• « Conquise, la Gaule a perdu la parole. Sa mémoire était toute entière dans le souvenir inquiet qu'en avaient gardé ceux qui l'avaient soumise. Rome a fait oublier la Gaule. Puis on a cru la reconnaître dans les "Sauvages" de l'Amérique, ou bien reflétant, à distance, notre image : celle de "nos ancêtres les Gaulois".
    Les découvreurs qui ont exhumé ses vestiges à partir de la fin du XIXe siècle, ont été surpris de la voir livrer des créations subtiles et magnifiques, que l'on croyait trop belles pour elle. Il a fallu attendre les surréalistes, comme André Breton, pour que l'on prenne la mesure de la force d'expressivité et de l'originalité de l'art gaulois. Nous y reconnaissons maintenant la marque d'une pensée et d'un savoir, voisin de celui de la science grecque ».
    L.O.

    Retraçant les réinventions successives dont les « Gaulois » ont fait l'objet depuis l'époque de César, Laurent Olivier remonte le fil du temps pour s'approcher au plus près d'un monde disparu, celui des Celtes.

  • 52 avant notre ère. En Gaule, Alésia est le terrain d'une bataille décisive qui oppose deux figures héroïques : Jules César et Vercingétorix. Là, César aurait connu une forme d'apothéose qui lui aurait donné légitimité pour régner sur Rome et conquérir le reste de l'univers ; en 52 avant notre ère, la Gaule, après une existence de cinq siècles, se serait comme évanouie. Pourtant, on sait peu qu'avant de se jeter dans une bataille sans merci, le conquérant romain et le jeune chef gaulois ont été alliés, voire amis. En neuf mois d'actions de guérilla contre l'envahisseur romain, Vercingétorix a marqué le cours de l'Histoire. C'est lui qui, finalement, gagnera la bataille de la mémoire, transformant sa défaite militaire en victoire morale.
    Laurent Olivier mène ici une véritable enquête policière, reprenant les écrits de César, les témoignages des historiens romains et faisant appel aux dernières découvertes de l'archéologie.

  • C'est un secret bien gardé. Près de 90 % des archéologues allemands ont été membres du parti nazi. Mise au service du nazisme, l'archéologie fournit alors une légitimité scientifique à l'entreprise d'« épuration raciale » et de germanisation forcée menée par le IIIe Reich dans toute l'Europe occupée. Archives à l'appui, Laurent Olivier lève le voile sur l'embrigadement de l'archéologie allemande et met en évidence son obsession à prouver la présence germanique en Europe, et en particulier en France. Il s'agit d'établir la parenté supposée entre les mégalithes de Bretagne et ceux du nord de l'Allemagne et de la Scandinavie pour promouvoir l'idée d'une communauté de sang « nordique », ou de prouver le passé exclusivement germanique de l'Alsace. Ce que révèle Laurent Olivier, dans cette enquête fouillée, c'est à quel point les archéologues français ont largement coopéré sous Vichy avec leurs homologues nazis à la réécriture des origines de l'Histoire. Après la guerre, la plupart des archéologues recrutés au service des institutions du IIIe Reich ont poursuivi leur carrière à l'université ou dans les musées, entretenant une véritable omerta sur le passé nazi de l'archéologie.

  • L'archéologie, pensons-nous spontanément, consiste à retrouver ce qui s'est effacé de l'histoire, à reconstituer les civilisations disparues, à dévoiler les trésors d'un passé enfoui. Mais ce n'est pas cela, l'archéologie. Elle met au jour des vestiges de ce qui a vécu. Le vestige est une archive, un document de mémoire bien plus que d'histoire.
    Les objets que l'archéologie " remonte " à la surface ne découvrent pas un passé disparu, mais l'énigme de leur existence, car il nous faut reconstituer leur signification la plupart du temps perdue. Du reste, l'archéologie couvre désormais toutes les périodes de l'histoire, y compris de l'histoire contemporaine quand elle fouille les tranchées et les charniers pour exhumer les vestiges des guerres et des massacres du XXe siècle... Abordant le passé à partir des résidus ou des déchets de l'histoire, l'archéologue est un "chiffonnier du passé". Il recueille le souvenir des temps anciens, que l'histoire a enfoui ou recouvert, mais qu'elle n'a pas effacé.
    Dans cet essai, où Darwin, Freud, Foucault, Derrida, Michel de Certeau, Walter Benjamin fournissent les clefs de l'interprétation, l'archéologie est une science des mémoires sans cesse recomposées, une discipline de l'étude des filiations. Elle devient la science humaine qui explore le "sombre abîme du temps" (Buffon) dans lequel le passé est englouti.

  • Henri Hubert, à qui l'on doit, entre autres, une réflexion fondatrice sur les Celtes et les Germains, fut l'un des conservateurs du musée des An- tiquités nationales de Saint-Germain en-Laye qui, à cette époque, « se cherchait » encore.
    Cet homme de réflexion et d'action - littéralement mort à la tâche pour s'être voué à un travail titanesque d'acquisition, de classement et de présentation muséographique des collections du musée - disparut trop vite et était trop hétérodoxe pour que son oeuvre puisse atteindre la masse critique et l'influence propres à lui assurer un avenir notable.
    Il n'en fut pas moins l'un des intellectuels les plus incisifs et pénétrants de son temps ; lié à Durkheim et à l'aventure de la sociologie naissante, il est l'ami intime et le partenaire intellectuel le plus proche de Marcel Mauss, neveu de Durkheim, en qui chacun aujourd'hui s'accorde à voir l'un des fondateurs de l'anthropologie française à travers son Essai sur le don. Henri Hubert transpose aux problématiques de l'archéologie, et à la compréhension de la préhistoire une réflexion très audacieuse pour les domaines concernés. Auteur d'un court essai intitulé Étude sommaire de la représentation du temps dans la religion et la magie, il récuse toute clôture des cultures préhistoriques et antiques sur elles-mêmes ou dans une niche temporelle donnée et développe une vision très moderne et pas encore toujours acquise aujourd'hui-même de la formation complexe et toujours en révision des grandes identités « ethniques ».

  • Cette « nouvelle archéologie » allemande fut servie avec enthousiasme par une génération de jeunes chercheurs qui poursuivirent brillamment leur carrière après 1945 et continuèrent à former les nouvelles générations de chercheurs de l'après-guerre jusque dans les années 1970 et 1980. Cette continuité a directement contribué à entretenir une véritable omerta sur le passé nazi de la discipline archéologique.
    Avec la disparition des derniers témoins du nazisme, de nouvelles recherches sur les projets archéologiques mis en place par les autorités nationales-socialistes en Allemagne et en Europe occupée ont enfin pu se développer. Depuis ces quinze dernières années, l'étude des sources d'archives européennes révèle l'étendue de l'entreprise d'instrumentalisation de la discipline archéologique réalisée au profit de l'idéologie nazie. Ces recherches soulignent également l'importance de cet encombrant héritage dans l'archéologie européenne actuelle. A tous, elles rappellent la responsabilité des archéologues et des spécialistes du passé lorsque ce dernier devient une arme, utilisée d'abord pour exclure l'autre, puis bientôt le faire disparaître. Le philosophe allemand Walter Benjamin nous avait prévenus : « Si l'ennemi triomphe, écrivait-il, même les morts ne seront pas en sûreté. Et cet ennemi n'a pas fini de triompher ».

  • Les Quiquoi, ce sont Olive, Pétole, Pamela, Boulard, Raoul et Mixo, une bande de copains au caractère bien trempé et à l'imagination sans limites ! Dans ce nouvel épisode, Olive l'artiste dessine une forêt. Les Quiquoi s'y aventurent et rencontrent une petite sorcière tombée du ciel parce qu'elle a perdu son balai. Une histoire pleine d'humour et de magie. Le succès des personnages créés par Olivier Tallec ne cesse de grandir : déjà 30 000 exemplaires vendus. Titres traduits dans douze langues !

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