Langue française

  • Le halo de mystère qui entoure au Moyen Âge l'épée du chevalier répond à une mythologie ancienne dont se font écho les chansons de geste, les romans arthuriens et les sagas scandinaves, tout comme l'iconographie et l'archéologie. L'épée est certes un outil fonctionnel, une prouesse technique et un objet d'art, mais aussi un artefact animé qui, dégageant une force surnaturelle, rend le chevalier invincible.
    Le combattant, le forgeron et les fées aimantes transmettant leurs épées sont au coeur de ce livre, qui explore les mentalités d'une époque révolue dont les récits continuent d'inspirer de nos jours l'heroic fantasy . L'épée est aussi le signe de la prépondérance sociale du chevalier et le symbole de la guerre dont il se réserve en exclusif l'exercice.
    Elle concrétise toutes les abstractions intellectuelles autour de l'usage de la violence légitime en société.

  • Aliénor d'Aquitaine

    Martin Aurell

    Aliénor d'Aquitaine (1124-1204) est certainement la plus célèbre des reines médiévales, dont la légende noire nourrit encore de nos jours bien des romans. Épouse successive de Louis VII de France et d'Henri II d'Angleterre, elle met au monde au moins dix enfants, dont les célèbres Richard Coeur de Lion et Jean sans Terre. Voyageuse infatigable jusqu'en Terre Sainte, en Italie du Sud ou en Castille, elle fomente une vaste révolte contre son second mari. Devenue veuve, elle joue un rôle politique toujours plus important.
    C'est au travers de sa féminité (fille, femme, épouse, mère) que Martin Aurell choisit de présenter l'itinéraire audacieux de ce personnage aux multiples facettes, de la nuptialité au veuvage.

  • Arthur fut-il un chef de guerre celte combattant, vers 600, les envahisseurs anglo-saxons de la Grande-Bretagne, ou bien une divinité païenne, assimilée par sa force colossale à l'ours ? Les historiens peinent à répondre. Ce n'est, en effet, qu'à partir du ixe siècle qu'Arthur devient un personnage « historique » dont les chroniques latines font un paladin de la résistance des Bretons de l'île contre les Germains venus du continent. Trois siècles plus tard, Arthur devient, outre le roi de la Grande-Bretagne, le conquérant du nord de l'Europe. La légende connaît ensuite un engouement sans précédent dans le nord de la France. Chrétien de Troyes et d'autres romanciers la reprennent dans leurs fictions peuplées de fées, ogres et autres nains. Merlin l'Enchanteur et les chevaliers de la Table ronde y occupent les premiers rôles.
    En revisitant la légende arthurienne, Martin Aurell explore le terreau social où elle naît et se développe. Croisant fiction et réalité, il traque l'instrumentalisation politique et religieuse d'un récit imaginaire populaire, mais bien ancré dans la plus réelle des histoires.

    Professeur d'histoire médiévale, directeur de la revue Cahiers de civilisation médiévale, Martin Aurell est l'auteur de L'Empire des Plantagenêt (1154-1224), Des Chrétiens contre les croisades XIIe - XIIIe siècle et Le Chevalier lettré. Savoir et conduite de l'aristocratie aux XIIe et XIIIe siècles.

    Nouvelle édition revue par l'auteur.

  • En épousant Aliénor d'Aquitaine en 1152, le jeune héritier du trône d'Angleterre Henri II étend son influence sur le continent : de l'Ecosse aux Pyrénées, de l'Irlande au Limousin, l'empire Plantagenêt vient de naître. En trois générations, de 1154 à 1224, il va s'imposer sur l'échiquier européen comme un partenaire aussi inévitable que menaçant. Mais durer ne sera pas la moindre de ses difficultés : cet assemblage de comtés, marches et autres duchés sera sans cesse en rébellion, d'autant que, par serment, le Plantagenêt est à jamais le vassal du roi de France. En s'entourant d'une cour brillante composée de clercs savants qu'il a fait venir à prix d'or en Angleterre, Henri II met en place un Etat fort et centralisé pour cimenter cet espace politique disparate : quoi de commun en effet entre les Bretons et les Aquitains ? Mais ce n'est pas là tout le génie politique d'Henri II. En s'offrant les plus belles plumes de l'époque, il fabrique la légende Plantagenêt, réécrit l'histoire familiale, s'invente des ancêtres aussi improbables qu'Arthur, le célèbre roi celte. Bientôt, dans toutes les cours de ses principautés, on chantera les louanges du maître et la fierté de le servir aiguisera l'affrontement contre le Capétien.Et pourtant, les Plantagenêt sont aussi l'exemple d'une humanité impossible : les coulisses du pouvoir of-frent le spectacle d'une famille déchirée, soudée par la haine et dont les fils - Richard Coeur de Lion ou Jean sans Terre - sont prêts à tuer le père pour sauver leur mère Aliénor répudiée. Ce combat des Atrides qui inspirera trois siècles plus tard les plus belles pages à Shakespeare est féroce. L'impopularité du meurtre de l'archevêque Thomas Becket, assassiné à Canterbury par quatre chevaliers zélés jette défini-tivement l'opprobre sur la famille. En 1224, la veuve de Jean sans Terre livre à Philippe Auguste le Poitou sonnant le retrait de l'Anglais sur le sol continental : le dernier Plantagenêt, Henri III, y conserve la Gas-cogne, autant dire une peau de chagrin.

  • La rencontre du chevalier et du savoir au XIIe sicle peut sembler paradoxale. Pourtant, elle se mle inextricablement la renaissance intellectuelle de cette priode, mouvement dcisif pour l'histoire de l'Occident. Le chevalier n'volue pas seulement sur les champs de bataille, mais aussi dans les cours de plus en plus cultives et raffines : son intrt pour les classiques latins et la lecture, voire sa propre posie, le prouvent. Il patronne les jongleurs et discute de littrature avec les clercs qui, au passage, essaient de rformer sa conduite, souvent brutale. Au fur et mesure que leur culture livresque se dveloppe, les chevaliers apprennent rprimer leur propre violence la guerre et sinitient la courtoisie. table, les contenances sont dsormais de mise, tout comme la prciosit du langage, llgance des vtements ou la mesure des gestes. La frquentation des femmes, parfois doctes et tenant salon, devient plus galante. Une rvolution mentale est ainsi en uvre chez ces lites laques qui, au contact du clerg savant, mettent de plus en plus leurs armes au service du bien commun. Ce savoir-vivre relve-t-il dun masque machiavlique ou bien cette matrise de soi est-elle le signe dune modernit avant lheure ? Professeur dhistoire du Moyen ge lUniversit de Poitiers, membre de lInstitut universitaire de France, Martin Aurell dirige la revue Cahiers de civilisation mdivale. Parmi ses livres rcents figurent LEmpire des Plantagent (1154-1224), Perrin, 2003, et La Lgende du roi Arthur (550-1250), Perrin, 2007.

  • La chevalerie se mêle-t-elle inextricablement au christianisme ? Le débat apparaît en toile de fond de cet ouvrage, où les meilleurs spécialistes de la question se penchent sur les rapports complexes et paradoxaux entre le christianisme et les guerriers nobiliaires. Ils analysent ainsi autant la piété chevaleresque que la part de l'Église dans la guerre menée par l'aristocratie au cours d'une période charnière, où les normes, mentalités et conduites connaissent de profonds bouleversements.

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