• L'empereur Justinien

    Pierre Maraval

    Une histoire de l'Empire romain d'Orient sous le règne de Justinien, au VIe siècle. Justinien a marqué de son empreinte l'Antiquité tardive. Sous son autorité, l'Empire, réformé, brille par de grandes réalisations. La construction de Sainte-Sophie, la reconquête de l'Afrique du Nord et de l'Italie, l'instauration d'un code législatif pérenne sont quelques-unes de ses grandes oeuvres. Cependant, si Justinien a été le dernier empereur à avoir réuni les deux parties de l'Empire romain, c'est au prix de l'appauvrissement de sa partie orientale. Et sa codification du droit romain n'a pas supprimé de grandes injustices sociales.
    Cadre du règne, établissement de nouvelles lois, guerres de reconquêtes ou guerres défensives, réalisations architecturales, problèmes sociaux et économiques, politique religieuse : Pierre Maraval nous décrit ici le quotidien de l'Empire et décrypte une des plus grandes figures de l'histoire byzantine.

  • Les fils de Constantin

    Pierre Maraval

    Constantin (272-337), premier empereur chrétien, bâtisseur de Constantinople, fut une figure écrasante et magnifique qui fit oublier l'oeuvre accomplie par ses trois héritiers, Constantin II, Constance II et Constant. Trois destins souvent tragiques que fait revivre cette grande fresque historique, entre guerres fratricides et révolutions de palais, expéditions contre les Perses et les barbares et christianisation des confins de l'empire, schismes et hérésies, oeuvre législative et réformes économiques. À travers les figures de ces trois frères trop souvent caricaturés en nouveaux Atrides, Pierre Maraval propose une lecture originale du ive siècle, époque charnière marquée par un foisonnement intellectuel et religieux qui annonce le basculement de l'Antiquité dans l'ère médiévale.

  • Fantastique destinée que celle de Justinien (483-565), né Petrus Sabbatius dans une famille de paysans illyriens et qui a épousé une actrice, Théodora, fille d'un montreur d'ours. Il fut l'une des principales figures de l'Antiquité tardive.
    Que ce soit sur le plan du régime législatif, de l'expansion des frontières de l'Empire ou de la politique religieuse, il a laissé une oeuvre considérable. Son rêve fut de fonder un empire chrétien universel.
    Le règne de Justinien fut marqué par l'ambitieux projet de « restauration de l'empire », partiellement accompli. Il réussit à reconquérir l'Italie, la Corse, la Sardaigne, la province d'Afrique, une partie de l'Espagne et de la Yougoslavie. Son héritage eut encore plus de résonance sous l'aspect de l'uniformisation du droit romain, le Corpus Iuris Civilis, qui est encore la base du droit civil dans de nombreux États modernes.
    Son règne fut aussi marqué par l'épanouissement de l'art byzantin : son programme de construction nous a laissé plusieurs chefs-d'oeuvre architecturaux, en particulier la basilique Sainte-Sophie.
    Il est considéré comme saint par l'Église orthodoxe.

  • La tradition historiographique dans sa diversité considère la conversion de Constantin au christianisme comme un moment décisif tant pour l'histoire de la Chrétienté occidentale et de Byzance que pour celle de l'Empire romain. Sa victoire sur Maxence, le 28 octobre 312 au pont Milvius, est restée célèbre car c'est à la veille de la bataille que Constantin aurait vu une croix lumineuse. Les conséquences idéologiques sont immenses et l'Empire donne ainsi à l'église chrétienne une position officielle (édit de Milan, 313). En 325, est réuni, à son initiative, le premier concile oecuménique à Nicée pour mettre un terme à l'hérésie arienne qui déchirait l'Église.
    Cet empereur au long règne (306-337), maître tout puissant de l'Empire après plusieurs guerres contre ses rivaux, met fin au système tétrarchique en rétablissant la monarchie héréditaire. Homme politique d'exception, Constantin est aussi un grand bâtisseur. Constantinople, la ville qui porte son nom, sera pour onze siècles la capitale politique, culturelle et artistique de l'Empire romain d'Orient, le centre d'une brillante civilisation.
    À sa mort, après avoir favorisé de nombreuses réformes politiques, monétaires et fiscales, sociales et religieuses, Constantin laisse derrière lui un empire pacifié. De ce personnage pragmatique et efficace que disent les sources controversées tant païennes que chrétiennes ? On trouvera dans ce livre le récit des grandes étapes de sa vie, au travers des témoignages favorables ou défavorables de Lactance, Eusèbe de Césarée, Libanios, Zosime et bien d'autres.

  • Les trois premiers siècles chrétiens s'intéressèrent peu aux lieux saints. Ce n'est qu'au ive siècle que l'on commence à les mettre en valeur. Une « géographie sacrée » se dessine alors. Les circuits se modèlent progressivement sur ceux de l'empire. Les pèlerins y sont pris en charge, instruits et dirigés vers les sanctuaires. L'inventaire et l'invention des lieux de théophanies bibliques répondent à la quête et à la fascination de ces lieux. Le culte des reliques ouvre l'accès à la présence des saints. Le salut de l'âme est négocié, thésaurisé ou distribué en aumône. Aujourd'hui, graffitis et ex-voto attestent des voeux individuels et collectifs. Commençant par le Proche-Orient, cet ouvrage présente quelque cinq cents lieux saints comme un guide, en suivant les itinéraires anciens.

  • Les premiers historiens d'Alexandre le Grand mentionnent brièvement que celui-ci, lorsque son expédition de conquête atteignit l'Inde (entre 327 et 324 av. J.C.), y rencontra des brahmanes et envoya un de ses compagnons s'informer sur eux. Ces données inspirèrent au premier siècle de notre ère l'auteur d'un récit qui rapporte l'entretien qu'aurait eu le conquérant avec l'un des brahmanes, Dandamis. Au IV e siècle, l'évêque Palladios, auteur d'un ouvrage sur les moines, reprit et christianisa ce texte, dans lequel le mode de vie ascétique des brahmanes est implicitement présenté comme une préfiguration, voire un modèle de celui des moines ; il y joignit des données empruntées aux historiens d'Alexandre et d'autres que lui avait rapportées un avocat qui s'était rendu en Inde.
    Dans la même veine, quelques décennies après Palladios, un auteur anonyme imagina un échange de lettres entre Alexandre et le brahmane Dindime. Le propos de cet ouvrage n'est pas le même que celui de Palladios, car il entend dénoncer le caractère excessif de cet ascétisme, et surtout la contrainte qui l'impose. Il est l'écho de milieux, païens ou même chrétiens, qui réprouvaient l'ascétisme des moines, en particulier leur rejet du mariage. Il lui oppose un concept aristotélicien de la vertu fait de modération et de bon usage des plaisirs.

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