• Nous

    Evgueni Zamiatine

    Avec Nous, Evgeni Zamiatine jette dès 1920 les bases d'un genre littéraire nouveau, la «science-fiction». Son roman est considéré comme la matrice de 1984 de George Orwell et du Meilleur des mondes d'Aldous Huxley. En voici une nouvelle traduction d'Hélène Henry, qui rend pleinement justice au grand écrivain que fut Zamiatine.

  • À quarante ans, Sophia n'a toujours pas d'enfant quand elle décide d'adopter une jeune orpheline de treize ans. Mais à la douleur de ne pouvoir enfanter succède alors dans la maison une autre blessure.

  • La Caverne est un récit assez court qui existe dans d'autres traductions, l'une difficilement trouvable, (à l'Age d'Homme, trad. M-C. Masson-Beauchet et J. Catteau, 1989), l'autre épuisée (chez Solin et en point-Seuil par A. Markowicz, 1989 et 1991).
    Or il s'agit d'un texte magnifique d'un grand auteur. D'autant que pour la première fois, nous proposons aussi la traduction de la pièce que Zamiatine a écrite sur le même thème, jamais traduite à notre connaissance.
    Pendant la guerre civile, au plus fort de l'hiver, les gens tentent de survivre à Pétrograd dans des conditions qui rappellent la vie des hommes des cavernes (d'où le titre). Un intellectuel dont la femme est en train de mourir de faim et de froid au fond d'un appartement transformé en grotte glacée est tourmenté par un dilemme : pour réconforter sa femme, va-t-il se résoudre à contrevenir à tous les principes qui lui ont été inculqués et voler des bûches chez un voisin ?

    "Des glaciers, des mammouths, des déserts. Des rochers de nuit, noirs, qui ressemblent vaguement à des immeubles ; à l'intérieur des rochers, des cavernes. Et nul ne sait ce qui barrit la nuit sur le sentier de pierres entre les rochers, ce qui, en flairant le sentier, soulève de son souffle une poussière de neige blanche ;
    C'est peut-être un mammouth à la trompe grise ; c'est peut-être le vent ; ou peut-être le vent est-il le barrissement glacé d'un mammouth mammouthissime. Une chose est sûre : c'est l'hiver. Et il faut serrer les dents le plus fort possible pour qu'elles ne claquent pas ; et il faut débiter le bois avec une hache de pierre ; et, chaque nuit, il faut transporter son feu de caverne en caverne, de plus en plus profondément ; et il faut enrouler autour de soi de plus en plus de peaux de bêtes à fourrure."

  • Ce petit livre contient deux essais extrêmement vivants consacrés à la création, dans lesquels Zamiatine tente de décrire les processus de la création artistique, et plus particulièrement de la création littéraire.

    Evguéni Zamiatine (1884-1937) est un écrivain qui joua un rôle majeur dans la vie littéraire en Russie dans les années 1910-1920. En butte à la censure tsariste, il fut d'abord, comme la plupart des intellectuels, très favorable à la révolution. Reconnu d'emblée comme un grand prosateur, il collabora à des revues, donna des conférences sur la technique de la prose et anima des ateliers d'écriture. Mais très vite, il se rebella contre la politisation de la littérature. En 1929, il fut victime de violentes attaques en raison de la publication en Occident de son roman Nous autres (une oeuvre de la même veine que Le Meilleur des mondes et 1984, dénonçant la mainmise de l'Etat sur la vie des hommes). Ne pouvant plus publier en URSS, il demanda à Staline l'autorisation d'émigrer. Il quitta son pays en 1931, et vécut à Paris où il mourut en 1937.

    " Mes enfants, ce sont mes livres - je n'en ai pas d'autres.
    " Il y a des livres qui ont la même composition chimique que la dynamite. La seule différence, c'est qu'un bâton de dynamite explose une fois, et un livre des milliers de fois.
    " L'homme a cessé d'être un singe, il a surpassé le singe le jour où a été écrit le premier livre. Le singe ne l'a toujours pas oublié : essayez donc de lui donner un livre, il va aussitôt le mordiller, le déchirer, le souiller. "

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