• à son image

    Jérôme Ferrari

    Ce somptueux roman en forme de requiem pour une photographe défunte est aussi l'occasion d'évoquer le nationalisme corse, la violence des guerres modernes et les liens ambigus qu'entretiennent l'image, la photographie, le réel et la mort.

  • Empire dérisoire que se sont constitué ceux qui l'ont toujours habité comme ceux qui sont revenus y vivre, un petit village corse se voit ébranlé par les prémices de sa chute à travers quelques personnages qui, au prix de l'aveuglement ou de la corruption de leur âme, ont tout sacrifié à la tentation du réel, et qui, assujettis aux appétits de leurs corps ou à leurs rêves de bonheur ou d'héroïsme, souffrent de vouloir croire qu'il n'est qu'un seul monde possible.
    PRIX GONCOURT 2012

  • 1957. À Alger, le capitaine André Degorce retrouve le lieutenant Horace Andreani, avec lequel il a affronté l'horreur des combats puis de la détention en Indochine. Désormais les prisonniers passent des mains de Degorce à celles d'Andreani, d'un tortionnaire à l'autre :
    Les victimes sont devenues bourreaux. Si Andreani assume pleinement ce nouveau statut, Degorce, dépossédé de lui-même, ne trouve l'apaisement qu'auprès de Tahar, commandant de l'ALN, retenu dans une cellule qui prend des allures de confessionnal où le geôlier se livre à son prisonnier.
    Sur une scène désolée, fouettée par le vent, le sable et le sang, dans l'humidité des caves algéroises où des bourreaux se rassemblent autour des corps nus, Jérôme Ferrari, à travers trois personnages réunis par les injonctions de l'Histoire dans une douleur qui n'a, pour aucun d'eux, ni le même visage ni le même langage, trace, par-delà le bien et le mal, un incandescent chemin d'écriture vers l'impossible vérité de l'homme dès lors que l'enfer s'invite sur terre.

  • Le principe

    Jérôme Ferrari

    Fasciné par la figure du physicien allemand Werner Heisenberg (1901-1976), fondateur de la mécanique quantique, inventeur du célèbre «principe d'incertitude» et prix Nobel de physique en 1932, un jeune aspirant philosophe désenchanté constate, à l'aube du XXIe siècle, l'incomplétude de sa propre existence. À travers ce double parcours, science et poésie révèlent la mystérieuse beauté du monde, que ne cesse de confisquer le matérialisme à l'oeuvre dans l'histoire des hommes.

  • De janvier à juillet 2016, à la demande du journal «La Croix», Jérôme Ferrari a accepté de se prêter au jeu de la chronique hebdomadaire. Abordant en 22 chapitres des sujets aussi divers que la déchéance de nationalité, le problème corse, la réforme de l'orthographe ou l'indigence rhétorique de nos responsables politiques, il donne à voir un certain état de la France au lendemain des attentats de 2015 et s'inquiète de la déconnexion de plus en plus grande entre les mots et la réalité.

  • Sous l'égide de Nietzsche («La vie n'est qu'une variété de la mort, une variété fort rare.»), ce recueil de nouvelles publié en 2001 confrontait quelques existences à leur propre inanité désespérante. Douloureusement habité par la colère et le dégoût, Jérôme Ferrari n'avait pas encore trouvé l'apaisement par la compassion qui traverse Le Sermon sur la chute de Rome, mais il savait déjà que seule la littérature a une chance de sauver les hommes.

  • Dans ce texte écrit à quatre mains, Jérôme Ferrari et Oliver Rohe s'appuient sur une archive historique, constituée de plus de deux cents photos prises lors du conflit italo-ottoman en Libye (1911-1912) par un dénommé Gaston Chérau, écrivain et correspondant de guerre. Ces images surprenantes et terribles établissent une sorte de canon du reportage de guerre au Moyen-Orient et posent la très actuelle question de la représentation de la violence. En les regardant, en les commentant, en s'interrogeant sur la légitimité ou la nécessité de leur analyse, c'est aussi une réflexion commune sur leur propre art de romanciers que Ferrari et Rohe esquissent.

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