• Cet essai en quatre actes s'ouvre sur un dialogue entre Achille (la force) et Ulysse (la ruse) en présence d'un Hector (l'humilité) venu en observateur les voir s'invectiver sur les ambivalences de la victoire du Néolithique à nos jours. Que signifie « gagner une guerre » dans l'histoire ? A quand remonte justement la dernière guerre victorieuse ? Les Vietnamiens contre la France et les Etats-Unis entre 1946 et 1975 ? La guerre de l'OTAN contre le Kosovo en 1999 ou encore l'intervention de la France au Mali en 2013 ? En second lieu, Hector et Achille écoutent le stratège Ulysse leur expliquer où se situe la notion de victoire sur la matrice guerre-paix et négociations-conflictualités. Dans un troisième temps, Hector et Ulysse se tournent vers le guerrier Achille, qui revisite nos trois dernières décennies d'hubris et s'explique sur ces impossibles victoires lors des guerres onusiennes ou des interventions humanitaires souvent ratées. Enfin, dernier acte de cet échange, Hector s'adresse pour la première fois à Achille et à Ulysse pour leur démontrer que la plus efficace des manières de « gagner une guerre aujourd'hui » consiste d'abord à renoncer à la puissance et à la ruse ; ensuite à endosser l'éthique d'humilité. Un livre ambitieux au propos fondamentalement original, extrêmement fécond, et appelé à devenir un incontournable des études sur la guerre et la paix.

  • Jamais le débat autour du génocide des Arméniens de 1915 n'a été aussi acerbe que ces dernières années, entre partisans des lois mémorielles et défenseurs d'une histoire libre. Pourquoi cette question suscite tant de passions ?
    Véritable plongée dans l'histoire et la culture arméniennes, cet ouvrage se propose d'explorer les spécificités de ce peuple qui semble prisonnier d'une logique de domination. Le génocide de 1915 ne doit pas être le point de départ de l'identité nationale. L'histoire a commencé avant et s'est poursuivie après. Aux Arméniens de désacraliser 1915 afin de libérer la pensée et de désinhiber les comportements collectifs.
    Par le passé, les empires qui se sont imposés dans la région ont, en effet empêché l'Arménie de développer une tradition de souveraineté, d'autant que les frontières mouvantes ont rendu complexe le rapport des Arméniens à leur territoire. Et la religion, prégnante, s'est souvent substituée à l'Etat pour organiser la société, et nourrir une vision mythifiée d'une nation multiséculaire.
    S'affranchir de la mémoire, s'émanciper des processus de domination et devenir le sujet de son propre destin : tels sont les enjeux actuels du peuple arménien.

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