• Les catastrophes naturelles ne sont pas, dans l'Antiquité, très différentes de ce qu'elles sont de nos jours. Le temps géologique est un temps long.
    Ce qui change, c'est l'environnement humain, le rapport de l'homme à la nature, les façons, différentes, d'habiter celleci et de l'exploiter. Toutes choses qui entraînent que les mêmes catastrophes, de nos jours, peuvent être parfois beaucoup plus meurtrières, beaucoup plus dangereuses que dans l'Antiquité.

  • Ulysse et ses compagnons franchissent les Colonnes d'Hercule et s'aventurent sur l'Océan, au delà de Gibraltar, vers l'inconnu, en quête de l'expérience inouïe du « monde sans habitants » . Ils disparaitront corps et biens, leur navire emporte´ par un tourbillon.
    Prenant appui sur la relation que Dante donne de cet événement au Chant XXVI de l'Enfer, l'essai avance un questionnement dans plusieurs directions.
    À côté d'une problématique de la mémoire et de la transmission, directement rattachée au poème de Dante, le destin d'Ulysse amène à interroger l'en treprise même d'explorer le monde , avec les interdits qu'elle ne cesse a` la fois de braver et de susciter , mobilisée de l'intérieur par des pulsions qui n'accèdent pas toujours a` la lumière mais aussi de l'extérieur par la présence insistante de recoins inaccessibles dans un monde de moins en moins hospitalier.
    De la` des analyses très diversifiées, portant non seulement sur l'expression allégorique, qui désigne déjà l'inconnu enfoui au coeur de la langue et métaphorise au fond toute exploration, mais sur la cosmologie aussi, la géographie, et l'histoire ; sur le désir de savoir, sur ses dérives, sur la curiosité´ .
    Enfin, en retravaillant, avec Blumenberg, le thème de la non-fiabilité´ du monde, l'auteur ouvre la voie a` un approfondissement qui conduit´ encore a` interroger quelques métaphores décisives, en particulier celles relevant de la navigation et du naufrage . En un champ a` la fois métaphysique, historique et éthique, parfois théologique, il dégage les réquisits premiers d'une possible découverte du monde et de dessiner ce qu'en termes phénoménologiques on pourrait définir comme une archéologie de l'exploration du monde. Bref, il décrit la figure singulière, historique et concrète, que prend dans l'espace terrestre le partage du connu et de l'inconnu, ce partage même qui oppose le « monde habite´ » et le « monde sans habitants » , et que déstabilise radicalement, au début des Temps modernes, l'irrésistible fièvre qu'a l'homme de connaître son monde.

  • Dans l'Antiquité grecque et romaine, en cela différente de l'Antiquité égyptienne, les animaux sont un élément essentiel du monde humain, alors que, pour les Égyptiens, ils étaient des dieux. Ce livre rassemble des textes qui traduisent la prise de conscience, chez les Grecs et les Romains, des multiples rapports entre l'Homme et l'animal.
    On y lira comment les hommes se situent par rapport à l'animal, mesurent la distance qui les en sépare : les bêtes pensent-elles ? accèdent-elles au langage ? peuvent-elles relever d'un ordre juridique ? Toutes questions qui surgiront, entières, de textes étonnamment neufs.
    Mais on verra aussi comment les hommes apprennent à maîtriser et à connaître l'infinie diversité des formes vivantes en inventant l'exercice de la classification scientifique. Aristote, Hérodote et Pline permettent de s'approprier ce monde. De leur côté, agronomes et poètes décrivent et transmettent les pratiques et l'intelligence des gestes par lesquelles l'humanité est parvenue à conquérir les animaux, à les capturer, à les élever, à les domestiquer, à les exploiter. et à les manger. Comment alors ne pas demander, avec Plutarque, s'il est loisible de manger chair ? Si quelques philosophes défendent la cause des bêtes, c'est aux historiens, en des pages souvent méconnues, de rendre compte du massacre que furent les jeux du cirque et de désigner une humanité qui se plaisait à faire couler le sang des bêtes pour seulement le regarder couler.

  • Dis-moi Muse, la colère d'Achille, les tourments d'Enée, la naissance du monde, les crimes d'OEdipe et les châtiments des dieux : la mythologie est un ciel infini et ses étoiles, dont nul ne sait si elles sont mortes ou vivantes, continuent de nous éclairer et de nous faire rêver. Elle occupe des pans entiers de notre imaginaire et des rayons entiers des bibliothèques.

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