• Né en 915 à Kûfa, en Irak, Mutanabbî est généralement considéré comme le plus grand poète arabe de tous les temps. Il entreprit très jeune une carrière de panégyriste professionnel qui le conduisit en Syrie. Il devait alors avoir dix-huit ans à peine, mais était déjà en pleine possession de ses moyens et nourrissait de grandioses desseins.
    Il fut aussitôt jeté en prison à Hims, parce qu'il aurait, selon certaines sources, fomenté une révolte dans le désert et même, diront ses ennemis, prétendu être un nouveau prophète. Relâché, il sillonna la Syrie pendant quinze ans, de Tibériade à Tripoli et de Ramleh à Antioche, s'attachant à plusieurs potentats locaux, en général sans conviction.
    En 948, il trouva enfin à Alep un patron à sa mesure en la personne du prince hamdânite Sayf al-Dawla, maître de la Syrie du Nord, qui défendait, seul contre Byzance, les frontières de l'islam. Il l'accompagna dans ses campagnes et lui dédia des poèmes somptueux, qui comptent parmi les plus beaux de la langue arabe.
    Déçu cependant par les intrigues de la cour, il s'en sépara en 957 pour se rendre en Égypte auprès de l'ikhshîdite Kâfûr, peu fait pour combler ses ambitions et sa quête d'absolu. Il le quitta donc quatre ans plus tard, non sans lui avoir adressé une très méchante satire. De nouveau en Irak, où son attitude hautaine lui valut des ennemis supplémentaires, il poussa jusqu'à Chiraz, à l'invitation du prince Buyide 'Adud al-Dawla.
    Il mourut en 965, sur le chemin du retour, près de Bagdad, assassiné par des bédouins.

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