• Voici, enfin réédité, le saint Louis de Gérard Sivéry, tableau magistral d'une époque cruciale, portrait exemplaire d'un des rois les plus célèbres de l'histoire de France.
    De l'empire chancelant que laissent Philippe Auguste et Louis VIII, Louis IX décide de faire un domaine royal consolidé sans procéder à tout prix à de nouveaux accroissements. L'installation du pouvoir monarchique provoque les sursauts d'une féodalité qui refuse d'être tenue en laisse.
    Au rythme de ses retours des croisades, Saint Louis réforme justice, monnaie et restructure une administration d'État qui était moribonde.
    Les mutations démographiques, les déséquilibres régionaux, les évolutions techniques et les réformes administratives voulues par le roi dessinent dans une époque trouble, crispée et divisée l'éclosion d'une France perçue comme un État émergent, se libérant lentement du carcan médiéval qui dominait jusqu'alors.

  • Long de quinze années, le règne de Philippe III le Hardi a été négligé par les historiens. Probablement son père, Louis IX (Saint Louis), et son fils, Philippe le Bel, lui font-ils tous deux de l'ombre par-delà les siècles... En outre, la personnalité effacée, évanescente d'un roi sachant à peine lire, capable des plus surprenants enfantillages, mais féru de violence et d'exploits militaires donna par la force des choses le pouvoir à son entourage familial et à ses conseillers. Sans les solides réformes administratives et fiscales faites sous Louis IX, la monarchie française aurait pu connaître entre 1270 et 1285 une mutation semblable à celle que la Couronne anglaise avait subie quelques décennies plus tôt : le régime des grandes assemblées mêlant l'aristocratie, les princes territoriaux, les techniciens du droit et de la fiscalité, les évêques et les grands abbés.
    Ponctué d'expéditions guerrières calamiteuses - y compris la dernière où il laissa la vie - et de secousses politiques comme l'exécution du favori Pierre de Brosse, ce court règne aux péripéties parfois shakespeariennes est passionnant à suivre, car on y voit l'Histoire hésiter : le renforcement du pouvoir central va-t-il s'arrêter là, l'édifice capétien est-il sur le point de se défaire, ou bien les institutions vont-elles se montrer plus fortes que les individus ? Bien sûr - nous connaissons la suite -, ces quinze années de flottement seront oubliées, mais elles auront enrichi l'expérience politique de la dynastie.
    Première biographie de Philippe III depuis plus d'un siècle, cet ouvrage clôt la magnifique galerie des portraits du « siècle de Saint Louis » que l'auteur a mis plus de trente ans à composer.

    Professeur émérite d'histoire médiévale à l'université de Lille III-Charles de Gaulle, Gérard Sivéry a publié Saint Louis et son siècle (1983), Blanche de Castille (1990), Philippe Auguste (1993), Louis VIII (1995) et Marguerite de Provence (1987).

  • Quand il succède à son père Louis VIII en 1226, Louis IX est un enfant de douze ans.
    Le jeune roi placé sous la tutelle de sa mère, Blanche de Castille, apprend l'art de gouverner grâce à l'enseignement d'anciens conseillers de son grand-père, Philippe Auguste.
    Lorsqu'il prend les rênes du pouvoir, il sait mettre en oeuvre la réorganisation de l'Etat tout en confortant son autorité monarchique. Ainsi, son règne est marqué par la consolidation et l'agrandissement du domaine royal : des principautés importantes - l'Anjou, l'Auvergne, l'Artois, le Maine, etc.
    - sont rattachées à la France. Fin politique, Louis IX donne à ses frères des fiefs stratégiques, afin de s'assurer de leur fidélité.
    Chevalier courageux, époux attentif et fidèle qui forme avec Marguerite de Provence un couple harmonieux et exemplaire, le roi de France ne commence sa difficile marche vers la sainteté qu'au retour de la première croisade en Terre sainte, entreprise de 1248 à 1254.
    Après l'échec de cette première expédition, le roi se croise à nouveau et part pour Tunis où il trouve la mort en 1270.
    Sa canonisation moins de trente ans plus tard scelle la légende de Saint Louis.

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