• Du siècle de Louis XVI jusqu'aux années 1950, les animaux sont omniprésents dans les villes comme dans les campagnes. Ce sont des bêtes de somme, des ouvriers exploités transformés en machines à produire mais aussi à plaire.
    Chiens à charrettes, chevaux travaillant dans les mines, vaches des laiteries urbaines : l'animal est partout. Il transforme les paysages et suscite à la fois des drames, des violences, des conflits, mais aussi des sentiments de protection et des connivences.

  • Le chien est le meilleur ami de l'homme mais l'homme est-il son meilleur ami ? Rien n'est moins sûr, si l'on en juge par les traitements parfois infligés et, dans un autre domaine, la place médiocre que l'histoire et la philosophie réservent habituellement aux animaux. À travers l'exemple des taureaux de corrida, des chevaux de mine ou encore des vaches laitières, Éric Baratay cherche à rendre la parole, ou à défaut leur histoire, aux animaux. Les constituer en sujets, voire acteurs de l'histoire, tel est le défi à relever.Renouvelant l'étude traditionnelle de leurs représentations, il propose une histoire des cultures animales qui ne soit plus anthropocentrée. Il s'agit désormais en effet de se pencher sur la construction du sujet animal, de prendre au sérieux l'" expérience vécue ", notamment la souffrance et la violence qu'il subit, mais aussi la connivence et la complicité qui peuvent le lier à l'homme.C'est afin de mieux rendre compte de l'histoire globale du sujet animal que l'auteur retrace alors l'incessante adaptation des espèces et des individus aux conditions naturelles et humaines. Se fondant sur l'éthologie, la biologie, la zoologie et la psychologie, il parvient à démontrer que l'étude de ce sujet autonome se situe au croisement des sciences naturelles et humaines, passage obligé pour l'historien s'il désire " entrevoir d'autres mondes que le sien ".

  • Éric Baratay propose ici des tentatives inédites de biographies animales - récits de vie ou de fragments de vie - construites à partir des ressentis, perceptions et vécus des bêtes.

    On découvre sous un jour totalement inattendu la girafe du Jardin des plantes, l'ânesse de Stevenson Modestine, Warrior un cheval engagé dans la Première Guerre mondiale, le taureau Islero qui causa la mort de Manolete, mais aussi Consul et Meshie, deux chimpanzés humanisés, ainsi que les chiens Lazarus et Bummer ou encore Bauschan et Douchka.

    Croisant sources écrites, images photographiques et filmées et connaissance de l'éthologie et de l'environnement, l'auteur repousse les frontières de l'écriture de l'histoire pour se placer résolument du côté de l'animal. En accumulant des matériaux sur différents destins inscrits dans leur temps, en les comparant, il propose aussi de penser des époques et des générations animales.

  • Bêtes des tranchées

    Eric Baratay

    11 millions d'équidés, 100 000 chiens, 200 000 pigeons : les animaux ont été enrôlés en masse dans la Grande Guerre, pour porter, tirer, guetter, secourir, informer... Les tranchées ont également abrité des milliers d'animaux domestiques ou de ferme, abandonnés par des civils en fuite, d'animaux sauvages coincés au milieu du front, mais aussi des rats, des mouches, des poux, attirés par l'aubaine. Parfois pourchassés, plus souvent gardés et choyés, ils ont fréquemment aidé les soldats à survivre dans l'enfer, à occuper leur temps. Mais, alors que les combattants de tous bords ont beaucoup évoqué ces compagnons de guerre, nous les avons oubliés.

    Ce livre invite à retrouver tous ces animaux ayant vécu la guerre en empruntant leur point de vue, de manière à restituer leurs vécus, leurs actions, leurs coopérations ou leurs résistances, leurs souffrances et leurs destins, afin aussi de mieux comprendre les attitudes et les sentiments des soldats. L'auteur nous convie à suivre l'itinéraire de ces bêtes des tranchées, de leur enrôlement à leur sortie de guerre, dans un panorama international des deux côtés du front ouest.

  • Les planches de zoologie du Dictionnaire universel d'histoire naturelle (1841-1849), dirigé par Charles d'Orbigny, sont les plus belles qui aient été publiées pour le grand public à une époque de passion inégalée pour les sciences naturelles et d'apogée du dessin animalier scientifique. Illustrant l'un des plus importants ouvrages de vulgarisation scientifique, aux ambitions égales à celles des dictionnaires de Littré et de Larousse, ces planches résument l'état de la science et la vision de la nature. Le texte d'introduction et les commentaires d'accompagnement dévoilent la mise en scène de ce théâtre des bêtes où chaque planche étonne et ravit par la précision du dessin et la beauté des couleurs.

  • Comment comprendre la nature et le monde animal au regard de ce que dit la Bible et le christianisme ? Quelles évolutions a connu le regard de l'Église catholique sur les animaux ? Leur a-t-elle d'ailleurs toujours bien rendu le respect dû au titre de créatures de Dieu ? Quelles ont été ses positions sur la question animale ?
    Quelles conceptions a-t-elle véhiculées à travers les siècles ? Quels comportements a-t-elle elle-même prescrits ?
    Tels sont les éléments qu'Éric Baratay interroge pour retracer cette histoire des représentations et des comportements, d'un xviie siècle encore empreint des conceptions médiévales jusqu'à l'encyclique du pape François Loué sois-tu.
    Scandée par de brusques évolutions, d'imperceptibles glissements, des permanences et des reflux, les sensibilités n'ont cessé d'évoluer.
    D'abord considéré comme proche de l'homme et missionnaire de Dieu, ensuite ravalé au rang de machine puis rejeté hors du domaine religieux, l'animal est en partie réhabilité avant de faire l'objet, depuis plusieurs décennies, d'approches multiples et contradictoires. En fond, la permanence d'une double tendance : l'une, depuis la fin du xviie siècle, qui désacralise l'animal et contribue à la rupture entre l'homme et la nature ; l'autre, à partir du xixe siècle, qui valorise au contraire de plus en plus le monde animal.
    Une histoire unique et magistrale de la place de l'homme dans la création et de sa compréhension des autres créatures.

  • Comment l'animal est-il devenu la nouvelle icône de nos sociétés postmodernes ? Pourquoi a-t-il pris valeur de question politique ? En quoi occupe-t-il une place de choix dans la récente profession de foi écologique des grands chefs religieux, du pape François à l'imam Basher Masri, en passant par le patriarche Bartholomée, le lama Mathieu Ricard ou le rabbin Cohn Sherbock ?
    Allant à l'essentiel, Éric Baratay dresse ici l'aventure originelle et la chronique trois fois millénaire des relations entre les dieux et les bêtes. Traditions animistes amérindiennes, systèmes de sagesse asiatiques, révélations monothéistes de Méditerranée, christianismes d'Orient et d'Occident : cette histoire mouvementée recoupe en fait l'évolution générale des représentations humaines. Car les religions ont souvent hésité et varié au sujet des animaux, les cultes épousant les cultures qu'ils ont modelées mais qui les ont aussi façonnés.
    En montrant qu'il n'a jamais guère été de condition animale distincte de l'humaine condition, cet essai brillant interroge la notion même de civilisation.

  • 11 millions d'équidés, 100 000 chiens, 200 000 pigeons : les animaux ont été enrôlés en masse dans la Grande Guerre, pour porter, tirer, guetter, secourir, informer... Les tranchées ont également abrité des milliers d'animaux domestiques ou de ferme, abandonnés par des civils en fuite, et d'animaux sauvages coincés au milieu du front, mais aussi des rats, des mouches, des poux, attirés par l'aubaine. Parfois pourchassés, plus souvent gardés et choyés, ils ont fréquemment aidé les soldats à survivre dans l'enfer, à s'accrocher à la vie, à occuper leur temps. Mais, alors que les combattants de tous bords ont beaucoup évoqué ces compagnons de guerre, nous les avons oubliés. Ce livre invite à retrouver ces « soldats à quatre pattes » et tous ces animaux ayant vécu la guerre en empruntant leur point de vue, de manière à restituer leurs vécus, leurs actions, leurs émotions, leurs coopérations ou leurs résistances, leurs souffrances et leurs destins, afin aussi de mieux comprendre les attitudes et les sentiments des soldats. L'auteur nous convie à suivre l'itinéraire de ces bêtes des tranchées, de leur enrôlement à leur sortie de guerre, dans un panorama international des deux côtés du front ouest.

  • Comment écrire l'histoire animale, c'est-à-dire du côté des animaux ?
    Cette interrogation en amène aussitôt une seconde : cette histoire animale, avec quels documents la bâtir ? L'expérience montre que la question des sources et de leur traitement est l'obstacle premier à une approche animale, l'aspect qui, avec le croisement disciplinaire, intimide le plus les chercheurs volontaires. Cette affaire forme déjà barrage pour les disciplines aux documents imposés, contraints, restreints comme l'archéozoologie, la génétique historique, l'histoire, la littérature qui, souvent, sont obligées d'adapter leur démarche à ce qui reste. Mais, même les disciplines comme l'ethnologie ou la sociologie, qui construisent d'abord leur problématique, leur épistémologie pour choisir ensuite leurs sources parmi les multiples possibles, butent sur l'« avec quoi ? » et le « comment faire ? » parce qu'elles n'en ont pas l'habitude. Que le lecteur soit rassuré : ce livre n'est pas un fastidieux répertoire de sources, mais un traité pratique des méthodes à employer, de façon à réfléchir à l'« avec quoi ? », à montrer et à suggérer des pistes et des manières de faire, à encourager les initiatives, tout en donnant l'occasion de penser concrètement les programmes, les problématiques, les épistémologies. Parce que l'histoire animale est entendue non comme une discipline mais comme un dynamisme dans le temps et l'espace, d'hier et d'aujourd'hui, ce livre s'adresse aux archéologues et aux historiens, tout autant qu'aux géographes, aux littéraires, aux ethnologues, aux sociologues, aux philosophes, ou encore aux paléogénéticiens, aux éthologues et aux vétérinaires.
    Et aux passionnés d'animaux.

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