• La place de plus en plus grande qu'occupe Éric Zemmour dans le champ médiatique et dans l'espace public français suscite l'inquiétude et la consternation de bon nombre de citoyens. Comment un pamphlétaire qui alimente constamment des polémiques par ses propos racistes, sexistes, homophobes, condamnés à plusieurs reprises par la justice, a-t-il pu acquérir une telle audience au sein des élites qui par ailleurs ne cessent de célébrer les « valeurs républicaines » ? Les critiques de Zemmour voient dans son ascension une dérive de notre démocratie qui rappelle les pages sombres de notre histoire. Mais, jusqu'ici, aucune étude sérieuse n'était venue étayer cette affirmation.

    C'est cette lacune que le présent livre a pour but de combler, en replaçant le cas Zemmour dans une perspective historique qui prend comme point de départ les années 1880, période où se mettent en place les institutions démocratiques qui nous gouvernent encore aujourd'hui. Il cible ainsi un pamphlétaire d'extrême droite ayant un profil comparable à celui de Zemmour : Édouard Drumont, le chef de file du camp antisémite à la fin du XIXe siècle. Tous deux viennent d'un milieu populaire, étaient « de gauche » dans leur jeunesse et ont ensuite dérivé vers l'extrême droite, en devenant de véritables leaders d'opinion. Tous deux ont acquis leur notoriété pendant des périodes de crise économique et sociale, marquées par un fort désenchantement à l'égard du système parlementaire.

    Gérard Noiriel analyse leurs écrits, en s'intéressant aux cibles qu'ils privilégient (étrangers, femmes, intellectuels de gauche, etc.), en insistant sur les formes différentes que ces discours ont pris au cours du temps (car les lois antiracistes interdisent aujourd'hui de proférer des insultes aussi violentes que celles de Drumont). Il accorde également une grande importance à la réception de leurs écrits dans l'espace public. Qui les a soutenus ? Avec quels arguments ? Mais aussi qui les a combattus et comment ?

    Par son approche historique et comparatiste, ce livre met en lumière une matrice du discours réactionnaire, et tente d'apporter une réponse à ceux qui se demandent quelle est aujourd'hui la manière la plus efficace de combattre toute cette démagogie populiste.

  • À la suite d'Une histoire populaire des États-Unis, le livre monumental de Howard Zinn traduit en 2002, l'Histoire populaire de la France de Gérard Noiriel aborde l'histoire « par en bas » en partant du quotidien et des luttes de ceux qui forment le peuple.

  • Gérard Noiriel, conseiller sur le film, livre la véritable histoire du clown Chocolat : une enquête exceptionnelle pour retrouver les traces de ce premier artiste noir et réhabiliter sa mémoire.

  • Gérard Noiriel reprend, corrige et actualise son discours de la méthode historique, publié il y a quelques années chez Belin. Devenu un classique, cet ouvrage retrace son parcours d'historien, notamment à travers les grandes figures qui ont compté dans sa formation intellectuelle (Bloch, Bourdieu, Elias, Foucault, Rorty, Weber, mais aussi, de façon inattendue, Virginia Woolf). Comment écrit-on l'histoire ? Quelles sont les grandes influences auxquelles un historien est soumis ? Car penser, c'est toujours penser avec d'autres et par rapport à d'autres - que ce soit en s'opposant ou en souscrivant. L'historien ne pense jamais seul.
    C'est un ouvrage personnel que propose ici Noiriel, une sorte d'autobiographie socio-historique, où il parle de ses origines sociales modestes, de sa volonté de faire se rencontrer le travail intellectuel et l'expérience vécue, et de réduire le fossé qui sépare les élites du peuple.
    Le livre est à ranger aux côtés des Leçons d'histoire d'Antoine Prost, des réflexions de Mona Ozouf sur son parcours d'historienne, mais aussi des travaux de Bourdieu sur le statut de l'intellectuel et du savoir théorique.
    On se trouve comme aux côtés de l'auteur, dans le secret de son bureau. Il y a dans ce livre quelque chose comme un aveu - l'aveu de ce qui fait que G. Noiriel est devenu l'historien que l'on connaît.

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