• Le IIIe siècle de notre ère représente une époque de transition vers l'Antiquité tardive.
    Pour clarifier cette époque fondamentale, il est nécessaire d'envisager une histoire politique au sens le plus large, abordant les formes de gouvernement, les relations entre les différentes communautés, ainsi que les structures économiques et sociales qui soutiennent la vie de l'Etat. Il faut se détacher des concepts de " crise ", d'" anarchie militaire ", et même de " décadence " pour comprendre ce siècle qui sut créer un monde nouveau, se réclamant toujours de Rome et de ses valeurs, mais dont le développement avait changé.


  • l'image que l'on retient souvent de l'afrique du nord des romains est celle des somptueux restes archéologiques qui émerveillent les touristes et ornent les couvertures des beaux ouvrages : timgad, dougga, lepcis magna, volubilis, etc.
    se dressent majestueusement et offrent au visiteur un urbanisme qui émerveille ou des monuments spectaculaires. les dimensions que prennent les relations entre rome et ces régions sont toutefois plus complexes. c'est un pays imparfaitement maîtrisé, dans lequel la domination de rome ne s'avance que partiellement jusqu'aux portes du désert. mais l'afrique et la numidie sont devenues ainsi des terres productrices d'huile et de céréales, destinées en partie à l'énorme ventre de rome.
    en revanche dans les maurétanies l'emprise est moins profonde. ce sont des évolutions contrastées, marquées par le contact, parfois contrôlé, parfois brutal des genres de vie, une évolution ponctuée de moments de fièvre et d'affrontements, surtout lorsqu'au milieu du iiie siècle la puissance de rome vacille. l'examen minutieux des relations entre monde romain et monde indigène présente une autre face de l'histoire de ces provinces : l'organisation, l'administration, les relations entre gouvernants et gouvernés.
    les inscriptions latines tiennent le premier rôle, tant elles sont riches d'informations. en rassemblant une vingtaine d'articles dispersés dans des revues ou des actes de colloques, et en ajoutant quand cela est nécessaire des études inédites, en redessinant aussi les traits qui associent les uns aux autres ces divers travaux, l'auteur compose un vaste panorama qui embrasse les problèmes essentiels de l'histoire de cette région : les relations de pouvoir, les modalités de l'administration, les milieux dirigeants, l'intensité de la vie urbaine, les chrétiens dans la cité terrestre et face à son destin.


  • Les trente-cinq études de ce volume, revues et mises à jour, retracent l'histoire de la Gaule méridionale, appelée d'abord Transalpine puis Narbonnaise. des premiers temps de la présence romaine aux débuts de l'Antiquité tardive et montrent les transformations d'un monde provincial sous l'empreinte de Rome. Une nouvelle géographie économique apparaît avec le déplacement des centres de gravité, de Narbonne vers la vallée du Rhône et Lyon. La romanisation de la société est autant politique que religieuse. On assiste à une intégration réussie des élites - notables issus de l'Italie et descendants des grandes familles aristocratiques indigènes - mais également à l'ascension des représentants de la société civique provinciale - le commun des détenteurs des magistratures et des sacerdoces. S'épanouit alors au cours de la seconde moitié du premier siècle av. JC une culture de l'écrit qui se manifeste. en particulier par l'abondante production épigraphique, dans les lieux funéraires. les grandes demeures et les espaces publics urbains. L'accès des grandes familles à l'ordre équestre et à l'ordre sénatorial, puis leur participation au gouvernement de l'Empire viennent concrétiser, dès le premier siècle ap. JC, le rapprochement entre l'Italie et cette partie de l'Empire romain, dont le destin apparaît alors comme singulier, selon l'expression de Pline l'Ancien : À la vérité, plus l'Italie qu'une province. Cette somme érudite est appelée à devenir une oeuvre de référence sur l'histoire de la Gaule narbonnaise.

  • La collection HU HISTOIRE propose des ouvrages de référence sur tes grandes périodes historiques de la Préhistoire à nos jours. Elle réunit des instruments de travail indispensables, depuis la licence jusqu'aux concours d'enseignement. Chaque ouvrage s'appuie sur un vaste appareil pédagogique : cartes, croquis, bibliographies, définitions de termes techniques, index, etc.

  • La Maison Carrée de Nîmes exerce un réel pouvoir d'attraction, tant sur les habitants de la ville que sur les visiteurs. Ce qui fascine ? La beauté du monument, à l'architecture équilibrée et à la décoration d'une simplicité recherchée. Mais la Maison Carrée, c'est aussi le symbole du nouveau pouvoir qui s'établit à Rome à l'époque augustéenne. En 27 avant J.-C., Auguste crée un nouveau régime : le principat. Bâti sur les décombres des guerres civiles qui l'opposèrent aux assassins de Jules César, puis à Marc Antoine et Cléopâtre, le principat maintient d'abord la fiction d'une continuité de la République romaine. Il lui faut ensuite se donner une légitimité et assurer sa pérennité, afin de survivre à son fondateur. Auguste va donc faire oeuvre de propagande. Entre le centre du pouvoir et les provinces s'est mise en place une communication politique qui insiste sur la paix et l'abondance retrouvées grâce à l'action du Prince. L'entourage d'Auguste et sa famille ont aussi leur place dans cette mise en scène, en particulier ses petits-fils : les "princes de la jeunesse" Caius et Lucius. La mort précoce de ces derniers, qu'Auguste considérait comme les continuateurs de son oeuvre, et le traumatisme qu'elle engendre dans tout l'empire, suivie de leur divinisation, ont suscité un culte dynastique qui contribuera aussi à la survie du régime. Un exemple exceptionnel est fourni par la Maison Carrée : un temple dédié aux princes de la jeunesse. En cette période où une minorité de la population seule savait lire, Auguste et ses successeurs vont inscrire, dans la pierre des monuments, un nouveau langage graphique. Mais la Maison Carrée, c'est aussi l'histoire du formidable travail d'archéologues et d'érudits, parmi lesquels Jean-François Séguier, qui déchiffra l'inscription de la façade. A l'occasion du bimillénaire de la construction de la Maison Carrée, à l'initiative de la Ville de Nîmes et du Musée archéologique, une réflexion à plusieurs voix s'est engagée, associant historiens, archéologues, historiens de l'art et linguistes. Le bilan présenté insère la Maison Carrée dans le contexte plus large de l'Empire romain et de l'ensemble de la Gaule. Les divers chapitres abordent les formes que prend le nouveau pouvoir qui s'établit à Rome et les réalisations auxquelles donne lieu son acceptation. L'architecture et son décor, la statuaire, les images monétaires sont interrogés sur leur capacité d'expression et de suggestion. Les textes, ceux des auteurs de l'époque, historiens ou poètes, autant que les inscriptions gravées sur les monuments publics ou dans les lieux de la vie collective éclairent aussi ces changements politiques et idéologiques. D'amples perspectives sont ainsi tracées, qui donnent à l'ouvrage un incontestable contenu historique. En même temps la Maison Carrée, comme monument du présent, est replacée dans sa durée jusqu'à l'époque moderne, puisqu'on envisage son intégration dans les quartiers de la ville aux époques récentes et sa situation dans l'imaginaire urbain.

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