• Montaillou: un petit village de montagnards et de bergers en haute Ariège, à 1 300 mètres d'altitude. En 1320, Jacques Fournier, évêque de Pamiers, plus tard pape d'Avignon, y déploie ses talents d'inquisiteur. Il finit par déterrer tous les secrets du village. Rien n'échappe à cet évêque fureteur, ni les vies intimes, ni les drames de l'existence quotidienne. En s'appuyant sur cet extraordinaire document de Jacques Fournier, sorte de roman vrai du petit peuple du XIVe siècle, Emmanuel Le Roy Ladurie ressuscite, en utilisant les méthodes historiques et ethnographiques les plus actuelles, la réalité occitane et cathare d'il y a six cent cinquante ans.

  • Depuis sa thèse sur Les Paysans du Languedoc (1966), jusqu'à sa monumentale Histoire des paysans français publiée au Seuil en 2002, en passant par l'Histoire de la France rurale, Emmanuel Le Roy Ladurie est le grand historien du monde paysan de l'Ancien Régime.

  • Cet essai brillant mêle démographie, sociologie, histoire et économie pour expliquer l'évolution de la civilisation rurale en Europe occidentale et les distinctions sociales qui en ont découlé. L'auteur aborde l'impact des nouvelles techniques de culture qui ont bouleversé les données démographiques. Ce faisant, il dresse un panorama synthétique des origines de notre civilisation, de nos traditions et de notre folklore. Mais cet essai est aussi une analyse politique des rapports de domination, de l'asservissement des populations paysannes et démontre l'importance des regroupements humains, au fondement de notre société. L'argumentation est enrichie par de nombreuses comparaisons avec d'autres peuples ou ethnies, ce qui rend plus tangible encore au lecteur moderne son histoire.

  • Dans le prolongement des travaux de Marc Bloch et de Georges Duby, ce passé des paysans français se veut histoire non seulement de l'agriculture et des grands cycles agraires (du Moyen Âge à la période révolutionnaire) mais histoire globale, incluant l'étude des moeurs, du folklore, de la culture, de la violence dans le monde rural. Une histoire de France dessinée à partir des campagnes est ainsi proposée, grande fresque où se mêlent en un récit complet les questions de démographie, progrès techniques, pauvreté, mortalité, révoltes et pratiques religieuses.

  • Cette brève histoire de l'Ancien Régime n'a de bref que le nom, tant Emmanuel Le Roy Ladurie nous entraîne dans une histoire foisonnante et totale de cette si riche période de notre histoire. Des crises de subsistance à la violence des guerres, des conflits politiques aux affrontements religieux, l'historien embrasse le large spectre de ce que fut la France moderne. Et s'il dresse des portraits magistraux des grands de ce monde, comme Louis XI ou Catherine de Médicis, il n'en oublie pas les plus petits, ce peuple des villes et des campagnes qui travaille, se marie, construit inlassablement, affrontant le quotidien. Emmanuel Le Roy Ladurie livre ainsi une synthèse remarquable, et ce grand historien le fait avec le goût d'écrire pour le plus grand nombre.
    Il réfléchit également sur l'État et son fonctionnement, la façon de gouverner, l'organisation de l'administration et du pouvoir, dégageant des lignes de force qui structurent une tradition nationale non sans quelques parallèles parfois malicieux avec l'actualité.

  • Membre de l'Institut, Professeur au Collège de France, Emmanuel Le Roy Ladurie a été directeur de la BNF. Il est l'un des représentants les plus éminents de l'Ecole des Annales. Il est l'auteur chez Fayard d'une monumentale Histoire humaine et comparée du climat en trois volumes et, en « Pluriel », de deux des volumes de l'Histoire de France, L'État Royal et L'Ancien Régime.Anouchka Vasak est maître de conférences à l'université de Poitiers.Alors que la controverse sur le réchauffement climatique fait rage, le livre d'Emmanuel Le Roy Ladurie, qui condense et résume des années d'études, permet de retracer l'histoire du climat dans la « longue » période de l'histoire humaine (certes brève au regard de l'histoire de la Terre). S'il valide les thèses « réchauffistes », l'intérêt du livre ne s'y limite toutefois pas : c'est en historien qu'il aborde l'histoire du climat, attentif aux conséquences de ses variations sur les sociétés humaines.Construit sous la forme de 33 brefs chapitres qui sont autant de réponses à des questions précises, il traite autant des données connues sur l'évolution climatique (« Qu'appelle-t-on le petit âge glaciaire ? »), que de l'impact des variations climatiques (« Quel liens les disettes et les famines ont-elles avec les conditions météorologiques ? ») ou encore des problèmes méthodologiques de l'histoire du climat (« La date des vendanges est-elle un indicateur climatique ? »). Paru en première édition chez Fayard en 2007 sous le titre Abrégé d'histoire du climat.

  • « Forêts, vendanges et glaciers furent aux points de départ de mon enquête...
    Mais de nouveaux horizons s'ouvraient ; je découvrais dans les pérégrinations d'archives et de bibliothèques, dans la littérature dendrologique et glaciologique un paysage étrange, presque inconnu. Le paysage climatique paraissait presque immobile; il était néanmoins animé de lentes fluctuations, perceptibles quand on les mesurait sur plusieurs siècles. Celles-ci, sans doute, importaient assez peu à l'histoire humaine, mais elles méritaient d'être observées pour elles-mêmes.
    J'abandonnai donc l'objet habituel de mes recherches et je me fis, pour quelque temps, l'historien désintéressé d'une pure nature, et le spectateur d'un devenir dont l'homme avait cessé d'être le centre. » E. Le Roy Ladurie.

  • Emmanuel Le Roy Ladurie montre dans ce livre fondateur qu'il peut y avoir une histoire du climat.
    Le climat est une fonction du Temps; il varie; il est sujet à des fluctuations. Météorologistes, géographes, glaciologues, géologues, etc. le savent bien qui, dans leurs travaux, retrouvent cette évidence. Mais chez les historiens, une telle recherche restait à constituer. Comment surmonter l'absence d'informations sérielles, de relevés systématiques sur les températures et les précipitations ? Comment ne pas réduire l'histoire du climat à une explication climatique de l'histoire humaine ? Il fallait patiemment trouver une documentation valable en étudiant les observations météorologiques anciennes, en regardant les dates des récoltes, en scrutant les textes, descriptions et représentations iconographiques des glaciers...
    L'historiographie du climat devient ainsi une enquête minutieuse et passionnante où l'on chemine entre forêts, vendanges et mers de glace, du Moyen Age au réchauffement récent en passant par le « petit âge glaciaire ».

  • Emmanuel Le Roy Ladurie, est l'une des fi gures majeures des historiens français, auteur d'une oeuvre considérable. Il était naturel de lui demander de revenir sur quelques-unes de ses pistes fécondes, enrichies d'une réfl exion personnelle. En huit leçons magistrales, Emmanuel Le Roy Ladurie aborde tour à tour des aspects essentiels du « Grand siècle » et de « l'Ancien Régime » comme les élites ou l'épisode crucial de la Régence. Il revient sur les crises de subsistances comme marqueurs politiques, aborde l'étrange alternance des épisodes libéraux que suivent les tensions révolutionnaires, parcourt le paysage linguistique français. Enfi n, de manière plus personnelle peut-être mais toujours en historien, il observe la France dans la Seconde Guerre mondiale. Étalé sur près de deux années, ce travail était inédit à ce jour.
    Dans un style vif, clair, Emmanuel Le Roy Ladurie nous offre ici huit leçons prises sous la dictée, une manière de grand professeur.
    Collection :

  • L'oeuvre pionnière d'Emmanuel Le Roy Ladurie sur l'histoire du climat, qui a hissé celui-ci au même niveau que l'économie, les techniques ou les religions dans l'évolution des sociétés humaines, se conclut ici par un nouveau livre concis qui s'attache à décrire non plus de larges séquences à l'échelle de plusieurs siècles, mais les fluctuations plus fines, souvent année après année. Il se sert pour cela de données objectives (abondance des récoltes, dates des vendanges, état des glaciers, abondance des précipitations, etc.) qu'un chercheur des "sciences dures", Daniel Rousseau, ancien directeur de l'Ecole nationale de la météorologie nationale, l'aide à interpréter. L'histoire du quotidien de millions d'Européens sur plus de dix siècles se trouve éclairée et abondamment enrichie. C'est une manière passionnante de "revisiter" le passé.

  • Si nous avions été tentés de l'oublier, l'été 2003 serait venu nous le rappeler avec violence : le climat joue sur la vie humaine un rôle aussi - voire plus - fort que les bouleversements géologiques, les guerres et les épidémies (encore n'est-il pas rare d'observer entre certains de ces phénomènes et le temps qu'il fait une constante interaction).


    Dans des sociétés de subsistance comme celles de nos pays jusqu'à la fin du xviiie siècle, les réchauffements et/ou les refroidissements, les excès ou déficits pluviométriques ont des effets directs sur les récoltes (en particulier le froment), les vendanges, l'état du bétail, la présence (ou non) de la dysenterie. De surcroît, les tendances lourdes - du XIIe au XVIIIe siècle s'observe ainsi un « petit âge glaciaire », donc de refroidissement - connaissent elles-mêmes des cycles et des variantes de plus faible amplitude. La taille changeante de certains glaciers au cours des âges comme les informations données par les anneaux des arbres ou les témoignages humains nous montrent bien que le climat ne fonctionne pas comme une horloge : telle année à hiver rigoureux connaît un été caniculaire, telle autre subit une pluviosité catastrophique des mois durant et en toutes saisons ; plusieurs mois de gel ne donnent pas forcément des moissons calamiteuses, il arrive qu'un été sec et brûlant - on en a repéré plusieurs dizaines depuis le XIIIe siècle - fasse moins de dégâts qu'une humidité prolongée.


    Reliés à l'histoire générale avec ses soubresauts divers (géopolitiques, politiques, guerriers) et ses évolutions techniques, les événements climatiques apparaissent comme le « donné de base » par excellence de l'Histoire, comme la trame même de l'étoffe sur laquelle l'humanité inscrit sa destinée, certes autonome.


    Abondant en détails représentatifs d'une situation ou bien curieux par eux-mêmes, s'inscrivant en contrepoint d'une longue durée qui s'étend à l'échelle européenne et sur plus de cinq siècles, l'immense travail d'Emmanuel Le Roy Ladurie (qui sera suivi sous peu d'un second volume : XVIIIe-XXe siècle) redistribue les cartes : avec un souffle braudélien, il remet à leur juste place l'écume des jours et les grandes houles. Il nous invite à lire l'histoire autrement. L'exercice est roboratif.

  • Le climat de l'Europe a connu dans le passé de longs épisodes de tiédeur, puis a régné, de 1300 à 1860, le petit âge glaciaire, un peu plus frais que le climat de nos jours. Depuis lors, un nouvel épisode tiède s'est imposé progressivement, qu'a enregistré le recul séculaire des glaciers alpins. et qui prend nettement, depuis 1911, le caractère d'un réchauffement. Emmanuel Le Roy Ladurie, dans ce dernier volume de l'Histoire humaine et comparée du climat, étudie cette phase de réchauffement, dont l'actualité médiatique s'est emparée sans toujours la situer suffisamment dans son contexte de longue durée. Il utilise, à des fins descriptives, les observations thermométriques et pluviométriques, mais aussi toutes les informations relatives aux moissons et aux vendanges. à l'élevage et au tourisme, qui donnent la mesure et le rythme du changement climatique en cours. Au terme de cette big history multicontinentale, les perspectives ne sont pas rassurantes : le très vif réchauffement constaté depuis 1980 pourrait bientôt poser des problèmes extrêmement difficiles à l'humanité... Mais ceci est une autre histoire.

  • A mesure que progressent les techniques agricoles et que se perfectionnent les transports, les effets du petit âge glaciaire (que connaissait l'Europe depuis 1300) se font moins impitoyables que durant les premiers siècles de l'époque moderne. Certes, la

  • « Au Paléolithique inférieur (grotte de Fauzan, Hérault), voici plusieurs centaines de milliers d´années, des groupes clairsemés de chasseurs s´attaquent aux grosses bêtes. Fauves parmi les fauves, ils se heurtent aux félins, aux pachydermes dont le gisement de La Balauzière (Gard) conserve les restes accumulés. » Ainsi s´ouvre cette Histoire du Languedoc d´Emmanuel Le Roy Ladurie. De la préhistoire à la période contemporaine, l´auteur nous propose une immersion dans le temps long d´un territoire et, mêlant les approches géographiques, politiques, économiques, sociales et culturelles, met ainsi en perspective les événements qui ont jalonné son histoire particulière.

empty