• Un homme court dans la rue. Il trébuche. Il tombe. Les passants rient. Pourquoi ?
    Qu'est-ce qui a réellement déclenché leur hilarité ? Quelles sont les différentes formes de comique ? Le Rire, paru à l'origine en 1900, est probablement l'ouvrage le plus célèbre du philosophe Henri Bergson (1859-1941), dont l'oeuvre entre en 2012 dans le domaine public. On trouvera en annexe un texte du psychanalyste Sándor Ferenczi, « Rire » (1913), qui compare les thèses de Bergson et celles développées par Freud dans Le mot d'esprit et sa relation à l'inconscient (1905).

  • C'était le 28 avril 1912. Bergson parlait, comme souvent, devant une salle archi-comble. Une heure plus tard, dira-t-on avec enthousiasme, il avait démontré l'immortalité de l'âme. Sa célèbre conférence, "L'âme et le corps", peut se lire comme une introduction à «Matière et mémoire». Elle illustre aussi que "philosopher est un acte simple".

  • Le rêve

    Henri Bergson

    Le rêve est une seconde vie. Je n'ai pu percer sans frémir ces portes d'ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible. On aura sans doute reconnu là les premiers mots de l'Aurélia de Gérard de Nerval.
    Quel plus riche et plus bel univers que celui du rêve ? Pas un domaine des arts et des lettres, des sciences et de la philosophie ne saurait négliger cet étrange phénomène, comme si le rêve était pour notre humanité l'un de ses constituants les plus énigmatiques et les plus incontournables.
    Cependant, le rêve n'en demeure pas moins un mystère dont la profondeur est à la mesure de la fascination qu'il exerce. En e%et, le rêve est par nature ce qui nous échappe puisque nous n'avons jamais vraiment connaissance de nos rêves. Nous ne possédons jamais que des souvenirs plus ou moins morcelés et plus ou moins confus des rêves que nous faisons. Aussi, les récits comme les analyses de nos rêves ne sont jamais au bout du compte que les récits et les analyses de ces seuls souvenirs, de ces seuls fragments, comme si toujours nous demeurions à la porte du rêve sans jamais pouvoir en franchir le seuil. À leurs manières, aussi, le (?(e et le ((e siècles se sont attachés à saisir et sonder cette matière onirique, cette vie des songes. Est-il besoin de rappeler ici que le rêve s'était d'abord intimement joint à l'imaginaire romantique, avant de devenir l'objet même de la psychologie freudienne, dont le titre majeur paraîtra en 1900 : Die Traumdeutung (L'interprétation des rêves) ?
    Bientôt, non loin de là, le surréalisme donnera au rêve ses lettres de noblesse en en faisant le processus même de la création libre sous toutes ses formes. C'est parmi la richesse et la diversité de toutes ces approches du rêve que voit le jour, en 1901, cette conférence d'Henri Bergson, intitulée très sobrement le rêve, et dans laquelle le philosophe s'attache, au 2l d'une analyse serrée, à révéler méthodiquement le processus de formation du rêve, avec la perspicacité, la lucidité et la profondeur qui caractérisent son oeuvre et sa pensée.

  • Durée et intuition - les deux notions clés de la pensée de Bergson sont ici rassemblées en un seul volume et deux textes : une conférence de 1911 ("L'intuition philosophique") et le fameux essai qui introduit en 1934 La Pensée et le Mouvant ("De la position des problèmes"). Qu'est-ce donc qu'un problème en philosophie ? En quels termes le pose-t-on ? Comment le résout-on ? Une intelligence intuitive permet-elle de philosopher ?

  • Nous n'oublions rien : tout ce que nous avons perçu, pensé, voulu, persiste indéfiniment. Dès lors, où les souvenirs sont-ils stockés ? Peut-on les convoquer par le rêve ? Que voit-on quand on rêve ? A-t-on des sensations physiques ? Rêver demande-t-il des efforts ? Et peut-on avoir des idées, créer, en rêvant ? C'est à la matérialité du rêve que s'attache ici Bergson. Son texte est suivi d'un magnifique écrit de Robert Louis Stevenson, «Un chapitre sur les rêves», que Bergson commente et qui, plus tard, fascinera Jorge Luis Borges. Féru de psychologie, Stevenson y pressent, dès 1888, l'importance de ce que Freud appellera l'inconscient.

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