• Les origines de Rome

    Tite-Live

    La louve allaitant au bord du Tibre les deux jumeaux dont l'un va fonder la ville de Rome, les Sabines se jetant au milieu de la bataille où s'affrontent leurs pères et leurs maris, le fondateur de la République Brutus appelant ses compatriotes à la révolte en brandissant le poignard dont Lucrèce, violée par le fils du tyran Tarquin le Superbe, vient de se percer le sein, toutes ces scènes hautes en couleurs, c'est Tite-Live qui nous les a rendues familières. Mais le premier des Livres depuis la fondation de Rome n'est pas seulement le merveilleux livre d'images où il fait ressurgir, avec un art consommé, les épisodes fameux de la naissance et des premiers temps de l'histoire de Rome, lorsqu'elle avait des rois à sa tête. C'est aussi l'oeuvre de réflexion d'un historien confronté, des siècles avant ses successeurs modernes, à la dimension légendaire et mythique de cette histoire et cherchant à mettre en place les catégories qui lui permettront de l'appréhender.

  • Rome a été fondée par Romulus en 753 avant Jésus-Christ. Les dieux qui ont présidé à sa naissance garantissent à la ville un destin exceptionnel. La tyrannie d'un Tarquin, l'ambition des tribuns, l'orgueil des patriciens et l'incompétence de certains généraux contrarieront parfois, mais n'entraveront jamais sa marche triomphante.
    C'est, du reste, cette foi inaltérable en la grandeur de Rome qui donne à la poignée de Romains réfugiés au Capitole la force de supporter le spectacle humiliant de leur ville incendiée par les Gaulois. Les envahisseurs qui pénètrent sans coup férir dans la ville désertée parviendront-ils à ruiner les efforts soutenus des Romains pour agrandir et embellir leur ville, pour se doter d'une constitution et de lois écrites, pour, enfin, dominer le Latium et résister à la pression du danger étrusque ?

  • 218-212 : Hannibal quitte Carthage, conquiert l'Espagne, traverse la Gaule, franchit les Alpes et sillonne l'Italie, poussé par la même exigence : effacer l'humiliation de la première guerre punique, rendre à son pays sa puissance et sa gloire.
    Mais, bientôt, la victoire suscite chez les Barbares, au contact des riches cités de Campanie et de Grande Grèce, le goût de la vie facile et le refus des combats.
    Or, pendant toutes ces années d'occupation, Rome lutte héroïquement pour reconquérir son honneur et sa suprématie ; le souvenir amer des défaites successives de la Trébie, du lac Trasimène et de Cannes, donne cependant aux vaincus l'énergie de repousser l'envahisseur.
    Miraculeusement épargnée par la guerre, Rome organise la résistance en Sicile, en Sardaigne, en Espagne. Le péril commun, l'effort solidaire de tout un peuple, soutenu par les Alliés, a confirmé la vocation de Rome à devenir la capitale de l'Occident.
    Le plus bel exemple que les Romains donnent aux générations futures, c'est, d'après Tite-Live, qu'ils n'ont jamais cessé de croire à leur destin.

  • Renée de ses cendres après l'occupation gauloise, Rome poursuit sa politique d'annexions et de conquêtes dans la péninsule pendant un peu moins d'un siècle, de 389 à 293. Tandis que les peuples du Latium qu'on croyait matés, les Volsques, les Eques et même les Herniques et les Marses relèvent la tête, l'affaiblissement de la puissance étrusque dans le sud du pays fait apparaître de nouveaux ennemis, les Samnites. Accrochés aux reliefs de l'Apennin, vivant un peu d'élevage et surtout de pillages, ces rudes montagnards furent attirés de bonne heure par la fertilité de la Campanie et la richesse des cités de Grande Grèce. Ils enlèvent Capoue aux Etrusques dès 423 et imposent aux Romains une de leurs plus humiliantes défaites, aux Fourches caudines, en 321. Vingt-cinq ans plus tard, Rome prend sa revanche à Sentinum, en battant la coalition des Etrusques et des Samnites, auxquels s'étaient joints les Ombriens et les Gaulois.

  • Il faut décrypter le récit de Tite-Live : sous prétexte de libérer les cités grecques d'Asie mineure, l'impérialisme romain, soutenu par la diplomatie retorse du sénat et de ses légats, impose sa loi à toute la partie orientale du bassin méditerranéen. Le fait marquant de ces années 190 à 179 av. J.-C. est l'élimination d'Antiochus III et, dans une moindre mesure, celle de Philippe V de Macédoine au profit de Rhodes et surtout de Pergame.
    Fidèle à sa politique, Rome refuse toute annexion territoriale. Les légions reviennent chargées de butin, mais le profit ne se compte pas seulement en biges espagnols, en tétradrachmes attiques ou en philippes d'or : l'ouverture sur le monde hellénistique éveille le goût du raffinement et suscite la passion des oeuvres d'art.
    Ces brillantes campagnes ne sauraient, cependant, faire oublier les patients efforts des magistrats romains pour assurer la sécurité dans toute l'Italie, de la Cisalpine à la Sardaigne. Pour se protéger des envahisseurs ligures ou gaulois et des incursions des pirates illyriens, de nouvelles colonies signalent peu à peu les progrès de la conquête romaine.

  • La fin de la seconde guerre punique et la victoire de Rome : le consulat de Scipion en 205 av. J.-C., qui termine la guerre en Afrique.

  • Après sa victoire sur Carthage, Rome prend conscience d'être devenue une grande puissance. L'hégémonie qu'elle entend exercer sur le bassin méditerranéen, depuis qu'elle a éliminé sa rivale, se couvre d'un prétexte inlassablement répété : libérer la Grèce de l'occupation macédonienne.
    Ce sera l'oeuvre des Flamininus, de Lucius, commandant de la flotte, et surtout de Titus Quinctius, général et plénipotentiaire. Mais, quand les dernières troupes romaines quittent la péninsule en 194, la Grèce est loin d'être pacifiée et de nouvelles guerres s'annoncent.
    Cependant, les conquérants rapportent dans leurs bagages, en plus d'un riche butin de guerre, la découverte d'autres peuples. Cette rencontre de la Grèce à son déclin et de Rome en pleine expansion prépare la romanisation du bassin méditérranéen et favorise l'éclosion d'une civilisation gréco-romaine dont nous sommes aujourd'hui encore les héritiers.

  • La victoire de Paul Emile à Pydna, le 22 juin 168, et la chute du royaume de Macédoine marquent un tournant important dans les relations de Rome avec l'Orient méditerranéen. Plus sensible à l'évolution des mentalités qu'aux conséquences économiques ou politiques de la conquête, selon le principe annoncé dès la Préface de son Histoire romaine, c'est en contemporain de son époque que Tite-Live juge des événements vieux de près de deux siècles.
    Malgré l'état lacunaire du seul manuscrit conservé pour ces derniers livres, nous suivons le progrès de l'hégémonie romaine en Grèce et dans la péninsule des Balkans. Résistant aux pressions, le sénat se contente pour l'instant d'imposer aux peuples «libérés» un nouveau statut et de conclure avec les plus riches d'entre eux de fructueux marchés. Par ses victoires, comme par son activité diplomatique, Rome exerce désormais son autorité sur les trois continents, l'Afrique, l'Asie et l'Europe.
    Ce volume comprend un répertoire des noms géographiques portant sur l'ensemble des sept volumes de l'Histoire romaine.

  • Ce livre est consacré aux origines, plus ou moins fabuleuses, de la ville de Rome : Arrivée d'Enée en Italie ; Fondation d'Alba ; Naissance de Romulus et Rémus ; Fondation de Rome.
    Puis il se poursuit avec l'histoire des sept rois de Rome : Romulus, Numa, Tullus Hostilius, Ancus Marchas, Tarquin l'Ancien, Servius Tullius et Tarquin le Superbe. Il se clôt par la révolution de 509.

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