• La Perse et l'Egypte antique, comme si vous y étiez, telles qu'elles ont été décrites au Ve siècle avant notre ère par Hérodote d'Halicarnasse.
    Si vous voulez savoir ce que furent les folies de Cambyse et les moeurs du crocodile nilotique, reportez-vous à l'enquête. Lire Hérodote, c'est voyager dans le monde ancien, en compagnie d'un esprit aimable et curieux de tout, apprendre ce que l'on disait à Sardes, Suse, Memphis, Milet ou Athènes, ce que les conteurs dans les rues, les guides dans les sanctuaires narraient aux passants ; c'est voyager en compagnie d'un auteur qui est pour nous le père de l'ethnographie, de la géographie, du reportage et du roman, comme il est, pour nous comme pour toute l'Antiquité, le père de l'histoire.

  • Dans la première partie de l'enquête (livres I à IV), Hérodote a relaté la naissance et le développement de la puissance perse avec le roi Cyrus et ses successeurs Cambyse puis Darius.
    Au livre V commence le conflit qui, de 511 à 479 avant notre ère, oppose les Perses à la Grèce. dans ce passionnant récit - la première grande oeuvre en prose de la littérature grecque -, Hérodote nous dit pourquoi et comment les deux mondes de son temps, l'Est et l'Ouest, se sont toujours heurtés et puis, deux générations avant lui, se sont engagés dans la plus grande guerre de leur histoire, les guerres médiques.
    Le conflit de l'Est contre l'Ouest, des Barbares contre les Grecs, de l'orient contre l'Occident, a des résonances très actuelles, et ce n'est pas la moindre raison de lire la dernière partie de cette étonnante "enquête".

  • Pendant mon séjour à Memphis, j'appris encore d'autres choses dans les entretiens que j'eus avec les prêtres d'Héphaïstos...
    Les prêtres disent que Khéops ferma d'abord tous les temples, et interdit les sacrifices aux Egyptiens ; il les fit après cela travailler tous pour lui. Les uns furent occupés à fouiller les carrières de la montagne d'Arabie, à traîner de là jusqu'au Nil les pierres qu'on en tirait, et à passer ces pierres sur des bateaux de l'autre côté du fleuve ; d'autres les recevaient, et les traînaient jusqu'à la montagne de Libye.
    On employait tous les trois mois cent mille hommes à ce travail. Quant au temps pendant lequel le peuple fut ainsi tourmenté, on passa dix années à construire la chaussée par où on devait traîner les pierres. La pyramide même coûta vingt années de travail.

  • L'histoire de Cyrus, le fondateur de l'empire perse, est l'occasion pour Hérodote de rapporter ce qu'il a appris sur les différents peuples et pays qui ont fait l'objet de la conquête du Grand roi.
    On y retrouve l'histoire des Assyriens (Ninive), des Mèdes (Cyaxare, Astyage) et des Perses (Cambyse, Cyrus). Celle des tyrans Thrasybule (à Milet), Périandre (à Corinthe) et Pisistrate (à Athènes) ; des législateurs Solon et Lycurgue ; de la Pythie de Delphes ; ou encore des souveraines de Babylone (Sémiramis, Nictoris) et du Caucase (Tomyris). La description des peuples (Lydiens, Babyloniens, Perses, Phocéens, Massagètes) est un véritable exposé de leurs moeurs, de leurs coutumes et croyances.
    Et toujours le récit d'Hérodote est agrémenté d'anecdotes saisissantes : Arion le citharède, la chasse d'Atys, le tombeau d'Oreste, le fils muet de Crésus, le festin d'Harpage... Rompant avec les seules énumérations des victoires et des monuments à la gloire exclusive de tel ou tel puissant, Hérodote parle et raconte, en homme, la diversité du monde et de ses habitants, sa voix ouvre les chemins de l'histoire.

  • Il y a vingt-six ans qu'Hérodote interroge cette question complexe des rapports entre migrations et nations qui posent des problèmes géopolitiques tels que les rapports entre États du Nord et du Sud - mais aussi entre États du Sud, ce que l'on a parfois tendance à négliger -, ou encore des questions de frontières, d'étrangers, de nationaux. L'immigration met aussi en jeu des rivalités de pouvoir sur des territoires et alimente par le biais des médias des débats entre citoyens. Enfin, elle fait l'objet de représentations mobilisatrices : parmi elles, la menace que ferait planer l'immigration sur l'identité nationale est suffisamment puissante pour contraindre les responsables politiques d'adapter leur politique migratoire, en particulier en renforçant le contrôle des frontières. Dans ce numéro, nous ne nous sommes pas limités à la situation européenne en analysant plus largement la question des migrations afin de prendre en compte les conséquences des départs pour certains pays. Ce qui distingue les pays, c'est la possibilité ou non d'y acquérir la nationalité, d'en devenir des citoyens de plein droit, qu'il s'agisse de réfugiés demandant le droit d'asile ou de migrants économiques. Cette possibilité offerte aux migrants de devenir citoyen est celle qui change l'approche de la question de l'immigration et de la nation car elle permet de passer d'une émigration temporaire de travail à une immigration définitive de peuplement.

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