• éloge de la lecture

    Michèle Petit

    À l'origine de cet ouvrage, il y a des voix de lecteurs et de lectrices, d'origines culturelles et de milieux sociaux différents et, en contrepoint, des souvenirs de lectures transcrits par des écrivains.
    Tous racontent les biais insolites par lesquels les livres leur ont permis d'apprivoiser leurs peurs, de construire et de réparer leur monde intérieur, de trouver des réponses aux questions qui les hantent, d'apprendre ce que d'autres ont trouvé comme solutions à la difficulté d'être sur Terre.
    Comme Jorge Semprun qui retrouve espoir dans un texte de Gide, après qu'on l'eut congédié en se moquant de son accent de jeune Espagnol, débarqué à Paris : « La boulangère du Boulevard Saint-Michel me chassait de la communauté. André Gide m'y réintégrait subrepticement. Dans la lumière de cette prose qui m'était offerte, je franchissais clandestinement les frontières d'une terre d'asile probable. » . Car, pour Michèle Petit, lire, c'est aussi un moyen de résister aux processus d'exclusion ou d'oppression, pour reconquérir une position de sujet au lieu de n'être qu'objet du discours des autres. En conjuguant sciences sociales et psychanalyse, l'auteur nous livre ici l'analyse de toutes ces expériences singulières où la lecture joue un rôle primordial dans la découverte et la construction de soi, comme dans l'ouverture sur d'autres cercles d'appartenance.

  • Peu connues en Europe, d'étonnantes expériences littéraires se multiplient aujourd'hui dans des pays confrontés à des conflits armés, des crises économiques, des catastrophes naturelles. Enfants, adolescents et adultes qui, jusque-là, avaient vécu au plus loin des livres se rassemblent autour de mythes ou de légendes, de poésies ou de bandes dessinées. Ils s'en saisissent pour résister à l'adversité et préserver un espace de rêve et de liberté. Bien plus qu'un outil pédagogique, la littérature est là une réserve où puiser pour donner sens à sa vie, la penser, imaginer d'autres possibles.
    L'apport vital de la lecture dans des temps de crise n'est pas le privilège des « lettrés » et ceux qui animent ces surprenants cercles de lecteurs travaillent à quelque chose de bien plus vaste que le soin, qui est d'ordre culturel, éducatif et, à certains égards, politique.

  • Ce livre est un plaidoyer pour que la littérature, orale et écrite, et l'art sous toutes ses formes, aient place dans la vie de chaque jour, en particulier dans celle des enfants et des adolescents.
    Il est né d'une révolte contre le fait de se voir toujours plus contraint, si l'on défend les arts et les lettres (ou les sciences, aussi bien), de fournir les preuves de leur rentabilité immédiate, comme si c'était là leur seule raison d'être.
    À l'occasion de ses multiples interventions auprès de bibliothécaires, d'enseignants, de personnes travaillant à promouvoir la lecture, ou des étudiants se préparant à ces métiers, l'auteur a été amenée à répondre, sans nostalgie ni crainte face aux révolutions de la communication, à ces questions simples et actuelles : à quoi ça sert de lire, pourquoi lire aujourd'hui, pourquoi inciter des enfants à le faire ?
    Et encore : quels sont les fondements de l'importance de la littérature, mais aussi, plus largement, de la transmission culturelle ?

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