• Si l'histoire se lit dans les livres, elle peut également se comprendre par les images. Au début du Moyen Âge, en France, l'Église chrétienne utilisa la représentation iconographique pour enseigner à ses fidèles les évangiles et la vie des saints. Le pouvoir royal l'imita. Des artistes y trouvèrent une occasion de se distinguer. Sur la toile, des scènes intimes, où des personnages prennent vie.
    Au début du XIX siècle, le genre faisait toujours fureur. Il est aujourd'hui appelé peinture d'histoire et contribue à la glorification d'un passé que l'on veut commun aux Français. Alors, sans naïveté, laissons-nous aller à la rêverie, amusons-nous à décrypter, par quelques figures emblématiques - Vercingétorix, Clovis, Geneviève, Charlemagne, Saint Louis, Jeanne d'Arc, François I et Henri IV -, un sentiment national qui s'affirme à partir d'une iconographie riche, audacieuse et toujours vivante, puisque exposée dans les lieux les plus fréquentés de France.

  • Marignan, 1515

    Didier Le Fur

    A l'occasion des 500 ans de la bataille de Marignan (1515), la publication en Tempus du livre de référence sur la plus grande victoire de François Ier.
    Sorte de lieu commun de notre conscience collective, " Marignan, 1515 " est dans toutes les mémoires. Cet événement des guerres d'Italie est demeuré en réalité méconnu, dans son déroulement comme dans ses conséquences. D'autant plus que les récits traditionnels font une large place à la légende, comme celle du roi François Ier armé chevalier par Bayard sur le champ de bataille. C'est pourquoi Didier Le Fur reconstitue dans le détail le déroulement des faits qui conduisirent à la première victoire du jeune roi la première année de son règne. L'auteur montre ensuite comment les historiens, depuis le xvie siècle, utilisèrent cette bataille somme toute peu glorieuse pour fabriquer un des événements les plus prestigieux de la nation France.

  • Diane de Poitiers

    Didier Le Fur

    • Perrin
    • 2 Février 2017

    Les légendes, noires et dorées, font de Diane de Poitiers (1500-1566) la maîtresse de deux rois de France, François Ier et son fils Henri II, et construisent un portrait d'elle fait de poncifs sur le « pouvoir au féminin ». Mécène éclairée, femme libre et émancipée de toute entrave, dotée d'un sens aigu de ses intérêts financiers, elle aurait exercé par le charme et la chair une grande influence sur les hommes en charge du royaume de France, se hissant ainsi au panthéon des femmes célèbres.
    L'histoire est fort séduisante. On pourrait y croire ; pourtant elle est grossièrement fausse. Didier Le Fur, pour qui les constructions historiographiques n'ont plus de secrets, explique simplement, et avec style, que l'image actuelle de Diane de Poitiers est faite d'une accumulation d'erreurs et d'approximations - volontaires ou non - reprises puis amplifiées, en fonction des modes, pendant quatre siècles. Ce faisant, l'auteur rend à cette femme passionnante sa réalité, loin des fantasmes entourant les maîtresses royales, et décrypte comment sa vie, qui reste sur bien des aspects un trou noir, a pu prendre une telle place dans l'imaginaire collectif et le roman national français.

  • Entre le XVI siècle et le début du XXI , la place, l'écriture, le statut et la réception de l'histoire n'ont cessé d'évoluer, pour aboutir aux formes que nous lui connaissons aujourd'hui. Didier Le Fur montre ainsi que, après la Renaissance, l'explication du passé et de l'histoire du monde par les églises chrétiennes décline, en même temps que naît l'idéologie du "progrès", qui donnera ensuite naissance à la "science" de l'histoire actuelle.
    Particulièrement original, porté par un historien capable d'interroger sa pratique comme sa matière, ce formidable texte permet de sortir du débat sclérosant opposant "roman national" et "histoire mondiale", débat dont on peut questionner l'intérêt, puisque les deux notions portent un discours militant et sont francocentrés (malgré l'apparent paradoxe pour la seconde école). Et l'auteur de conclure qu'en réalité l'écriture de l'histoire en France, à l'image de ces deux courants, est toujours largement influencée par l'imaginaire chrétien, ce qu'il serait peut-être intéressant de questionner.

  • Henri II

    Didier Le Fur

    Deuxième fils de France, Henri II n'était pas destiné à régner. La propagande de François I le négligea, trop occupée à fabriquer pour son frère aîné un destin hors du commun. L'historiographie construisit alors une légende noire, décrivant un règne sans enjeu ni relief. Ce prince méritait un autre traitement. Roi à 28 ans, Henri II a régné sur la France de 15.7 à 1559. Comme ses prédécesseurs depuis Charles VIII, il rêva d'édifier un empire. Il fut alors présenté comme celui qui pouvait pacifier le monde, guérir le peuple chrétien de ses souffrances et préparer l'avènement de l'âge d'or. Il pensa d'abord que ce serait par l'Italie qu'il prendrait forme. Son mariage avec Catherine de Médicis exprime cette ambition. Roi guerrier, Henri II lança ses armées contre Edouard VI d'Angleterre, puis contre Charles Quint, son fils Philippe II d'Espagne et enfin Mary Tudor. Soutenu par Anne de Montmorency, il recouvra Boulogne et imposa la présence française en Ecosse. La campagne triomphale de 1552 en Allemagne et la très symbolique prise de Calais par le duc de Guise, en 1558, devaient être de nouvelles étapes vers l'empire universel. Sa mort accidentelle lors d'un tournoi durant l'été 1559 interrompit net ses projets, chargeant la toute récente paix du Cateau-Cambrésis d'une lourde amertume et paraissant marquer la fin de l'ambition impériale de la royauté française. Il n'en est rien. L'idéal demeure. Cet empire, les Français le réalisèrent ailleurs et autrement.

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