• Les vikings

    Jean Renaud

    Des romantiques scandinaves aux Américains célébrant le découvreur Erik le Rouge, des Russes invoquant des ancêtres varègues aux groupuscules néonazis ne jurant que par Thor et Odin, des mangas aux séries télévisées, les Vikings sont partout. Mais qui sont vraiment ces étranges Nordiques que la bande dessinée affuble de casques à cornes ? Des guerriers courageux qui ont soif d'aventure ? Des envahisseurs et des pillards naviguant sur des drakkars ? Possédaient-ils des esclaves ? Faisaient-ils des sacrifices humains ? Leur langue, le norrois, a-t-elle influencé le français ? Croyaient-ils en leur magie ?
    Puisant aux meilleures sources de l'archéologie et de l'histoire, ce livre fait litière des inévitables clichés sur ceux qui, de la fin du viiie siècle au milieu du xie siècle, ont rayonné depuis leur coeur originel scandinave jusqu'aux plus lointaines terres de leur incroyable expansion, entre Russie et Amérique.

  • À l'heure où paraissent les séries TV "Vikings" et "The Last Kingdom", ce livre vous permettra de découvrir la véritable histoire de la rencontre des mondes scandinave et celte.

  • La Normandie des vikings

    Jean Renaud

    • Orep
    • 15 Mai 2006

    Ce n'est que dans la seconde moitié du XIXe siècle que les Français découvrent ce mot : " Vikings ". Jusque-là (et même ensuite, d'ailleurs) ils les qualifient de " Normands ", reprenant un des vocables favoris du Moyen Âge - " Nordmanni " - pour désigner (en latin) les " hommes du Nord " qui terrifièrent l'Europe pendant deux siècles. Toutefois dans leur langue, les anciens Scandinaves appelaient eux-mêmes " vikings " (víkingar) ceux d'entre eux qui s'embarquaient pour " partir en expédition guerrière " (fara í víkingu).
    Or les Scandinaves n'étaient pas des " barbares ". À la fois paysans, marins, commerçants et guerriers, mais toujours des hommes libres, ils appartenaient à des nations en train de se forger : le Danemark, la Norvège et la Suède. Leur société, fondée sur la famille et la propriété héréditaire, vivait essentiellement de l'agriculture, tout en misant sur une activité économique favorisée par un essor maritime remarquable...

  • Dans cet ouvrage, Jean Renaud, professeur à l'Université de Caen, recense la majeure partie des noms de lieux d'origine scandinave encore en usage en Normandie.
    Il y a ceux qui ont été forgés par les Vikings eux-mêmes, au début du Xe siècle : ils se caractérisent pour la plupart par la juxtaposition de deux éléments purement scandinaves, ainsi Clitourps, Étaintot, Oudalle, Criquebeuf, Orbec, Bouquelon, Sanvic, etc.
    Il y a ceux qui témoignent de l'influence viking tout au long du Xe siècle, voire au-delà : ils associent souvent un élément scandinave et un élément de type franc ou roman, ainsi Gonneville, Ronchetuit, Rubec, Champosoult, Torgisval, Hernetot, Tollevast, etc.
    Et il y a ceux qui continuent d'être donnés parfois jusqu'à la fin du Moyen Âge, y compris dans des zones en dehors de l'implantation viking : ils perpétuent l'usage de simples mots scandinaves passés dans le langage courant, ainsi La Londe, La Hoguette, Le Torp, Le Becquet, La Mare, Le Tot, Le Thuit, etc.
    Tous ces toponymes sont classés ici selon qu'ils décrivent à l'origine la nature ou l'habitat, et en fonction des différents appellatifs.

  • L'indispensable synthèse qui permet d'apprécier à sa juste valeur le passé scandinave de la Normandie.! Pendant tout le IVe siècle, les Vikings assaillirent l'Europe et la mirent à feu et à sang. En Normandie, leurs incursions répétées aboutirent à une colonisation des terres que leur concéda, en 911, le roi Charles le Simple par le traité de Saint-Clair-sur-Epte : Rollon, personnage énigmatique, en devenait le premier duc. Cet ouvrage est une évocation claire et circonstanciée des événements, depuis les premiers raids jusqu'aux débuts du duché ; il présente, de façon détaillée, ce qui subsiste de la venue des Vikings. Cette indispensable synthèse permet d'apprécier à sa juste valeur le passé scandinave de la Normandie.

  • Les vikings avait imaginé pour leurs dieux un univers qui, à beaucoup d'égards, ressemblaient aux leurs et dans lequel ils étaient confrontés aux monstres et au géants qui menaçaient la terre entière. Dans ce livre vous retrouverez toute l'histoire de ces dieux Vikings, et une partie des sagas qui leur sont attachées.
    Odin, le dieu borgne, Thor, armée de son marteau, Freyja, belle et lascive, et toutes les autres divinité qui les entourent. Jean Renaud nous explique aussi le culte qui leur était rendu.  C'est ouvrage rigoureux s?en tient scrupuleusement aux sources Scandinaves mise par écrit après la Christianisation.

  • Pourquoi le philosophe Søren Kierkegaard a-t-il brutalement rompu ses fiançailles avec la jeune fille qu'il adulait ? De quelle incapacité au bonheur, de quelle malédiction se croyait-il frappé ? Dans les mois, les années, et même les décennies qui suivent, bien que mariée et heureuse, la fiancée répudiée, Regine Olsen, s'acharne à comprendre...  

  • Dans la vie de saint Augustin se tient une ombre, une femme, nommée Elissa dans le roman, qui partagea sa foi manichéenne, fut sa concubine, lui donna un fils, vécut avec lui à Carthage, Thagaste, puis en Italie où le jeune rhéteur la congédia de son existence... Quand Elissa prend la parole, aux premières pages de ce livre, presque douze ans ont passé depuis sa "répudiation". Revenue vivre à Carthage, elle s'est liée d'amitié avec un couple dont le mari a pour métier de consigner sur des parchemins les discours d'avocats, rhéteurs ou prédicateurs. C'est par lui qu'elle apprend le passage prochain à Carthage d'Augustinus, désormais évêque d'Hippone...
    Roman tout en miroitements, par lequel une vie scintille dans une autre, ce livre aux accents d'anti-confessions passe au crible de celle qui sait les débuts puis la carrière du saint homme. La mémoire d'Elissa est tenace, en elle la fidélité l'emporte sur la désillusion. Et l'auteur excelle à revisiter les textes augustiniens, interpréter les silences, traquer les demi-aveux, pressentir les non-dits, déchiffrer l'insidieuse pesée du lien maternel, restituer l'intime, effleurer la peau des souvenirs...
    Avec ce portrait en creux d'un "cher disparu", Claude Pujade-Renaud réplique à l'histoire officielle, témoigne pour le témoin qu'est Elissa, et poursuit sa réflexion - constante dans toute son oeuvre - sur les coulisses des pouvoirs... temporel et spirituel.

  • Pour la première fois dans l'histoire de l'égyptologie, la pédagogie s'organise autour d'inscriptions de difficulté progressive, et non autour de catégories grammaticales. Afin de les reconnaître plus facilement sur les inscriptions, tous les signes sont présentés à travers plus de 700 fac-similés, dans leurs formes graphiques des plus détaillées - avec leurs couleurs originales - aux plus cursives. Les documents étudiés sont des photographies, pour que l'étudiant puisse le plus vite possible mettre en pratique ses connaissances sur les monuments.
    L'iconographie, les symboles, dieux et personnages, dont la connaissance est utile à la compréhension des textes, sont expliqués et richement illustrés.
    Tant pour l'amateur qui veut découvrir la beauté de l'écriture égyptienne et savoir de quoi parlent les inscriptions, que pour l'étudiant qui veut se lancer dans un apprentissage approfondi de l'épigraphie hiéroglyphique, ce livre est aujourd'hui l'une des meilleures portes d'entrée sur le sujet, à la fois accessible et savant.
    Cette seconde édition est une oeuvre plus aboutie, qui contient suffisamment de nouveau contenu pour intéresser ceux qui ont déjà acheté la première : on y trouvera 4 nouvelles leçons (trois pour faciliter le travail des débutants, et une pour introduire au livre des morts à la fin), un vocabulaire désormais dessiné en fac-similé, plusieurs notices de signes supplémentaires, des explications grammaticales simplifiées et mises à jour des derniers développements de la recherche égyptologique.

  • Jusqu'à son éradication en 1709, l'abbaye de Port-Royal des Champs aura représenté - face à Versailles, à la cour de Louis XIV, aux jésuites et à la papauté - un symbole d'indépendance et d'inviolabilité des consciences. C'est pourquoi ce récit est celui d'une persécution acharnée, mais aussi d'une clandestine activité de préservation. Cette histoire de clan et de femmes, traversée de multiples prises de parole, est notamment portée par les voix de Françoise de Joncoux et de Marie-Catherine Racine. La première déchiffre et recopie les manuscrits du monastère, maintient le lien entre les membres de la communauté dispersée, sauve de l'anéan tissement l'oeuvre édifi ée par tant de moniales et de leurs amis - Blaise Pascal et les "Solitaires". La seconde cherche à cerner la vérité de son père, l'illustre Jean Racine, ami ambigu de Port-Royal, qui y fut élevé, s'en éloigna... mais voulut y être inhumé. Revécu par celles qui ont "fait" ou approché Port-Royal, bruissant de mémoire et empli de probité dans la fiction, ce roman rend hommage à un lieu de grâce que le pouvoir temporel s'évertua à opprimer, détruire et transformer en désert - au risque d'en faire un mythe.
    Nouvelliste et romancière, Claude Pujade-Renaud a reçu le grand prix de la Société des gens de lettres en 2004. La quasi-totalité de son oeuvre est disponible chez Actes Sud.

  • Deux femmes qui ne se sont jamais vues se croisent un soir de décembre 1714, dans un château en Castille.
    L'un, Anne-Marie des Ursins, toute-puissante auprès du roi Philippe V d'Espagne, est venue accueillir l'autre, Elisabeth Farnèse, nouvelle épouse du souverain, encore inconnue de lui.
    La nuit, la neige, une escorte, un carrosse dans lequel il faut s'engouffrer et qu'à vive allure on mène vers la France : en quelques instants d'une entrevue sans témoin, la reine a signifié à Anne-Marie des Ursins sa disgrâce.

    L'exil commence - et avec lui l'obsédant va-et-vient de la mémoire. Depuis Gênes où elle trouve refuge, Anne-Marie tente de comprendre les raisons de sa chute. A Madrid, dans le glacial palais de l'Alcazar, Elisabeth fait l'apprentissage de son métier d'épouse et de reine.
    Mariages, enfantements, plaisirs choisis ou obligés du pouvoir. Requises dans ce qu'elles ont de plus intime, des femmes donnent ici leur version singulière de l'Histoire.

    Avec cet ample roman, Claude Pujade-Renaud pourrait bien rendre à la politique sa plus exacte dimension : celle des coeurs, passions, caractères.

  • Baby-sittor

    Isabelle Renaud

    Nine comprend tout, et très vite. Logique, donc, que du haut de ses dix ans et demi, ses camarades de classes, ces Gmols comme elle les appelle (ce qui donne, en version longue, Gros MOrveux Limités), ne présentent pas le moindre intérêt. Logique aussi qu'elle ait bien cerné l'attitude terriblement protectrice de ses parents : sortir jouer dans la rue, passer la nuit chez une copine, participer à un goûter d'anniversaire... Tout cela lui est interdit. Trop dangereux. Il risquerait d'y avoir des garçons (ça bouscule), des animaux (ça mord, ça griffe), une piscine (ça noie) et d'autres choses plus terrifiantes encore. Alors quand Nine apprend que sa mère vient de trouver un nouveau travail, elle jubile. Enfin un peu d'air. D'autant que dans la précipitation, ses parents ont embauché un baby-sitter pas tout à fait comme les autres. Jeune étudiant, motard, sans aucune expérience avec les enfants, Anil va sans le vouloir remuer les habitudes de la famille.



    Il était temps. Un premier roman drôle et sensible, qui dit avec intelligence le poids qui pèse parfois sur les épaules des enfants.

  • Ce manuel est le premier à construire une progression dans l'apprentissage de l'exercice de la version grecque. Les textes proposés sont de difficulté croissante, supposant acquis les points grammaticaux vus précédemment. La révision des points essentiels de la   grammaire de base est ainsi rendue possible dans le cadre et en vue de l'exercice de la version.
    Chaque étape est structurée en un exercice préparatoire, un ou plusieurs textes suivis de la traduction intégralement commentée même pour les formes les plus simples, enfin de fiches synthétiques de grammaire illustrées par les exemples du manuel. Le choix des textes a été fait en fonction de leur exemplarité pour traiter telle ou telle question de grammaire, et dans un souci d'évoquer la variété de la littérature grecque (prose, poésie, textes classiques ou tardifs).

  • Elles sont trois petites filles du plus haut lignage, issues des deux mariages du tyran Denys de Syracuse. Leur vie quotidienne, au début du IVe siècle av. J.-C., est rythmée par les récits et par les jeux, par l'apprentissage des mythes et de la musique, par l'admiration pour leur père et par la lointaine rumeur du monde des hommes qui parfois monte, troublante, enivrante, d'au-delà des remparts, portée par le vent de la mer. Car le jardin où elles grandissent est cerné de murailles, dressées sans doute pour leur protection, leur quiétude ou... leur réclusion ? Peu à peu, en effet, la belle ordonnance du jardin est brisée et les lois de l'inceste métamorphosent en tragédie cette chronique familiale par laquelle Claude Pujade-Renaud, poursuivant son interrogation sur les femmes et le pouvoir, confronte son intuition de romancière aux représentations de l'Antiquité.

  • Malade le jour où Socrate a bu la ciguë, Platon fuit Athènes, la cité traîtresse qui a assassiné son maître, et il rejoint à Mégare quelques amis et disciples du philosophe. Il les questionne sur les derniers instants, les ultimes paroles de celui qu'il a tant admiré et dont il peine à retrouver, dans les divers témoignages recueillis, le véritable visage. En compagnie du jeune esclave Mélésias, Platon prend alors le chemin d'une grotte isolée, dans l'espérance de quelque révélation.
    "Platon, je crois, était malade" : par l'interstice d'une phrase relevée dans le fameux Phédon où Platon raconte la mort de Socrate, Claude Pujade-Renaud rejoint une époque où la philosophie s'invente dans les jeux vifs et éphémères de la parole, de l'intelligence et du désir.

  • Christian Avesque, 71 ans, est le dernier berger du causse Méjean.
    De ce royaume de beauté émaciée, il possède tout ce qui n'a pas de prix: des paysages de sauvagerie et de douceur, un ciel somptueux, la mémoire des lieux, la connaissance des animaux, des plantes. Il a le regard qui pétille, une barbe de patriarche et la robustesse de ces arbres irréductibles qui s'arriment à la terre maigre du plateau, résistant à la sécheresse, à la neige, au vent. Il est berger, le dernier berger salarié du Causse, le seul qui, comme dans les chansons et les contes; parce qu'il n'aime ni les clôtures ni les animaux parqués, mène encore chaque jour son troupeau là où il trouvera la meilleure provende.
    Il ne possède rien. Pas même les quelque trois cents brebis dont il est responsable. S'il ne quitte guère son territoire, il fait sur les ailes des oiseaux migrateurs de magnifiques voyages. Et s'il n'a nul besoin d'un agenda pour scander ses travaux et ses jours, c'est que, justement, ces oiseaux en sont les repères. Les chants de l'alouette Lulu, du rossignol ou de la grive, les voltiges des aiglons, des milans ou des vautours, sont pour lui l'an-nonce des tâches à accomplir, les infaillibles marqueurs des saisons de la nature, et le rappel des saisons de sa propre vie.
    Son temps à vol d'oiseau.

  • Sui generis

    Renaud Monfourny

    • Inculte
    • 9 Mars 2016

    131 portraits photographiques par Renaud Monfourny le photographe emblématique des Inrocks : Lou Reed, Neil Young, Patti Smith, Iggy Pop, Nick Cave, Pj Harvey, Leonard Cohen, Bjork, Lee Hazlewood, Nico, Robert Wyatt, Gun Club, White Stripes, Nirvana, Rem, Morrissey, Pulp, Oasis, Blur, Eno, David Byrne, Richard Hell, Grantmac Lennan/Robert Forster, Elliott Smith, Mark e Smith, Scott Mattew, Antony, Palace, Kills, Catpower, Jef Barbara, Hunx, William Burroughs, Allan Ginsberg, Paul Bowles, Hubert Selby, Nick Toshes, Tom Wolfe, Brett Easton Ellis, Don de Lillo, Russel Banks, Barcelo, Soulages, Gilbert & George, Ernest Pignon, Davis Hockney, Louise Bourgeois, Richter, Asia Argento, David Lynch, Clint Eastwood, Woody allen, Tarantino, Dennis Hooper, Almodovar, Bela Tarr, Gus van Zandt, Wenders, Godard, Pialat, Claire Denis, Bertrand Bonello, Duras, Modiano, Rushdie, Houellebecq, Calaferte, Jg Ballard, Sarraute.

  • C'est une scie : Sidonie, qui le soir, inlassablement, raconte aux autres outils son histoire pour les endormir. Dans ses péripéties, Sidonie est tour à tour musicienne, instrument de magie, de cuisine mais aussi outil de découpage d'un texte pour en faire de nouveaux assemblages. Bref Sidonie la scie est une bricoleuse merveilleuse autant dans ses aventures que dans sa narration. L'histoire ainsi découpée nous permettra de croiser quelques héros du patrimoine littéraire avec Pinocchio pour trame de  fond.

  • Léonard Bernstein

    Renaud Machart

    Le nom et la renommée de Leonard Bernstein (1918-1990) restent pour l'essentiel liés à sa carrière de chef d'orchestre, à ses émissions télévisées de pédagogie musicale et à West Side Story (1957). Mais cette référence inévitable à ce qui est probablement le chef-d'oeuvre de la comédie musicale américaine agaçait le compositeur, qui regrettait que l'on ne connût pas mieux le reste de son catalogue, certes inégal, mais digne d'être considéré et, en certains cas, réhabilité. Toute sa vie, cet homme-orchestre sera douloureusement partagé entre son désir d'écrire davantage de musique et son irrépressible plaisir à diriger les orchestres du monde entier ; toute sa vie, il luttera contre une nature plurielle (dans son oeuvre comme dans sa vie) qui était pourtant l'essence même de son être. Cet essai associe un portrait psychologique de ce compositeur janusien à une analyse accessible des caractéristiques premières de sa musique, si méconnue en France, tout en ne négligeant pas les apports précieux de Bernstein aux domaines de la direction d'orchestre et de la pédagogie.

  • La découverte des peintures de la Préhistoire s?est accompagnée du sentiment très puissant d?assister à une apparition. Cet enchantement a culminé avec la grotte de Lascaux puis avec celle de Chauvet, mais l?éblouissement qui continue d?envelopper les peintures laisse sur nos yeux une taie, semblable à un point aveugle, qui ne s?est toujours pas dissipée. Il est vrai que les préhistoriens ont concentré leur attention, non sur ce geste si novateur de rendre visible le monde sous la forme de figures, mais sur les usages supposés de ces premières images : être un passetemps décoratif ou une tentative d?infléchir le succès de la chasse par « la magie sympathique » ; représenter une mythologie, faite de couples d?animaux incarnant une conception sexuée du monde ou encore, être un rituel chamanique de contact religieux.
    Mais la question de la genèse du dessin demeure entière et, tout environnés que nous sommes par les images, nous avons perdu de vue que cette invention est un prodigieux saut de pensée. Synthétiser une forme ou un être vivant en quelques traits qui saisissent leur apparence est une opération intellectuelle d?une folle portée. Quel a pu être le désir, si patiemment poursuivi, qui a conduit à la naissance de cet art ?
    De la pensée qui s?est ainsi haussée jusqu?au dessin, peut-on reprendre le trajet ? Le geste du regard est l?hypothèse de son acheminement vers la figure.

  • Une boîte oubliée dans une cave, des centaines d'ektachromes que Line fait tirer par curiosité... Au fil des clichés enfin dévoilés, elle se souvient de son American dream, de sa conquête de New York et d'Hollywood, de ses revues à Las Vegas dont elle fut la reine cinquante ans avant Céline Dion.

    Dans sa maison du 174, Tropicana Avenue bientôt rebaptisée « l'ambassade de France », Line donne des fêtes d'anthologie où se pressent Ella Fitzgerald, Dean Martin, Frank Sinatra, Judy Garland, Louis Prima, Nat King Cole, Bob Hope ou Cary Grant. Qui mieux que Line Renaud pouvait se souvenir de la grande épopée de Las Vegas, évoquer des instants partagés avec Marlon Brando, Liz Taylor, Gregory Peck ou Elvis Presley...?

    Qui d'autre qu'elle pouvait nous offrir le récit de sa rencontre avec Hitchcock ou celui de ses rires avec Jane Russell ? Personne ! Line fut le témoin privilégié d'une époque. Avec son ami David LelaitHelo, elle nous la donne en partage.

    Sans nostalgie mais avec dérision et gourmandise. Cette histoire-là est un film en technicolor, une histoire folle et moderne dans un décor délicieusement vintage.

  • Adams

    Renaud Machart

    Etrangement, la musique de john adams (né en 1947), le compositeur américain vivant le plus joué dans le monde, n'a jamais fait à ce jour l'objet de la moindre étude.
    Voilà ce préjudice enfin réparé. renaud machart situe la trajectoire esthétique de john adams dans le contexte de la musique américaine du xxe siècle, peu connue en france. depuis les débuts "minimalistes", à l'orée des années 1970, jusqu'aux pièces les plus récentes comme la fresque chorale et orchestrale en hommage aux victimes du 11 septembre, les oeuvres emblématiques de ce musicien prolifique sont ici étudiées, de même que ses récurrences stylistiques et les polémiques esthétiques et politiques qu'elles ont suscitées.
    Ce premier livre bénéficie en outre de la collaboration active du compositeur, que l'auteur a souvent rencontré depuis 1991.

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