• Que reste-t-il d'un pays disparu depuis plus de vingt-cinq ans et dont l'effacement est toujours un enjeu social et politique ? Sur les tables des videgreniers, par terre dans les hangars ou dans les entreprises délaissées, la République Démocratique Allemande (RDA, 1949-1990) est aujourd'hui un pays à la brocante, un pays à l'horizontal.
    Ce livre invite à un voyage sur les traces de ce pays disparu. Dans les usines ou les écoles à l'abandon, il arrive que l'on récupère des dossiers individuels, des empreintes des vies de l'époque. Les traces ce sont aussi les milliards d'objets du temps du socialisme qui ont connu de nouveaux destins depuis la chute du Mur. L'enquête suivra ceux qui célèbrent, aujourd'hui, le souvenir de la RDA, et ceux qui veulent la faire revivre un peu.
    À travers tous ces chemins, à travers la pratique de l'exploration urbaine (Urbex), l'historien raconte les expériences sensorielles et personnelles de ces troublantes rencontres avec un monde disparu, toujours porté par ceux qui l'ont vécu, proposant ainsi une ample réflexion sur les traces et la mémoire.

  • L'objet de l'historiographie est d'explorer les conceptions de l'histoire, les pratiques et les manières de faire des historiens : comment ils interrogent le passé, avec quels outils et pour en comprendre quoi. Dresser aujourd'hui un panorama des recherches en histoire, c'est ainsi montrer comment cette discipline s'est constituée au fil du temps, mais aussi présenter l'histoire telle qu'elle se pratique aujourd'hui, en France et dans le monde. La nouvelle histoire mondiale (global history) ou encore l'histoire du genre (gender) illustrent le renouvellement récent des approches.
    En découvrant la fabrique de l'histoire, cet ouvrage questionne la place de l'historien dans nos sociétés si consommatrices d'histoire(s) et de « mémoire ». Une « Histoire de l'histoire » comme discipline en somme, qui éclaire notre rapport parfois douloureux au passé, et bien souvent aussi notre présent.

  • « C'est l'enfer [...]. Il faut y être passé pour comprendre », écrit le soldat Clerfeuille après le début de la terrible offensive d'avril 1917. Le conflit dure alors depuis plus de deux ans et le plan grandiose du général Nivelle ne vise rien moins qu'à terminer la guerre en perçant le front sur le plateau du Chemin des Dames. Près d'un million d'hommes sont rassemblés pour cette immense opération qui se solde par un échec sanglant : en quinze jours, plus de cent mille d'entre eux sont hors de combat.
    Pour saisir toute la portée de cet événement, une équipe d'historiens, entre archives et témoignages, a mené une enquête de grande ampleur abordant toutes les facettes du Chemin des Dames : histoires, combats, traces, mémoires... Ils proposent, sous la direction de Nicolas Offenstadt, la somme attendue sur l'un des affrontements clés de la Première Guerre mondiale.

    Nicolas Offenstadt est maître de conférences à l'université Paris-1-Panthéon-Sorbonne. Il a, entre autres, publié 14-18 aujourd'hui. La Grande Guerre dans la France contemporaine.
    Les autres auteurs sont historiens, spécialistes de la Grande Guerre et de l'histoire du XXe siècle. Didier Daeninckx a également collaboré à ce livre.

  • L'écriture de l'histoire est aujourd'hui l'enjeu d'une véritable guerre culturelle, la droite et l'extrême droite se saisissant du passé pour fortifier les offensives nationalistes et xénophobes. Ces usages et mésusages de l'histoire amènent Nicolas Offenstadt à s'interroger sur la place du passé et son enseignement dans nos sociétés contemporaines. Que faire du patrimoine ? Comment commémorer, et pourquoi ? Comment relier le travail des chercheurs et les interrogations citoyennes et politiques ? Pour Nicolas Offenstadt, l'historien n'a pas vocation à servir une cause.
    Son rôle est de démystifier les stéréotypes et les torsions politiques du passé pour rétablir les vérités historiques. C'est pourquoi il défend non l'apprentissage lénifiant de la chronologie et des grandes figures du roman national, mais une histoire savante et maîtrisée à même de former l'esprit critique des futurs citoyens. Il propose ainsi une histoire " de plein air " en investissant les lieux publics chargés d'histoire afin de réfléchir avec auditeurs et visiteurs aux liens entre passé et présent.

  • Les crieurs publics semblent aujourd'hui faire partie du folklore. Ils évoquent le bon temps des communautés de proximité, au point que, non sans nostalgie, la fonction renaît ici et là. Au Moyen Âge, les crieurs avaient en revanche un rôle crucial. Chargés de porter la parole des autorités, le roi, le seigneur ou la ville, ces hommes du « petit peuple » parcouraient les routes, les rues et les places pour annoncer et lire à haute voix les ordres et les règlements, lancer les convocations et donner l'alerte.
    Au lieu de faire des crieurs de simples agents administratifs, ce livre défend une thèse : les crieurs publics sont une figure clé de la politique médiévale. Il fait ainsi de la proclamation en place publique un moment central du gouvernement médiéval. C'est à travers la figure d'un de ces crieurs, Jean de Gascogne, valet de la ville de Laon dans le second xve siècle, que chemine la démonstration. Le défi porte ainsi sur la capacité de l'historien a restituer, au plus près, les pratiques et les expériences de ces crieurs, des gens de peu pour comprendre la possibilité de déploiement d'un véritable espace public, qui laisse place à la critique. Chemin faisant, En place publique restitue les expériences possibles de vie des humbles au Moyen Âge, de ceux qui laissent si peu de traces. Jusqu'où peut-on aller pour retrouver les voix du peuple ?

  • Cent ans après, ce carnet illustré d'images rares ou inédites propose l'essentiel de la Grande Guerre dans une lecture renouvelée.
    D'abord en lui restituant toute son ampleur d'histoire mondiale depuis la Nouvelle-Zélande jusqu'à la Baltique en passant par l'Afrique noire ; ensuite en proposant des cheminements originaux qui racontent la guerre à travers ceux qui l'ont faite et traversée, non pas seulement les dirigeants mais aussi des personnages ordinaires ou peu connus, en parcourant les lieux qui en portent les traces, les objets qu'elle a façonnés ou encore les mots qui l'ont accompagnée. Neuf brefs chapitres faisant alterner les styles et les manières de comprendre, les connaissances nécessaires et la découverte d'histoires et d'enjeux méconnus et décalés.

  • L'histoire du Moyen ge n'est pas seulement celle de la domination : on change, on dbat, on critique, on proteste. Mais s'agit-il pour autant d'un espace public au sens que le philosophe allemand Jrgen Habermas a donn ce terme ? Telle est la question que posent les diffrentes contributions rassembles dans ce livre, proposant d'abord une rflexion sur les intentions et les implications de la thorie habermassienne, explorant notamment les usages qu'en firent historiens et spcialistes des sciences sociales. Mais c'est l'enqute empirique qu'il appartient de dfinir les lieux et les moments, les formes et les acteurs de cet change politique au Moyen ge, de la place publique la cour du roi en passant par l'universit et les conseils de ville. travers diffrentes tudes de cas, on tente ainsi de saisir la manire dont se dploie une sphre o les hommes du Moyen ge ont pu prouver un usage politique de la raison.
    Ouvrage publi sous la direction de Patrick Boucheron et Nicolas Offenstadt, qui sont historiens et enseignent l'Universit Paris I Panthon-Sorbonne. Ils s'intressent tous les deux, chacun leur manire, aux usages contemporains du pass mdival.

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