• « Brueghel le cosmique, le cyclique, prend ponctuellement sur lui de descendre au nom des valeurs chrétiennes dans l'arène de son temps pour protester et ouvrir l'homme à une perception plus exigeante de la vérité. Il met en garde contre la fatalité d'une militarisation de la religion. Donc contre la dénaturation de l'esprit religieux par la réalité militaire. Son avertissement vaut pour toutes les époques, la nôtre comprise. » (citation tirée de l'ouvrage) Le titre et le sous-titre de cet ouvrage pourraient laisser entendre qu'il s'agit d'un texte savant d'un historien de l'art, se livrant à une énième étude sur la peinture de Brueghel. C'est bien plutôt à une lecture poétique de l'univers du grand peintre que nous invite Jacques Darras, dans ce qui relève de l'essai et de l'exercice d'admiration. Il nous remet en tête les tableaux du peintre en suivant ses descriptions fines et ses remarques pertinentes sur la nouveauté et la modernité de Brueghel l'Ancien, qui a rompu avec les modèles existants et a inventé un langage pictural direct et simple d'accès. Ce qui fit le succès de son oeuvre.
    Portrait universel d'un peintre en son temps dans une époque en pleine mutation, portrait d'une "ville-monde" (Anvers) en construction au coeur de l'Europe, ce livre est aussi une réflexion de Jacques Darras (d'origine belge) et, sous des allures d'objectivité historique, une esquisse d'autoportrait.
    Il s'agit d'un texte inédit, longuement médité par un auteur dans sa maturité, sur un sujet qui est au croisement de la littérature et de l'art, un regard novateur sur un peintre très célèbre.
    Passionnant plaidoyer pour l'artiste flamand, ce livre s'intéresse aussi à la réception de l'oeuvre. Les « lecteurs » de Brueghel sont ainsi réunis dans l'ouvrage, d'Edwin Panofsky à Larry Silver, de Baudelaire à Verhaeren, d'Aldous Huxley à W. Carlos Williams (dont le dernier livre, Tableaux d'après Brueghel, 1962, est en partie reproduit dans le livre avec une traduction de Jacques Darras lui-même).

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