• Diogène

    Jean-Manuel Roubineau

    Platon a dit de lui qu'il était un « Socrate devenu fou ». Philosophe atypique, Diogène ne s'est interdit aucune extravagance, ne s'est soumis à aucune des conventions sociales en vigueur à son époque, le IVe siècle av. J.-C. Mais s'il est demeuré, jusqu'à nos jours, une figure familière de la culture occidentale, il le doit avant tout à son rôle dans la naissance d'un courant philosophique majeur, le cynisme.

    Pourfendeur des théoriciens de la philosophie et adepte d'une philosophie en actes, Diogène choisit de mener une existence de mendiant et s'emploie à dénoncer les artifices de la vie en société. Successivement citoyen de Sinope, étranger en exil, esclave asservi par des pirates crétois puis affranchi, Diogène illustre, de manière saisissante, la mobilité et l'insécurité sociales caractéristiques du monde grec ancien. Surtout, refusant toutes les appartenances, de la famille à la cité, il est le premier à se déclarer citoyen du monde et invente un nouvel idéal : le cosmopolitisme.

  • À partir d'une analyse des inégalités sociales en oeuvre dans les cités, cet ouvrage dresse un panorama de la vie sociale qui se déroule en leur sein, entre le VIe et le IIe siècle avant J.-C.
    Après avoir appréhendé les inégalités de droit, de genre et de fortune, le livre étudie la manière dont celles-ci se manifestent dans les structures du quotidien, qu'il s'agisse des pratiques vestimentaires, alimentaires, funéraires ou immobilières. Les liens sociaux en vigueur, les manières de se réunir, de se distraire, de célébrer les dieux, ou encore les mécanismes de solidarité en vigueur dans la cité, traduisent de manière variable et nuancée l'ordre social. Par exemple, les citoyens fortunés, au sommet de la pyramide sociale, adoptent de nombreuses stratégies de reproduction, depuis l'éducation inculquée à leurs enfants jusqu'aux choix matrimoniaux en passant par les formes de contrôle des naissances. Pour autant, la possibilité de gravir l'échelle sociale existe bel et bien, qu'il s'agisse de s'enrichir ou d'accéder à un statut plus favorable, et contribue, malgré tout, à faire de la cité une société d'opportunités.

  • Lutteur d'exception, Milon de Crotone accumule, au VIe siècle av. J.-C., le plus extraordinaire des palmarès sportifs de l'histoire. Multiple champion olympique, sa légende, antique comme moderne, a fleuri autour des exploits qu'on lui prête, qu'il s'agisse de prouesses physiques ou alimentaires.
    Érigé par les Anciens en figure exemplaire de la force, de l'énergie ou encore de la virilité, Milon a frappé les esprits tant par son rôle déterminant dans la guerre contre Sybaris que par les conditions dramatiques de sa disparition, dévoré par des loups dans une forêt de Crotone, les mains prisonnières d'un chêne qu'il avait tenté de fendre.
    Mais Milon est avant tout le témoin et l'un des acteurs principaux de la naissance d'un phénomène majeur de la culture occidentale, le sport, et de l'émergence d'une figure sociale d'un nouveau type : l'athlète.

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