• 1810. Vienne est une ville ruinée et humiliée par le passage et la victoire de Napoléon. Agathe- Sidonie Laborde, ancienne lectrice de Marie-Antoinette, se souvient des derniers jours de la reine à Versailles les 14, 15 et 16 juillet 1789, et particulièrement de ce jour où la famille royale s'est enfuie. Elle restitue le faste de la Cour, savamment orchestré par cette reine si controversée.

  • En 1721, la France et l'Espagne scellent une alliance par un échange : celui de la très jeune infante d'Espagne contre la fille du Régent Philippe d'Orléans. Les deux enfants sont destinées aux futurs rois de France et d'Espagne, qui ne sont guère plus âgés qu'elles. Forcées de quitter leur pays, leurs familles et leurs suivantes, elles rejoignent difficilement leurs cours respectives. Mais Versailles est très superficielle pour une fillette de quatre ans sans cesse courtisée et Madrid bien trop sévère pour une adolescente en rébellion contre cette cour si puritaine ...

  • Il est important de savoir distinguer entre ce qu'on souffre par nécessité et ce qu'il nous fait plaisir d'endurer. Faute d'accomplir la séparation, on manque, par complaisance dans la plainte sur des motifs de souffrir qui, au fond, nous sont chers, le plaisir de souffrir. Mais l'on manque aussi, en voulant se dérober à des souffrances inévitables, le lien essentiel qui unit le courage d'affronter la douleur à l'événement de la joie - à la seule possibilité d'un rapport au monde entièrement vivant.

  • « Les textes de ce recueil suivent approximativement un ordre chronologique. Ils sont du côté de la critique avec ce que cette activité suppose de frôlement avec la fiction. Toutefois mon but ici est d'analyser des oeuvres, de les comprendre et me comprendre à travers elles. Celles-ci, de Casanova et Sade à Beaumarchais et Laclos, de Tiepolo à Mozart, ne cessent de tendre - c'est pour moi ce qui les réunit - à développer une philosophie du plaisir, une intelligence du désir, un génie du moment.
    Pas de femme parmi ces écrivains libertins dont la lecture m'accompagne ? C'est tout simplement qu'il n'en existait pas. Il était fort malvenu à cette époque pour une femme de s'afficher comme femme encore plus comme auteur. C'est pourquoi ces textes peuvent aussi se lire selon la ligne d'une trajectoire : celle qui de Mme de Tencin en passant par Mme Roland brise le silence et aboutit à Mme de Staël : la première femme à oser se proclamer auteur et assumer des prises de position intellectuelles et politiques. » Ces Variations sur l'esprit du XVIIIe siècle sont des variations sur un esprit rebelle et vagabond, fantaisiste, attaché à la jouissance singulière, au refus de tout comportement de groupe. Un esprit révolutionnaire ? Libertin et libertaire plutôt, comme va le révéler la rencontre avec les événements de 1789 et surtout avec la Terreur.

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