Belin

  • Les chapitres : ils forment un récit, reprenant les grands thèmes et les chronologies (démographie, production, institutions, culture.).
    L'atelier de l'historien : le lecteur découvre la manière de travailler de l'historien. Cet atelier met en lumière les sources historiques et les débats d'historiens que la période a engendrés. Un atout majeur.
    Les annexes : indispensables pour comprendre le travail de l'historien, elles reprennent les repères chronologiques, les notices biographiques, la bibliographie par chapitre, la table des références iconographiques, les sources des textes, cartes et graphiques et l'index.

  • L'ouvrage cherche à montrer que la guerre des siècles classiques a constitué l'un des lieux de développement et d'émergence de l'individu : tandis que la cavalerie, unité aristocratique, tend à perdre son caractère central, le soldat privatus devient la mesure de l'armée. Au gré de cette évolution se construit pour tous ceux qui participent à la guerre l'expérience d'une société où la hiérarchie immuable de l'ordre aristocratique laisserait la place à une reconnaissance de la valeur de l'individu. Les guerres du XXe siècle transformeront néanmoins en profondeur ce modèle, pour faire de la guerre le symbole d'un anéantissement total et d'une déshumanisation de l'individu.
    L'essai s'organise selon un ordre chronologique, et retrace l'avènement progressif, du XVIe au XVIIIe siècle, du temps des soldats, puis le passage, de 1815 à 1914, de la guerre des individus à la guerre de masse.

  • Après avoir triomphé de ses ennemis intérieurs et extérieurs, Louis XIV prend personnellement en mains les rênes du pouvoir, à la mort de Mazarin, en 1661. Dès lors, selon Voltaire, « il n'y avait plus en France qu'un maître et des sujets ». Jamais, en effet, le royaume n'avait été, à ce point dépendant de la volonté, des goûts et des croyances du souverain. Toutefois, ce face-à-face entre Louis XIV et vingt millions de Français ne se limite pas à une relation de domination. Le théâtre social et politique mobilise une foule de sentiments et d'intérêts explorés, notamment, par La Bruyère. Celui-ci nous invite à faire l'histoire d'un royaume confronté à la grandeur et aux faiblesses d'un roi absolu.

  • 11 novembre 1630 : à l'issue d'une journée mouvementée, Louis XIII choisit de maintenir sa confiance à Richelieu pour s'engager, à ses côtés, dans une politique dominée par les préceptes de la raison d'État. 1er septembre 1715 : Louis XIV meurt au terme du règne le plus long et le plus brillant de l'histoire de France. D'une date à l'autre, ce siècle fut le temps des rois absolus. Louis XIII et Louis XIV portèrent à son comble la sacralité du pouvoir monarchique en mobilisant toutes les ressources littéraires et artistiques d'un siècle fécond. Les fastes dorés et solennels de la religion royale furent mis au service d'une autorité inouïe. Pour en rendre compte, les contemporains regroupèrent sous le terme générique d'" Extraordinaire ", les impôts nouveaux, les tribunaux exceptionnels, les pouvoirs confiés aux intendants, etc. Assurément, le temps des rois absolus fut un temps de sidération. De révolte et de violence aussi. La guerre, avec son cortège de malheurs et de nécessités impérieuses, fut la manifestation la plus sensible de l'autorité royale. Elle exigea une mobilisation toujours croissante de la société et de l'État, dont elle fut la matrice. Pour la financer, le recours au crédit et à la vente d'offices modifia profondément les structures sociales du royaume. Les élites investirent massivement dans ces charges vénales qui, parfois, les anoblissaient en entretenant la confusion entre dignité sociale et service du Roi. Ainsi débutait la longue histoire d'une relation singulière entre la société française et l'État. Peut-être même faut-il dater de ce XVIIe siècle la cristallisation de certains caractères identitaires. Ne dit-on pas que les Français sont cartésiens et qu'ils parlent la langue de Molière ? Derrière ces lieux communs, se profile l'émergence d'une conscience régnicole, à défaut d'être nationale, née dans la contemplation du roi et au service de sa gloire. Car c'est dans la guerre, encore, que se forgea la communauté territoriale insérée dans le " pré carré " de Vauban. L'histoire des rois absolus est une histoire de France.

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