• 404 avant J.-C. : Athènes fait l'épreuve de la guerre civile. Un an plus tard, en 403, la démocratie est restaurée. Les démocrates font alors le serment que personne ne devra revenir sur le passé, rappeler les morts, les violences de la guerre. Bref, il est demandé à tous les citoyens d'oublier la division de la cité. Faudrait-il donc oublier pour se réconcilier et former une nation unie ? Quel est le bon usage de la mémoire ? Que voulaient réellement oublier les Athéniens ? En quoi le conflit est-il central à la démocratie ?

  • Les enfants d'Athéna

    Nicole Loraux

    • Points
    • 4 Octobre 2007

    L'histoire de la naissance du premier Athénien commence par un échec amoureux : celui d'Héphaïstos, l'artisan boiteux, poursuivant sans succès la vierge Athéna de ses assiduités. C'est bien pourtant la semence du dieu forgeron, répandue sur la jambe de Pallas, qui fécondera finalement la terre, pour donner naissance à Erichthonios, l'ancêtre autochtone des Athéniens.
    A qui s'empresserait de lire dans la victoire de la déesse le triomphe des femmes, l'histoire rappelle que, privées de tout pouvoir politique en même temps que du pouvoir de transmettre leur nom, les femmes paient très cher cette victoire. Et, à y regarder de près, on s'aperçoit que le mythe conte finalement leur défaite.
    Comment lire un mythe ? Comment s'y retrouver dans ces récits pleins de bruits et de fureur oe
    En recueillant et en confrontant patiemment, de l'Acropole au Céramique, du théâtre à l'Agora, les propos que les Athéniens tiennent sur leur propre origine, Nicole Loraux nous invite à comprendre comment le discours mythique modèle l'imaginaire politique des Athéniens, fonde la citoyenneté et légitime, finalement, le pouvoir des hommes et l'exclusion des femmes.

  • Dans ce livre posthume, dont Nicole Loraux avait prévu la publication, la grande historienne s'interroge sur les représentations que la cité grecque veut donner d'elle-même.
    En partic ulier, elle analyse les discours liés à la dérangeante question de la guerre civile, la stasis. Soulignant l'importance d'un bon usage de la psychanalyse en histoire, Nicole Loraux fait le voeu que les historiens, « mûris par l'expérience du temps le plus immédiatement présent, confrontés à l'évident échec des grilles explicatives unidimensionnelles face aux guerres civiles partout rallumées, enfin convaincus de l'urgente nécessité de faire dans l'histoire la part de l'affect, acceptent de travailler simultanément sur deux registres. Que, sans renoncer à s'attacher aux coulisses de l'action, ils sachent écouter le discours des acteurs sur la scène. Pari difficile, à coup
    sûr... ».

  • Les formes de la contrainte dans la Rome antique, trop souvent reléguées en toile de fond d'une histoire des institutions sociales et politiques, viennent ici en pleine lumière.
    L'identification précise des instruments matériels et du dispositif procédural mis au service de la coercition ouvre une connaissance plus vaste de la société romaine et des pouvoirs qui s'emploient à conserver, adapter ou renouveler l'ensemble de ces moyens. Dans quelle mesure la condamnation pénale a-t-elle contribué à l'organisation du travail ? Par quels biais d'assimilation la qualification de certains criminels rejoint-elle la représentation du captif conduit en triomphe, ou le statut de l'esclave ? Comment le principe d'intégrité du prévenu, lentement élaboré sous la République, s'est-il déconstruit sous l'Empire, malgré quelques faux-semblants ? Au lendemain des persécutions, les empereurs chrétiens ont-ils introduit quelque nouveauté dans le régime de la détention des prévenus ou le contrôle des esclaves ? Telles sont quelques-unes des questions qui sous-tendent l'enquête.
    Ici et là, au fil du temps, l'expression matérielle de la coercition tient en trois mots : carter et vincula, " le cachot et les fers ".

  • Est-il possible de rassembler des biographies de femmes grecques ? Seules les femmes "exceptionnelles", les "héroïnes" ont eu droit, dans la tradition écrite par les hommes, à des morceaux de vie. Comment demander à ces femmes d'exception d'être représentatives de la Grèce au féminin ? Nulle figure n'est plus difficile à atteindre que celle d'une Grecque sans histoire, d'une femme ordinaire d'Athènes puisque, par définition, dans la conception grecque de la morale, une femme rangée, donc...

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