• Les Égyptiens ont-ils inventé la bureaucratie ?
    Difficile de répondre tant le rituel, les réseaux de patronage et l'oralité devaient jouer un rôle au moins aussi important que les procédures formelles écrites.
    Ce qui est sûr en revanche, c'est qu'au Nouvel Empire, entre 1500 et 1070 avant Jésus-Christ, l'Égypte prend pleinement les dimensions d'un Empire. De la Nubie à la Syrie, les ressources à exploiter et à administrer sont immenses. Ce n'est donc pas un hasard si cette époque est aussi celle d'une révolution du statut de l'écrit.
    Dépositaires du contrôle institutionnel des activités, les scribes occupent le devant de la scène dans les textes littéraires. Conscients d'eux-mêmes, ils forment un monde social avec ses valeurs et son discours propres.
    /> Pour faire l'histoire de ce milieu, ce livre prend pour terrain - archéologique et textuel - les florilèges de scribes, dont il propose une histoire intégrale. Les scribes constituaient ces manuscrits de miscellanées pour faire montre de leurs compétences et de leurs savoirs lettrés. En suivant la main du scribe, l'enquête commence par considérer la manière même d'écrire, à l'encre, sur papyrus, où la variation et la compilation de mémoire jouent un grand rôle. Les scribes s'approprient l'archive lettrée de leur temps et jouent de mille variations pour produire de nouveaux genres littéraires qui mettent en scène le scribe dissipé comme le maître couvert d'honneurs. Le tableau dépeint est celui d'une élite intermédiaire qui seule est à même de mettre en branle et de faire fonctionner la machine politique et étatique. Le livre présente les savoirs lettrés de l'Égypte de cette période, les ressorts de l'écriture littéraire mais aussi le code de valeurs d'un monde social. Ce dernier doit défendre sa place au sein de la société égyptienne et constituer une place dans la mémoire collective, en se servant de son art, l'écriture manuscrite, pour s'inscrire au sein des monuments des plus grands.

  • Les grandes capitales égyptiennes, Thèbes, Memphis, Perramsès (le Pi-Ramsès de la Bible) ont marqué les descriptions des géographes grecs, qui en ont assuré la pérennité dans la mémoire culturelle occidentale. Mais la littérature égyptienne ancienne avait déjà pris la cité pour objet, au point de produire un genre littéraire propre au Nouvel Empire, l'Eloge de la ville. Ces poèmes adressés à Dieu ou à Pharaon louent une ville que l'on regrette de quitter ou que l'on s'émerveille de découvrir. Oeuvres de piété personnelle, eulogies royales ou amusements de lettrés, ces textes révèlent un lien particulier de l'Egyptien à sa "ville" et nous offrent un pan entier de la culture égyptienne. Nous donnons l'intégralité de ces textes dans une édition philologique et une traduction littéraire. Le commentaire analyse la structure interne du genre et ses qualités stylistiques. L'étude des représentations contextualise ces oeuvres dans une perspective idéologique et historique. Le tableau de la ville égyptienne en ressort comme la réalisation royale du plan divin, tout autant que comme le reflet du cosmos ou une métaphore de l'organisation sociale. Sur le plan de l'urbanisme, certaines métropoles s'affirment dans une association historique entre la ville-temple et la capitale administrative.

  • Dans la vallée du Nil, naît l'un des plus anciens et légendaires États territoriaux du monde, dirigé par une royauté sacrée et une administration qui se développe durant les presque 3 000 ans qui séparent la Ire dynastie de la conquête romaine.
    Destiné à tous, cet ouvrage permet de découvrir et comprendre les structures de cet empire mythique, dépassant l'image d'une Égypte des pyramides figée et dirigée par un despote tout-puissant. Il propose un tableau nuancé de l'Égypte pharaonique et de sa société en s'appuyant sur les richesses de la documentation écrite et iconographique autant que des dernières découvertes archéologiques.
    C'est un fascinant royaume en constante évolution qui est ici décrit, analysé et interrogé par une équipe de spécialistes reconnus.

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