un historien _ portant son regard sur la France, mais aussi sur l'Angleterre, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, voire la Bohème; élargissant les préoccupations de l'histoire de l'art; prenant en compte les conclusions de fouilles récentes, réexaminant les états successifs de l'aménagement urbain; proposant une nouvelle lecture des documents écrits (chroniques, chartes, comptes, etc.) _ permet de saisir les métamorphoses d'un type d'édifice qui a plus changé qu'aucun autre entre l'Antiquité tardive et la Renaissance.

    L'église de l'évêque s'est d'abord insérée dans la cité antique bientôt vidée de ses hommes, se contentant de dimensions et d'installations modestes (hormis le baptistère). Touchée ensuite par les réformes tant liturgiques qu'administratives des Carolingiens, elle connaît dès les Xe-XIe siècles et surtout le XIIIe des bouleversements considérables. La ville médiévale acquiert un poids politique et économique, se repeuple, peu après éclate et sort de l'enceinte gallo-romaine; elle contraint l'évêque et son chapitre, parfois les pouvoirs civils, à voir toujours plus grand, à imaginer des financements toujours plus compliqués, à trouver toujours plus de pierre, à revoir l'implantation, à modifier l'accès et la circulation des fidèles, à réformer l'organisation interne, à multiplier les bâtiments annexes. Elle constitue à la fin du Moyen Age une ville dans la ville, une " cité sainte " entièrement tournée vers Dieu; à son tour, elle influe sur l'urbanisme. Requérant l'exploit technique, une telle révolution s'amplifie grâce à lui: c'est la course au gigantisme.

    L'histoire de la cathédrale est donc celle d'une constante et subtile dialectique entre les grands tournants de l'histoire ecclésiastique _ spirituelle aussi _ et les étapes de la croissance urbaine. Sans omettre, bien entendu, la volonté de puissance des hommes et le génie de certains architectes.

    Chartiste, Alain Erlande-Brandenburg, directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études (IVe section), est conservateur en chef du musée de Cluny. Inspecteur général des musées, il a également été adjoint au directeur des musées de France. Il a publié en 1984 L'art gothique (éd. Mazenod) et en 1987 La conquête de l'Europe 1260-1380 (coll. " L'Univers des Formes "), etc.

  • L'abbaye de Royaumont est un ancien monastère cistercien à trente kilomètres au nord de Paris. Ce livre retrace son histoire exceptionnelle, depuis sa fondation par Saint Louis jusqu'à nos jours : il met en lumière son étonnant destin au temps des abbés commendataires puis après ta Révolution lorsque l'abbaye tombe aux mains des particuliers. Centre culturel en 1953, l'abbaye a toujours été un lieu de rencontres et d'échanges important.
    Aujourd'hui, elle poursuit une intense activité intellectuelle et musicale. L'ensemble monastique est l'un des plus importants témoignages de t'architecture du XIIIe siècle. Il est admirablement mis en valeur par David Bordes.

  • Cet ouvrage, le premier d'une série de trois consacrée à l'histoire de l'architecture française, traite du Moyen Âge (du IVe siècle aux années 1500). Ainsi se trouve défini un grand Moyen Âge qui se singularise par trois grands moments : . L'Antiquité tardive-haut Moyen Âge qui s'inscrit dans la rupture par rapport à la conception romaine classique. . L'époque romane qui est d'abord reconstruction et bientôt invention par rapport à l'Antiquité. . Le monde gothique qui établit la synthèse entre l'architecture du ive siècle charpentée et celle du second âge roman, voûtée de pierre. L'histoire de la création architecturale ne peut se réduire à une simple évolution des formes, elle est liée à son temps. Les monuments sont un témoignage de la société, de ses goûts et de ses aspirations. Des architectes s'affirment comme de grands créateurs alors que d'autres sont plus traditionnels. Il en va de même de la technique dont la qualité est conséquente des moyens financiers mis en oeuvre. Il y a donc là une étonnante diversité. Cette histoire ne se réduit pas à la seule architecture religieuse ; elle n'est qu'une des composantes, même si elle a été innovante, notamment dans le domaine de la maîtrise technique, et si elle est souvent mieux conservée.

  • L'île de la Cité offre aux yeux du promeneur un des plus beaux joyaux du monde : Notre-Dame de Paris. Si la chronologie de la construction est difficile à établir, les auteurs invitent à redécouvrir le long travail qui a façonné la cathédrale : genèse, empilement des monuments successifs, édification lente et périlleuse...L'île de la Cité offre aux yeux du promeneur un des plus beaux joyaux du monde : Notre-Dame de Paris. Si la chronologie de la construction est difficile à établir, les auteurs invitent à redécouvrir le long travail qui a façonné la cathédrale : genèse, empilement des monuments successifs, édification lente et périlleuse...

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