• « Le monde luxuriant des images de religion [compose] un imagier de lecture platonicienne de l'univers et des mystères de l'exister humain. » Alphone Dupront, Du Sacré , p. 105. Cet essai inédit d'Alphone Dupront n'est pas seulement posthume, comme presque tous ceux que nous avons publiés : c'est son testament. Conçu comme la première ébauche d'un très vaste sujet, il a été écrit « de crises cardiaques en infarctus (au pluriel) », dit sa veuve, « de sursis en sursis », disait Dupront. Jeté sur le papier ou dicté sous perfusion lors de longues hospitalisations ou entre celles-ci, c'est le travail de presque une vie de méditations et d'observations, un monument qui grandit encore l'oeuvre de l'historien du sacré.Pour Alphonse Dupront, il s'agissait non d'un « traité », mais d'un essai, une « méditation tâtonnante d'artisan en oeuvre de découverte d'une discipline neuve ». Il en parlait comme de sa « rhapsodie iconologique » et faisait ce constat : « Nous en sommes aux éléments du psychisme individuel et tout ignorants du psychisme collectif. »Invitant à une exploration approfondie de l'art religieux, il centre son approche phénoménologique sur les images de l'Occident chrétien, France et Italie surtout. Et ses interrogations, comme toujours chez lui, se nourissent de questions non seulement historiques, mais anthropologiques, psychanalytiques, sociologiques, phislophiques et même théologiques.Alphonse Dupront a toujours dénoncé « les simplifications faciles », partielles et surtout « réductrices ». Il ne déroge pas ici encore à son attention à toute complexité et au respect de la « pluralité des sens ». Ce livre n'est certes pas à la portée du plus grand public. Mais lequel des précédents l'a-t-il été ? D'une écriture plus fluide que les autres, il vise en tout cas un lectorat qui va bien au-delà des milieux

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