Gallimard

  • Notre-Dame de Paris, édition d'Adrien Goetz et Benedikte Andersson, parue en 2009 en Folio classique.
    Cette édition offre un appareil critique extrêmement riche : une préface de 50 pages ; un dossier de 250 pages (dont 200 pages de notes).
    Le lecteur trouvera en particulier les sources de Hugo, les lectures qu'il a faites pour se documenter sur l'art médiéval du XVe siècle et l'architecture des cathédrales ; ce qui permet de voir comment, à partir d'une matière historique, Hugo a composé le roman que l'on connaît.
    C'est aussi une édition richement illustrée, qui reprend des gravures du XIXe siècle (et donne ainsi à voir le livre tel qu'il était lu à l'époque de sa parution, en 1831).

    Tirage spécial de Notre-Dame de Paris de Victor Hugo en Folio classique, dont les bénéfices sur les ventes seront intégralement reversés à la souscription ouverte par le président de la République Emmanuel Macron via le site rebatirnotredame.fr.

  • «Voici deux romans du même poète, l'un archiconnu, l'autre presque ignoré, rassemblés par les nécessités de l'édition et les contingences de la recherche, séparés dans l'histoire par plus de trente années, par la quasi-totalité de l'oeuvre lyrique et épique, par la masse énorme des Misérables. Contemporains l'un de la révolution de Juillet, l'autre des premiers temps de la Première Internationale. L'un passe pour un roman historique, mais l'action en fait dériver le sens de Reims à Paris, de la légitimité du sacre à la prophétie révolutionnaire, de la mort de Louis XI à toute Renaissance, suspens de l'histoire, avènement du Peuple. L'autre vaut comme roman élémentaire, "naturaliste" en un sens étrange, mais le temps du récit le ramène à la Restauration, son lieu national n'est autre que l'exil, sa fatalité n'est pas la verroterie de l'espérance, mais la clôture d'un regard noyé, indifférent à l'éclosion printanière, au rut de la nature. Notre-Dame de Paris fournit la décoration du sombre vestibule d'entrée de Hauteville-House, maison-poème, Les Travailleurs de la mer sont ce qu'on voit du haut de la bâtisse, de ce look-out impératif où règnent, par-dessus les dogmes et les lois, la transparence des choses, plus haut que les commodités bourgeoises et les fantaisies mobilières du génie, la nudité de l'écriture, au-delà des symboles pesants et des caprices familiaux, le silence de la fatalité intérieure : l'abîme du coeur humain. Tombe en plein ciel, caverne retournée, Moi révulsé en un indicible On, en une distance d'auteur qui a cessé de dénoncer, renoncé à signaler et feint de se résigner à indiquer.» Jacques Seebacher.

  • Choses vues

    Victor Hugo

    Choses vues, entendues, notées sur le vif en forme de brèves, de caricatures ou de longs portraits, de récits bouleversants, d'enquêtes, de grands moments qui appartiennent désormais à l'histoire nationale, mais aussi de mots d'esprit, d'expressions glanées dans la rue - voici le siècle de Hugo. Cet extraordinaire recueil, constitué après la mort de Victor Hugo et sur sa recommandation, est fait de pièces et de morceaux recousus à partir de ses Carnets, de son Journal, de ses livres de comptes, de ce qu'il appelait lui-même «Pierres précieuses tombées de la tribune» - autant de lapsus qui plongent l'Assemblée dans le fou rire -, de Feuilles volantes, de Souvenirs personnels, de «Faits contemporains» que les éditeurs successifs se sont employés à classer, ici dans l'ordre chronologique.
    Dans ce livre, le XIXe siècle court de 1830 à 1885, sous l'oeil acéré et sans complaisance du chroniqueur. Une traversée du siècle politique et littéraire, cocasse ou bouleversante, mais qui laisse souvent la place à l'homme intime, père passionné, déchiré en amour, plus tard vieux monsieur d'une sensualité débridée, lutteur infatigable contre la peine de mort, exilé irréductible aux séductions de l'Empire - Victor Hugo y apparaît comme un grand homme politique à la popularité inégalée...
    Des pages où le pétillement de l'esprit se mêle sans cesse aux plus terribles tragédies.

    Édition d'Hubert Juin.
    Édition révisée.

  • «Tout parle chez Hugo et tout est verbal ; rien n'est hors du langage. Nous avons noté l'importance de ce thème des langages multiples dans son oeuvre et, aussi, cette façon qu'ont ses oeuvres de composer ensemble un univers équivalent à l'autre univers et se confondant avec lui. Tel est l'effet de cette recherche du texte total que, si le livre s'assimile au monde, le monde s'assimile au livre. Le langage renvoie à cet univers qu'il manifeste, mais cet univers est tout entier, de part en part, verbal. Ainsi, Hugo est bien l'anti- et l'anté-Mallarmé, puisqu'il assigne comme fonction au langage poétique de refléter la réalité extérieure ; mais il conduit à Mallarmé, puisque cette réalité extérieure et transcendante parle et ne se donne jamais que comme langage. Le livre hugolien aboutit à tout, mais tout aboutit au livre. Mais Dieu? Peut-être sa transcendance n'est-elle que cette incessante différence qui permet au langage de se produire sans arrêt. Et le texte hugolien tend à être infini. Il est la présence du monde à lui-même, mais une présence jamais assez totale, toujours poursuivie et qui ne cesse de se proférer. Mais l'auteur? Certes, il s'affirme dans la souveraineté de son moi, dans la superbe de son ego ; il est l'auteur au point d'en arriver à être le créateur du Créateur lui-même. Mais, en même temps, il n'est que son propre texte et son énormité est l'effet de ce texte total : il est la voix où parlent toutes les voix. Il est, comme son texte, le flux de toutes les voix. Le texte hugolien est plein, mais en mouvement perpétuel. Il est le passage de tous les langages. Il suffit d'écouter d'un peu loin, de façon à brouiller le message, en dépit de son insistante clarté ; alors, on n'entend plus qu'un murmure immense, un bruissement à l'infini ; c'est un tourbillon de langages, c'est Babel, étourdissante, exaltante, jubilante, c'est, vague sur vague, sans fin, l'océan de tous les langages qui constituent l'humanité, l'histoire et la nature, inanité et plénitude sonore.» Pierre Albouy.

  • En 1834, Victor Hugo rend visite au grand savant Arago à l'Observatoire de Paris. Contemplant le relief lunaire à la lunette astronomique, le poète, malgré ou plutôt à cause de la puissance même de grossissement propre à la lunette, ne voit, d'abord, littéralement rien : « une espèce de trou dans l'obscur, voilà ce que j'avais devant les yeux », « dans une nuit profonde la plénitude du noir »... L'engin est pourtant bien braqué sur la lune, mais sur une partie de la cible encore située dans les ténèbres. À l'instigation de l'astronome, Victor Hugo insiste et sa rétine commençant à s'habituer, il appréhende, dans la confusion la plus extrême, de l'indistinct et de l'informe, du mouvant et du diffus, du livide et du sombre, un quelque chose qui, bouleversant les sources de sa perception, lui donne à éprouver ce que nous éprouvons rarement, la sensation brute du réel : « L'effet de profondeur et de perte du réel était terrible. Et cependant le réel était là. ». Victor Hugo a 32 ans, Arago 48 ans.
    Trente ans après cette expérience unique, Victor Hugo décide d'écrire cet ouvrage. Baptisant l'un des sommets de la Lune le Promontoire du songe, il se livre à une vaste réflexion sur le rêve et la fable, et sur leur interprétation romantique.

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