• Cette monographie sur la vie et l'oeuvre d'Alberto Giacometti (1901-1966) s'appuie sur l'analyse de plus de 500 de ses sculptures, peintures, dessins, gravures et lithographies, ainsi que sur ses écrits théoriques et sur ses déclarations. Elle présente également le contexte historique, artistique et culturel de sa vie. Format compact.

  • Le XIXe siècle a vu se produire un des grands événements de l'histoire de l'esprit, la banalisation de l'incroyance. Le plus intense et profond parmi les grands esprits de cette nouvelle époque, Baudelaire, se pose la question de l'existence de Dieu mais doit se résigner à comprendre qu'il ne croit pas. Si bien que surgit une question bien précise qui confère à la poésie une fonction et une importance toutes nouvelles. Faut-il penser à la transcendance seulement en termes de surnature ? Comment s'opère la transformation du rapport de l'humain à la transcendance ? Yves Bonnefoy prête attention aux contradictions dans lesquelles se débat l'auteur des Fleurs du mal : de ce point de vue, le XIXe siècle n'est pas seulement le siècle de Michelet, Marx, Nietzsche ou Freud, mais celui de Baudelaire. Pourquoi Baudelaire ? Car, si "Dieu est mort", la poésie est ce qui seul permet de répondre avec efficacité au besoin de préservation du sentiment de la transcendance. Ce n'est en effet que lorsque le religieux a chancelé qu'il devient possible de discerner le poétique en sa différence, la poésie en son être propre.
    Or le génie de Baudelaire aura été d'avoir eu, le premier, cette intuition du plein de la poésie, mais aussi d'avoir su en explorer le possible, l'éprouvant d'emblée comme un travail à porter loin dans la nuit de l'être psychique. La grandeur de Baudelaire, c'est précisément d'avoir compris qu'il fallait que le travail de la poésie ait lieu au coeur même du conceptuel, au plus secret de l'expérience vécue. Le poète a su courageusement ne pas se dérober à une tâche qui ne pouvait que le vouer, entre autres misères, à l'incompréhension de ses proches.
    Outre certains aspects de Baudelaire lui-même, ce volume étudie enfin les poètes qui assumèrent de diverses façons, directe ou indirecte, son héritage : notamment Mallarmé, Laforgue, Paul Valéry, Hofmannsthal.

  • Voici les monuments d'un art méconnu.
    Autant les peintures romanes sont fameuses, autant celles qui leur ont succédé sur les murs de nos églises sont demeurées dans l'oubli. C'est qu'elles souffrent d'un jugement qui est vrai peut-être, au moins qu'on a répété. Au XIIIe siècle, a-t-on dit, la peinture murale est tombée en décadence. L'étroitesse des parois que lui réserve l'édifice gothique, les prestiges du vitrail qui parvient à mêler couleur et lumière, ont affaibli cet art si considérable jadis.
    Où de grands cycles, responsables du dogme, se déroulaient sur les berceaux lisses et le nu des murs, la trouée des verrières et le réseau des arcs et des nerfs ne permettent plus désormais que des compositions très petites, ou le jeu simple de l'ornement. Terrible jugement, qui prive un art de la grandeur de son siècle. Car il conclut aussitôt de la diminution des moyens à la véritable décadence, celle qui s'établit dans le style.
    Comme si la liberté ou la force n'étaient pas séparables de la fonction, il les refuse à la nouvelle peinture, que l'église gothique a privée d'une vraie fonction. Elle n'est plus seulement un art négligé, elle devient un art mineur. Elle n'est pas seulement chassée de l'église. Imitant tour à tour la sculpture ou la miniature, la tapisserie, le vitrail, elle apparaît soumise dans son propre domaine aux lois plus fortes des autres arts.

  • Plus encore que les exploits héroïques et les conquêtes guerrières, l'amour est le thème dominant de la mythologie grecque. Toutes les nuances, de la tendresse à la passion destructrice, de la fidélité à l'amour volage, du désir de conquête au don de soi, y sont évoquées.
    Le répertoire mythologique, avec ses nombreuses créatures féminines et ses innombrables aventures amoureuses, permet l'expression artistique d'un érotisme que l'iconographie chrétienne n'offrait pas et que la morale chrétienne réprouvait par principe.
    Autant d'histoires, que Rubens, Titien, Poussin Girodet, Tintoret, Le Bernin ou Botticelli vont interpréter en réalisant des chefs-d'oeuvre.
    Cet ouvrage, Le Désir et les Dieux, invite le lecteur à redécouvrir la mythologie, à travers trente récits d'amours mythiques, commentés et analysés à travers 120 chefs-d'oeuvre de la peinture ; accompagné par le regard d'Yves Bonnefoy, qui retrace, dans un essai inédit, l'évolution du rapport des êtres humains aux dieux de la Grèce entre l'antiquité et l'âge du Baroque.

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