• Une étude comparée des argots des classes dangereuses à travers une dizaine de pays d'Europe et d'Amérique met en lumière les influences communes qui, voilà déjà plus de cinq siècles, avaient favorisé leur formation. S'y trouvent ainsi établies l'étymologie et la véritable signification de mots devenus aussi courants qu'arnaque, cave, came, toc, tapin, boudin, micheton, thune, dèche, rousse, poulaille, vache, tabasser, mouton, mais aussi bistrot, flamenco, fado, cocu, racket, tchao, mafia, chicane, pagaille, rôdeur ou camarade...

  • « Beaucoup d'encre a coulé à propos de Venise et de son Ghetto, sans que l'on soit jusqu'à ce jour fixé sur le sens premier de ce mot. La seule certitude admise est que le terme de ghetto est apparu officiellement en 1516, date à laquelle la Cité des Doges a accordé aux Juifs - après de longues tractations - l'octroi d'une charte reconductible, les autorisant à créer un système de prêt assorti de la garantie d'un droit de résidence. On a alors désigné par Ghetto le quartier - situé dans le sestiere de Cannaregio - qui porte encore ce nom, où les Juifs furent autorisés à séjourner. Cette dénomination fut reprise par la suite pour se substituer à ce qui avait été le « quartier juif » partout ailleurs. » Alice Becker-Ho se livre ici à une véritable enquête étymologique. Au travers de l'histoire des mots et des expressions vénitiennes, italiennes, hébraïques ou allemandes et même arabes, turques ou persanes, elle propose une explication convaincante de l'origine d'un mot lourd de sens, passé dans le langage courant sans qu'on en ait gardé la racine. Une démonstration lumineuse.

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