• Un nouveau roman de Rhéa Galanaki, encore inédit en français, certainement l'un de ses plus importants. Elle y suit la trajectoire d'Eléni Altamura-Boukouna, la première femme peintre grecque qui, au XIXe siècle, est allée étudier en Italie. La fréquentation des écoles étant alors interdite aux femmes, Eléni se grimait en homme pendant la journée, afin de pouvoir suivre les cours, dessiner des nus et obtenir un diplôme. Son déguisement l'a aussi contrainte à se créer une autre identité, sous le nom de Personne, un double auquel elle renonçait le soir, revêtant ses vêtements de femme, mais qui la hantera tout au long de son existence. En tant qu'Eléni, elle s'est éprise d'un peintre italien renommé qui l'a forcée à se convertir au catholicisme pour l'épouser avant de l'abandonner avec leurs deux enfants. Eleni retourne alors à Athènes pour y travailler comme peintre avant de se réfugier dans la maison familiale sur l'île grecque de Spetses, où elle passe les dernières années de sa vie isolée. Rhéa Galanaki offre une oeuvre majestueusement construite, à la fois historique et poétique, interrogeant le statut de la femme, qui plus est artiste, sur fond de bouleversements politiques qui allaient dessiner les contours des nations européennes en général, grecque en particulier.

  • La réédition d'un ouvrage épuisé de l'auteure de «Éléni, ou Personne». Le Crétois Ismaïl Férik pacha a réellement existé. Capturé par l'armée turque alors qu'il était enfant, il fut entraîné en Egypte où il mena une carrière brillante. Devenu ministre égyptien de la guerre, il finit par retrouver sa terre natale... pour combattre une insurrection dont son propre frère, négociant d'Athènes, était l'un des instigateurs. L'évocation émouvante d'un homme tiraillé par sa double-appartenance.

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