• Une version de l'édition de 1637 de la célèbre pièce.

  • Un père à la recherche de son fils consulte un magicien qui lui offre la vision des aventures du jeune égaré, faites d'amour, de duels, mais aussi d'impostures et de trahisons... Mêlant éloquence tragique, emprunts au répertoire de la comédie italienne et récit d'initiation, L'Illusion comique (1635), oeuvre de jeunesse, est un " étrange monstre ", au dire de Corneille lui-même. Identité fuyante des personnages, invraisemblances de l'intrigue et subtilité du montage illusionniste font de cette pièce baroque et capricieuse une vibrante apologie du théâtre.


  • Corneille
    Horace
    Fallait-il tuer Camille oe La question fut posée dès l'année 1640 qui vit une « querelle d'Horace », dernier acte de la « querelle du Cid ». Horace est-il un de ces « fanatiques » dont l'Histoire moderne nous a révélé différents visages ou le héraut d'une morale pour temps de guerre oe Il semble que l'on en débatte encore aujourd'hui. Mais ne peut-on espérer enfin échapper au conflit des interprétations oe
    Dossier
    . Horace avant Horace
    . Le dernier acte de la Querelle
    . Le héros et son double
    . Refaire Horace
    Présentation, notes et commentaires, dossier, bibliographie, lexique et chronologie par Marc Escola


  • Nicomède

    Pierre Corneille

    Cornélien, Nicomède. Cornélien, ce prince héritier du royaume de Bithynie qui, face à un père voulant l'écarter de la couronne et aux intrigues de Rome cherchant à le réduire, réussit à faire triompher tout à la fois la loyauté au pouvoir paternel et la résistance à l'ingérence romaine. Cornélien, et sans doute même un des plus cornéliens des héros de Corneille : « Généreux, intrépide, chevaleresque et absolument impeccable », comme le définissait Émile Faguet. Et pourtant, sans dilemme, sans problème de conscience, sans soumission aucune à un de ces choix impossibles et tragiques qu'on appelle précisément « cornéliens ». Si c'était donc, du coup, la notion même du héros selon Corneille qu'il convenait de reconsidérer, au vu de la pièce que lui-même avouait être une de ses préférées ? Et si c'étaient les rapports mêmes de Corneille avec la tragédie qui étaient à revoir, à la lumière de ce héros en effet problématique, dont lui-même disait d'ailleurs, dans une formule qui vaut son pesant de litote : « Il sort un peu des règles de la tragédie. » ?

  • Parce qu'il craint de se lier pour la vie, Alidor imagine de "donner" sa maîtresse Angélique à son meilleur ami... Cinquième comédie de Corneille, La Place Royale (1637) est celle qui nous paraît aujourd'hui la plus moderne : sous les traits de l'"amoureux extravagant" qui fuit tout engagement, nous croyons reconnaître la figure familière de l'adolescent. Mais, lorsque Corneille, en 1660, signe l'Examen de sa pièce, il en dénonce la "duplicité d'action" et fustige une incohérence dans le caractère du personnage principal.
    Comment comprendre que cette comédie "imparfaite" soit aussi celle qui offre aux interprètes contemporains les plus grandes séductions ?

  • " quoi ? même en disant vrai vous mentiez en effet ? " le héros, dorante, par la seule puissance de sa parole, réorganise le réel à sa guise.
    En remplaçant le monde de la réalité par celui de la feinte, corneille donne à voir le théâtre même. dorante ment pour devenir un jeune noble parisien, pour se créer un personnage et des exploits, ceux du héros galant. il ment en toute sincérité : pour paraître. dans la suite, de nouvelles aventures ont entraîné le héros, où il manie vraiment l'épée: il est devenu celui qu'il voulait être. or, on ne le croit pas : " on me prend pour un autre ", dit-il, pour un assassin.
    Un univers de roman sur la scène, le mensonge comme fiction, le baroque de l'apparence, l'illusion comique, voilà ce qui fait la richesse de ces deux pièces (la seconde, tout à fait méconnue), et du théâtre en général. c'est le " chant du cygne comique de corneille ".

  • Suréna

    Pierre Corneille

    La dernière tragédie de corneille est l'une des plus belles, tant l'action s'y mêle à l'élégie, et à la poésie.
    On veut faire épouser à suréna mandane, qu'il n'aime pas, et non eurydice, qu'il aime; on veut faire épouser à eurydice pacorus, qu'elle n'aime pas, et non suréna, qu'elle aime. mandane est la fille du roi des parthes, que son lieutenant, suréna, a rétabli sur le trône. c'est donc un drame de l'ingratitude du pouvoir, de l'amour impossible, et de la mort. entre le politique, représenté par un roi emporté par la logique totalitaire du système dont il est le produit et le garant, et la liberté de la personne dont le héros est le défenseur, le combat est impitoyable et sans issue.
    La grandeur finale de la pièce est que, comme chez claudel, les amants vaincus triomphent, et que leurs bourreaux sont oubliés.

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