Langue française

  • " la chair et la pierre est un essai sur l'histoire de la ville vue sous l'angle de l'expérience corporelle : ce qu'on y voit, ce qu'on y entend, ce qu'on y ressent, les lieux oú l'on mange, comment on s'habille, on se déplace, on se lave, on fait l'amour, depuis l'athènes de périclès jusqu'au new york d'aujourd'hui.
    Si le corps humain a été choisi ici pour comprendre le passé, le livre est plus qu'un simple catalogue historique de sensations physiques dans l'espace urbain. mais la civilisation occidentale ayant toujours répugné à reconnaître la dignité et la diversité du corps humain, j'ai cherché à comprendre comment se traduisait cette répugnance dans l'architecture, l'urbanisme et la planification. j'ai écrit ce livre poussé avant tout par un sentiment de perplexité face à un problème de notre époque : la pauvreté sensorielle de la plupart des bâtiments contemporains, et la tristesse, la monotonie, et la stérilité, sur le plan tactile, de l'environnement urbain.
    Cette pauvreté est d'autant plus saisissante que les temps modernes célèbrent les sensations du corps et la liberté physique. j'ai cru tout d'abord que les causes étaient à rechercher du côté des architectes et des urbanistes, dont les projets auraient quelque part perdu le sens du rapport actif avec le corps humain. mais en creusant un peu, je me suis aperçu que le problème était plus vaste, et ses origines plus anciennes.
    " (richard sennett).

  • Richard Sennett se penche, dans cet essai, sur les ruptures qu'introduit le nouveau capitalisme par rapport aux aspirations libertaires des années soixante. À l'éclatement des bureaucraties et des contraintes répond désormais la fragmentation de la vie sociale et des êtres humains. Et à la dissociation du pouvoir et de l'autorité, sur un plan politique, correspond, sur un plan économique, la fracture entre la réussite personnelle et le progrès social. En d'autres termes, nous assistons à une véritable dérive non progressiste de la culture néo-capitaliste. L'individu à l'ère de la fragmentation est ainsi soumis à trois pressions considérables : être capable de se définir à travers de constantes mutations professionnelles et en l'absence d'institutions susceptibles de donner un sens à la vie ; rester à la hauteur dans une société où le talent n'a plus sa place et où les compétences deviennent rapidement obsolètes ; être friand de nouveauté au lieu de se souvenir du passé. Sennett parie sur une révolte contre cette culture de la superficialité, où le consumérisme tient lieu de politique et les gadgets de mesures sociales.

  • Dans cet essai alerte et pénétrant, déjà traduit en plus d'une dizaine de langues, Richard Sennett explore les effets déroutants du nouveau capitalisme.
    En mettant en évidence l'opposition entre deux mondes du travail : un monde disparu - celui des organisations rigides et hiérarchiques où il importait avant tout de s'épanouir dans son travail - et le monde nouveau de la restructuration des entreprises, du risque, de la flexibilité, du travail en réseau. Il montre qu'aujourd'hui le court terme et l'insécurité sont la norme. Plus de projet de vie active, plus de modèle à offrir à ses enfants dans une entreprise où l'employé perd son ancrage et le sens de sa propre identité.
    C'est à la fois en historien et en sociologue que Richard Sennett raconte des " tranches de vie " qui révèlent à quel point la trajectoire sociale des Individus est devenue illisible. Comment, depuis vingt ans, la montée spectaculaire des inégalités s'est accompagnée d'une généralisation de la précarité, de l'employé au cadre supérieur - à tous les échelons où naguère l'on faisait encore " carrière ".
    Un livre irremplaçable sur les effets délétères du " travail jetable ".

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