Sciences humaines & sociales

  • Paul Veyne est un savant hors pair : un immense historien de Rome, un très grand latiniste, doublé d'un intellectuel inclassable, déroutant, non conformiste, épris de liberté et étincelant d'humour.
    Cet ouvrage permet de découvrir l'univers d'un homme curieux de tout, de suivre les cheminements de l'écrivain, de l'historien virtuose. La profusion des idées, les notations ou les éreintements jubilatoires, la phrase qui tranche net, le regard à l'affût des sujets les plus divers, l'appétit de savoir, les positions qui s'imbriquent et se superposent sont autant d'ingrédients d'une oeuvre originale, irriguée par la vivacité d'un style libre et inventif.
    Derrière l'apparence trompeuse d'une légèreté parfois déconcertante, la pensée avance, toujours plus subtile. Sur des thèmes volontiers ardus, et abordés avec toutes les ressources de l'érudition, Paul Veyne offre au lecteur des points d'accroche chaque fois saisissants, par leur fantaisie, leur incongruité, leurs anachronismes réfléchis. Il finit ainsi par établir une sorte de familiarité avec des mondes et des hommes à première vue très éloignés de nous.
    Mêlant autobiographie, études d'histoire antique, extraits de traductions de poésie latine et témoignages d'amitié, cet ensemble d'une exceptionnelle densité embrasse la majeure partie de l'histoire et de la littérature du monde gréco-romain, sans cesser d'être en dialogue avec nos poètes et philosophes contemporains.

  • Quand Paul Veyne ressuscite Palmyre. " Ayant eu pour métier l'étude de l'Antiquité gréco-romaine, je n'ai cessé de rencontrer Palmyre sur mon chemin professionnel. Avec la destruction de Palmyre par l'organisation terroriste Daech, tout un pan de notre culture et mon sujet d'étude viennent brutalement de voler en éclats. Malgré mon âge avancé, c'était mon devoir d'ancien professeur et d'être humain de dire ma stupéfaction devant ce saccage incompréhensible et d'esquisser un portrait de ce que fut la splendeur de Palmyre qu'on ne peut plus désormais connaître qu'à travers les livres.
    " C'est cette histoire de la " Venise du désert " que nous peint Paul Veyne ; avec lui, nous découvrons cet immense vestige d'un monde aboli.

  • Qu'est-ce que l'histoire ? Que font réellement les historiens, d'Homère à Max Weber, une fois qu'ils sont sortis de leurs documents et archives et qu'ils procèdent à une « synthèse » ? Font-ils l'étude scientifique des diverses créations et activités des hommes d'autrefois ? Leur science est-elle celle de l'homme en société ?
    Bien moins que cela ; la réponse à la question n'a pas changé depuis deux mille deux cents ans que les successeurs d'Aristote l'ont trouvée : les historiens racontent des événements vrais qui ont l'homme pour acteur. L'histoire est un roman vrai.

  • Les Romains étaient-ils vraiment les bons vivants éclairés, libres dans leurs moeurs et dans leurs pensées, comme le laissent imaginer leurs statues, leurs poèmes érotiques et leur réputation de décadents ?

    Paul Veyne présente plutôt une société puritaine, dans laquelle on ne fait l'amour que la nuit sans allumer les lampes de peur de souiller le soleil, et qui semble avoir inventé le mariage chrétien avant les chrétiens ! Il n'en reste pas moins que les tabous existent pour être transgressés et que toutes les formes de perversion (sexuelles ou sociales), ainsi que la corruption politique, font partie intégrante de la vie des Romains dans l'Antiquité. C'est tout cela que nous pouvons découvrir à travers ce recueil de textes qui traitent entre autres de l'éloge de la virilité, de l'avortement, de l'homosexualité, des gladiateurs ou encore de la corruption...

  • Pour la première fois, en volume séparé, la contribution de Paul Veyne à l'Histoire de la vie privée. De la naissance à la mort, comment vivaient les Romains ?
    « L'histoire, ce voyage en autrui, doit servir à nous faire sortir de nous, au moins aussi légitimement qu'à nous conforter dans nos limites. Les Romains sont prodigieusement différents de nous et, en matière d'exotisme, n'ont rien à envier aux Amérindiens ou aux Japonais. [...] La «famille» romaine, pour ne parler que d'elle, ressemble si peu à la légende ou à ce que nous appelons une famille. » Un texte qui a fait date.

  • La société romaine

    Paul Veyne

    À travers une série d'études précises, qui prennent leur départ aussi bien dans la législation que dans la lecture de Virgile ou de Pétrone, et qui s'attachent aux « carrières » des esclaves, à l'idéal de l'autarcie, au statut de l'économie ainsi qu'à la symbolisation du pouvoir, Paul Veyne remet en chantier l'image que nous nous faisons de la société romaine et, singulièrement, de la ville de Rome, principe organisateur de l'empire.

  • " cette folie, qui lançait les riches dans une surenchère de dons à la collectivité (chacun voulant se montrer plus magnifique que le voisin), porte un nom savant -l'évergétisme- et vient de trouver son historien.
    Paul veyne a quelque chose de la prodigalité de ses héros, les évergètes. il déverse sur ses lecteurs médusés les trésors de son information, les souvenirs de ses campagnes à travers l'érudition germanique et la sociologie anglo-saxonne, dépense en quelques pages la matière de vingt thèses et mobilise toutes les ressources d'un esprit follement ingénieux pour comprendre et faire comprendre ce que les cadeaux en cascade étaient chargés d'entretenir.
    " mona ozouf.

  • L'historien, qui fut le collègue et l'ami de Michel Foucault, livre dans cet ouvrage un portrait amical et intime de l'homme et de sa pensée et fait découvrir des aspects inattendus de ce "monument" de la vie intellectuelle française qu'est encore Michel Foucault. En réalité, nous dit Paul Veyne, Foucault était un philosophe sceptique, un empiriste proche de Montaigne et non le structuraliste que l'on a dit.

  • Paul Veyne a écrit un texte «révolutionnaire» qui explique la fresque de la Villa des Mystères à Pompéi. Un siècle après sa découverte, elle est toujours la plus grande, la mieux conservée et la plus fascinante des peintures antiques. Pourtant, pèse sur cette fresque un contresens séculaire qui y déchiffre des Mystères mystiques païens.
    Paul Veyne a exposé sa propre théorie dans une première version publiée dans un ouvrage collectif en 1998, dont il publie aujourd'hui le texte repris, modifié et définitif.
    Longue d'une vingtaine de mètres, la fresque court sur les murs de la grande salle de la villa, où le visiteur se voit cerné par vingt-neuf figures grandeur nature : dames élégantes, nudités, divinités, musiciens, et des Silènes et des satyres composant le cortège de Dionysos. Pas d'hommes mortels, rien que des femmes et un garçonnet qui apprend à lire.
    Depuis sa découverte en 1911, des questions se sont posées et beaucoup de commentateurs y ont vu la représentation d'une initiation aux Mystères de Bacchus. Or Paul Veyne est allé contre ces théories en démontrant brillamment qu'il s'agit en fait d'un jour de mariage tout à fait profane, toilette de la mariée et nuit de noces comprises.
    Le lecteur suit ainsi pas à pas l'interprétation de la mégalographie pompéienne qui lui fait revivre l'Antiquité romaine et la vie à Pompéi. Vient alors l'envie irrésistible de se rendre ou de retourner sur ces lieux.

  • Qu'est-ce qu'un empereur romain ? À quoi est due la fin de l'art antique ? Pourquoi des protestataires manifestaient-ils contre les dieux en cas de malheur ? Autant de questions parfois dérangeantes et toujours passionnantes que Paul Veyne développe avec passion dans ce qu'il avait, à l'origine, conçu comme une simple suite à La Société romaine.C'est devenu au fil du temps et des remaniements un livre autonome, où il tente rien moins que de donner une vision d'ensemble de ce qu'il appelle l'" Empire gréco-romain ".Car l'Empire dit romain fut en réalité gréco-romain à au moins trois titres. D'abord par la langue. Certes, la langue véhiculaire qu'on pratiquait dans sa moitié occidentale était le latin, mais c'était le grec autour de la Méditerranée orientale et au Proche-Orient. Ensuite, la culture matérielle et morale de Rome est issue d'un processus d'assimilation de cette civilisation hellénique qui, de l'Afghanistan au Maroc, était la culture " mondiale " du temps. Enfin, la culture y était hellénique et le pouvoir romain ; c'est d'ailleurs pourquoi les Romains hellénisés ont pu continuer à se croire tout aussi romains qu'ils l'avaient toujours été.Paul Veyne part donc du principe que ce qui se passait de l'Écosse à l'Euphrate a autant d'importance et d'intérêt pour comprendre " Rome " que ce qui se passait chez les Romains de Rome, et il tente suggérer, à coups d'aperçus partiels, une vision d'ensemble de l'Empire gréco-romain qui montre que la " mondialisation " actuelle devrait plutôt être appelée la " seconde mondialisation ", puisque la première est précisément celle qui a produit cet Empire qui a dominé, pendant plus de 400 ans, une surface de terre ferme partagée aujourd'hui entre trente nations.

  • Qui sont ces Lesbie ou ces Corinne, les héroïnes dont nous parlent les élégies de la Rome antique ? Quel est le monde qu'elles nous décrivent ? D'où vient ce sentiment d'étrangeté que l'on éprouve à les lire ? Comment un écrivain peut-il faire entendre un accent de sincérité tout en nous infligeant de longs morceaux conventionnels - mythologiques notamment ?
    Devant ces apparentes incongruités, Paul Veyne pose aux textes une question essentielle et pourtant absente de la critique : Comment étaient-ils lus, reçus ? Quel contrat proposaientils au lecteur ? De quelle esthétique, aujourd'hui disparue, relèvent-ils ?
    La réponse consiste à rapprocher l'élégie de la bucolique, qui met en scène avec le même artifice des bergers imaginaires jouant du pipeau. Véritable « pastorale en costume de ville », l'élégie se révèle être un monde où l'on fait semblant, avec humour, d'être amoureux, un peu comme dans une baraque foraine, on joue à se faire peur.

  • L'objet réel de ce texte est de montrer que la question qu'il pose, en dernière instance, n'a pas de sens.
    C'est que la poser est implicitement se ranger dans la descendance de fontenelle et des hommes du siècle des lumières, confrontant les dits avec les faits. mais, précisément, cette question-là n'a pas de sens pour un ancien ; et, comme l'a montré foucault, la vérité elle-même est historique. autrement dit, l'idée de vérité a évolué. paul veyne compare volontiers la vérité d'un moment à un récipient ou, plus abstraitement, à un programme : c'est dans le cadre du programme que la question : est-ce vrai ? est-ce faux ? se pose.
    Quant au récipient-programme, il est lui-même le fait d'une création. enfin, il ne serait pas juste de penser qu'en un même moment, tous ont le même programme de vérité, voire que chez un même sujet n'est mis en oeuvre qu'un programme (on peut ne pas croire au fantôme et néanmoins en avoir horriblement peur).
    Telle est l'arête intellectuelle de ce livre, donnée par approches successives au long d'une investigation sur les textes les plus divers : d'aristote et pausanias à cicéron et eusèbe.

empty