• Ce livre constitue une perspective historique (celle de la minorité) sur cet épisode révolutionnaire et il est, selon les mots de Bernard Noël, un véritable « traité idéologique ».
    Pour Arnould, comme pour Lefrançais, membres tous deux de la « minorité » socialiste, non jacobine, non blanquiste, la Commune a trouvé « la formule exacte de la souveraineté populaire » en substituant le principe de la fédération, de l'union libre de collectivités autonomes, à tout centralisme politique. La formule inédite de la souveraineté par l'union, redoublée par l'anonymat de l'auto-gouvernement, accomplit les grandes idées du socialisme utopique. Mais cet accomplissement est vite contrarié par la situation de guerre étrangère et civile. Aussi la Commune se trouve-t-elle soumise à une tension contradictoire entre le socialisme utopique et le pragmatisme jacobin. Soumise à cet antagonisme, lui-même aggravé par la guerre, il faut à la Commune devenir efficace dans l'urgence ou abandonner le gouvernement à un Comité de salut public.

  • L'esprit d'aventure animait-il Pierre Teilhard de Chardin ? Il ne suffit pas, pour répondre, de rappeler la devise que lui applique l'un de ses amis, George Barbour : « Ut migraturus habita. Vis comme si tu allais partir. » Il ne suffit pas non plus de trouver sous sa plume ce bel aveu : « Je ne saurais désormais être autre chose qu'une sorte d'aventurier spirituel. » Il faut le suivre dans ses multiples voyages, lire son abondante correspondance, l'entendre se plaindre d'être retenu à Pékin durant la Seconde Guerre mondiale sans aucun terrain d'action, ou encore douter que la Croisière Jaune puisse lui être utile. Il faut aussi l'écouter se plaindre que le christianisme a perdu l'esprit d'aventure et le voir s'engager lui-même dans les zones laissées en blanc, celles où le savoir comme le croire perdent pied et où le réel reprend tout son pouvoir.
    Une invitation à mettre les pas dans ceux de ce gentilhomme aux semelles de vent.

  • Aujourd'hui, la Terre ne suffit plus aux GAFA. Elon Musk, à la tête de Space X, Jeff Bezos et sa société Blue Origin, ou encore le britannique Richard Branson, dirigeant de Virgin Galactic, investissent massivement dans le spatial. Et on peut dire que ces cowboys de l'espace n'ont pas peur de voir les choses en grand.
    Le but de ces chantres de ce que l'on appelle le Newspace: changer le monde, ni plus ni moins. Or ce monde est aussi le nôtre et les questions que cette conquête spatiale 2.0 posent nous concernent tous. Passer quelques jours dans la Station Spatiale Internationale, pour la coquette somme de 30 millions d'euros, est-il vraiment un progrès pour l'humanité, ou un bon business ? Plus sérieusement, pourquoi l'humanité entreprendrait-elle la conquête, la colonisation, l'exploitation d'une autre planète, d'un astéroïde ? Pour sauver l'espèce humaine de l'extinction ? La Terre est-elle si mal en point qu'il faudrait purement et simplement la mettre au rebut ?
    Les questions soulevées ont en tout cas le mérite de nous faire nous interroger sur le futur que pourrait nous offrir le développement actuel des techniques et des politiques spatiales. Parce qu'aller habiter sur la Lune n'est peut-être pas si stupide que ça...
    Or, il faut y penser maintenant sous peine de louper la navette !

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